‹ Le Canada sous l'Union, 1841-1867 [microforme]Chapitre 3 sur 76 · ADMINISTRATION DE LORD ELGIN · texte numérisé non relu

ADMINISTRATION DE LORD ELGIN

CHAEITEE I

MINISTÈRE SHERWOOD-DALY, 1847.—DÉFAITE DES CONSER- VATEURS ET AVÉNEMENT DU MINISTÈRE LA FONTAINE-BALDWIN, 1848.

Arrivée de Lord Elgin, détails sur ce personnage.—kR traite de MM, Draper et Smith du ministère. —Mimstére Sherwood-Daly. Session de 1847, dcbats sur l’adresse.—Moticn de non-confiance. Acte concernant le crime de faux, acte municipal du Bas- Canada, liberté de commerce, tarif, etc.—1Im tion des Irlandais, ficvres typhoïdes. —Associations de Ja : et du progrès. Dissolution du parlement, changements ministe:.:1s.—Elections goncrales, triomphe des libéraux.—-Mort de MM. Ncilson, Vallitres de St. Fical et autres.—Session de 1848, M. Morin president de Ja chambre d'’assemblée, défaite des conservateurs.—- Ministère La Fontaine-Baldwin.—Débats politiques interessants. Mouvement en faveur de la colonisation .—Réforme électorale.

Lord Elgin fut nommé gouverneur du Canada, le 16 septembre 1846; mais il n’arriva à Montréal qu'à la fin du mois de janvier de l’année suivante, et prêta le serment d'usage, le 20 de ce mois. 11 appartenait à une des familles les plus lustres de l'Angleterre, possédait des talents remarquables et avait un cœur noble et généreux. Bien qu'il fut conservateur et, par consé-

quent, opposé à la politique libérale du cabine: de lord John Russell, celui-ci le nomma volontiers à ce poste élevé, parce qu'il le jugeait digne de le remplir avec distinction. En effet, Lord Elgin s'était déjà acquis une réputation d’habile homme d'état dans le parlement anglais, et dans son administration récente à la Jamaïque, où il avait gagné l'estime et le respect de tous les partis. Au Canada, comme plus tard à la Chine et aux Indes, il sut maintenir intacte cette belle réputation. Toujours il se guida d’après les véritables principes constitutionnels, principes qu'il proclama hautement dans sa réponse à l'adresse que les citoyens de Montréal lui présentèrent à son arrivée. Voici une partie de ce magnifique document :

“ Vous voulez bien observer, dit-il, que la connaissance des affaires publiques, que j'ai acquise dans le parlement impérial, et dans d’autres situations de haute importance, justifie l'espoir que

je me guiderai, dans l'exercice de mes fonctions,

d’après les grands principes constitutionnels, qui sont familiers aux hommes politiques de la Grande-Bretagne. Tous mes soins et tous mes eflorts tendront à la réalisation de ces favorables espérances. Je suis convaincu que je ne pourrai mieux maintenir les prérogatives de la couronne. et mettre plus efficacement à effet les instructions dont m’a honoré Sa Majesté, qu’en montrant de justes égards pour les désirs et les sentiment: du peuple, et qu'en recherchant les conseils ct l’aide de ceux qui jouissent de sa confiance.

“ Je ne puis porter mes regards sur l’histoire récente de cette province sans sentir qu’en prenant la résolution de conduire, d’après ces prin-

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cipes, l'administration des allaires, je n'entreprends pas une tâche d'une grandeur et d'une iilie ulté ordinaires. Les pouvoirs du self-grovernnent, auquel vous fait st largement participer votre constitution, ont été accordés pour de sages wotifs pour donner au peuple lemoyen d'exercer une influence salutaire sur l'action du gouvernoment, et pour faire dn gouvernement luiméme un instrument plus puissant pour le bien, en Jui procurant de l'appui et de ia confiance. Ni jamais malheureusement ces pouvoirs étaient employés à des fins de faction et d'ambition personnelle, les efforts du gouverneur-général pour cletuer le bien-être de la province demeureruient sans résultat, et ses hautes et importantes lonctions, dans de pareilles circonstances, ne pourraient que produire le désappointement et le regret,

* Je ne rejette pas cependant la responsabilité que m'a ordonné d'accepter notre gracieuse Nouveraine, J'ai conscience qu’en l'acceptant, je ne suis müû par aucun autre motif que celui de remplir fidèlement mon devoirenvers Sa Majesté et le peuple de cette province: et j'espère que dans l'unanimité qui caractérise les procédés de ce Jour, j'apperçois l’augure de cet empressement à mettre de côté ces différends d’une importance mineure et à travailler de concert à l’avancement du bien-être public, condition indispensable à l’action efficace et pratique de la coxstitution britannique.

‘J'ai les yeux ouverts sur la vaste étendue des ressources de cette noble province, et je suis profondémentconvaincu qu’au moyen de mesures sages, elles sont succeptibles d’un développement

rapide. Ce serait une tâche bien digne de l’enploi de l'énergie et des talents d'hommes à vues larges ot patriotiques, que celle de travailler à l'extension du commerce, au développement des ressources agricoles et minérales, à l'amélioration et à la multiplication des moyens de communication intérieure ; de pourvoir à de plus grandes facilités pour l'éducation d’une population croissante, de procurer les bienfaits et le confort de la civilisation aux établissements les plus éloignés ; d’éloigner les occasions de dissension et de discorde, et d’unir les habitants de toutes classes et de toutes races par un seul lien d'intérêt et d'affection. ”*.........(1)

Après avoir examiné la position des partis politiques, Lord Elgin se convainquit que l'administration, telle qu’elle était alors constituée, ne pouvait commander la confiance publique à un degré suffisant. Il vit avec peine l'isolement dans lequel se trouvait la race française, et voulut y remédier en appelant au pouvoir quelques-uns de ses chefs. Il prit dans ce but l’avis de ses ministres, qui lui conseillèrent de s'adresser à MM. Morin et Caron, et d'offrir à chacun d’eux un portefeuille. Mais les offres de Lord Elgin ne suffisaient pas aux exigences du parti libéral. dans le Bas-Canada; elles étaient les mêmes qui avaient été faites et rejetées dans les négociations précédentes. M. Morin les refusa immédiatement, donnant pour raison printipale qu’il avait contracté une alliance avec des personnes d’une autre origine qu'il nv pouvait abandonner. M. Caron, au contraint

(1) Traduction du Yournal de Québec (4 février 1847).

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crut, dans l'intérêt de ses compatriotes, devoir pousser les négociations plus loin. Mais ses eflorts demeurèrent sans succès. Les prétentions de M. Daly s’opposaient à un arrangement acceptable. Le ministère était prêt à céder trois portefeuilles aux libéraux; mais il refusait de sacrifier M. Daly. qui se croyait inamovible dans son poste de secrétaire provincial. MM. Morin et Caron fureut approuvés dans leur conduite. La fermeté inébranlable des convictions de ce dernier Jui fit encourir la disgrâce des ministres ; ils exercèrent leur vengeance en le destituant de sa position de président du conseil législatif, charge qu’il n'avait acceptée, sous Lord Metcalfe, qu'à la condition expresse qu: ce ne serait pas une situation politique sujette à déplacement. La conduite injuste du ministère, à l'égard de M. Caron, eut l’heureux résultat de donner plus d'union et de force au parti libéral, en faisant cesser entièrement tout esprit de division.

La presse ministérielle accusa encore, mais sans raison, les Canadiens-Français de refuser le pouvoir, et de négliger par là les vrais intérêts de la province. L'alliance des conservateurs avec les hhéraux du Bas-Canada aurait été une excellente affaire ; elle aurait probablement eu pour résultat d'empêcher les troubles de 1849. Il est regrettable qu'elle n'ait pas eu lieu. Mais enfin, la faute retombait sur les conservateurs, qui voulaient toujours reconstruire le cabinet au profit du parti britannique et du Haut-Canada, et qui refusaient d’asseoir le gouvernement sur des bases constitutionnelles, en répudiant le principe de la double majorité.

Depuis son avènement, le ministère Draper

n'avait cherché qu'à diviser le parti libéral preuve évidente de sa propre faiblesse. Il n'avait conservé le pouvoir que par l'intrigue et l'argent répandu à pleines mains dans le Haut-Canada, qu’à force de passer des mesures favorables à cette section de la province, et souvent injustes envers l’autre. Puisque les ministres ne pouvalent se maintenir au pouvoir d’une manière constitutionnelle, pourquoi ne se retiraient-ils pas ? Cependant, plusieurs d’entre eux, voyant qu’ils étaient gravement compromis aux veux d’un public fatigué de cet état de chose, et qu'ils occupaient une position fausse, donnèrent leur démission ; mais ils eurent le soin de se placer avantageusement. Les autres ministres n'eurent pas le courage de les imiter.

Au mois d'avril, M. Smith remit son portefeuille de procureur-général, et fut créé juge de la cour du banc de la reine. M. Badgley le remplasa dans le cabinet. Cette nomination déplut à M. Taschereau, qui cessa d’être solliciteurgénéral du Bas-Canada ; il devait en justice succéder à M. Smith. Il fut nommé peu après juge de la cour de circuit (1). A la fin de mai, M. Draper céda sa place à M. Henry Sherwood, qui fut considéré comme le chef de l'administration. M. John A. Macdonald entra dans le ministerr comme receveur-général, et M. John-H. Cameron, solliciteur-général, du Haut-Canada, sans siéov dans le cabinet, fut nommé conseiller exécutif.

(1) M.J.-R. Rolland fut nommé juge en chef du Bas-Canada, à la place du juge Vallières, décédé. M, C.-J.-C. de Léry fut nommé greffier du conseil législatif à la place de M. Fitzgibbon, M. John Joseph, greffier du conseil exécutif remplaça M. Ft. Parent, qui fut nommé assistant-secrétaire avec M. E. A, Meredith.

Enfin M. P président le cabinet.

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Enfin M. Peter McGill remplaça M. Caron comme président du conseil législatif, avec siége dans le cabinet.

Ces changements rendaient le ministère méconnaissable : on pouvait baptiser la nouvelle administration, dont on ignorait les véritables chefs, du nom de Sherwood-Daly. Il ne restait plus que MM. Morris, Daly et Papineau des membres de l'administration formée en 1844.

Voici comment se composait le nouveau cabinet à la session de 1847 :

HAUT-CANADA

Hon. MM. Henry Sherwood, procureur-général, Wim. Cayley, inspecteur-général, “__ John-A. Macdonald, receveur-général, * Wm. Morris, président du conseil exécutif, John-H. Cameron, solliciteur-général.

Bas-CANADA.

Hon. MM. Dominique Daly, secrétaire-provincial, Wim. Badgley, procureur-général, Denis-B. Papineau, commissaire des terres, Peter McGill, président du conseil législatif.

Des nouveaux membres de ce ministère, M.

Sherwood était bien celui qui possédait le plus d'influence et de connaissances constitutionnelles, sans avoir cependant les qualités d'homme d'état de MM. Baldwin et Draper. M. John-A.

Macdonald n’était encore qu'un jeune membre.

Nes talents brillants devaient lui assurer plus tr un grand rôle dans l'arène politique ; mais il manquait alors d'expérience, et de plus, il était inbu des principes outrés des conservateurs de

vieille souche. On peut en dire autant de M.

Cameron, qui était un orateur distingué et un avocat des plus habiles. M. Badgley était juoe de la cour de circuit, lorsqu'il fut prié de faire partie du cabinet ; il était lui aussi dénué de connaissances et d’une expérience politique satisfaisante, pour occuper un poste aussi éminent. Quant à M. McGill, c'était un marchand de Montréal très-riche et très-estimé.

On ne peut examiner les membres du ministère Sherwood sans admettre qu'ils n'étaient pas aptes à présider aux intérêts du pays, les uns par manque de pratique parlementaire, les autres par défaut de popularité et d'influence. On doit reconnaître que le Bas-Canada était bien mal représenté, et qu'on commettait une grave injustice envers la population française, qui, sur neuf ministres, n'avait qu'un seul représentant, M. Denis-B. Papineau ; encore n'’était-ce qu'un représentant peu appréciable. On ne sera pas étonné de voir qu'un tel ministère, offrant dans sa composition si peu de titres à la confiance, soit condamné à une existence fort courte, et s'éteigne sans avoir rien fait de remarquable. D'ailleurs, il ne comptait plus parmi ses membres le seul homme capable de prolonger son existence, et de lui donner de l’autorité, l'Hon. M. Draper.

Il faut reconnaître en M. Draper un homme politique de premier ordre et un orateur distingœué. Ïl occupait, dans les chambres, le premier rang avec MM. LaFontaine et Baldwin. En se retirant de la vie politique (ce qu’il fit pendant la session de 1847), la chambre perdait en lui une de ses lumières. M. Draper avait succédé à M. Hagerman, en 1840, comme chet du parti

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conservateur. Sa conduite ministérielle avait été véntralement approuvée dans le Haut-Canada.

En effet, cette section de la province n'avait eu aucune plainte sérieuse à formuler contre lui : elle lui devait au contraire plusieurs mesures fort avantageuses à ses intérêts. Mais il est à déplorer que ces mesures aient été adoptées parfois au préjudice des Bas-Canadiens. Il n’est pas nécessaire de faire remarquer qu’une semblable conduite si peu compatible avec ses devoirs de

justice entendus dans leur véritable sens, ait

terni quelque peu la belle réputation qu'il s'était acquise. M. Draper fut nommé juge du Haut- Canada. I] occupe aujourd’hui la haute position de jage en chef de la cour d'appel dans cette province.

Dans les derniers changements ministériels, Lord Elgin s'était tenu à l'écart. Il était disposé à ne favoriser ni l’un ni l’autre parti, et à laisser ainsi celui qui avait le pouvoir courir ses chances de silut ; il attendit avec patience le résultat de la lutte qui allait s'engager. Le 2 juin 1847, il ouvrit la session par un discours, dans lequel il mentionnait, entre autre choses, que le parlement impérial était disposé à abandonner à la province, le controle sur le département des postes, et qu'il avait passé une ioi conférant aux lévislatures coloniales le pouvoir de rappeler les droits différentiels imposés aux colonies, en faveur des produits britanniques. Non discours ne mentionnait aucune des mesures et des questions politiques qui occupaient alors le pays.

Avant la discussion de l'adresse, ia chambre l'assemblée eut à décider si Sir Allan McNab était encore son président. Le gouvernement

16 IORD ELGIN. [1847

l'avait nommé pendant la vacance au poste d'adjudant-général de la milice. M. Et-P, Tache avait été nommé dé puté- adjudant pour le Pix Canada. Sir Allan n'avait accepté son emploi qu'à la condition qu'il nomimerait Iui-méme li député-adjudant du Haut-Canada ; c’était le colonel Cameron qu'il désignait à ce poste, Cite condition n'ayant pas été acceptée par le gouvernement, qui nomma M. McDonald, Sir All refusa la charge d’ adjudant-g cénéral de Ja milice. La chambre décida qu'il était encore membre, e par conséquent son président.

Cette question en amenait une autre. Pendant que lie gouvernement était sous l'impression que Sir Allan avait accepté la place d'adjudant de la milice, deux députés avaient pris sur eux d'émaner un bref pour une nouvelle élection, dans le comté de Nimcoe ; c’est ce qui se fait lorsque la place de président de la chambre devient vacante. M. Robinson avait accepté la charge de comimissaire des travaux publics, emploi qui rendait son siége vacant ; il fut réélu dans son même comté. Il était évident que si le président de la e+ unbre eût accepté l'emploi qu'on lui avait offert, l'élection de M. Robinson ordonnée par deux membres, était légale; dans le cas contraire, elle était nulle, car le président n'ayant pas donné «a démission, à lui seul appartenait le droit de faire émaner un bref d'élection. La question, après avoir été dis@utée, fut renvoyée à un comité spécial ; elle ne fut décidée qu'à la fin de la session, dans le but de permettre à M. Robinson de voter en faveur du gouvernement. Le rapport du comité déclara l'élection nulle ; cependant, la majorité ministérielle décida, contre tout principe de justice, que l'élection était valide.

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Grâce à d'autres manœuvres ministérielles, le comté de Dorchester, dont le siége était devenu vacant par la démission de M. Taschereau, ne fut nullement représenté dans les chambres pendant plus de la moitié de la session. On savait qu’un libéral serait élu dans ce comté, et c’est pour cette raison qu'on négligea de faire émaner les brefs d'élection. Le comté de Champlain fut aussi longtemps sans être réellement représenté. Son député, M. Guillet, avait accepté un emploi secondaire ; il s'agissait de savoir si son siége était vacant ; l'administration traina la question en longueur dans le même but que pour le cas précédent. La chambre décida, à la fin de la session, que M. Cruillet conservait son siége. Enfin, on contraignit M. Draper de siéger quelque temps en chambre, dans le but d’avoir sa voix, bien qu'il déclarat lui-même qu’une place de juge était à sa disposition. Ces faits n’ont pas besoin de commentaires ; 11s prouvent assez quels moyens prenait le ministère pour se maintenir au pouvoir.

Pendant plusieurs jours, l'adresse fut discutée avec beaucoup d’excitation et d’animosité. C'était une dernière lutte entre les conservateurs et les libéraux. L'opposition, sur motion de M. Baldwin, secondé par M. La Fontaine, proposa un amendement dans lequel elle félicitait Lord Elgin de son alliance avec la famille de Lord Durham, et déclarait que c'était à ce dernier que le pays devait l'établissement du gouvernement responsable, d'après les principes qui fonctionnaient avec tant de succès en Angleterre, et que la chambre espérait que, sous Lord Elgin, elle verrait l’application efficace de ce grand principe. Un autre amendement exprimait le regret de ce que le

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gouverneur n’eût pas été conseillé de convoquer

les chambres plus à bonne heure.

M. Baldwin accompagna le premier amendement d'un discours remarquable, et fit passer de mauvais moments aux ministres. Il attaqua leur conduite sur plusieurs points, et démontra que l’histoire de l'administration des conservateurs. depuis 1843, n'avait pas d'exemple dans les fastes parlementaires. Tous ceux qui avaient fait partie de l'administration étaient tombés les uns apres les autres, et avaient été remplacés de manicre que le cabinet était dans le moment compost d'éléments hétérogènes, qui n'avaient ni les mêmes principes ni les mêmes vues. Ce n'était pas là le moyen de faire fonctionner un gouvernement. [’administration devait être régie suivant les principes anglais, c’est-à-dire que les ministres devaient entrer en fonction par une déclaration précise des principes d’après lesquels ils se proposaient de gouverner le pays. L’honorable membre pour Simcoe, et l'honorable procureur-général, différaient d’ opinion sur la Di de l'université de Toronto; qu'allaient-ils faire lorsque leurs collègues présentera nt cette mesure à la chambre ? M. Baldwin passa en revue une partie des actes de l'administration, bläma les nominations injustes qu’elle avait faites, et termina son discours en s'adressant aux membres de la droite, et en leur disant qu'ils auraient bientôt à se présenter devant leurs constituants, et qu'ils se trouveralent dans une position bien triste, s’ils étaient obligés de répondre : “J'u

sacrifié mon pays, mais j'ai sauvé le ministère.”

MM. Avlwin, Chauveau, Malcolm Cameron, Merritt, Watts, etc. parlèrent en faveur de

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1847] LORY ELCIN. 19

l'amendement, et se plurent à condamner le ministère dans ses actes, ainsi que son impuissance à faire passer les mesures importantes que le pays réclamait. Ils firent un tableau fidèle des iniquités et de la corruption des hommes du pouvoir. M. Aylwin fut surtout très-éloquent ; il était sans contredit le meilleur orateur de la chambre d’assemblée.

MM. Caley, Gowau, John-I. Cameron et John A. Macdonald répondirent aux membres de la gauche. Au lieu de &tfendre leur politique et leurs actes, ils attaquèrent les chefs libéraux dans leur vie politique, en dirigeant de préférence leurs coups sur M. Baldwin, auquel ils reprochaient de s'être fait élire dans le comté de Rimouski. Le solliciteur-général Cameron fit un discours éloquent, qui n'aurait pas manqué de produire un excellent effet s'il avait eu une meilleure cause à soutenir. Il accorda des éloges aux Canadiens-Français ; mais 1l déclara qu'il aurait

voulu les voir soutenir l'administration, et il

s'eflorça de leur démontrer qu'ils avaient tort de s'attacher à M: Baldwin, lorsque ce dernier s'était séparé de ses amis dans les questions des biens des Jésuites, et des dépenses de l'administration de la justice dans le Haut-Canada.

M. La Fontaine répondit à M. Cameron et à M. Gowan. Il prouva qu'on avait été injuste envers la population française. Depuis que les conservateurs étaient au pouvoir, cinq conseillers législatifs avaient été nommés ; de ce nombre, pas un n’était Canadien. M. Taschereau ne succéda pas à M. Smith, parce qu'il était également Canadien-Français. On avait ensuite destitué M. Caron, lorsqu'il avait fait plus pour le ministère que celui-c1 ne le méritait. Il remerciait les

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ministres de cette destitution, qui avait cimenté plus que jamais l'union parmi les Canadiens d'origine française. Il s'éléva encore contre la nomination de M. Smith, avocat du troisieme ordre, qui avait été : 1é successeur de M.

Vallières. M. La Fontaine s’adressa ensuite aux membres qui représentaient la population française, leur demandant ce qu'ils avaient fait pour leurs compatriotes. “ Vous avez, dit-il, sacrilié l'honneur à l’amour des emplois ; vous n'avez été que des instruments entre les mains de vo: collègues ; vous avez sacrifié le pays, vous en aurez bientôt la récompense. L'un de vous a déjà été expulsé du conseil, l’autre le sera bientot. En présence de ces faits, comment pouvons-nous avoir confiance dans l'administration actuelle. Vous avez dégouté votre chef, l'honorable NM. Draper. Ilse retire avec une place de juge ; cependant, vous voulez l’abreuver d’amertume jusqu'à la fin. Vous le forcez, lorsqu'il a résigné son siéure, lorsque vous l'avez fait juge, à venir encore vous donner un vote politique dans cette chambre.” Après trois jours de violents débats, l'adresse fut emportée par deux voix de majorité. (!) Le

(1) PouR—MM, Badgley, Boulton, Brooks, Cameron, (Corn. wall), Cayley, Chalmers, Christie, Colvile, Cummings, Paly, Dickson, Draper, Duggan, Ermatinger, Foster, Gowan, Hak, Hall, Jessup, Lyon, MacDonald (Kingston), Macdonell (Dundas), McConnell, Moffatt, Monro, Murney, Papineau, Pettie, Riddell, Robinson, Seymour, Sherwood (Brockville), Smith (Frontenaci, Stewart (Bytown), Stewart (Prescott), Viger, Web:ter, William, Woods.--39.

CONTRE.—MM. Armstrong, Aylwin, Baldwin, Berthelot, ber-

trand, Boutillier, Cameron (Lanark), Cauchon, Chabot, Chau-

veau, Conger, Desaulniers, DeWitt, Drummond, Fournier, Jübin, Lacoste, La Fontaine, Lantier, La Terrière, Laurin, LeMoix, Leslie, Macdonald (Glengary), Macdonell (Stormont), Merritt, Méthot, Morin, Nelson, Powell, Price, Prince, Rousseau, Kcott, Smith (Wentworth), Thompson, Watts.—37.

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1817! LORD EIGIN. 21

ministère ne s'avoua pourtant pis Vaincu; il continua à se maintenir au pouvoir, lorsque réellement 1} était en minorité. (Cette conduite était sans exemple dans l’histoire constitutionnelle; aucun gouvernement d'Europe n'aurait osé vivre avec une si faible majorité. Un parti, en eflet, ne doit se maintenir au pouvoir que lorsqu'il est assez puissant pour faire adopter les mesures nécessaires au bien-être du pays.

be son côté, le conseil législatif démontra qu'il avait peu de confiance dans le ministère. M.

Neilson se trouva blessé de ce que la population française n'était pas suffisamment représentée dans le cabinet. Il proposa une série de résolutions, comportant dans leur ensemble une motion de non-confiainse. Ces résolutions “ouméraient les stipulations et les garanties accordées aux Canadiens - Français, depuis la conquête, pour la conservation de leurs institutions et de leurs lois ; elles protestaient contre l'acte d'union et la représentation injuste que cet acte déterminait, blâämaient ouvertement l'administration de ce qu'elle ne comptait qu'un seul membre sur neuf pour prendre les intérêts de la majorité de la population canadienne, et rerettait l'exercice de la prérogative royale, qui seul eût pu remédier à cet état de choses aussi déplorable que dangereux.

Ces résolutions donnèrent lieu à un débat animé, chose tout à fait nouvelle au conseil législatif, où les discussions étaient ordinairement paisibles. M. Sullivan, le plus éloquent des conseillers, profita de la circonstance pour condamner sévèrement la conduite des conser- Vateurs, depuis qu'ils avaient le pouvoir. C'est

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dans cette occasion qu'il se déclara opposé an système de la double majorité.

M. Caron fit un discours qui produisit un grand effet, Il raconta les différentes négocitions qu'il avait dirigées, et montra quelle espece de traitement on Jui avait fait subir. On avait en effet commis à son égard la plus grave injustive, en le destituant de sa place comme président du conseil législatif, charge qu'il déclara avoir acceptée à la condition expresse qu'elle ne serait point politique. Les résolutions ne furent négativées que par la voix prépondérante du président, qui était lui-même ministre. (1)

La chambre d’assemblée dirigea encore un autre vote de non-confiance contre l’administration. M. Scott proposa une adresse au gouverneur, le priant d'adopter des mesures propres à le mettre en état de former une administration forte et efficace. Les principaux membres de l'opposition prirent part au débat en faveur de l'adresse, revinrent une deuxième fois sur la conduite fautive des conservateurs, et leur reprochèrent surtout de se maintenir au pouvoir avec une majorité si faible. M. Cauchon les blàma de l'usage étrange qu'ils faisaient des tribunaux, soit pour y assurer une retraite aux ministres, soit pour en tirer des remplaçants difficiles à trouver ailleurs. C'était, à son opinion, porter une grave atteinte à l'indépendance des tribunaux. M. Chauveau prouva, par des faits et des chiffres, que l'administration avait négligé le

(1) Pour les résolutions MM. Sullivan, Caron, Bruneau, Foliette, Fergus:on, DelPoucherville, Irving, Widmer, Neilson, Massue et Roy.

Contre—MM,. Morris, Sherwood, Crooks, McKay, Gordon, Ferrie, Walker, Knowlton, Ferrier, Mathieson, et le président McGill.

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Bas-Canada, et n'avait rien fait pour favoriser la colonisation, tandis qu'elle avait voté des sommes considérables, à la province supérieure. Les libéraux conclurent que tous les citoyens honnêtes et patriotiques devaient réunir leurs eflorts, et agiter la province, afin de changer l'état de choses présent. L'adresse fut perdue par une majorité de quatre voix.

Le ministère présenta à la considération des chambres, plusieurs mesures, dont quelques-unes furent adoptées. Les lois relatives au crime de faux furent amendées et refondues ; ce crime ne devait plus être, à l'avenir, purissable de la peine de mort. Une deuxième mesure modifiait l'acte relatif au bureau des travaux publics ; une troisième exemptait de la taxe locale les propriétés de la couronné dans le Bas-Canada. Les libéraux protestèrent contre cette dernière, parce qu'elle enlevait aux autorités locales une source de revenus qu’elles avaient prélevée jusqu'alors.

Un nouvel acte des municipalités pour le Bas- Canada, préparé par le procureur-général Badgley, remplaça l'acte de 1845. Cette mesure instituait une seule municipalité dans chaque comté. Quelques comtés trop étendus furent divisés en deux ou même en trois municipalités. Plusieurs députés du Bas-Canada s’opposèrent à la mesure ; ils considéraient l’organisation par paroisse supérieure à celle des comtés, et trouvaient de graves inconvénients à changer si souvent la loi municipale : c'était en ctlet la troisième depuis sept ans. M. La Fontaine suggéra

la double organisation par paroisse et par comté,

telle qu'elle existe aujourd’hui ; mais il ne voulut pas prendre la responsabilité de rejeter la mesure,

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24 LORD ELGIN. [1847 qu'il laissa tout entière à l'administration. Cette loi qui demeura en force l’espace de huit années, ne fut guère mieux reçue par le peuple que les précé édentes ; elle était défectueuse dans plusieurs parties importantes.

La législature s "eflorça de remédier, autant que possible;au tort qu'éprouva le Canada par Le changement de la politique commerciale de l’Angleterre. En 1846, la métropole avait établi le système de commerce libre ou le libre échange des produits avec toutes les nations : elle avait en même temps retiré la protection jusqu'alors accordée aux produits canadiens, à l'exception des bois de construction, et avait donné au Canada le pouvoir de rappeler les droits difiérentiels. Jusqu'à cette époque, les Canadiens avaient joui de certains avantages pour leurs produits agricoles, sur le marché anglais ; d'un autre côté, ils avaient été obligés de payer un droit différentiel de sept et demi par cent s'ils employaïent des vaisseaux étrangers, ou s'ils impor taient des marchandises étrangères autrement que par l'entremise d’une maison anglaise de commerce. Ces changements mettaient le Canada sur le même pied que les autres pays, qui commerçaient avec l'Angleterre. La province allait entrer en concurrence avec des peuples plus riches et plus avancés qu’elle. Mais, pour lutter avec avantage, il fallait lever tous les obstacles qui pouvaient entraver son commerce, et accorder l'entrée libre dans les ports canadiens à tous les vaisseaux étrangers. Puisque la métropole ne

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1847] LORD ELGIN. 25 une adresse à la reine, d’accorder à toutes les nations le libre usage de la navigation du Saint- Laurent ; et, pour parvenir à cette fin, de révoquer les lois de la navigation qui avaient rapport 1 la colonie.

L'Angleterre avait permis an parlement canadien de rappeler les droits différentiels sur les marchandises étrangères, droits qui s'élevaient à

sept et demi par cent. En conséquence, la légis-

lature adopta un nouveau tarif uniforme pour les articles importés de tous les pays. Les droits sur la plupart des marchandises furent fixés à sept et demi par cent. Quelques autres articles furent soumis à un tarif de douze et même de vingt par cent. Le taux moyen de ce tarif, qui resta deux ans en force, était de dix et un quart par cent. Les libéraux du Bas-Canada s’opposèrent à l'élévation des droits sur certains articles, parce que, selon eux, la population qu'ils représentaient allait plus en souffrir que celle du Haut-Canada.

Pour se conformer au désir de la province, le parlement impérial fit disparaître, en 1849, les dispositions qui empêchaient les vaisseaux étranvers de fréquenter les ports canadiens.

Depuis cette époque, le Canada entra dans une nouvelle ère commerciale. Il put importer ses marchandises, et exporter ses produits dans tous les pays ; il eut la liberté de contrôler son propre commerce, et de fixer ses droits d’impots. La liberté de la navigation amena dans ses ports les vaisseaux américains, allemands, français et autres. Dès 1851, le nombre de navires étrangers qui vinrent y chercher les produits canadiens était de cent dix-sept. Cette concurrence eut

surtout l'effet de faire baisser considérablement le taux du fret.

Le Canada tenta aussitôt d'établir avec les Etats-Unis le système du libre échange à l'égard de certains produits : afin d'obtenir ce but, le parlement impérial entra en négociation avec les autorités américaines. Ceci ne devait être accordé qu'après plusieurs années. Maïs en 1849, fut passée une loi commerciale, celle du transit, par laquelle les Canadiens pouvaient importer les marchandises étrangères en douane par les Etats: Unis, et faire passer par les ports américains leurs produits destinés à l'exportation. Avec cette mesure, commença la rivalité entre le Canada et l'Etat de New-York, pour le transport du commerce de l'Ouest.

L'union des provinces anglaises de l'Amérique du Nord, sous un même système de douane, de postes et de travaux publics, fut aussi sugotrée par Lord Grey, ministre des co:onies, dans une dépêche de 1847. Cette suggestion fournit à plusieurs journaux l’occasion de discuter l'union fédérale des provinces. Le Canadien publia à ce sujet plusieurs articles intéressants.

Les changements de la politique commerciale de l’Angleterre furent d’abord contraires au commerce canadien, qui devint languissant. Il s'en suivit un malaise général, et de nombreuses banqueroutes. Le revenu des douanes diminua considérablement. Le crédit de la province fut même affecté, et les bons perdirent de leur valeur sur le marché anglais. Ce ne fut qu’en 1849-50 que le commerce reprit vigueur, et que le crédit du Canada se rétablit.

Plusieurs autres mesures utiles furent adoptées

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par la législature, pendant cette session. Une loi, présentée par M. Laurin, organisait la profession de notaire, dans le Bas-Canada ; elie y établissait trois chambres de notaires. Une loi à peu près de ce genre organisait la profession des médecins. ($S. R. B. C. ch. 71.) Plusieurs compasnies obtinrent des actes d’incorporation, les unes pour l'exploitation des riches mines du lac Supérieur et du lac Huron ; les autres, pour la construction de lignes télégraphiques par toute la province. Ces lignes furent presque toutes construites en 1847. À la fin de cette année, les villes du Canada purent communiquer, pour la première fois, entre elles et les villes des Etats- Unis, par le moyen si rapide et si commode dun télégraphe électrique. La ligne de Québec à Halifax ne fut terminée qu’en 1851.

L'assemblée législative s'occupa encore, pendant la session, des malheureux émigrés irlandais, qui se portèrent en Canada au nombre de 100,000. Elle vota une somme considérable pour venir au secours de leur détresse. Cette grande émigration était due à l’horrible famine, qui sévit en Irlande, en 1846-47, et qui menaça d'enlever une partie de sa population, malgré les secours accordés par divers pays, et auxquels le Canada contribua largement. Les maladies épidémiques, qu'accompagnent d'ordinaire la disette et les privations, décimèrent en même temps cette nation malheureuse. On ne crut voir d’autres remèdes à l’horrible fléau que dans l’émigration en masse. Une association se forina pour activer ce mouvement, et le Canada fut choisi pour lieu de refuge. Des milliers de malheureux, déjà épuisés par de longues privations furent entassés

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28 LORD ELGIN. [1847 dans des bâtiments marchands, presque sans vêtements et sans nourriture. Pendant la tra versée de l'océan, les fièvres typhoïdes firent de nombreuses victimes. Ils furent déposés au lien de la quarantaine, dans l’état le plus pitoyable, mourant en partie de détresse et de privation. Malheureusement, le gouvernement canadien ae s'attendait pas à une immigration aussi considérable ; il n'avait pas prévu à un aussi grand nombre de malades, de sorte qu’il ne put d'abord les assister autant que le demandait leur triste état. Les émigrés convalescents eten santé furent transportés dans les villes ; mais là encore, on n'était pas préparés à les recevoir en nombre aussi considérable. On les plaça comme l’on put, dans les hôpitanx et dans les grandes bâtisses (sheds) que l’on construisit tout exprès pour eux. Ces infortunés, portant encore le germe de la maladie, succombèrent en grand nombre sous les coups de l’horrible fléau. Partout ils eurent la consolation de recevoir les secours religieux dans leur triste position. Le clergé Canadien se dévoua à ce ministère pénible, avec un zëèl: et une charité sans burnes. Les Sœurs de la Charité et de la Providence se prodiguèrent aux chevet des malades, pour donner des consolations et de la nourriture. Un grand nombre de laïques se dévouèrent aussi.au secours des malades. lPlusieurs malheureusement payèrent de leur vie un si beau sacrifice. À mesure qu'ils succombaient, d’autres se hâtaient de les remplacer pour succomber à leur tour. La charité de ces prêtres et de ces femmes fut sublime. Un tel dévouement fit éclater partout les plus grands éloges. Le gouverneur et les chambres les félicitèrent publiquement, dans les termes les plus magnifiques

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Une grande consternation se répandit parmi h population des villes à la vue de la terrible épidémie. La contagion pouvait se répandre d'une manière alarmante. Il était extrêmement dangereux de garder un grand nombre de personnes maladives et malpropres, mourant en foule dans les habitations qui leur avaient été destinées. Heureusement, le nombre de Canadiens qui contractèrent le mal fut assez restreint.

Parmi les victimes de leur charité, on remarque Mer Power, évêque de Toronto, M. le grandvicaire Hudon, M. Roy, curé de Charlesbourg, \. Chaderton, ministre protestant, et M. Mills, maire de Montréal. (1) Comme on le voit, les hauts personnages ne s’épargnaient pas plus que les autres.

Le clergé catholique avait encore une autre mission à remplir, celle de prendre soin des milliers d'orphelins laissés sans secours par la mort de leurs parents. Il établit à Quéhec un asile pour les recevoir ; les curés des villes et des campagnes vinrent les chercher, et les placè-

| rent dans les familles canadiennes, Ki les trai- | tèrent comme leurs propres enfants.

l ous aimons à enrégistrer ici les belles louanges qua donna

au clergé et aux familles canadiennes le célèbre

patriote irlandais Wim. Smith O’Brien, dans la première lecture sur l'Amérique qu'il donna à Dublin, en 1859.

(1) Voi.i la liste à peu près complète des prêtres qui moururent lu typhus, après avoir porté secours aux émigrés. MM. lierre Roy, Ed, Montminy, H. Robson, H. Paisley, F.-S. Bardy, IL Hudon, V6, Ant, Roy, J. Richard, Pierre Richard, Réné Caron, F. Morgan, T. Colgang et L. Mclnerney. Parmi les autres prêtres qui contractère lämmaladie mais qui ne moururent pas étaient Mgr Prince,

MM. Horan, Taschereau, McGauran, Auclair, Beaubien, etc.

Le ent Let

ne PR ge in

30 LORD ELGIN. [1847 “Je ne fais que payer au clergé catholique du Bas-Canada une dette sacrée, en déclarant que, au temps de la famine, quand nos concitoyens mouraient par milliers à lu station de la quarantaine, près de Québec, les prêtres canadiens d'orisine française se précipitèrent, au plus fort de la terreur et. du danger, avec un zêle dont ni la parole ni la plume ne sauraient donner une juste idée. L'histoire des fléaux qui ont ravagé le monde ne nous offre que de bien rares exemples (si même elle nous en offre) d’un plus grand dévouement. Beaucoup de prêtres sont tombés victimes de leur charité. Donnez à ceux d’entre eux qui ont survécu, et qui, maintenant encore, ne peuvent raconter sans horreur les affreuses souffrances auxquelles l'insouciance anglaise condamnait alors nos compatriotes, donnez-leur la consolation d'apprendre qu’en Irlande, comme an ‘anada, leurs héroiïiques travaux ont trouvé de justes appréciateurs. Prodiguez aussi et vos actions de grâces et vos bénédictions, à ces familles canadiennes (c'est par centaines qu'on les compte), qui ont reçu dans leurs maisons, confondu avec leurs propres enfants, les orphelins de ceux des émigrés d: notre pays que moissonnaient les maladies engendrées par la faim.”

La presse du Canada blâma la négligence des autorités impériales, et rejeta sur elles la plupart des maux dont l’émigration donna un si triste spectacle. Elle se révolta contre l'état de dénuc-

ment dans lequel on entassa sur des navires malsains des milliers de malheureux, affaibli par la famine, que l’on jeta sur nos rives Sans prendre les précautions qu'exigeait leur situation. Ces faits démontrèrent l’urgente mécessité

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de régulariser, à l'avenir, l'émigration par quelque mesure destinée à prévenir de semblables malheurs. Le gouvernement impérial remboursa les sommes extraordinaires qu'occasionna au rouvernement canadien l'immigration de 1847.

(1) Il conseilla à ce dernier d’amender la loi concernant les émigrés et d'adopter des mesures de précaution.

Le bilan des mesures législatives de cette session était petit. Le tarif et l’acte municipal du Bas-Canada étaient les seuls actes de quelque importance qui furent présentés par le ministère. Les autres mesures promises sur les questions des écoles, de l’université de Toronto, d’indemnité pour les pertes souffertes en 1837-38, par le Bas-(‘anada, furent laissées de côté; soit faiblesse, soit mauvaise foi, le ministère ne daigna pas s’en occuper. Le parti conservateur, fortifié par les clections de 1844, grâce à l'intervention du gourerneur, avait perdu une partie de sa popularité. “es propres partisans l’abandonnaïent peu à peu ; plusieurs de ses organes dévoués ne pouvaient mème s'empêcher de le condamner. Voici ce qu'en disait le Morning Courier de Montréal :

* Pas un d’entre eux, (les conservateurs) n’est un homme d'état désintéressé ; chaque chefa des vues intéressées et des objets privés à atteindre ; pas un seul d’entre eux ne s’est livré à la politique uniquement pour le bien générer Les

e procureur-

(1) Le rapport du comité de Fimmigration à Montréal évalue à 13,950 le nombre d’émigrés qui moururent en mer et dans les villes du Bas-Canada ; 5,293 en mer, 3,389 à la Grosse-Isle, 1,137 à Québec, 3,862 à Montréal, 130 à Lachine et 39 à Saint-Jean. Ce nombre formait le septième de l'immigration. Mais il en mourut #aucoup d'autres dans le Haut: Canada et aux Etats-Unis.

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général Badgley ne se sont introduits dans Ja politique que pour obtenir des siéges sur le banc judiciaire ; ce ne fut pas le parti qui les poussa à travailler, dans la chambre, mais le banc. Les deux premiers ont atteint leur but, et le dernier atteindra le sien, à la première occasion favorable. MM Draper et Sherwood ont eu lies mêmes désirs, lorsqu'ils devinrent procureursgénéraux. Pas un des ministres n’a embrassé a politique pour l'amour du parti, mais chacun d'edŸé fait pour des fins privées. De tels chefs ne sont pas les hommes que nous devons suivre, car aussitôt qu'ils ont ce qu'ils désirent, ils nous souhaitent le bonjour et nous laissent dans l’embarras. M. Draper nous a récemment joué ce tour. Nous voulons pour chefs des hommes qui tomberont ou surnageront avec le parti; nous voulons des hommes sur lesquels nous pouvons toujours compter, et qui trouveront leur récompense dans la popularité...” (1)

Si, d’un côté, le parti conservateur avait perdu de son influence, de l’autre, le parti libéral on réformiste était plus populaire et plus fort que jamais. Grâce à l’insuccès des dernières négociations entre les deux partis, les chefs libéraux du Bas-Canada avaient resserré entre eux l’union et l'entente un moment refroidies. De plus, l'union entre les libéraux du Bas-Canada et ceux du Haut-Canada, affaiblie par la conduite chancelante de quelques membres de cette dernière province, et par les négociations ministérielles, s'était en même temps raffermie. MM. Baldwin, Hincks, Price et leurs autres amis réformistes

(1) Traduction du Canadien de 1847.

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avaient appuyé de leurs votes le parti libéral du Bas-Canada, à la dernière session. Plusieurs membres du pârti ministériel, mécontents de l'administration, avaient suivi leur exemple. Les changements continuels dans le cabinet, les vacances dans la représentation, les intrigues du couvernement, les avaient détachés des rangs ministériels.

[l était évident qu'une réaction considérable se faisait en faveur du parti libéral dans l’une et l'autre des provinces. C'était le moment de mettre à profit cette heureuse circonstance, et de reprendre la belle position qu'il occupait en 1842-43. En prévision d’une élection prochaine, il se prépara donc à remporter une victoire complète. Comme en 1841, les citoyens de Québec furent les premiers à donner l'impulsion au erand mouvement de réforme, qui devait avoir lieu. Sous la présidence de M: Caron, ils organisérent une association politique : L'association constitutionnelle de la réforme et du progrès, et s’assemblèrent à plusieurs reprises. Ils adoptèrent un programme politique, qui est resté comme un document important de cette belle lutte.

Dans cet écrit, étaient consignés les griefs les plus flagrants qui pesaient sur les Canadiens, et les inégalités politiques et sociales dont ils souffraient. Ce manifeste exposait ensuite les réformes principales qui étaient alors réclamées : c'étaient la mise en pratique des principes du gouvernement constitutionnel reconnus par les résolutions de 1841, la réforme électorale dans toute Ja province, le libre échange avec les pays étrangers, la liberté de la navigation sur le Saint-Laurent, la réforme du département des postes et la con-

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cession des terres de la couronne à des prir moins élevés. Enfin, les électeurs de Québe terminaient ce fameux manifeste en invitant lu citoyens marquants dans chaque comté à se réu. nir, et à faire adopter par tous les principes qui avaient servi de base à l'association constitutionnell de la réforme et du progrès.

Ce manifeste fut bien accueilli par la presse: il servit de programme politique dans l'élection qui eut lieu peu après, et fut accepté dans pres. que tous les comtés. Les libéraux du Haut:

Canada en adoptèrent plusieurs points ; ils furent d'accord avec leurs amis du Bas-Canada pour réclamer la réforme électorale. Ils formèrent eux aussi des associations semblables à ceiles du Bas- Canada.

Depuis longtemps; Lord Elgin était fatieué de voir l’administration des affaires publiques entre les mains d'hommes incapables et sans influence. Il ne pnt consentir à leur laisser passer encore une session appuyés seulement par une majürité de deux voix; d’ailleurs, il fallait un ministère puissant et ferme pour faire face aux besoins du pays. ‘Ilse décida donc, probablement après avoir pris l’avis du gouvernement impérial, à dissoudre le parlement avant le temps voulu par la loi et d'appeler le peuple à exercer son suffrage indipendant. C’est ce qu'il fit par une proclamation en date du 6 décembre 1847. Les brefs d'élection furent aussitôt émanés: ces brefs étaient retournables le 24 janvier suivant.

Quelques changements furents faits dans le ministère, le 18 décembre M. D.-B. Papineau donna sa démission, et fut remplacé par M McDonald comme commissaire des terres de la

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couronne. M. Frs.-P. Bruneau, conseiller législatif, accepta le portefeuille de receveur-général, et M. Jos. Ed. Turcotte fut nommé solliciteurcénéral.

Les libéraux n’approuvèrent pas plus la conduite de MM. Bruneau et Turcotte, que celle de MM. Viger et Papineau. Ils en donnèrent une preuve en refusant d’élire M. Turcotte, qui était certainement un homme de talents remarquables, et surtout un orateur populaire.

Les élections générales plongèrent la province dans une grande agitation. Elles se terminèrent par le triomphe du parti libéral ou réformiste dans les deux sections de la province. À Montréal, le château-fort d's conservateurs du Bas- Canada, l'élection de MM. LaFontaine et Holmes fut emportée à une forte majorité; à Québec, celle de MM. Aylwin et Chabot fut faite par acclamation. Le Bas-Canada pour ainsi dire n’eût qu'une seule voix pour condamner l’administration des conservateurs, et approuver la conduite des chefs libéraux : c’est à peine si cinq ou six candidats ministériels purent s’y faire élire (1).

(1) Liste des députés élus aux élections générales de 1847-48 :

BAS-CANADA

Beauharnois Jacob De\Witt.

Bellechasse Hon. A.-N. Morin.

Berthier - ---.-.....-. D.-M. Armstrong.

Bonaventure + - - + - - - - - - . W. Cuthbert. Chambly Pierre Beaubien.

Champlain Ls. Guillet.

Deux-Montagnes W.-H. Scott.

Dorchester - + - - - - - + « - . François Lemieux. Drummond R.-N. Watts.

Gaspé Robert Christie.

Huntingdon T. Sauvageau.

Kamouraska P,-Canac dit Marquis.

Mais ce qui faisait le plus de plaisir aux libé. raux du Bas-Canada, c'était de voir M. Baldwin soutenu par la majorité des candidats heureux dans le Haut-Canada, où son parti, il y avait à peine trois ans, avait ecssuyé une si grande défaite, Vingt-six députés s'étaient déclarés pour la politique libérale, tandis que seize seulement

Leinster - - - - + - + - + - . +. N. Dumas. L'Islet---.......... CF, Fournier.

Lothinière - + + - - - - « + - . . Joseph Laurin. Mégantic----.--...... Hon, D. Daly.

Missisquoi - - - «+ + - - - - + - Hon, W. Badgley. Montmorency + - - - - - - - - - Joseph Cauchon, Montréal (cité)- - + - - - - - - - Hlon. L..-H, La Fontaine ft, 2h éis en deié 25 Benj. Holmes, ‘6 (comté)- + - - - - + - - André Jobin, Nicolet - - - -------... F, Fortier, Outaouais - - + - - - + - - - . J. Egan.

Portneu --------.... A.-J. Duchesnay.

Québec (cité) - + - = «+ « + - - Hon. T.-C, Aylwin.

PP de Aé-ee ea Rue 67e Jean Chabot.

6 (comté) - - - - - - - - - P.-J.-O. Chauveau. Richelieu - - - - - - - - - - - - Wilfrid Nelson. Rimouski - - - - - - - - - - . - J.-C. ‘Faché.

Rouville : - - - - - - - - + - . - P, Davignon.

Saguenay - - = --- + - - - -- Hon. P, de Sales La Terricre.

Sheflord - - - - - - - - - - - . - L.-T. Drummond.

Sherbrooke (ville) - - - - - - - - B.-C.-A. Gugy.

Sherbrooke (comté) - - - - - . - Samuel Brooks.

Stanstead - - - - - - - - - . + John McConnell.

Saint-Hyacinthe - - - - - - - . . Thomas Boutillier.

Saint Maurice - - - - - - - - - - Hon. L.-J, Papineau.

Terrebonne - - - - - - - - + - . Hon. L.-H, La Fontaine.

‘Trois-Rivières - - - - - - - - -

Vaudreuil - - - - - - - - - - . - J.-B. Mongenais.

Verchères - - - - - - - - +. - . James Leslie,

Yamaska- - - + + - - - - - . - . M. Fourqun dit Léveille. HAUT-CANADA,

Brockville. ,..smmice. his: ... George Sherwoadl,

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38 LORD ELGIN. [1848 Malgré cette défaite humiliante, les ministres conservèrent leurs portefeuilles jusqu’au dernier moment; ils ne se retirèrent que sous le poids d’un vote de non-confiance.

L'assemblée législative n'avait pas compté depuis l’Union un aussi grand nombre d'hommes distingués ; parmi les anciens députés, on remarquait MM. La Fontaine, Baldwin, MeNab, Morin, John-A. McDonald, John-H. Cameron, Cauchon.

Chauveau, LaTerrière, Leslie, Chabot, Hincks, Sherwood, Merritt, etc. Parmi les nouveaux députés, étaient MM. Papineau, Blake, Holmes, Joseph-Charles Taché, Dumas, H.-J. Boulton, Notman, Wetenhall, Wilson et J.-C. Morrison.

Mais les chambres avaient fait une perte irréparable dans la personne d’un de ses membres politiques les plus marquants, M. John Neilson. qui mourut le 4 février 1848. Originaire d’'Ecosse, M. Neilson était arrivé encore jeune au Canada, et avait trouvé une arme puissante pour la défense et la propagation de ses idées dans la Gazette de Québec, qu'il rédigea jusqu’à sa mort. Ses écrits, surtout avant l'Union, avaient eu la plus grande influence. Il s'était principalement distingué comme membre de l’ancienne chambre ‘d’assemblée du Bas-Canada, s'était montré l’erdent défenseur des droits de la population française, et avait combattu le parti oligarchique de concert avec les Papineau et les Viger. Deux fois M. Neïlson avait été député avec eux en Angleterre pour prendre les intérêts canadiens. Le peuple et le clergé lui donnèrent leur confiance, et lui en retour plaida leur cause ; il fut leur ferme et constant ami. Comme membre du Conseil Spécial, il vota contre l'union des deux

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Canadas. Elu en 1841 pour le comté de Québec, il protesta également contre l’acte qui proscrivait la langue française. Il demanda le rappel d'un acte aussi inique ; maïs il se prononça contre le gouvernement responsable, auquel il n’accorduit nulle confiance. En 1844, M. Neilson fut appelé au conseil législatif, où il siégea jusqu’à sa mort. On se rappelle qu’à la dernière session, il dirigea contre le ministère une motion indirecte de non-confiance, parce que les Canadiens- Français n'étaient pas suffisamment représentés dans l'administration. Ce fut son dernier acte politique important.

M. Neilson avait surtout une connaissance parfaite de l’histoire constitutionnelle et parlementaire ; il en avait fait une étude particulière et constante. Dans sa longue carrière politique, il rendit des services éminents au Canada ; aussi sa mémoire sera-t-elle en vénération parmi ceux dont il a défendu lès droits avec tant de force et de dévouement

Les Canadiens avaient eu à déplorer, un an auparavant (17 février 1847), la mort d’une autre loire wationale, d'un homme de génie, M. le juge en chef Vallières de Saint-Réal. Reçu avocat en 1812, il s'était bientôt placé, par ses talents et sa grande éloquence, à la tête des hommes de sa profession. Elu député, il s'était distingué comme l'avocat ardent des libertés populaires, dans la longue lutte entreprise pour la conquête des ipstitutions constitutionnelles, que réclamait le parti canadien ; ii fut choisi président de la chambre en l’absence de M. Papineau. Nommé en 1828, juge des Trois-Rivières, par Sir James Kempt, il occupa ce poste jusqu’à sa nomination

de juge en chef de Montréal, en 1842. La conduite de cet illustre canadien comme homme politique, comme juge, comme citoyen, a toujours été irréprochable. Ce fut à ses talents, à sex lumières et à ses connaissances qu'il dut son élévation aux premiers degrés de l'échelle sociale.

Le Canada perdit encore à cette époque plusieurs autres vétérans dans la politique ou dans la magistrature M. Hagerman (1847), juge en chef du Haut-Canada, qui avait joué un gran rôle comme ancien chef des conservateurs: M.

Amable Berthelot (1847), patriote sincère et «ni dévoué de l'éducation ; M.C.-E. Ta (INHS).

ancien membre du Bas-C anadA, et, en dernier lieu, un des commissaires des travaux publics (1): M. Austin Cuvillier (1849), un des plus grands négociants canadiens et président de l'assemblée législative au premier parlement; erfin À.

Llzéar Bédard (1849), juge de la cour du banc de la reine, regardé par tous comme une des illustrations du barreau canadien.

Lord Elgin convoqua le troisième parlement.

le 25 février 1848, et autorisa, le jour inème, la chambre d’assemblée de choisir son président. Sir Allan MceNab fut proposé une deuxième fois à cette dignité par M. Caley, qui fit son élogr. M. Baldwin proposa, de son côté, M. Morm. «1 démontra les avantages que ce dernier avait sur Sir Allan, parce qu il connaissait également les deux langues parlées dans la province. Il rendit toutefois hommage à la conduite impartiale et digne du ci-devant président. Dix-neuf députés seulement votèrent en faveur de Sir Allan, cin-

(1) L'hon. M. Casgrain, était le père de M. l'abbé IT.-R. Casgran

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