‹ Le Canada sous l'Union, 1841-1867 [microforme] (volume 2)Chapitre 10 sur 33 · C.-D. Day, solliciteur-général, B.-C · texte numérisé non relu

C.-D. Day, solliciteur-général, B.-C

Le 17 mars suivant, l’hon. H. Killaly entra au ministère comme président du bureau des travaux publics. (1)

Cette administration était composée d'hommes appartenant à des nuances politiques tout à fait opposées. MM. Baldwin et Dunn étaient de sincères libéraux, possédant, grâce à leur conduite passée, l'entière confiance du parti réformiste du Haut-Canade. MM. Harrison et Killaly étaient considérés comme ayant aussi des principes libéraux, sans avoir précédemment rendu de grands services à la cause populaire. Quoique

(1) Liste de quelques-uns des principaux employes du gouvernement en 1841 :

F.-W.-C. Mardoch, secretaire du gouverneur ;

John Davidson, commissaire des terres de la couronne ;

F. Vassal de Monviel, adjudant-general de la milice, remplacé le 14 mars par B.-C.-A, Gugy ;

Ths.' Parke, arpenteur-général ;

Jos. Bouchette, député arpenteur-genéral ;

R.-A. Tucker, registrateur provincial ;

F.-G. Heriot, aide-de-camp du gouverneur ;

G.-A, Ryland, greffier du conseil exécutif ;

TJ. Monk, greffier-en-chef, bureau du procureur-genéral, B. C ;

dE Bouthiflier, assist.-commissaire des terres de la couronne ;

T, Amiot, greffier de l1 couronne en chancellerie.

M. Daly ne füt pas réformiste, il avait une certaine sympathie pour les Bas-Canadiens ; il était le seul des ministres qui fût catholique. De son côté, M. Sullivan avait des principes conservateurs très-modérés, et était un orateur de première force. Enfin, on considérait MM. Draper, Ogden et Day comme des conservateurs avancés et opposés à l'introduction des réformes libérales. Les plus remarquables d’entre ces ministres, par leurs connaissances parlementaires et leurs talents oratoires, étaient, sans contredit, MM. Draper, Baldwin et Sullivan.

Pris dans son ensemble, ce ministère ne représentaient certainement pas la confiance de la majorité du peuple canadien, surtout en ce qui regardait ie Bas-Canada. La popularité de MM. Ogden, Day et Daly n’était pas proverbiale. Par leurs antécédents, surtout par leur conduite dans les dernières années, ces ministres étaient loin de mériter l'approbation de la majorité des habitants de cette province : on peut même dire qu'ils étaient impopulaires. On remarquait que, dans ce conseil, il n’y avait pas un seul ministre possédant la confiance du grand parti libéral du Bas-Canada.

Lord Sydenham avait cependant essayé d’engager M. La Fontaine à accepter un portefeuille ; mais ce dernier refusa cet honneur, parce qu'il n’entendait pas le gouvernement responsable de la même manière que Son Excellence. Il n'avait pas de confiance dans les membres de l’administration, et se serait ainsi trouvé presque sans influence au milieu de collègues qu’il considérait comme ses ennemis politiques. Il préféra conserver son indépendance. |

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1841] SYDENITAM. 57

Di Lord Sydenham eût voulu rendre justice au parti libéral du Bas-Canada, surtout à la population française, il aurait peut-être trouvé des Canadiens qui eussent approuvé sa politique.

Ces hommes n'eussent pas été plus justifiables d'accepter des emplois, mais le gouverneur aurait montré qu'il ne voulait pas mépriser tout un peuple qui formait la moitié de la population du Canada. (C’eût été accomplir une ombre de

justice en leur faveur.

Lord Sydenham, en agissant ainsi, s'éloignait du système du gouvernement responsable, qu'il avait mission d'inaugurer dans la province. Il faussait la déclaration publique qu'il venait de faire, “ d’administrer les affaires suivant les vœux et les intérêts bien entendus du peuple et de montrer pour ses sentiments tels qu’exprimés par ses représentants les égards qui leur étaient dus.” Il lui était facile de prévoir que, sans Île concours des députés libéraax du Bas-Canada, le gouvernement ne possèderait ni force ni stabilité.

Les brefs d'élections furent lancés le 19 février, et la province fut aussitôt plongée dans une excitation extrême.

Les habitants du Bas-Canada, quoique maltraités par l'acte d'union, privés de la moitié de là représentation à laquelle ils avaient droit, ne se laissèrent aller ni au découragement ni aux incertitades. Au contraire, ils se levèrent comme un seul homme, et comprirent que le pays avait besoin du talent et de l'énergie de ses enfants. Il leur fallait conquérir le peu de liberté que leur laissait entrevoir la nouvelle constitution, et travailler à rendre leur situation meilleure.

Ils étaient prêts à tendre la main aux autorités,

si justice leur était rendue; sinon, ils agiteraient h:

le rappel de la constitution. Des hommes | dal éminents ne tardèrent pas à faire connaitre leurs tro vues, et à éclairer le peuple dans leurs adresses ; che

électorales. À Québec, les Canadiens s’assèm- | plu blèrent, à l'appel de MM. Neilson et Morin, pour

jeter les bases d’un programme électoral, qui fut quil adopté dans presque tous les comtés du Bas- à le

Canada. Dans ce programme, on conseillsit aux ER. électeurs de n’élire que des représentants qui : Ve désapprouvassent l'acte d'union, consentissent à être « en demander le rappel ou l'amendement, et s’op- des posassent à toute levée de taxes et à tout emploi à not

des deniers publics par le gouvernement sans le ad c "me

concours des représentants du peuple. De son | qued côté, M. LaFontaine avait déjà, dans scn adressse sairen aux électeurs du comté de Terrebonne, expliqué ET les principes du gouvernement responsable. Il puissa traita cette question avec des vues larges, comm: en del à à j l un jot

on pratiquait ce système dans la mère-patrie. !1 Lol annonçait aussi l'alliance très-probable des be E. raux avec les réformistes du Haut-Canada. (1) A popul:

(1) Nous croyons devoir donner presque en entier cett: magni- l'impé fique adresse, qui parle assez d'elle-même, sans la faire suivre de à l’act ‘ commentaires. | mouv ‘“ Les événements que l'avenir prépare à notre pays, consti

seront de la plus haute importance, Le ('anada est la terre de nos faire f ancêtres ; il est notre patrie, de même qu'il dcit être la patrie la gra adoptive des différentes populations qui viennent, des diverses l'a avc parties du globe, exploiter ses vastes forts dans la vue de s'y éta- sOn cc blir et d'y fixer per”anemment leur demeure et leurs intérêts. on l’e: Comme nous, elles doivent désirer, avant toutes choses, le bonheur LE * et la prospérité du Carada. C’est l'héritage qu'elles doivent s’efforcer + princi de transmettre à leurs descendants sur cette terre jeune et hospita- | recontr lière Leurs enfants devront être, comme nous et avant tout, leurs : CANADIENS, Û le seu

En Amérique, le plus grand bienfait dont jouissent ses habitants, tance

itorités, teraient Lommes re leurs idresses assémñh, pour qui fut lu Baslait aux nts qui issent à et s’opemploi sans le De son 1dressse xpliqué ble. Il comm: atrie. !1 es libe-

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De fait, il était pour les libéraux de la plus haute importance de se créer des amis politiques dans la province supérieure, afin de ne pas se trouver isolés et sans influence dans la nouvelle chambre. Ils étaient parfaitement d'accord sur plusieurs points constitutionnels. Ces deux

c’est légalité sociale ; elle y règne au plus haut degré. Si, dans quelques vieilles sociétés d’un autre hémisphère, elle semble suffire à leurs jouissances et à leurs besoins, il n’en saurait être ainsi pour les populations vigoureuses et fortes de ce nouveau continent. Outre légalité sociale, il nous faut la liberté politique. Sans elle, nous n’aurions pas d'avenir ; sans elle, nos besoins ne pourraient être satisfaits ; sans elle, nous ne pourrions atteindre ce bien-être que nous promet la nature si vaste en Amérique. Avec des efforts constants et dirigés avec fermeté et prudence vers ce but essentiel à notre prospérité, nous obtiendrons cette liberté politique. Pour nous empêcher d’en jouir, il faudrait detruire l'égalité sociale, qui forme le caractère distinctif tant de ja population du Haut-Canada que de celle du Bas-Canada. Car cette égalité sociale doit nécessairement amener notre liberté politique. C’est le besoin irrésistible des colonies anglaises dans l'Amérique du Nord. Les mœurs sont plus fortes que les lois, et rien ne saurait nous soustraire à leur puissance, 11 ne peut exister en Canada aucune caste privilegiée, en dehors de la masse de ses habitants. [/on peut créer des titres un jour : le lendemain, vous voyez les enfants traîner le parchemin dans la boue.

‘* Mais Je moyen d'obtenir cette liberté politique, si essentielle à la paix et au bonheur de ces colonies, et au développement de leurs vastes ressources ? Le moyen, c’est la sanction de la volonté populaire à l'adoption des lois ; c’est le consentement à voter l'impôt et à régler la dépense ; c’est encore sa participation efficace à l’action de son gouvernement, c’est son influence légitime à faire mouvoir les rouages de l’administration, et son contrôle effectif et constitutionnel sur les individus plus immédiatement préposés à faire fonctionner cette administration ; c’est, en un mot, ce qui fait la grande question du jour : le gouvernement responsable, tel qu’on l’a avoué et promis à l’assemblée du Haut-Canada, pour obtenir son consentement au principe de l’union, et non tel que pent-être on l’explique maintenant dans certain quartier.

‘ Ce principe ne constitue pas une théorie nouvelle, Il est le principal moteur de la constitution anglaise. Lord Durham, en reconnaissant la nécessité de son application aux colonies dans leurs affaires locales, a touché à la racine du mal et a recommandé le seul remède efficace. Dans les circonstances actuelles, l’importance de cette question est telle, qu’un candidat qui a des principes

partis entretenaient des idées libérales, désiraient une réforme honnête, un gouvernement responsable envers le peuple. Jusqu'alors ils avaient lutté contre la faction {ory pour contrecarrer son influence. De plus, les réfommistes, quoique favorable à l’union, étaient opposés à

politiques et qui y attache quelque prix, ne doit pas hésiter à exprimer son opinion sur ce sujet. Je ne suis pas du nombre de M ceux qui reposent une confiance aveugle dans les promesses du »

gouverneur-général à cet égard. Loin de là. Je crois que dans la tu pratique il ne concèdera pas ce principe de bon cœur, et je pense d'é que le plus ou le moins d’étendue où il entend aller, dépendra beaucoup de la composition de la nouvelle Chambre d'Assemblée, ave Pour moi, je n’hésite pas à dire que je suis en faveur de ce prin- tal

cipe anglais du gouvernement responsable. Je vois, dans son opération, les seules garanties que no : puissions avoir d’un bon gouvernement constitutionnel et eff..tf. Les colons doivent avoir la k ets conduite de leurs propres affaire: Ils doivent diriger tous leurs efforts-dans ce but ; et, pour y pa venir, il faut que l'adininistration coloniale soit formée et di igée Dar et avec la majorité des Représentants du peuple, comme étant le seul moyen ‘d’administrer le

‘{ gouvernement de cette province selon les désirs et les intérécs du

‘“ peuple, et d'avoir pour ses sentiments, tels qu "exprimés par ses à ‘* Représentants, la juste défirence qui leur est due.” :

‘ Une autre question non moins importante, c'est celle qui QE : résulte même de l’union des deux provinces. Elle est un acte d’in- By justice et de despotisme, en ce qu’elle nous est imposée sans notre FL consentément ; en ce qu’ellé prive le Bas-Canada du nombre légi- P né time de ses représentants ; en ce qu’elle nous prive de l’usage de Be ni notre langue dans les procédés de la Législature, contre la foi des été traités et /4 parole du, gouverneur-général ; en ce qu’elle nous fait de payer, S.: :s notre consentement, une dette que nous n'avons pas 4 o contractée ; en ce qu’elle permet à l'exécutif de s'emparer illégale- UT ment, sous ‘le nom de liste civile, et sans le vote des représentants dé to du peup! le, d’une partie énorme des revenus du pays. se d

S'ensuit-il que les représentants du Bas-Canada doivent s'engager nds d’avance et sans garanties à demander le rappel de l'union ? Non, et)

‘ ils ne doivent pas le faire, Ils doivent attendre, avant d'adopter l'int une détermination dont le résultat immédiat serait peut-être de taf nous rejeter, pour un temps indéfini, sous la législation liberticide frate d'un Conseil Spécial, et de nous laisser sans représentation aucune. adét C’est une erreur trop générale de la part des partis politiques, dans idél les colonies, que de croire qu'ils ont de la sympathie à attendre de tué tel ou tel ministère impérial. Que le ministère, à Londres, soit s Pt

tory, whig ou radical, cela ne fera aucune différence dans la situation politique des colonies. Le passé est là pour nous en convaincre.

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certaines clauses de l'acte, entre autres, à celle

qui imposait à la province une énorme liste

civile sans le consentement des représentants du peuple. Il fut donc facile aux chef des deux partis de s'entendre, et de jeter les bases d’une alliance qui devait produire les résultats les plus satisfaisants.

Au grand mécontentement des conservateurs, M. La Kontaine, dans l'été de 1840, se mit en cuunmunication intime avec M. Baldwin, homme d'état au cœur honnête et aux vues larges, et avec M. Hincks, jeune publiciste d'un grand talent ; tous trois tombèrent d'accord sur la mauière d'interprèter le gouvernement responsable et sur certains amendements à faire à la constitution. :

Pendant le temps des élections, le pays fut livré aux plus grandes agitations. Dans le Bas-

‘ Les réformistes, dans les deux provinces, forment une majorité immense. Ce sont ceux du Haut-Canada, ou au moins leurs représentants qui ont assumé la responsabilité de l’acte d'union, et de toutes ses dispositions injustes et tyranniques, en s’en rapportant, pour tous les détails, à la discrétion du gouveineurgénéral. [ls ne sauraient, ils ne peuvent pas approuver le traïtement que cet acte fait aux habitauts du Bas-Canada. S'ils ont été trompés dans leur attente, ils doivent réclamer contre des dispositions qui asservissent leurs intéréts politiques et les nôtres aux caprices de l'exécutif. S ls ne le faisaient pas, ils mettraient les Réformistes du Bas-Canada dans une fausse position à leur égard, et s’exposeraient ainsi à retarder les progrès de la réforme pendant de longues années. Eux, comme nous, auraient à souffrir des divisions intestines, qu’un pareil etat de choses ferait inévitablement naître. Cependant notre cause est commune. 11 est de l'intérêt des réformistes des deux provinces de se rencontrer sur le terrain législatif, dans un esprit de paix, d’union, d’amitié et de fraternité. L'unité d’action est nécessaire plus que jamais. Je n'ai aucun doute que, comme nous, les réformistes du Haut-Canada en sentent le besoin, et que, dans la première session de la législature, ils nous en donneront des preuves non équivoques ; ce qui, j'espère, sera le gage d’une confiance réciproque et durable...... > Firé du Canadien.

SYDENHAM. [1841 Canada, la lutte s'engagea entre les partisans de l'union et ceux qui étaient opposés à cet acte ou qui voulaient l’amender. Le gouvernement, ou plutôt le gouverneur lui-même, pour faire élire ses partisans et obtenir une majorité, tint une conduite peu digne. Il employa sur une grande échelle la corruption, le défranchissement direct et indirect de plusieurs divisions électorales, Par une proclamation, il priva de son droit politique le plus précieux, la plus grande partie de la popurlation française des villes de Québec et de Montréal. (1) Les bureaux de votation furent fixés à l'extrémité des demeures des habitants et loin des centres populeux afin de favoriser l’élection des candidats ministériels. Pas moins de six élections du Bas-Canada furent emportées par la violence, et plusieurs candidats importants durent céder devant la force armée. (2) De ce nombre, étaient M. La Fontaine, chef reconnu des libéraux, M. Leslie et M. L. M. Viger, autres citoyens importants. Des troubles également sérieux se produisirent dans le Haut-Canada.

Ajoutons encore l’immense patronage mis à la disposition du gouvernement, par le grand nombre d'emplois à distribuer, et l’on aura une

(1) Une clause de l’acte d'union permettait au gouverneur d’assigner aux villes d’autres limites que les anciennes fixées par les vieilles lois depuis de longues années.

(2) Voici ces comtés, avec les noms de: candidats : Beauharnais, candidat élu, J.-W, Dunscomb, conire, J. Devwitt.

Vaudreuil, à J. Simpson, ‘A. Jobin.

Rouville, ts M.-A. de Salaberry, ‘* T. Franchère Montréal, comté, ‘‘ A.-M. Delisle, ‘# J. Leslie. Chambly, 44 J. Yule, ‘ L. M. Viger.

Terrebonne, « M. McCulloch, ‘6 L.-H,. LaFon-

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idée de la corruption électorale de 1841. Jamais, depuis 1791, une élection ne s'était faite avec autant de désordres et d’indignités

Dans une lettre qu'il adressa à ses électeurs,

M. La Fontaine protesta publiquement contre les violences exercées dans son comté. Voici un passage de ce fameux document :

Mi ‘Un fait patent que personne ne peut nier, qui résulte des actes mêmes de Lord Sydenham, c'est qu'il s’est identifié personnellement dans la lutte électorale de notre district, dont il a pris un soin particulier à changer les places de poll ; et que, dans ces comtés, la lutte a été accompagnée de violence, de l’effusion de sang et de meurtres.

‘En fixant pour votre comté le lieu de l’élection à New-Glassow, dans les bois, à l'extrémité des limites de ce comté, Lord Sydenham a commis une injustice flagrante ; il a voulu défranchiser virtuellement votre comté; et un fait important à constater, c’est que là, lui, Lord Sydenham, est descendu dans l’arène pour coinbattre corps à corps avec un simple individu. C’est lui qui engageait la lutte avec moi; le Dr McCulloch n'était qu'un prête-nom. Il m'a vaincu ; mais il y a de cés défaites qui sont plus honorables que la victoire, surtout quand, pour remporter cette victoire, 11 faut marcher dans le sang de ses concitoyens amis ou ennemis.” (1)

Malgré tant de fraudes, les Bas-Canadiens soutinrent la dignité de leur caractère. Presque partout où la franchise électorale fut observée, ils élirent des députés opposés à l'union, par là à la politique du gouvernement. Vingt-trois dé-

(1) Cette lettre a été publiée dans le Canadien du 2 avril 1841.

putés libéraux ou anti-unionistes sortirent de l’urne électorale; et dix-neuf unionistes, la plupart conservateurs anglais, supportèrent le gouvernement. Au nombre de ces derniers, six durent leur élection à la violence, trois an défranchissement des faubourgs des villes de Québec et de Montréal, et sept tenaient des emplois du gouvernement.

Le Bas-Canada remportait réellement une victoire éclatante. Ce résultat était magnifique ; il démentait l’assertion du gouverneur, que cette province était en faveur de l’Union.

Dans le Haut-Canada, les élections ne se firent pas sur le principe de l'Union; on était en général satisfait de cet acte, qui avait procuré à cette province de si grands avantages. La lutte eut lieu entre les conservateurs, qui étaient opposés au fonctionnement du gouvernement responsable ct désiraient en restreindre l’application, et les réformistes où libéraux, qui voulaient, au contraire, une réforme aussi importante et en étendre l'application aussi loin que possible. Ces derniers désiraient encore l’amendement de certaines clauses de l'acte constitutionnel. Les réformistes restèrent victorieux et élirent vingt-six députés ; les conservateurs, seize seulement. (1)

(1) Liste des députés élus pour le 1er parlement canadien sous l'Union :

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