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soutien des écoles, une somme annuelle de cinquante mille louis, dont trente mille furent accordés au Bas- Canada, et vingt mille à la province supérieure. Pour avoir part à l'allocation, les habitants de chaque arrondissement étaient obligés de se mettre scus le contrôle des commissaires, et de contribuer pour une somme égale à i'octroi du gouvernement. Le système de cotisation déplut d’abord aux Canadiens. ls avaient les taxes en horreur, et ils auraient préféré soutenir leurs écoles au moyen de contributions volontaires. Cette difficulté retarda perdant quelque temps le progrès de l'instruction publique, et contraignit le gouvernement d’obliger les habitants à se cotiser. Ceux-ci reconnurent plus tard que c'était le moyen le plus propre à propager l'éducation.
Le clergé catholique protesta d'abord contre le projet de loi, parce qu'il lui enlevait le contrôle qu’il aurait désiré conserver sur les écoles. Quelques modifications ayant été faites, il l’'accepta cependant, faute d’une meilleure loi. Bien que cette mesure ne fût pas parfaite dans tous ses détails, elle était destinée à faire progresser la cause de l'éducation.
L'allocation donnée pour le soutien des écoles était très-libérale, Le ministère suivait une tout autre marche que l’ancien gouvernement du Bas-Canada, qui avaitadopté peu de mesures pour propager l'éducation populaire. En 1801, avait été fondée l'Institution Royale dans le dessein d’anglifier la population primitive du pays; et chaque gouverneur reçut instruction de travailler à atteindre ce but inique. Cette institution fut repoussée presque partout. Dans sa plus grande prospérité, le nombre
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Dans la session de 1823-4, la légisiature passa la loi des écoles de fabriques, qui permettait aux Canadiens d'appliquer jusqu’au quart du revenu des fabriques pour le soutien des classes dirigées par elles. Un certain nombre d'écoles furent établies d’après cet acte.
En 1829, le parlement passa la première loi générale d'éducation. Elle fut révoquée et remplacée par une autre en 1831. Cette dernière expira en 1836. Mais, sous l'empire de ces diverses lois, l'éducation populaire fit peu de progrès, bien que dans les dernières années quelques sommes d'argent fussent accordées par la législature aux soc'étés d'éducation des villes, à certains colléges et à l’institution royale. Voilà l’encouragement donné jusqu’en 1841 pour le développement de l'instruction élémentaire des Canadieus.
Mais, var bonheur, le clergé prit en main la cause de l'éducation de la jeunesse canadienne. Sous la domination française, elle avait été confiée principalement aux soins des Jésuites, qui possédaient un vaste collége à Québec (transformé depuis de nombreuses années en casernes). Ce collége, après avoir rendu les plus grands services au pays, fut, lors de la conquête, fermé aux lettres et aux sciences. Le gouvernement supprima l’ordre, et s’'empara de ses
biens, qu’il possédait encore en 1841. Les Récollets, qui s'étaient un peu occupés de l'éducation élémentaire, laissèrent le Canada à la conquête, pour n'y plus revenir.
Jusqu’alors, le séminaire de Québec, fondé en 1663 par Mgr. de Laval, d’heureuse mémoire, et celui de Saint-Sulpice, établi en 1677 par la compagnie de Montréal, s'étaient, conformément à leur constitution, exclusivement occupés à préparer des sujets pour le sanctuaire. Ils n’hésitérent pas à faire les plus grands sacrifices, afin de continuer la belle œuvre commencée par les institutions qui venaient d’être supprimées. Jls modifièrent donc leurs règlements et établirent chacun un collége sur le même pied que ceiui des Jésuites. Beaucoup de Canadiens puisèrent dans ces deux institutions une éducation des plus soignées, et se préparèrent à jouer, sous la constitution de 1791, un rôle sinon brillant du moins utile, soit dans la politique, soit dans les professions libérales.
Plus tard, de 1804 à 1852, d'autres établissements, rivalisant de zèle avec ces derniers, furent fondés par de dignes et sincères amis de l'éducation, la plupart pauvres curés de la campagne : c'étaient les colléges de Nicolet, de Saint-Hyacinthe, de Sainte- Thérèse, de Chambly, de Sainte-Anne et de l’Assomption.
L'éducation des jeunes filles avaient été donnée par quelques communautés religieuses. Le monastère des Ursulines de Québec, fondé en 1639 par Mme. de la Peltrie, et le couvent de la Congrégation de Notre-Dame, établi à Moniréal en 1653 par
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(!) Liste des Rite ce maisons d'éducation en opération dans le Canada en 1841
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1639. ...|Ursulines de Québec. ........ me. de la Peltrie.... 1653....|Congrégation de N. D., Mont-
RS PE TL COS EU LE Sœur Marg. Bourgeois.
1663. ...|Séminaire de Québec......... Mgr. de Laval........ 1677....|Séminaire de Saint-Sulpice,
Morel... nus eiite Comp. de Montréal.. .
1689....|Sœurs de la Congrégation, Qué-
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1697....| Ursulines des Trois-Rivières. .| Mgr. de Saint-Valier. , 1773....|Collége de Montréal.......... M. Curratteau, Sulpic. 1804....Séminaire de Nicolet. ........ M. Brassard, curé..... 1811....|Collége de Saint-Hyacintke....|M. Girouard, curé.... 1825....|Collége de Sainte-Thérèse... M. Ducharme, curé... 1826....|Collége de Chambly.......... M. Mignault, curé... 1827... |Collége de Sainte-Anne. ...... M. Painchaud, curé. . 1827....|Université de Toronto........
1832....|Collége de l'Assomption. . PR M. nr sue Dr.
Meiller:
1835....|Collége McGill, Montréal. .... en Fr. MeGiti RFA 1837....|Collége de Kingston NE a À McDonell. ...... 1837.... Ecoles Chrétiennes, Montréal. MÉ. les Sulpicians.…..
Histoire du Canada en tableaux, par Mgr. Langevin.
La Congrégation de Montréal établit plusieurs missions : à la Montagne (1676), transférée plus tard au lac des Deux-Montagnes, à la Sainte-Famille, île d’Oriéans (1685), quelques années après, au Château-Richer, à La Chine et à la Eointe-aux- Trenbles | (Montréal), à Boucherville (1703), à la Prairie de la M 678 me 1703), à la Pointe aux-Trembles, Québec, DER:
à Saint-Laurent, îlo de Montréal (1732), à Saint-Denis (1783), à la Pointe-Claire, île de Montréal (1784), à Saint-Eustache (1833). (Histoire de la Sœur Bourgeois.)
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A mesure que la population augmentait, et que le besoin se faisait sentir, surgissait un de ces magnifiques établissements, qui font aujourd’hui la gloire du Canada catholique. Ces institutions ont imprimé aux Canadiens un caractère religieux et moral, qu'ils ont su assez bien conserver jusqu'aujourd'hui, et qu'il est désirable de voir se perpétuer. On doit donc une reconnaissance éternelle à ces prêtres désintéressés, à ces femmes remplies de charité et de zèle, qui sacrifièrent à l'éducation de la jeunesse leur santé et leurs épargnes, dans les moments si critiques de notre histoire. Si les Canadiens eussent dépendu uniquement de l’ancien gouverr: ment, ils se seraient trouvés presque sans moyens d'éducation. Ils auraient manqué d'hommes capables de défendre leurs droits politiques et leur nationalité. Ils auraient été sans influence et n'auraient pu conquérir leurs droits et leur priviléges.
Pour nous résumer, disons qu’en 1841 l’instruction classique était très-répandue. Dans le Bas Canada, elle pouvait être comparée avec avantage à celle des peuples les plus instruits de l’Europe, eu égard à la population. L’instruction populaire se développait assez rapidement dans les villes et dans quelques paroisses privilégiées, mais elle manqnait presque totalement, à part l'éducation religieuse, dans le plus grand nombre de nos campagnes. Tlus de la moitié de la population canadienne ea était privée complétement.
Dans le Haut-Canada, on avait passé diverses lois d'éducation en 1816,en 18291et en 1833, Ces mesures, de l’aveu des membres de cette province, avaient été trouvées insuffisantes ; elle avaient manqué de pro.
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duire des résultats satisfaisants. La nouvelle loi fut donc bien vue de tous les partis. L'éducation élémentaire était passablement répandue parmi le peuple : cependant pius de la moitié des enfants était privée des bienfaits de l'instruction. Un certain nombre d'écoles supérieures appelées écoles de grammaire étaient en opération. Comme institutions de prenière classe, il n’y avait que l'Université de Toronto, établie en 1827 et liée avec l’église d’Angleterre, et le collége catholique de Kingston, fondé en 1837 par Mgr. McDonell. L'Académie du Haut-Canada, qui existait depuis cinq ans, fut, incorporée en 1841, sous le nom de Collège Victoria de Cobourg. Au mois de septembre 1841, une charte royale fut octroyée au Queens College, de Kingston. Cette institution, qui était liée à l’église presbytérienne, ouvrit ses classes l’année suivante. Le collége McGill, établi en 1835 par là générosité de l’Hon. M. Peter MeGill, était dans le Bas-Canada la seule institution anglaise de premier ordre.
Une autre mesure importante fut celle qui établissait dans le Haut-Canada des corporations municipales, au moyen desquelles le peuple pourrait gérer à l’avenir ses affaires locales. Plusieurs réformistes s'opposèrent à certaines clauses, entre autres, à celles qui laissaient à l'exécutif la nomination des présidents et des trésoriers. Les libéraux du Bas-Canada les appuyèrent, tout en profitant de cette occasion pour essayer d’amender l'ordonnance que le conseil spécial avait imposée à cette province, et qui était en plusieurs points semblable à la loi que l’on voulait établir dans le Haut-Canada. Ils désiraient enlever
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au gouvernement la nomination des officiers municipaux, changer les divisions des districts, et les chefs. lieux, que le gouvernement avait fixés d’une manière arbitraire. [ls ne s’opposaient pas aux institutions municipales, mais ils voulaient les établir sur un pied satisfaisant pour le peuple, qui les avait en aversion.
La loi fut discutée avec chaleur pendant plusieurs jours. M. Viger prononça un discours énergique, que nous reproduisons en partie : «J'ai examiné, disait-il, avec la plus stricte attention l'ordonnance au Bas-CanadA, et je suis fâché de dire que le caractère de cette mesure ne peut être approuvé par personne. Elle a été passée par des personnes qui ne représentaient pas le peuple. Elle a établi un mécanisme de gou vernement inconnu jusqu’à présent du monde civi. lisé.…..Le gouverneur divise à sa volonté la province, qu'il morcelle en districts ; il nomme certains off. ciers des conseils ; il contrôle les assemblées de ces conseils, et a le pouvoir de les dissoudre à sa volonté : c'est ce qu’on appelle des corporations municipales ! des institutions par lesquelles le peuple se gouverne lui-même ! Si la chambre peut se laisser prendre à un semblable piége, j'en serai bien étonné. Oh ! mais le système est bien bon pour les pauvres Canadiens, diront certains membres, pour ces Canadiens à demi civilisés, qui n’ont aucun droit de se gouverner eux-mêmes ! Je ne veux pas que l’on me croie opposé aux institutions municipales ; mais celles qu’on nous offre ne sont pas ce qu’elles devraient être. Si l'ordonnance du Bas-Canada eût été soumise au peuple, elle ne serait pas devenue
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parlèrent contre la mesure, parce qu'ils étaient opposés aux institutions municipales ; ils ne voulaient pas concéder au peuple de si grands pouvoirs. Une majorité de quelques voix se prononça en faveur de l'acte du Haut-Canada, et refusa en même temps d’amender l'ordonnance du Bas-Canada. On remarqua avec chagrin M. Hincks et quelques députés d'origine française appuyer le parti ministériel duns cette question si importante pour l’ave uir du peuple (1).
La législation criminelle reçut de grandes modifications, grâce à trois lois qui furent rédigées par M. Black, député de Québec. Le premier de ces actes avait rapport au crime de larcin, le deuxième re. gardait les injures malicieuses et le troisième traitait des offenses contre les personnes. Ces changements adoucissaient la sévérité des lois criminelles, un réduisant de beaucoup les offenses capitales. La peine du püiori fut aussi abolie, et l’on substitua le pénitencier à la déportation. Les anciennes lois, par leur sévérité, répugnaient aux mœurs de ce siècle ; d’ailleurs, leur excès de rigueur assurait assez souvent l'impunité des coupables. Cette nouvelle législation mettait le Canada sur le même pied que l'Angleterre, qui avait déjà adopté la même réforme. Le savant juge de l’amirauté reçut des Canadiens les plus grandes félicitations pour les changements qu'il venait d'introduire dans la législation canadienne.
Des amendements furent faits aux lois qui régissaient les cours de districts et à celles qui concer-
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naient le recouvrement des petites dettes dans le Haut-Canada. Une autre loi établissait dans le Bas- Canada des cours de districts ayant juridiction dans les affaires civiles au-dessous de £20 (1), et des cours de divisions pour affaires au-dessous de £6 5 0. Cet acte, qui resta en force jusqu’en 1844, remplaça les cours de shérifs érigées par le conseil spécial.
Au nombre des autres actes importants étaient ceux qui pourvoyaient à la traduction des lois en frarçcais, à la fixation du cours monétaire et à la création d’un bureau des Travaux-Pubiics, dont la nécessité se faisait vivement sentir. Un projet de loi ayant pour but de perfectionner les actes des élections, fut aussi passé par les deux chambres, malgré l'opposition du gouvernement. Le gouverneur le ré. serva à la sanction royale : c'etait vouloir qu’il ne devint pas loi. C’est ce qui eut lieu en effet.
Le conseil législatif refusa son concours à dix-huit projets de loi soumis par l’assemblée. De ce nombre était celui qui accordait aux pétitionnaires des élections contestées un délai pour se conformer aux réquisitions voulues par la loi, un autre était relatif à l'indépendance des juges, un troisième devait rendre électif le conseil de ville de Québec. En rejetant des mesures si nécessaires et si justes, le conseil s'exposait à renouveler les anciennes divisions qui avaient existé entre les deux chambres et à s'aliéner l'esprit du peuple.
On peut dire qu’en général cette session porta de bons fruits ; elle vit passer plusieurs mesures de la
(*) Conformément à cette loi, vingt-deux districts furent éri-
gés dans le Bas-Canada et cinq juges furent nommés : MM. H. : Guy, Wm. Power, A.-N. Morin, C.-E. Mondelet et C. McKay.
plus grande utilité. Le commerce allait recevoir une nouvelle impulsion par les travaux qui devaient être exécutés; la législation criminelle avait été dépouillée de son ancienne sévérité ; la loi des écoles était destinée à répandre les bienfaits de l'éducation par tout le pays, jusque dans les rangs les plus obscurs de la population. Ces mesures d'intérêt général, proposées par le gouvernement, furent accueillies avec plaisir par les libéraux, qui leur donnèrent un appui cordial. Ils auraient été pleinement satisfaits, s'ils eussent obtenu certaines réformes qu'ils réclamaient à bon droit. Quoique en minorité, ils protestèrent chaque fois que l’on refusa de leur rendre justice, et restèrent fidèles à leur devoir. Quelques-uns d’entre eux, dans une ou deux circonstances importantes, se raugèrent, il est vrai, à la politique ministérielle ; mais ils ne tardèrent pas à être condamnés sévèrement par leurs constituants, qui allèrent jusqu’à leur demander de remettre leur mandat. L’opnosition du ministère à l'amendement de l’ordonnance des municipalités, à l'examen des pétitions des élections contestées, à l’adoption du projet de loi des élections, était guère de nature à calmer la population libérale du Bas-Canada. Elle aggravait encore la position de ce parti, qui était déjà assez pénible.
Vers la fin de la session, Lord Sydenham tomba grièvement malade des suites d’une chute de cheval. Cet accident hâta la fin de la session. Le 18 septembre, le parlement fut prorogé par le major général Clitherow, nommé à cet effet député-gouverneur. Le lendemain, le gouverneur mourut à Kingston, n’é tant âgé que de 42 ans. Cette mort si inattendue
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5 18 sepltr.général neur. Le ston, n'ë attendue
causa un grand regret malgré les divergences d'opl nion au sujet de sa politique. Il fut inhumé le 24, dans la capitale, avec tous les honneurs dus à son rang. Le mème jour, le général Jackson prêta serment ccmme administrateur de la province.
Lord Sydenham (connu d’abord sous le nom de Charles Poulett Thompson), est né en Angleterre en 1799. La réputation qu'il avait acquise dans les affaires commerciales le firent bientôt connaître des hommes d'étai de la métropole, qui le placèrent à la présidence du bureau de commerce. Il occupa ce poste élevé pendant plusieurs années En 1839, il fut appelé à remplacer Sir John Colbcrne, comme gouverneur-général des Provinces Britanniques. L'année suivante, on le créa pair du Royaume-Uni avec le titre de Baron de Sydenham et We Toronto, et, quelques jours avant sa mort, il recevait les insignes de l'ordre du Bain.
Lord Sydenham était remarquabie par ses profondes connaissances. Il était surtout très-versé dans les affaires parlementaires, et possédait les qualités nécessaires pour la conduite d’un corps représentatif. Doué d’une énergie extrême, amateur du travail, il s’occupa sans interruption de la tâche que le gouvernement impérial lui avaitimposée. Dans la vie privée, il gagna par ses belles manières l'affection de ceux qui furent admis dans son intimité.
Pour première mission, il reçut ordre de préparer les voies à l’union des deux provinces. C'était une tâche très-difficile à remplir : les partis étaient divisés plus que jamais : ils se ressentaient encore de la secousse des troubles insurrectionnels. Lord Syden-
ham arracha au conseil spécial du Bas-Ganada un simulacre de consentementau projet d'union, et ne s’occupa nullement de la protestation de toute une popuiation contre cet acte injuste. Dans le Haut-Canada, il parvint, à force d’'habileté et d’intrigues, à gagner une majcrité de la législature en faveur de ses vues. Fier de ce succès, il rédigea à la hâte, avec l’aide de quelques amis, l'acte constitutionnel; il parvint, grâce à son influence et à des moyens plus ou moins honnêtés, à le faire adopter par le parlement impérial. Sans attendre la proclamation de l’Union et la convocation de la nouvelle législature, il fit passer par le conseil spécial, composé de ses créatures, plusieurs ordonnances dont les unes étaient bonnes dans leurs principes, maïs mauvaises dans certaines de leurs dispositions ; les autres étaient iniques dans toute leur teneur. Ces ordonnances faisaient peser des taxes considérables sur les habitants du pays et changeaient plusieurs de leurs anciennes coutumes.
Une autre missio:x de Lord Sydenham fut de faire fonctionner l’acte d’union et d’administrer les e“aires d’après les principes du gouvernement responsable. Il pouvait rétablir la tranquillité publique, et être le régérérateur du pays, en rendant justice égale à tous les Canadiens, sans Gistinction d’origine ; par une conduite libérale, il eût posé les fondements d’une nouvelle ère de bonheur. Au contraire, il s’appliqua à briser les partis, afin de n’en laisser aucun gagner une position saillante sur la scène politique, et de conduire lui-même les affaires publiques {1}, Il
(1} Dans une lettre privée en date du 27 juin 1841, Lord Sydenham écrivait ce qui suit: ‘‘....…. My officers (ministers),
in sis'OC- )J0punada, \gner vues.
äe de grâce ;s honpérial.
à COner par s, plu- >s dans nes de s dans t peser ays et tumes. fut de rer les nt r'esblique, justice igine ; pments ils’apaucun itique, a) Il
ord SYmisters),
se plut surtout à exclure la moitié de la population française de toute participation aux affaires politiques et aux principaux emplois, etil la tint dans une position humiliante. IL donna une preuve de son mépris pour cette origine dans la proclamation de l'Union, où il exprimait pour le Haut-Canada « des sentiments d'affection aussi bien que d'intérêt, » laissant à supposer par son silence quels sentiments il éprouvait pour l'autre province.
Il lui failait cependant une majorité représentative pour faire approuver l’Union. Comme nous l'avons déjà vu, il obtint cette majorite par la violence, les intrigues, et priva les électeurs de leur droit de vote, moyens tout à fait inconstitutionnels. Mass cette majorité ne représentait pas les vœux du peuple. Plusieurs fois elle lui fit défaut et mit ses projets en grand danger : preuve, son projet d’émettre de papier-monnaie, qui fut repoussé; les actes concernant les élections, qui furent adoptés malgré le gouvernement ; l'acte des municipalités du Haut- Canada, qui ne passa qu’à la majorité de quelques VOIX.
C’est à tort qu'on a vanté les succès de cette administration : Ces succès ne furent qu'apparents. On crut que Lord Sydenham était parvenu à rétablir la through the best men, I believe, for their departments that can be found, were unfortunately, many of them, unpopular from their previous conduct, and none of them sufficiently acquainted with the manner in which a governement through parliament should be conducted to render me any assistance in this matter. I had therefore to fight the whole battle myself ; and it has been a considerable pull on both one’s address and temper—particularly as I had a ministerial crisis on my hands on the very day
of the meeting. The result, however, has been complete suçcess..…,. ?” (Life of Lord Sydenham.\
À PAR > LG SG cu gr : ‘
paix ; cependant le mécontentement était presque général parmi le peuple. Ce gouverneur déclara luimême qu'il ne pouvait laisser partir un seul soldat de la nombreuse armée que l'Angleterre entretenait à grands frais depuis les troubles. IL iaissa donc à son successeur des embarras et des obstacles nombreux ; les affaires étaient dans un état de confusion. Les mesures importantes qu’il fit passer, ne pourront jamais faire oublier la politique tyrannique qu'il suivis à l'égard de la population libérale : il ne lui laissa pas même une étincelle de confiance dans son cœur. Les faits sont là ; l'écrivain fidèle doit les consigner dans l’histoire de son pays tels qu'ils se sont produits. Jamais un Canadien-Français ne pourra louanger cette administration qui, dans le temps, a été honnie par tous ses compatriotes.
Cette politique si injuste ne pouvait subsister longtemps. En effet, on verra bientôt le parti qui l’a ap. prouvée s’éteindre rapidement, et le parti libéral, si grandement outragé, sortira victorieux et plus puissant que jamais.
Quant aux Haut-Canadiens, ils furent générale. ment satisfaits de l'administration Sydenham, qui leur avait été favorable sous tant de rapports. Ils étaient devenus les maîtres du pouvoir ; ils avaient obtenu une représentation considérable, leurs finances étaient prospères, le siége du gouvernement el enfin une large part dans la distribut;on des deniers publics leur étaient accordés.
Les relations amicales entre l'Angleterre et les Etats-Unis faillirent être rompues à cette époque, par
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deux graves difficultés. La première, la question des frontières entre la République Américaine et les Possessions Britanniques, dans les environs de la rivière Madawaska, existait depuis quelque temps, et fut sur le point de conduire à des hostilités ouvertes. Une partie du territoire en litige avait été occupée par les troupes anglaises à Madawaska. L'Etat du Maine considéra cette prise de possession comme une violation directe et flagrante des arrangements qui existaient alors. Cette question devait bientôt se régler paisiblement par des arbitres que nommèrent les deux pays.
La seconde difficulté s'éleva au sujet d’un Canadien da Haut-Canada, nommé Alexander McLeod, qui fut pris, au mois de janvier 1841, sur le territoire américain, et incarcéré par les autorités de l'Etat de New-York, sous l'accusation d’avoir participé au désastre du bateau à vapeur « Caroline, » lors des troubles insurrectionnels. Le gouvernement anglais condamna amèrement cet acte, et demanda la mise en liberté du prisonnier McLeod. Il allégua que l’acte de lincendie de la «Caroline» avait un caractère public ; que cet acte avait été comploté et exécuté par des personnes dûment autorisées, par le gouvernement colonial, à prendre les mesures jugées nécessaires pour la protection de la vie et des propriétés des sujets anglais ; et, comme ces personnes avaient accompli un acte de devoir public, elles ne devaient pas être jugées par un tribunal étranger. Le gouvernement américain ne tint pas compte de ces remontrances : il laissa régler la question par l'Etat de New-York. L’Angleterre souffrit cette hu-
miliation. McLeod eut son procès à Utica; mais le jury, faute de preuves suffisantes, acquitta le prisonnier, qui fut libéré après environ un an de réclusion.
Ce fut le 21 janvier 1841 qu’eut lieu l'installation du chapitre de Montréal, institué pour le service de la cathédrale, afin d'aider l’évêque dans le gouvernement de son diocèse. Cette cérémonie, faite au milieu d’un grand concours, fut présidée par Mgr. de Nancy. Le chapitre se composa d’abord des chanoines titulaires A. Manseau, V.G, H. Hudon, J.-C. Prince, A.F. Trudeau, Et. Lavoie et J.-O. Paré, et des Chanoïnes honoraires, les vicaires-généraux au diocèse, V. Quiblier, Viau, F. Demers, P. Archambault et J.-Z. Caron. Cette institution n'était pas nouvelle dans l’église du Canada. Un chapitre avait autrefois existé dans l’ancienne capitale de la colonie ; et ce ne fut que par le malheur des temps que ce corps si utile s’éteignit (1).
Quelques missionnaires de la société des Oblats vinrent, en 1841, se fixer à Montréal, d’après la demande de Mgr. Bourget. Le Rév. Père Honorat. déjà connu par sa piété et ses connaissances, était le supérieur de la mission. Cet ordre s’est répandu ensuite dans plusieurs endroits du Canada, il à rendu à la religion de grands services par les prédications et le zèle apostolique de ses membres.
Les Canadiens reçureni, en 1840 et en 1841, la visite du comte Forbin-Janson, évèque de Nancy et de Toul, primat de Lorraine. Cet illustre prélat rendit son séjour remarquable par ses nombreuses
(!) Mélanges Religieux de 1841,
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Ilation e serans Île e, faite ée par ord des Hudon, ), Paré, snéraux P. Ar- \ n'était chapitre ale de la s temps
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1 RAR pe M. Joseph Papineau, doyen des ut À 7 et un des premiers membres mA L rlement provincial. Ce citoyen, aussi
Le da par son caractère et son patriotisme
se “à Hs et son grand âge (88 ans), était ke us me na D Papineau. On remarque me cc'onel Joseph Bouchette, arpen- : généra du Bas-Canada, auteur du " i
mL: Fee intitulé « Description TES Sig : Eu Ares cartes de la province.
ol ux noms celui de M. l'abbé de res de de Nicolet depuis de avi été Controle tete LR me SAGE révolutionnaire €
ne “ était arr ivé deux ans après au Canada d
pour sa patrie et dont il fut une des ol ir par ses talents et son intelligence (1) sets
(1) Moururent aussi en 1841 M. J.-L.-M. Sauvage du Chatil atil.