‹ Le Canada sous l'union, 1841-1867. --Chapitre 19 sur 23 · C.-E. Casgrain, second · texte numérisé non relu

C.-E. Casgrain, second

P. Voung, adjudant-général de la milice,

E.-P. Taché, député adjudant-général de la milice, P>. C.

Donald McDonell, " " " IL C.

E.-H. iJowen, juge du district de Gaspé,

J.-G. lîarthe, grjifier de la cour d'appel,

Ed. Burroughs et Louis Fiset, protonotaires du district de Québec.

feuille, lorsque pendant neuf mois il ne put être formé d'administration complète. Bien plus, après s'être vu refusé par deux des comtés les plus populeux du Bas-Canada, il avait continué à rester plusieurs mois dans le cabinet, jusqu'à ce que la ville des Trois-Eivières voulût bien l'élire en 1845. Il ne posséda pas un moment la confiance de la ma,jorité des membres du Bas-Canada, condition essentielle d'existence pour lui dans le ministère. Au lieu de céder sa place aux chefs populaires, il fut la cause que les Bas-Canadiens lurent gouvernés pendant deux ans par une majorité du Haut-Canada : ce qui le mettait sans influence pour faire passer des mesures favorables à ses concitoyens. Aussi vit-on le Haut-Canada profiter de «es forces pour piller le Bas-Canada, témoin les mesures concernant les biens des Jésuites et l'administration de la justice dans la province supérieure, et le refus d'indemniser le Bas-Canada des pertes qu'il avait souffertes en 1837-8. M. Viger s'était donc trompé grandement. On peut à peine comprendre qu'une conduite si contraire aux usages j)arlementaires ait été tenue par ce patriote qui avait rendu, avant l'Union, les services les plus éminents à son pays dans une carrière toute remplie d'honneur et de patriotisme. Ses derniers actes ne devaient pas cependant mettre en oubli ce qu'il avait fait par le passé, et lui laisser au moins le bénéfice de bonnes intentions pour le bien de ses concitoyens.

Au mois de juillet, quelque temps après la démission de M. Viger, M. Drainer fut chargé par Lord Cathcart de s'adresser à quelques Canadiens-Français pour les engager à entrer

dans le cabinet. 11 écrivit à MM. jNIorin et Caron, leur disant r[ue le gouverneur ne leur demandait pas de lormer une administration., mais qu'il leur offrait le choix sur trois portefeuilles dans le conseil exécutif. Cette démarche ne réussit pas plus que celle qu'on avait tentée en 1845. Les chefs libéraux ne voulaient pas consentir à siéger avec certains membres du cabinet ; ils refusaient d'accepter des portefeuilles seulement parce qu'ils étaient Canadiens-français : ils réclamaient le pouvoir comme parti, d'après les principes du gouvernement « onstitutionnel, vu qu'ils possédaient la confiance de la grande majorité de la population du Bas-Canada. En s'associant à des hommes auxquels ils ne pouvaient se fier, ils n'auraient eu alors aucune garantie pour faire adopter les mesures qu'ils croyaient favorables aux intérêts du i^ays ; ils se seraient trouvés dans la même position que MM. Viger et Papineau.

Au nombre des autres événements arrivés eu 1846, est l'incendie du théâtre Saint-Louis. Il y avait à peine un an que les deux tiers de Québec avaient été détruits par l'incendie, lorsqu'un autre malheur venait, en 1846, plonger ses habitants dans un deuil déplorable. Dans la soirée du 12 juin, un grand nombre de citoyens se rendaient au théâtre Saint-Louis j)our assister à l'exhibition des dioramas de M. Harrison. Au moment où les spectateurs commençaient à se retirer, le feu prit dans les scènes par une lampe à huile camjihrée f[ui se détacha du plafond. La salle fut en un moment dans un trouble, une confusion indicibles. Ceux c|ui se trouvaient encore à l'intérieur se portèrent en masse vers la

seule issue connue, qui était très-étroite. Les premiers, poussés violemment clans l'obscurité, furent écrasés sous la pression de ceux qui les suivaient, et tous se trouvèrent accumulés en masse compacte les uns sur les autres. Il ne leur lut pas possible de sortir ou de reculer, et on ne put les arracher à la mort, malgré les efforts qui lurent faits par plusieurs citoyens zélés. C'est alors qu'eut lieu une scène terrible. Dans ce moment désespéré, plusieurs de ces infortunés, voyant tout secours humain impossible et n'espérant qu'un secours divin, crièrent à un prêtre alors présent sur la scène de leur donner l'absolution. Le ministre de consolation leva les mains l)our les bénir et les absoudre. Environ quarante personnes trouvèrent la mort dans ce triste accident (1).

Comme la question de l'Oréî^on fut réglée d'une manière paisible, il n'y avait plus de raison pour la métropole de laisser l'administration civile du Canada entre les mains d'un gouverneur militaire. Aussi Lord Elgin tut-il appelé à succéder à Lord Cathcart ; il prit les rênes du pouvoir le 30 janvier 1847.

(i) Au nombre cks victimes étaient MM. A.-S.Scutt, avocat, T-J. Sims, apothicaire, II. Carwcli, maicliand, Mme Jolm (jibb, Mme Louise Lavallce, épouse de M. Ronald McDonald, rédacteur du Canadien, et sa fille, Mme Rigobert Angers.

Au mois de mai, un incendie consuma les deux villages de Chicoutimi et do la baie des lia ! IlaJ détruisant bâtisses, provisions, animaux, etc. Près de 3000 personnes se virent dépourvues <le tout ]iar cet accident. Au mois d'août, c'était le village de Laprairie ([ui tlisparaissait à son tour sous l'clément destructeur. Environ 300 propriétés furent détruites dans ce dernier incendie. Dans ces deux désastres, la population reçut des secours abondants.

L'IIon. M. James Kerr fut au nombre des citoyens décédés en 1846. Il avait été de nombreuses années conseiller législatif et exécutif du Bas-Canada, et en dernier lieu juge de la cour dii banc de la reine.

184t] CATIICART. 225

L'administration de Lord Catlicait lut i)eu brillante. On no remarque que le règlement de la liste civile, l'organisation de la milii^e, la question des biens des Jésuites et l'incendie du théâtre Saint-Louis.

Pendant son administration, Lord Cathcart ne fit pas grand bruit. Homme paisible et conciliant, il laissa à ses conseillers la conduite des afiaires publiques. Il aurait pu exercer sur eux une certaine pression afin de les faire consentir à reconstituer l'administration d'une manière forte et constitutionnelle. Il ne le voulut pas, laissant cette tâche a son successeur, car il ne se considérait cjue passager comme gouverneur. Il sut, toutefois, acquérir l'estime de tous les partis politiques, et laissa dans le pays une bonne réputation. Lord Cathcart ne conserva C[ue quelc|ues mois le commandement militaire, et partit pour l'Angleterre dans l'été de 1847.

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