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Quelques jours après, M. Draper annonçait à M. Caron le départ de Lord Metcalfe. Il lui dit que ce départ influait sur la position dans laquelle il se trouvaite! encore plus sur les pouvoirs qu’il avaitpour effectuer quelque chose d'avantageux, mais il ne changeait pas son opinion quant à la nécessité de renforcer l'administration locale. Il se hâtait de lui donner cette information qui pouvait changer ses propres opinions dans cette affaire.
M. Caron répondit à M. Draper que le départ de Lord Metcalfe devait en effet changer la nature des choses. Il termina les négociations par les mots sui. vants :
« Dans les communications que nous avons eues ensemble, vous savez que je ne me suis jamais donné pour chef de parti; je me suis seulement prêté, et
cela je l’ai fait bien volontiers, à servir d’intermé-
diaire entre ceux que notre parti regarde comme ses chefs et vous-même, afin de leur faire parvenir les communications que vous avez bien voulu me faire, et aussi pour vous transmettre leurs vues et leurs idées sur le sujet qui nous occupait. En m’acquittant de cette tâche, je ne vous ai pas caché mes propres opinions ; mais cette partie n'étant que secondaire, toujours j'ai voulu vous faire connaître ce que voulaient et exigeaient les guides du parti avec lequel vous voulez négocier un rapprochement. Je n'ai prêté mon ministère à cette fin que parce que je savais qu'il existait des obstacles momentanés qui empêchaient que les communications püssent aisément se faire d’uue manière directe entre l’administration actuelle et ceux auxquels il fallait s'adresser pour atteindre le Lut désiré, Les obstacles, ce mo
ait à M.
it que ce lle il se waitpour ais il ne essité de it de lui inger ses
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semble, n'existent plus et ne doivent plus exister, et par conséquent ma mission doit cesser avec les causes qu'il l'ont fait naître,
« Je serais fâché pourtant qua vous conclussiez de ceci que je refuse d'aider à un rapprochement que nous paraissons tous deux désirer ; toutau contraire, je suis prèt à faire tout en mon pouvoir pour en faciliter la conclusion. Mais, comme vous avez sur les lieux ceux de qui dépend en grande partie le succès de l’arrangement, il me parait plus convenable, plus facile et plus expédif de traiter directement avec eux, tout en vous invitant à ne vous gêner aucune: ment avec moi, et à m'indiquer librement de quelle manière je puis être utile. ?
Le reste de la correspondance consiste en quelques lettres échangées entre MM. La Fontaine et Caron, au sujet de la publication de cette même correspondance. Les négociations s'étaient terminées sans amener aucun bon résultat, seulement M. Draper avait réussi à connaître les vues des membres influents du parti libéral, et avait mis fin à la correspondance sans dire s'il rejetait ou acceptait les propositions de M. Caron. Son but était d’unir les deux majorités, afin de tenter cetie union par la suite, lorsqu'il reverrait le pouvoir lui échapper des mains. Evidemment il voulait jouer M. Caron et ses amis : il manqua de sincérité et de franchise à leur égard. Le départ de Lord Metcalfe n'était pas une raison pour faire cesser subitement les négociations entre les deux partis: les mêmes causes de faiblesse continuaient à exister dans le ministère. De plus, M. Draper avait fait ces démarches à l'insu des autres ministres ; il voulait évidemment sacrifier M. Viger
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et M. Papineau ; mais il tenait à conserver MM. Daly et Smith. Il mettait M. Viger, son collègue, dans une étrange position. M. Viger aurait dû remettre immédiatement son portefeuille, et mépriser un homme qui avait voulv l° jouer ainsi.
D'un autre côté, on voit par les lettres de MM. La Fontaine et Caron que les libéraux auraient été disposés à s’allier aux conservateurs du Haut-Ganada et à accepter, comme essai, le système de la double majorité. Il leur était douloureux de se séparer de M. Baldwin et de M. Price, qui leur avaient toujours été fidèles ; mais ils avaient des devoirs à remplir envers leurs compatriotes ; et, pour faire cesser l’agitation politique qui existait depuis plus de deux ans, ils étaient prêts à faire des sacrifices personnels en s’alliant à un parti auquel ils avaient été opposés.
La conduite des chefs libéraux fut honorable : elle leur acquit l'estime de leurs amis et même de leurs adversaires. Celle de M. Garon fut louable ct remplie de patriotisme ; ses intentions étaient certainement pures, et il ne fut guidé que par le désir d’ef. fectuer un utile rapprocaement entre Les deux partis. Quant à M. La Fontaine, il montra, comme dans les circonstances précédentes, de nobles sentiments, et le désir de s’effacer, s’il était nécessaire, pour lc bien de son parti. Les mêmes éloges peuvent être adressés à M. Morin.
La publication de la correspondance fut la cause d’un refroidissement passager entre M. La Fontaine et M. Caron. M. La Fontaine insista à mettre au jour quelques lettres, afin d'en tirer parti au profit des libéraux. M. Caron se trouva alors dans une situation critique, parce que M. Draper l’accusa
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1846] ÉATHCART. 211
d’abord d'avoir mis au jour les lettres échangées entre eux et même d’avoir fait reconnaître leurs in. tentions, qui étaient d'une nature privé; mais le blâme retombait plutôt sur M. La Fontaine qui avait compromis M. Caron en publiant la correspondance malgré ce dernier. D'un autre côté, il faut dire que la publication des lettres était devenue d’une grande nécessité au parti libéral.
La législature passa une loi autorisant le gouver:neur à prélever, au moyen d’un emprunt de cinq par cent, une somme de cent mille louis pour être prêtée à trois par cent aux citoyens de Québec dont les propriétés avaient été détruites par le feu. Les incendiés furent près de deux ans avant de toucher aucun denier. Le gouvernement ne put d’abord emprunter la somme au taux fixé. La loi fut amendée à la session de 1847 ; on porta l’iutérêt à six par cent, et l'on augmenta d’un par cent l'intérêt payable par les propriétaires. Mais, au lieu de donner de Pargent, le gouvernement remit directement aux incendiés des débentures, qui furent vendues, en partie avec de grandes pertes, au profit des spéculateurs. Les libéraux blâmèrent avec raison la conduite peu généreuse du gouvernement à l'égard des iucendiés.
Le gouvernement proposa une loi pour établir une liste civile permanente, afin de rémunérer les fonctionnaires publics de la province. Cette liste devait remplacer celle que le gouvernement impérial avait établie par l’acte d'union, aussitôt que la métropole l'aurait rappelée. Elle diminuait le salaire de plusieurs employés, qui était trop élevé, et augmentait celui de quelques autres. Tous les partis se réunirent pour voter cette mesure : c'était une grande victoire que la chambre venait de remporter, vic-
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212 GATHCANT, [1846
toire qui était le fruit des libertés constitutionneiles. Il y avait longtemps que la chambre élective récla-
mait le droit de disposer des deniers publics. Son but fut réalisé par cette loi, bien que la différence
entre la liste civile constituée par l'acte d'union et celle qui venait d’être votée pour la remplacer ne se trouvât pour ainsi dire que dans la forme. Dans le premier cas, Le gouvernement impérial s'était arrogé le droit de disposer à son gré de largent public, tandis que dans le deuxième il reconnaissait solennellement ce principe : qu'on ne peut toucher aux deniers publics sans le consentement du peuple. Cet acte fut sanctionné l’année suivante. Pour qu'ildevint valable, la métropole annula (par acte passé la 1e et la 12e Vict. ch. 61) les clauses de Pacte d'union qui établissait la première liste civile. La clause concernant la proscription de la langue française fut abrogée en même temps. C'étaientdeux réformes que les Canadiens avaient désirées avec empressement depuis le fonctionnement de la constitution de 1841. De gré ou de force, l'Angleterre donna satisfaction à une partie des gricfs dont les Canadiens avaient eu à se plaindre. C'était de sa part une justice tardive, mais qui méritait certainement la parfaite reconnaissance de ses sujets.
La question des biens des Jésuites fut aussi réglée par une mesure que proposa le gouvernement. La loi pourvoyail à ce que le revenu de ces biens, qui se montait annuellement à £o,500 environ, fût appli: qué à l'éducation commune dans le Bas Canë&da. Pour l'année 1836, £5,495 furent distribués aux institutions et aux colléges catholiques et protestants de premier ordre, Mais ces biens ne se trouvaient pas appropriés au Bas-Canada seul ; on ies avait réel-
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lement donnés aux catholiques et aux protestants des deux provinces, puisque les allocations qui furent, en 1846 et plus tard, portées sur ie revenu de ces biens, avaient été jusque-là puisées à même le fonds consolidé de là province. Aussitôt que la mesure du gouvernement fut connue äu public, les évêques catholiques du Bas-Canada réclamèrent ces biens dans une pétition à la législature. Ges biens, disaientils, avaient été donnés par les rois de France et par certains particuliers pour être employés à l'éducation des Francais et à la propagation de la foi catholique parmi les sauvages, objets qui ne pouvaient être remplis que par le ministère des évèques catholiques, et le parlement ne pouvait pas en changer la destina tion sans commettre une injustice envers les catholiques. Si ces biens leur étaient rendus, les évêques s'engageaient à fonder une haute institution où des chaires pour le droit, la médecine et les arts seraient établies, et à rendre compte à la législature de l’emploi des revenus de ces biens. Leur réclamation fut inutile.
Ge fut en vain que M. Morin proposa de mettre ces biens à la disposition du clergé catholique du Bas-Canada pour les fins de l'éducation, et qu'il parla foriement en faveu: de cette cause, comme ie firent aussi MM. La Fontaine, Drummond, Chauveau et Cauchon ; tout le parti ministériel, à l'exception de M. de Bleury, vota en corps pour la loi. De plus, tous les membres du Haut-Canada, y compris M Bald. win, s’unirent pour enlever à l'église de Romcce qu'elle considérait à bon droit comme sa propriété, MM. Viger, Papineau et Taschereau furent sévèrement blâämés d'avoir voté pour une mesure si peu libérale envers leurs coréligionnaires, Puisqu'ils n'a.
vaient pas assez d'influence pour en empêcher l'introduction dans la chambre, ils auraient dû se retirer : c'était la seule ligne de conduite qu’il eussent à tenir. Au conseil législatif, MM. Bruneau et Massue protestèrer:t aussi contre la mesure.
Une somme de £539,833 fut volée pour continuer les grands travaux de la province et pour la confection de chemins et d’autres améliorations publiques. Sur ce montant £201,531 étaient desiinés à l’achève. ment du canai Welland, £81,925 aux canaux du Saint- Laurent, £19,000 pour la construction de phareset de stations dans le fleuve et Le golfe Saint-Laurent, £24.- 889 pour le grand chemir des cantons de l'Est, £10.- 761 pour celui d’Arthabaska et £9,500 pour lc creusement du lac St. Pierre. Un acte fut passé pour négocier un emprunt de £500,000 afin de se procurer les fonds pour ces travaux ; car les revenus de la province n'étaient pas suffisants pour rencontrer les dépenses civiles et pour exécuter les améliorations publiques. Ge nouvel emprunt allait porter la dette de la province à environ quatre millions de louis.
La loi de milice proposée par le gouvernement passa sans opposition. Il n’y avait des deux côtés de la chambre qu’un désir unanime de mettre la milice sur un pied efficace. L’appui ferme et sincère qui fut donné à cette mesure parlementaire était un démenti à toutes les calo:nnies portées contre la loyauté des Canadiens-Français depuis quelques années, . surtout depuis les troubles de 1837-8. Ils étaient cependant peu satisfaits de l'état politique actuel du pays ; le ministère qui avait introduit la loi était impopulaire, les dernières nominations faites dans la milice avaient été injustes envers eux. Mais, à la perspective d’une guerre entre la métropole et les Etats-
J'introretirer :
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’achève- Lu Saintreset de nt, £24.ist, £10.pour lc 1ssé pour procurer e la proatrer Îles jorations * Ja dette louis.
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Unis, occasionné par la question de l'Orégon, ils oubliaient leurs griefs et tout esprit de dar ‘ ils étaient les premiers à vouloir organiser la li pour la défense du territoire contre l'invasion Lu sère. Le Dr. Taché fit à cette occasion un de cours rempli de patriotisme : il rappela les expl fi de ses compatriotes en 1812, et il assura qu'ils él prêts à tenir une conduite aussi héroïque et sn) honorable lorsque l’occasion s’en présen terait dre
Voici un extrait de ce discours : troie
(...$i une bonne organisation de la milice est si nécessaire, pourquoi le gouvernement a:t-il déb is nos malheureux troubles de 1837 et 38 1alésé Lit cette arme de la défense nationale ? si le pts H ment a cru voir un symptôme de désaffection jé rale chez nos compatriotes dans l'acte de ss el centaines d'hommes qui ont pris les armes rs au désespoir par des administrations flétrieg et bi damnées par les premiers hommes d'Angleterre le gouvernement s’est trompé: quatre-vingt-dix à con mille hommes composant la milice canadie étaient là et n’ont pas bougé ; ils ont continué à dut frir, à attendre, à espérer. Si la masse eût été entièr À ment désaffectionnée, comme nos ennemis se s ï plu charitablement à le publier, il s’en fût suivi dé conséquences incalculables. IL serait à désirer ie le gouvernement voulût enfin, tout de bor, ouvrir les yeux et nous rendre justice ; et, oubliant et notr origine et l’impatience de quelques-uns des Houl ne plus se ressouvenir que des services réels ue nous lui avons re1Gus; ne plus se ressouvenir ou
.de ces jours de gloire où nous avons combattu pour
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le maintien de ses possessions sur ce continent ; que de ce jour mémorable où trois ou quatre cents hommes, tous Canadiens-Français, depuis le commandant jusqu’au dernier trompette, se couvrirent d’une gloire immortelle en repoussant les efforts d’uuc colonne de plus de huit mille combattants, préservant par là le sol de la patrie de la souillure de la trace des pas de l’étranger. Ce que nos pères ont fait, ce que nous ävons fait nous-mêmes pour la défense de cette colonie, nos enfants seraient encore prêts à le faire, si l'on voulait rendre justice au paÿs. Notre loyauté à nous n'est pas une loyauté de spéculation, de louis, schellings et deniers, nous ne l'avons pas constamment sur les lèvres, nous n’en faisons pas un trafic. Nous sommes dans nos habitudes, par nos lois, par notre religion, comme l’a très-bien remarqué mon honorable ami pour la cité de Québec, monarchistes et conservateurs. Tout ce que nous demandons, c’est que justice nous soit faite ; et, si an ennemi se présente, vous verrez nos légers et joy2ux bataillons voler à sa rencontre comme à un jour de fûte et présenter hardiment leurs pcitrines au fer de l’assaillant. Mais, diront nos détracteurs, vous êtes des mécontents; un membre qui n’est pas à sa place nous disait, il y aïquelques jours, vous êtes intraitables; vous êtes des rébelles, nous diront les ultra; nous possédons seule la loyauté par excellence ! Mille et mille pardons,messieurs, traitez-nous comme les enfants d’une même mère et non comme des bâtards ; un peu plus de justice égale, non dans les mots, mais dans les actes ; et je réponds que si jamais ce pays cesse un jour d'être britannique, le dernier coup de canon tiré pour le maintien de la
it, que ts hon- )mmAaNit d’une s d'uuc servant la trace k fait, ce fense de rèts à Le rs. Notre çculation, LVONS pas isons pas s, par n0S n lemarébec, mo- 15 demann ennemi bux batailur de fête er de l’ass Ôtes des sa place s intraitales ullra; cellence !
us COMME mme des n dans les que si janique, le itien de la
puissance anglaise en Amérique le sera par un bras canadien. Mais si tout le monde convient que la milice est nécessaire, je dois dire que pour rendr cette arme effirace et telle qu’elle doit être un éta levard impénétrable contre l'agression étrangère il importe de faire quelque chose pour le bot te pour ce peuple qui souffre depuis si 1nteté c. Il faut que l'administration, quelle qu’elle soit its de manière à ce que l’on ne voie plus, däné cette immense province du Canada, qu'une grande famille connue sous le nom de sujets britanniques ayant dans chacun de ses membres, quelles üè soient son origine et sa croyance, tés inèthes rebta aux faveurs et à la protection du gouvernement ; L'acte des écoles du Bas-Canada passé à la ét précédente fut rappelé et remplacé par un autre d contenait presque toutes les mêmes clauses, à (éd tion de quelques amendements. dont les prinéi a # étaient de faire cesser tout à fait les cotisations che aires. Au lieu de faire payer une rétribution tr suelle aux enfants qui fréquentaient les écoles obligeait tous les enfants de sept à quatorze rh payer le même montant, soit qu’ils assistassent non aux classes. Ces changements furent mal x cueillis dans certaines paroisses. On s’opposa à Po ui de la loi dans plusieurs Ionitéer ét sé “à Be we éducatiou reçurent avec raison le L'acte des écoles du Haut-Canada passé en 1843 Ai aussi rappelé et remplacé par un autre à peu M 2 avec quelques amendements impor s. Les auteurs de ces lois avaient pour but de les
rendr Ï endre moins pin ar via et plus claires pour
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le peuple, en renfermant la loi et les amendements dans une seule inesure plutôt que de les avoir épars dans divers actes.
Il fut résolu que dorénavant les dépenses de l'administration de la justice dans le Haut-Canada seraient payées, d'abord en partie et ensuite au total, à même les revenus de la province comme dans le Bas-Canada. Ces dépenses, qui se montaient à environ dix-huit mille louis annuellement, avaient été payées avant cette époque au moyen d’une taxe locale. Les ministres du Bas-Canada et tous les membres du Haut-Canada votèrent en faveur de cette mesure ie spoliation envers le Bas Canada. Les libéraux de cette dernière province s’y opposèrent seuls, alléguant avec raison que l'Angleterre, en proclamant l’Union, avait laissé à chaque province ses charges particulières sur le revenu public. Ge qui avait été payé à même le revenu dans l’une ou dans l’autre province devait l'être après l’Union, et ce qui étaix payé par des taxes locales devait continuer à l'être de la rnême manière.
La chambre d’assemblée vota à ia reine une adresse pour la prier de prendre des mesures afin d'assurer une transmission régulière des malles canadiennes en Angleterre tous les quinze jours au lieu d’une fois par mois, et de diminuer le taux des lettres qui était trop élevé : c'est ce qui fut accordé dans la suite. Une autre adresse fut aussi votée pour prier le gouvernement impérial d'admettre les produits canadiens aans les ports anglais sans payer de droits, et d'entamer des négociations pour que le gouvernement des Etats-Unis admit dans ses ports les produits canadiens aux mêmes condi-
ements ir épars
de l'adnada seju total, ne dans taient à avaient une taxe tous les aveur de nada. Les pposèrent *e, en pro- >vince ses c. Ge qui e ou dans ,êtce qui ntinuer à
reine une sures afin malles ca- ! jours au e taux des fut accoraussi votée d'admettre hglais sans tions pour dmit dans
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tions que les leurs l’étaient dans les ports de l’Angleterre et du Canada. L'adresse faisait remarquer que le gouvernement canadien venait de passer une loi pour abroger les droits sur les produits américains traversant le Canada pour être exportés si le changement avait lieu.
Telles sont les prircipales mesures que la législature passa pendant cette session , qui fut prorogée le 9 juin. Comme on le voit, il y en avait peu d’importantes, si l’on excepte la loi de la milice et celle établissant une liste civile, et les sommes votées pour terminer les canaux canadiens et pour l’ouverture des grands chemin de colonisation. En outre, plusieurs compagnies avaient été incorporées pour construire une ligne de chemins de fer devant traverser le Haut-Canada. Mais le ministère avait négligé plusieurs mesures utiles qu’il avait promis de présenter à cette session, telles qu’une loi pour régler les élections du Bas-Canada et une autre pour in: demniser ceux qui avaient souffert dans les troubles politiques. Le rapport d’une commission que le gouvernement avait nommée, suivant la promesse faite l'année précédentes, pour s’enquérir des pertes, avait été cependant soumis à la chambre ; mais on ne fit rien pour cette masse de malheureux dont les propriétés avaient été brûlées ou saccagées. Bien plus, on accorda une somme de £9000 pour indemniser un certain nombre de favoris et de privilégiés qui avaient été recommandés par une ancienne commission nommé par le conseil spécial. M. Draper avait pour ainsi dire abandonné la question épineuse de l’Université du Haut-Canada, introduite l'année précédente et mise de côté après sa 2e lec-
ture ; car, au lieu d’en faire à cette session une question ministérielle, il la présenta comme mesure libre, sans responsabilité pour les ministres : c'était évidemment vouloir qu'elle ne devint pas loi; en effet, la mesure fut perdue. M. Draper, en adoptant cette conduite, mécontenta les conservateurs modérés qui étaient favorables à la mesure, tandis que le «high church party» lui en voulait toujours pour avoir compromis l'existence d’une institution qui faisait sa force. Les ministres du Bas-Canada étaient également placés dans une mauvaise position à l'é. gard du clergé catholique, à cause de la manière injuste dont la question des biens des Jésuites avait été réglée. On-leur reprochait aussi d’avoir voté la loi qui prévoyait à ce que les frais de l'administration de la justice dans le Haut-Canada fussent portés sur le revenu public. En approuvant ces deux mesures injustes, ils avaient sanctionné le principe de spoliation du Bas-Canada par le Haut, et ils aya‘ent aussi montré combien peu d'influence ils exerçaient dans le cabinet. Le ministère avait perdu réellement beaucoup de son influence dans cette session, bien qu’il n’en eût jamais eu beaucoup. Il s'était vu en plusieurs circonstances dans une minorité, et M. Draper dut plusieurs fois assembler les membres du Haut-Canada et les menacer de remettre son portefeuille s'ils ne continuaient pas à le supporter. Il était facile de prévoir que le ministère allait subir une crise après la session.
M. Viger commença par donner sa démission au mois de juin, sans qu’on sût pour quelles raisons il agissait ainsi. M. Sherwood cessa en même temps d'être Suuiciteur-général du Haut-Canada. 11 fut
une quessure libre, était évi- |; en effet, ptant cette ; modérés lis que le jours pour tution qui ada étaient sition à l'émanière ines avait été . voté la loi ministration 1t portés sur ux mesures pe de spoliails ava‘ent s exerçaient à réellement ession, bie?
s'était vu en orité, et M.
embres du e son porteupporter. Il allait subir
émission all es raisons il nème temps Lada. Il fut
remplacé par M. John-H. Cameron, membre conservateur (1). On parla de plusieurs autres changements qui n’eurent pas lieu dans le moment.
Loin d’avoir acquis de la gloire et de l'estime dans sa carrière ministérielle, M. Viger vit son prestige et son influence diminuer aux yeux de son ancien parti. Entré au pouvoir en opposition à l'opinion publique, dans le dessein de défendre les intérêts de ses compatriotes, il s'était rallié à la politique de Lord Metcalfe, que ces derniers avaient repoussée d’une commune voix. Il avait violé les règles les plus élémentaires du gouvernement constitutionnel en conservant son portefeuille, lorsque pendant neuf mois il ne put être formé d'administration complète. Bien plus, après s'être vu refusé par deux des comtés les plus populeux du Bas-Canada, il avait continué à rester plusieurs mois dans le cabinet, jusqu’à ce que la ville des Trois-Rivières voulût bien l’élire en 1845. Il ne posséda pas un moment la confiance de la majorité des membres du Bas-Canada, condition essentielle d'existence pour lui dans le ministère. Au lieu de céder sa place aux chefs populaires, il fut la cause que les Bas-Canadiens furent gouvernés pendant deux ans par une m2'5rité du Haut-Canada : ce qui le mettait sans influence pour faire passer des
(+). Au nombre des principales nominations faites en 1846, on remarque les suivantes :
W.-B. Robinson, premier commissaire des travaux publics, C.-E, Casgrain, second # Ld if
P. Young, adjudant-général de la milice,
E.-P, Taché, député adjudant-général de la milice, B. C. Donald McDone À ss “ E. C.
E.-H. Bowen, juge du district de Gaspé,
J.-G, Barthe, greffier de la cour d’appel
Ed. Burroughs et Louis Fiset, protonotaires du district de Québec.
“ LMRE AE D CE DÉC ETGU S ,
mesures favorables à ses concitoyens. Aussi vit-on le Haut-Canada profiter de ses forces pour piller le Bas- Canada, témoin les mesures concernant les biens des Jésuites et l'administration de la justice dans la province supérieure, et le refus d’'indemniser le Bas- Canada des pertes qu'il avait soudfertes en 1837-8. M. Viger s'était donc trompé grandement, On peu à peine comprendre qu’une conduite si contraire aux usages parlementaires ait été tenue par ce patriote qui avait rendu, avant l’Union, les services les plus éminents à son pays dans une carrière toute remplie d'honneur et de patriotisme. Ses derniers actes ne devaient pas cependant mettre en oubli ce qu'il avait fait par le passé, et lui laisser au moins le bénéfice de bonnes intentions pour le bien de ses concitoyens.
Au mois de juillet, quelque temps après la dénmission de M. Viger, M. Draper fut chargé par Lord Cathcart de s'adresser à quelques Canadiens-Fran- Çais pour les engager à entrer dans le cabinet. Il écrivit à MM. Morin et Ccron, leur disant que le gouverneur ne leur demandait pas de former une administration, mais qu’il leur offrait le choix sur trois portefeuilles dans le conseil exécutif. Cette démarche ne réussit pas plus que celle qu'on avait tentée en 1845. Les chefs libéraux ne voulaient pas consentir à s.éger avec certains membres du cabinet ; ils refusaient d'accepter des portefeuilles seulement parce qu'ils étaient Canadiens-Françars:
-ils réclamaient le pouvoir comme parti, d’après les principes du gouvernement constitutionnel, vu qu'ils possédaient la confiance de la grande majorité de la population du Bas-Canada. En s'associant à des
t-on le le Bas- 8 biens dans la r le Bas- 1837-8.
On peul ontraire par CC | services ère toute derniers \ oubli ce au MOINS en de ses
la déniispar Lord ens-Franabinet. Il t que le jrmer une choix sur tif. Cette von avait laient pas ps du Càtefeuilles Français:
l'après les vu qu'ils brité de Ja nt à des
hommes auxquels ils ne pouvaient se fier, ils n’auraient eu alors aucune garantie pour faire adopter les mesures qu'ils croyaient favorables aux intérôts du pays; ils se seraient trouvés dans la même posilion que MM. Viger et Papineau.
Au nombre des autres événements arrivés en 1846, est l'incendie du théâtre Saint-Louis. Il y avait à peine un an que les deux tiers de Québec avaient été détruits par l'incendie, lorsqu'un autre malheur venait,en 1846, plonger ses habitants dans un deuil dé: plorable. Dans la soirée du 12 juin, un grand nombre de citoyens se rendaient au théâtre Saint-Louis pour assister à l’exhibition des dioramas de M. Harrison. Au moment où les spectateurs commençaient à se reüirer, le feu prit dans les scènes par une lampe à huile camphrée qui se détacha du plafond. La salle fut en un moment dans un trouble, une confusion indicible. Ceux qui se trouvaient encore à l’intérieur se portèrent en masse vers la seule issue connue, qui était très-étroite. Les premiers, poussés violemment dans l'obscurité, furent écrasés sous la pression de ceux qui les suivaient, et tous se trouvèrent accumulés en masse compacte les uns sur les autres. Il ne leur fut pas possible de sortir ou de reculer, et on ue put les arracher à la mort, malgré les efforts qui furent faits par plusieurs citoyens zélés. C’est alors qu'eut lieu une scène terrible. Dans ce moment lésespéré, plusieurs de ces infortunés, voyant tout secours humain’ impossible et n'espérant qu'un secours divin, criërent à un prêtre alors présent sur la scène de leur donner l’absolution. Le ministre de consolation leva les mains pour les bénir et les
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absoudre. Environ quarante personnes trouvèrent la mort dans ce triste accident (1).
Comme la question de l'Orégon fut réglée d’une manière paisible, il n’y avait plus de raison pour la métropole de laisser l'administration civile du Canada entre les mains d’un gouverneur militaire. Aussi Lord Elgin fut-il appelé à succéder à Lord Cathcart; il prit «es rênes du pouvoir le 30 janvier
L'administration de Lord Cathcart fut peu brillante. On ne remarque que le règlement de la liste civile, l’organisation de la milice, la question des biens des Jésuites et l'incendie du Château Saint- Louis.
Pendant son administration, Lord Cathcart ne fit pas grand bruit. Homme paisible et conciliant, il laissa à ses conseillers la conduite des affaires publiques. Il avait pu exercer sur eux une certaine pression afin de les faire consentir à reconstituer l'administration d’une manière forte et constitutionnelle. Il ne la voulut pas, laissant cette tâche à sou
(') Au nomi’: des victimes étaient MM. A.-$, Scott, avocat, J.-J, Sims, apothicaire, H. Carwell, marchand, Mme. John Gibb, Mme. Louise Lavallée, épouse de M. Ronald McDonald, rédacteur. du Canadien, et sa fille, Mme. Rigobert Angers.
Au mois de mai, un incendie cousrma les deux villages de Chicoutimi et de la baie des Ha! Ha!, détruisant bâtisses, provisions, animaux, etc. Près de 3000 personnes se virent dépourvues de tout par cet accident. Au mois d'août, c'était le village de ge rs qui disparaissait à son tour sons l'élément destructeur. Environ 300 propriétés furent détruites dans ce dernier incendie. Dans ces Pur désastres, la population reçut des secours abondants.
L’'Hon. M. James Kerr fut au nombre des citoyens décédés en 1846. Il avait été de nombreuses années conseiller législatif et exécutif du Bas-Canada, et en dernier lieu juge de la cour du bano de, la reine.
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athcart ne conciliant, es affaires e certaine constituer nstitutionâche à sou
cott, avocat, Mme. John 1 McDonald, Angers.
x villages de bâtisses, proirent dépourtait le village ment destruc- 18 ce dernier ut des secours
yyens décédés ler législatif de la cour du
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SeéTVa Que quelques mois le com
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ans l'été de 1847.