‹ Le Canada sous l'Union, 1841-1867 [microforme]Chapitre 4 sur 76 · IR · texte numérisé non relu

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quante-quatre se prononcèrent contre. M. Morin ft ensuite élu par acclamation, et conduit à son siéve au milieu de vifs applaudissements.

M. Morin avait toutes les qualités requises d'un bon président : expérience parlementaire, science du droit constitutionnel, connaissance des deux langues, il réunissait en lui tous les titres à la confiance de ses collègues. Il avait constamment travaillé au bonheur de son pays, et avait fait pour servir les intérêts du peuple le sacrifice des plus grands avantages personnels.

Dans son discours officiel, Lord Elgin attira l'attention des chambres sur l’amélioration du système des postes et sur l'administration de la justice ; il recommanda en outre l’adoption d’une loi. d'émigration et d’une autre concernant les chemins de fer.

La réponse au discours du trôn: fut proposée par le colonel Prince, et secondée par M. Christie, qui tous deux parlèrent en faveur des mesures spécifiées dans ce discours.

M. Baldwin proposa un amendementexposant à Non Excellence que, dans le but de donner un résultat satisfaisant aux délibérations de la chambre et aux mesures annoncées dans son discours, il était essentiel que l’administration possédàt la confiance de la chambre et du pays, et que les conseillers d'alors ne jouissaient pas de cette confiance. M. Baldwin prononça un dis-

tours modéré, dans lequel il énuméra les princi-

pales causes de la chûte du ministère, et du résultat des élections générales.

Ce fut M. Caley qui défendit les actes de l'administration. 11 attribua la défaite du parti conservateur à la loi sur le tarif passée à la der-

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42 LORD ELGIN. [1848 nière session, à la question de l’université de Toronto, et surtout à la meilleure organisation des libéraux. Après les discours de "M Price, Boulton et autres, l'amendement de M. Baldwin fut mis aux voix. Cinquante-quatre députés prononcèrent la déchéance du ministère conservateur, vingt sezlement votèrent pour son existence (1), Après cette défaite, les ministres donnèrent leur démission.

Les conservateurs avaient été élevés au pouvoir en 1844, lors des difficultés survenues entre le gouverneur et le cabinet LaFontaine-Baldwin. Grâce à l'influence et à l'intervention de Lord Metcalfe, ils avaient, dans les élections générales de cette époque, obtenu une légère majorité. Ils avaient momentanément approuvé, par esprit de parti, la conduite inconstitutionnelle de ce gouverneur, dans ses prétentions à nommer les oMciers publies sans l'avis de ses conseillers, mais ils étaient revenus peu à peu de leur erreur, «1 avaient admis les principes du gouvernement constitutionnel. Avant de quitter la chambre, leur chef, M. Draper, avait confessé publiquement qu'il ne différait aucunement d'opinion

(1) Pour l'amendement —-MM. Armstrong, Aylwin, Baldwin,

Beaubien, Bell, H.-J. Boulton. Boutillier, Burritt, M, Cameron, Cauchon, Chabot, Chauveau, Davignon, Drummond, Duchesnay, Dumas, DeWitt, Egan, Flint, Fortier, Fournier, Fourquin, Guy, Guillet, Hall, Holmes, Hinks, Jobin, Johnson, La Fontaine, Fa Terrière, Laurin, Lemieux, Leslie, Lyon, J.-S5. Melonald, Marquis, McFarlaad, Merritt, Mongenais, Morrison, Nelson, Notman Papineau, Price, Richards, Sauvageau, John Scott, James Smith, Hermanus Smith, Taché, Thompson, Watts et W étenhall— 54:

Contre— MM. Badgley, Brooks, Cayley, Christie, Crysler, Daly, J.-A. McDonald, McNab, Malloch, McConnell, McLean, Prince, Robinson, Seymour, G. Sheriwood, H.Sherwood, Henry Smith, Stevenson, Wébster et Wilson—20,

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avec les chefs libéraux sur la question de la responsabilité ministérielle. Depuis le départ de Lord Metcalfe, ils avaient peu à peu perdu la confiance des membreset du peuple. Ils travaillérent sans relâche à s’aflermir au pouvoir, en cherchant à diviser le parti libéral du Bas- Canada ; cé fut toujours sans succès. La retraite de M. Draper leur fit encore un tort immense ; et pendant la session de 1847, leur majorité n'était plus que de deux voix; encore ne devaient-ils qu'aux intrigues ane si faible majorité. A la @ernière élection, leur défaite fut complète ; ils furent en minorité même dans le Hazt-Canada, qu'ils avaient tant favorisé sous leur administration. 1] n'est pas étonnant que la conduite des vonservateurs ait été condamnée, surtout par le Bas-Canada. On à vu dans quelle position désarantageuse s'étaient trouvés ceux qui représentaient la population française. MM. Viger et l'apineau se virent isolés de leurs compatriotes ; ils n'eurent pas assez d'influence pour empècher que le Haut-Canada imposàt des mesures injustes à l'autre province. Les biens des Jésuites furent détournés de leur destination première, les dépenses de l'administration de la justice, dans le Haut-Canada, furent portés sur le revenu publie, les réclamations des habitants du Bas- Canada, qui avaient éprouvé des pertes lors des troubles de 1837-38, furent négligées, tandis que celles du Haut-Canada furent exactement payées. La chambre alla ensuite présenter au gouverneur l'adresse telle qu'amendée par M. Baldwin. Lord Elgen répondit que pour se conformer au vœu exprimé par la majorité de la représentation, il allait s'occuper immédiatement à former un

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