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grand enthousiasme, le premier navire de guerre français venu depuis la conquête ; ils saisirent cette occasion pour témoigner à la France leurs profondes sympathies. Ce n'étaient pas des étrangers qu ils recevaient, mais des frères, des alliés : c'étaient les fils d'une des nations les plus puissantes du globe. Le souvenir de Ja France se réveilla plus que jamais ; d'ailleurs, les Canadiens-Français ot toujours conservé pour leur ancienne mère-patrie les sentiment: les plus sympathiques.
Les Français témoignèrent de leur côté leur vive reconnaissance pour le gracieux et bicnveillant accueil qu'ils reçurent des Canadiens. Lo résultat de la mission de M. Belvèze fut l'établissement d’un consulat général au Canada, et la modification du tarif français pour l'introduction des bois et des navires canadiens en France. À la suggestion du gouvernement canadien, l'Angleterre pria l’empereur des Français d'établir un consulat. Le gouvernement francais ne se rendit pas immédiatement à cette demande : il nomma, en 1858, M. Blancheton pour son consul, mais il mourut avant de prendre possession de son poste. L'année suivante, M. le baron Gaudrée-Boiïleau vint se fixer à Québec comme consul-général de la France. Jusqu'à cette époque, la France n’achetait rien du Canada, et le peu de marchandises qu'elle fournissait aux Canadiens, venait par voile indirecte. La province put dès lors échanger ses bois et ses produits naturels contre les vins, les fruits et les eaux-devie, et les deux gouvernements diminuèrent en conséquence le tarif sur ces produits. Depuis quelques années, un certain nombre de navires
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sont venus échanger les produits français contre ceux du Canada. Il n’y a pas de doute que ces transactions augmenteront avec le temps.
Ce fut pendant la visite des Français, qu'eut lieu l’imposante cérémonie de la pose de la pierre angulaire d'un monument qu'élevèrent les Canadiens en mémoire de la deuxième bataille d'Abraham. L'éclat de cette fête fut rehaussé par la présence des représentants de la France et de l'Angleterre, M. de Belvèze et Sir Edmund Head, des marins français et des descendants de la peuplade huronne de Lorette ; toute l'élite de 1n société canadienne y assistait également avec la masse des citoyens. Un discours magnifique fut prononcé par M. Chauveau, qui sut, par ses paroles éloquentes et patriotiques, faire la plus vive impression sur les esprits.
Le 5 juin de l’année précédente, on avait fait solennellement la translation des restes des soldats français et anglais, que des excavations de terrain à Sainte-Foye avaient mis à nu. On avait pu constater que ces ossements, trouvés sur le champ même de bataille de 1760, étaient ceux
des guerriers inhumés après l’action. Ces glo-
rieuses dépouilles furent recueillies avec empressement, et après avoir été bénies par l’archevêque de Québec, elles furent inhumées dans uñe fosse commune, sur les plaines de Kainte- Foye. On résolut d'élever à cet endroit un monument pour perpétuer le souvenir des soldats œénéreux qui s'étaient sacrifiés au triomphe de leur cause respective. Il appartenait à la ville de Québec qui avait déjà élevé un monument à la gloire commune de Wolfe et de Montcalm, d'ériger cet autre monument historique. La
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France voulut contribuer à cette œuvre nationale. et donna une statue de la victoire, qui fut placée, en 1863, sur le monument. Une autre fête ent lieu à cette occasion.
La ville de Montréal se fit égalément un honneur d'ériger un monument à la mémoire des victimes de l'insurrection de 1837-38, mortes dans les divers engagements ou sur l'échafaud. Ni les actes d'amunistie et d'indemnité avaient réhabilité ceux qui avaient pris part à cette insurrection, ce monument réhabilitait également les victimes mortes en défendant la cause du peuple.
Les Canadiens fêtèrent encore, en 1856, avec un grand enthousiasme, le succès des armées alliées de la France et de l'Angleterre, à SChbastopol. Les catholiques célébrèrent, de leur côté, avec une grande pompe, Ja proclamation du dogme de l’Immaculée Conception de la Vierge Marie.
Sir Edmund Head ouvrit la deuxième session du cinquième parlement le 15 février 1856 (1). Dans le discours du trône, il mentionne, entre
‘autre choses, une mesure pour rendre le conseil
législatif électif, et une autre pour l’organisation d’une police provinciale.
M. Evanturel, nouveau député, proposa l'adresse en réponse au disccurs du gouverneur.
L'opposition tenta d'y faire plusieurs amendements. M. À -A. Dorion, dans le premier amendement, reprocha au gouvernement l'absence de
(1) M. Frs Evanturel fut élu pour le conté de Québec à la place de M. Chauveau ; M. W.-S. Conger pour celui de Peterborough, à la place de M. Langton. Pendent la session, M. John Supple pr'! son siége comme membre de Renfrew, à la place de M. Hincks.
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