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Sir Louis-H. LaFontaine avait des goûts littéraires, et aimait passionnément l’histoire de son pays. Au milieu des soucis de la politique, il s'occupait de recherches sur l'archéologie; ces travaux étaient pour lui une véritable jouissance. Un autre de ses mérites était d’encourager les jeunes gens, qui se livraient à la politique, et de se montrer bienveillant envers eux.
Le ministère présidé par MM. LaFontaine et Baldwin, occupe sans contredit la plus belle époque de notre histoire. Ses actes sont là pour le démontrer. Sous l'égide de ces chefs habiles, Le Canada a fait un pas immense dans la voie des réformes administratives, et vers la prospérité matérielle.
L'administration de la justice, dans les deux sections de la province, reçut une transformation heureuse ; le contrôle des postes fut cédé à la province, et le taux des lettres fut beaucoup diminué ; la loi de primogéniture disparut de la législation du Haut-Canada ; les lois d'élections et des écoles reçurent des modifications importantes ; les actes d’amnistie et d’'indemnité cicatrisèrent les blessures faites par les malheurs politiques de 1837-38. C’est encore sous leur administration, que le Saint-Laurent fut ouvert aux vaisseaux étrangers, que les canaux furent complètement terminés, que le crédit de la province, grâce à l’habileté de M. Hincks, fut rétabli, que la colonisation reçut une grande impulsion, par l'ouverture de nouvelles routes, et par l'octroi des terres incultes à bas prix, et qu’enfin l'heureuse politique des chemins de fer fut inaugurée, Outre ps les mêmes hommes firent les démarches préliminaires, qui devaient conduire
à l'abolition de la tenure seigneuriale et à la sécularisation des réserves du clergé protestant ; ils firent encore des tentatives, infructueuses, il es! vrai, pour obtenir une représentation plus juste et un traité commercial avec les Etats-Unis.
Telles sont les œuvres dues à ce ministère, pendant les trois années de son existence (1848-1851). voilà quel a été le résultat de l'alliance des libéraux ou réfcrmistes des deux Canadas, et du triomphe complet de la responsabilité ministérielle.
P-ndant tout le temps que MM. LeFontaine et Baldwin furent au pouvoir, ils possédèrent la confiance des deux tiers des représentants. I]s sanctionnèrent encore le principe de la double majorité en n’imposant aucune mesure sectionnelle qui ne fût approuvée par la majorité ; ils traitèrent les deux sections de la province avec une égale faveur. Enfin, ils n’employérent jamais de basses intrigues pour parvenir à leur but, et conservèrent toujours cette indépendance, qui devint leur gloire, et leur mérita le respect du public.
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