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lors de la discussion de Ja réforme électorale, il se déclara en faveur de Ia représentation repartie d après la population. Autour de lui, se rallièrent les collaborate is de l'Avenir, et la plupart des membres de l’Institut Canadien, à Montréal, qui professaient ses principes,et qui le choisirent pour leur chef. C’étaient MM. AÀ.-A. Dorion, Dessaules, Laberge, Papin, LaBrèche-Vicer, Doutre, J.-B.-K, Dorion, Blanchet, Laflamme, ete., jeune phalange qui voyait dans ses rangs des talents remarquables, et se montrait pleine d’ardeur et d’enthousiasme, L'Avenir fut leur organe, et le parti démocratique, qui deviut jouer un certain rôle, fut dès
lors formé.
Le parti Hbéral se trouva done divisé en deux camps: l'un, représentant Ia masse de la population du Bas-Canada, avait M. LaKontaine pour chef: l'autre M. Papineau. Un antagonisme direct exista entre ces deux hommes également chers aux sympathies populaires, et qu'on avait vu autrefois marcher de concert à la conquête des libertés constitutionnelles.
Les Canadiens regrettèrent vivement de voir M. Papineau montrer Si peu de confiance dans la constitution, et surtout refuser de se joindre au parti libéral, pour en assurer les eflets. Non noïn, ses talents et son expérience n'eurent pas manque de lui donner dans la lésislature une intluence décisive. s'il eût prêté son appui à ceux dont le noble désintéressement avait gagné l'admiration de leurs concitoyens, et obtenu des témoignages solennels d'approbation. Il était dinsereux de le voir condamner la constitution, lorsque plusieurs des clauses injustes—la liste civile, Ki proscription de la langue française—
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venaient d'être rappelées ; lorsque la population dans les deux sections de la province était pres-
ue égale, et que le gouvernement se proposait
‘opérer la réforme électorale et d’autres chance. ments importants; lorsque, enfin, l'Angleterre laissait au Canada la hberté d’administrer ses affaires suivant ses propres désirs, et que le couvernement responsable fonctionnait dans |:
plénitude de ses attributions. Il n’est donc pas étonnant que la masse de la population française ait blâmé M. Papineau de vouloir détruire le fruit de plusieurs années de luttes.
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CHABPITERE II
ADMINISTRATION DE LORD ELGIN Suite.)
CONTINUATION DU MINISTÈRE LA FONTAINE-YALDWIN,— SESSION DE 1849.--TROUBLES, INCENDIE DU PARLE- MENT.— MOUVEMENT ANNEXIONNISTE,
Changements ministériels. — Ouverture de la session de 1849.— Ketablissement de la langue française.—Débats sur la constitution et sur la réforme électorale, MM, Papineau et Fa Fontaine.— Loi clectorale, émigration, commerce et tarif.—Université de Toronto, actes concernant l’'education.—Chemins de fer.—Actes judiciaires. -—Amnistie générale, —Aîte d'indemnité, débats violents, scène de vandalisme.—[Le gouverneur insulté, incendie des batisses du parlement et de la bibliothèque, dévastation de proprictes, Approbation de la conduite du g'uverneur, opinions des membres sur l'émeute.—Montréat perd le siége du gouver-
nement.—Ligue Britannique. Mouvement annexionniste,
La session de 1849 fut ouverte le 18 janvier. Cette session est la plus mémorable de toutes celles de l'Union, et par le nombre de mesures importantes qu'elle vit passer, et par les luttes lormidables qui enflammèrent les partis politiques, et qui ne se terminèrent que par l'incendie des édifices du parlement.
Après leur avènement au pouvoir, les ministres Sétaicnt présentés devant leurs électeurs et avulent tous été réélus par acclamation, ou par une forte majorité. Ce résultat proclamait hautement lx popularité des membres de l’administration. Quelques changements avaient eu lieu
pendant la vacance, M. W.-H. Blake fut fuit liciteur général du Haut-Canada, et M. [.-7 Drummond accepta pour le Bas-Canada le men poste, laissé vacant par la retraite de M. Avlwin. qui fut nommé juge à la cour du banc de |:
reine. Quoique ces deux emplois fussent responsables envers le peuple, les deux nouveaux sol; citeurs-généraux n'eurent point de siége dan: le cabinet, L'administration s'était en cela rendue au désir de plusieurs membres de la chambre, qui avaient, à la dernière session, émis l'opinion que les solliciteurs généraux et les commissaire. des travaux publics ne devaient pas faire partie du cabinet. Le 16 septembre, M. Sullivan donn: sa démission, et fut nommé juge dans le Iaut- Canada. Ce fut M. Leslie, président du conseil exécutif, qui le remplaçga comme secrétaire provincial. Enfin, M. W. H. Merritt fut nom président du conseii exécutif. Nil’admimistration perdait dans MM. Sullivan et Aylwin les deux premiers orateurs des chambres, elle faisait une magnifique acquisition dans les personnes de MM. Merritt, Blake et Drummond, qui étaient des hommes remarquables par leurs talents e1 leurs connaissances.
Trois nouveaux députés apparaissent pour l:
première fois sur la scène politique : MM. L.-\ Viger, Polette et Cartier. Ce dernier, élu par le comté de Verchères, était destiné à parcourir une brillante carrière, et à devenir un de no: premiers hommes d'état. M. Galt, autre membhr distingué, fut aussi, pendant la session, élu pou: la première fois par le comté de Sherbrookt.
Huit nouveaux membres avaient été appelés au conseil législatif depuis la session de 1848. MM.
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l.-l’, Taché, Leslie, Turgeon, Quesnel, Bourret, Saveuse de Beaujeu, John Ross et Louis Méthot. l'ar ces nominations, le ministère LaFantaine- Baldwin voulut rendre justice à la population française. En effet, depuis l'Union, cette origine n'avait pas été représentée avec assez de justice dans le conseil législatif, elle n’entrait pas même pour le tiers dans la composition de cette chambre. Ces nominations donnaient, en même temps, une forte majorité en faveur de la politique libérale, dans cette branche de la législature.
Lord Elgin inaugura le rétablissement de la lanvue française dans le parlement canadien.
L'Angleterre venait de rappeler la clause vexatoire de la constitution qui proscrivait notre belle langue dans les procédés législatifs; elle s'était aussi déterminée à accorder une amnistie générale aux Canadiens impliqués dans les troubles politiques.
“Je suis fort heureux, dit Lord Elgin, d’avoir à vous apprendre que, conformément au désir de
. la législature locale, exprimé dans une adresse
des deux chambres du parlement provincial, le parlement impérial a passé un acte révoquant la clause de l'acte d'union qui imposait des restrivtions à l’usage de la langue française.
“ Je suis autorisé à vous informer que Sa Majsté a résolu d’exercer la prérogative de sa clémence, en faveur de tous ceux qui sont encore sous le poids des conséquences pénales d'offenses pohtiques, résultant des malheureux événements de 1837 et 1838 ; et j'ai reçu ordre de la Reine de vous inviter à concourir avec moi à la passaüon d’un acte pour donner leur plein effet aux tres-gracieuses intentions de Sa Majesté. ”