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Canada était donc plus intéressé à conserver l'égalité de la représentation sous le régime constitutionnel de 1840. Les quelques voix de plus qu'il pourrait avoir momentanément dans |:
chambre, ne lui aurait assuré aucun avantaur pratique : ‘ar après deux ou trois ans écoulés, elles auraient été perdues par l'augmentation du nombre de députés dans la province supérieure. C'était par un semblable raisonnement qu'en 1843, les mêmes hommes, qui étaient alors au pouvoir, n'avaient pas voulu agiter cette grave question, et ils avaient été alors unanimement approuvés.
Une autre considération importante c’est qu'il fallait, d’après la constitution, le concours des deux-tiers des membres de la législature pour changer le chiffre de la représentation. Or les députés du Haut-Canada ne pouvaient consentir à compromettre leurs intérêts, en détruisant l'équilibre qu'avait établi l'acte d'union, sans que l’acte projeté pour modifier la représentation, ne stipulât d’une manière explicite qu'aussitot que le chiffre de leur population dépasserait celle du Bas-Canada, ils auraient alors droit à une représentation proportionnelle. Les Bas-Canadiens étaient opposés en masse à demander li réforme électorale à ce prix, parce que, les intérêts des deux provinces n'étaient pas les mêmes, «t que changer l'équilibre, c'était mettre en danger les intérêts de l’une, et les exposer aux passions et à la convoitise de l’autre.
Les partisans de la réforme électorale d'apres le chiffre de la population avait pour organe L: Canadien, alors dirigé par Aubin, et L'Aveni:. organe des démocr ates. Suivant ces Journaux.
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cette importante question, telle qu’elle etait posée par l'autre parti, était une réforme trompeuse, fatale même au Bas-Canada; c'était une reconnaissance implicite de l'acte d'union; c'était admettre que les bases absurdes de la représentation étaient justes. Ce parti alla jusqu’à demander le rappel de l'Union, si la réforme n’était pas accordée telle qu'il la voulait. Il réunit sous sa bannière un certain nombre de Canadiens, parmi
desquels était M. Papineau, qui devint leur chef.
Les Canadiens avaient accueilli avec joie la rentrée récente sur la scène politique de M.
Papineau. Non nom était si populaire qu’il pouvait se faire élire dans n'importe quel comté du Bas-Canada. Cet illustre patriote avait, pendant plus d'un quart de siècle, guidé ses concitoyens dans les grandes luttes dirigées contre l’oppression et l'injustice. Il avait su faire respecter le nom canadien ; sa parole éloquente avait eu le plus orand retentissement et parmi ses concitoyens et à l'étranger ; elle avait soulevé les masses en faveur de la cause qu'il avait embrasste, M. Papineau avait présidé la chambre d'assemblée pendant vingt et un ans, et avait été délégué en Angleterre pour défendre ses compatriotes. Jusqu'en 1837, sa conduite avait été admirable, et le peuple l'avait approuvée presque sans restriction. Les malheurs de 1837-38 survinrent, et M. Papineau prit le chemin de l'exil. À son retour au pays, en 1845, il vécut quelque temps dans la solitude ; deux de ses parents, MM. Viger et D.-B. Papineau, étaient alors au pouvoir ; il les vit en antagonisme avec leurs compatriotes, mais il demeura simple spectateur de la lutte.
Depuis son départ pour l'exil, les choses avaien! bien changé. Le gouvernement responsable avait été octroyé avec la constitution de 1840: les chefs politiques de tous les partis l’avaient reconnu. e: ils étaient disposés à le mettre en pratique. MM. La Fontaine et Morin, qui avaient autrefois marché à la suite de M. Papineau, et qui depuis 1841 avaient été reconnus les chefs de Ja cause libérale dans le Bas-Canada, l'avaient également reconnu ; ils voulaient, comme nous l'avons déjà dit, s’en servir pour conquérir à leur parti |: position à laquelle il avait droit, et réparer les griefs causés par la constitution ainsi que les injustices qu'elle renfermait.
Après avoir hésité longtemps, M. Papineau consentit à accepter un mandat du peuple lors des élections générales de 1847. À cette occasion. il exprima avec franchise ses vues sur l’état politique du Canada. Il se déclara contre l'union des deux provinces, et contre le gouvernemeni responsable ; il ne croyait pas qu'il fut possible de rien obtenir d'efficate avec le principe de la responsabilité. I1 donna cependant son approbation au parti libéral, et recommanda de l'appuyer.
À la session de 1848, MM. LaFontaine ct Baldwin étant parvenus au pouvoir, l'illustre patriote déclara qu'il leur donnerait tout l'appui possible. I aurait cependant voulu les voir s'occuper immédiatement des réformes administratives que la province réclamait avec instance. Bientôt après, M. Papineau se sépara du parti libéral, et publia plusieurs écrits, dans lesquels il déclara ouvertement que le cabinet LaFontaine- Baldwin ne possédait plus sa confiance. Il se prononça encore pour le rappel de FUÜnion: «1
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