‹ Le Canada sous l'Union, 1841-1867 [microforme]Chapitre 42 sur 76 · VOIX · texte numérisé non relu

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mesures relatives à l'éducation générale, au commerce et aux entreprises pour faciliter le commerce. Dans son discours, il fit une peinture trop sombre de l'éducation dans le Bas-Canada, qui, suivant lui, n'était pas ce qu'elle devrait étre. M. Cartier se chargea de répondre aux arguments dont s'était servi M. Dorion ; il prouva que le nombre d'écoles augmentait tous les ans, et que bientôt le Bas-Canada n'aurait rien à envier au Haut-Canada, MM. Galt, Young, Cayley, ete., parlèrent de l'avenir commercial de la province, après quoi, l'amendement de M.

Dorion fut rejeté à une majorité de vingt-six voix. D'autres amendements proposés par M.

Brown, concernant la manière dont avait été réglée la question des réserves du clergé, par M. John-S, McDonald, contre l'établissement d’une police provinciale, et par M Daoust, relativement à la tenure seigneuriale, n’eurent pas plus de succès. Après onze jours de discussion, l’adresse fut votée à une grande majorité ; le minisere sortit victorieux, sa politique et ses actes furent approuvés par les deux tiers de la représentation.

La principale mesure de la session fut celle que rédigea et présenta M. Cauchon, commissaire des terres, pour rendre le conseil législatif électif : c'était la même que le conseil avait rejetée à la session précédente, M. Cauchon avait d'abord été opposé à l'élection des conseillers légrislatifs ; il s'était ensuite rendu au vœu général de la population. D’après les dispositions de la loi, le conseil législatif devait se composer des membres d'alors, qui retiendraient leurs sièges durant leur vie, et de quarante-huit meibres

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élns par le peuple pour huit années. L'élection devait se faire graduellement, douze à tous les deux ans, c'est-à-dire 1856-58-60, ete. La province était divisée à cette fin en quarante-huit colléges électoraux, dont vingt-quatre pour le Haut- Canada, et vingt-quatre pour le Bas-Canada (1) La loi exigeait que tout membre de la + haute fut propriétaire de biens fonciers d'une valeur de deux mille louis, dans les limites du collége électoral même. Le président devait être nommé, comme par le passé, par le gouverneur: cette dernière clause fut amendée en 1860, et les conseillers élirent depuis cette date leur propre président.

Le principe du projet de loi de M. Cauchon reçut l'approbation presque générale. Nix députés seulement, au nombre desquels € étaient MM. rown, Cameron et Robinson, votèrent contre |a deuxième lecture. M Brown voulut fixer la durée du mandat des conseillers à quatre années au lieu de huit. Il ne réunit que vingt-cinq députés à ses opinions: MM. Dorion, Papin et quelques autres libéraux étaient du nombre.

M. Gould proposa de diviser les colléges électoraux d’après le chiffre de Ja population, : sans égard à la ligne qui sépare le Haut du Bas-

(Gi) Nom des collèges électoraux du Bas-Canada : Golfe, Gran lville, De la Durantaye, Lauzon, Kennebec, De la Valtière, Wellington, Sorel, Bedford, Rougemont, Montarville, De Lorimier, Les Laurentides, La Salle, Stadacona, Chaouinigane, De Lanaudère, Repentigny, Mille Isles, Inkerman, Alma, Victoria, Rigaud et De S alaberry.

Nom des colléges électoraux du Ifaut-Canada : Western, St Clair, Malahide, Tecumseth, Saugeen, Brock, Gore, Thames, Eric, Niagara, Burlington, Home, Midland, York, King's, Queen *, Newcastle, Trent, Quinté, Cataracout, Bathurst, Ride au, St Lawrence et Eastern,

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Canada. Vingt-trois députés, tous du Hanut- Canada, se prononcèrent par leurs votes en faveur de ce principe injuste au Bas-Canada ; parmi eux étaient MM. Mackenzie, Brown, Cameron, Foley, Rolph et Christie. M. lapin profita de cette occasion pour essayer à faire disparaître la qualification foncière exigée aux membres de l’assemblée législative. Sa motion à cet effet fut rejetée sur une division de cinquante-deux contre vingtsept; tous les libéraux votèrent en sa faveur ; ils ne firent cependant pas d'opposition au projet de loi, qu'ils trouvèrent assez libéral.

La majorité des conseils législatifs approuva également la mesure » ministérielle, qui changeait l1 constitution de ce COTPS législatif. Dix seulement enregistrèrent leur protêt contre ces chansements ; MM. de Blaquière, Ferrier et Widmer étaient au nombre des adversaires de la mesure.

L'acte reçut la sanction de la reine, et l'on procéda ensuite au tirage au sort des douze colléges électoraux qui devaient élire les premiers conseillers. L’'6 \éléction se fit dans l'été de 1856.

Nous devons constater que les institutions du pays devenaient de plus en plus libérales, et que les conservateurs s’unissaient aux libéraux pour obtenir ces changements. Les questions des réserves du clergé, de la tenure seigneuriale «t du conseil législatif le prouvent suffisamment.

Nous avons déjà remarqué que le peuple, la presse et les représentants avaient demandé la réforme de cette branche de la législature, On avait donné pour raisons prine ipales, que plusieurs conseillers n'assistaient pas aux séances pour causes de maladie ou d’affaires. ln outre, cette chambre ayant fait opposition au gouver-

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nement et rejeté plusieurs mesures populaires, on avait été obligé de nommer de nouveaux conseillers favorables aux administrations : mais ces additions, comme le remarqne M. Drummond, avaient jeté un grand discrédit sur le conseil: on s’apperçut alors, qu'il avait perdu tout principe de vie, et un cri général s'éleva dans la province en faveur d’une réforme.

Le nouveau régime ne fut pas finalement reconnu meilleur que l'ancien, c’est-à-dire la nomination des conseillers par la couronne. Il faut convenir que le choix que fit le peuple dars les personnes qui le représentèrent à la chamb.: haute, ne fut pas heureux dans son ensemble.

On ne montra pas toujours, pour l'élection des conseillers, le même zèle que pour celle des membres de l'assemblée législative ; on vit souvent les hommes les plus capables préférer se faire élire pour la chambre basse, afin d'éviter les dépenses trop considérables qu'occ: sionnait une élection dans les deux ou trois comtés dont se composait un collége électoral. Nous verrons les hommes d'état qui ont préparé la constitution fédérale, revenir à la nomination des membres de Ja chambre haute par la couronne.

La législature adopta un nouveau tarif; les droits sur certaines marchandises furent augmen-

tés de douze et demi à quinze pour cent, et ceux des spiritueux et des épiceries d’une manière sensible, Cette élévation des droits était rendue nécessaire par l'accroissement des dépenses publiques, et par les nouvelles obligations de la province envers le tabs Ce tarif resta en {orce jusqu’en 1859 C'est pendant cette session que les députés

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jour de la session. Une somme de $100,000 fut

allouée à la construction de chemins de colonisation ; une égale somme avait été accordée à la session précédente pour la même fin. Près de $500,000 furent votées pour divers travaux maritimes, phares, glissoires, canaux, etc. La législature sanctionna encore une somme de $408, (00 pour dépenses indispensables encourrues en

L'allocation annuelle, destinée à l'exploration uéologique, qui avait été de huit mille piastres de puis 1845, fut portée à vingt mille pour cinq années ; on voulait par là continuer l'e exploration d'une manière efficace e, et établir un musée de géologie. Ce n’est que depuis 1841, que l’on s'est occupé de faire des recherches sur la géologie et la minéralogie du Canada. La législature avait d'abord voté $6,000 dans ce but, et M. W.-E. Logan avait été chargé de mettre cette œuvre à exécution. En 1847, M. Kterry Hunt lut adjoint à la commission géologique comme chimiste et minéralogiste. La commission a publié en différents temps d’utiles et d’intéressants rapports, qui ont fait connaitre les richesses naturelles du pays. Le ministère McNab-Taché proposa et fit passer deux lois sur les chemins de ler, L'une concernant la construction d’une ligne ferrée depuis Québec jusqu’au lac Huron, et accordait à titre d'encouragement un octroi de quatre millions d’acres de terre. M. Cauchon s'étaic mis à la tête du mouvement favorable à cette vaste entreprise ; elle devait remplacer le chemin projeté de la Rive Nord, agité depuis 1851. mais elle n’: jamais été mise à exécution.

La deuxième loi accordait uxe nouvcile aide à la compagnie du Grand Tronc, l'auiorisant à prélever deux millions de louis pour achever ses travaux ; les capitalistes avaient la première hypothèque sur le chemin, de préférence même à celle du gouvernement. La compagnie ne put prélever que sept cent cinquante mille louis. La législature lui accorda une autre aide à la session de 1857. Les libéraux se montrèrent encore les adversaires du Grand Tronc, et proposèrent plusieurs amendements, qui furent rejetés, par une bonne majorité.

L'acte de la tenure seigneuriale de 1854, reçu quelques modifications. Un autre acte impor tant simplifiait et accélérait la procédure dans les cours du banc de la reine et es plaids communs, dans le Haut-Canada.

La législature s’occupa activerient de la qu «tion de l'instruction publique. lle augmenta de $140,000 l'octroi de l'éducation élémentaire, qui était auparavant de $200,000. Elle adopta deux projets de loi, préparés par M. Cartier, avec l’aide de VW, Chauveau, le nouveau surintendant. J['u:1 amendait les actes des écoles communes du Bas-Canada de 1846-49-53. Il pourvoyait à la création d’un conseil d'instruction publique, qui devait être d’un grand secours au surintendant, et à la fondation d’un journal de l’instruction publique, dans les deux langues. Il permettait encore aux municipalités scolaires d'élever leurs cotisations. Beaucoup de mumicipalités s'empressérent de doubler et même de tripler le montant de leurs cotisations.

Le deuxième projet de loi statuait l’établissement d'écoles normales dans le Bas-Canada, et

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créait un fonds permanent de 588,000, destine à l'enseignement supérieur, et formé du revenu des biens des Jésuites, de vingt mille piastres prises sur le fonds consolidé de la province, ete [ne égale somme de vingt mille piastres fu appropriée à l'éducation supérietwe dans le LEA Canada.

Trois écoles normales furent inaugurées en

57, l'école normale Laval, à Québec, l'école normale Jacques-Cartier et l'école normale McGill, à Montréal. Les deux premières étaient destinées aux catholiques, et la dernière aux protestants. Le Faut-Canada avait déjà à Toronto, depuis IS47, une école normale, qui fonctionnait trèsbien. Le Bas-Canada demandait aussi depuis plusieurs années une institution pour préparer les jeunes gens à l’enseignement. Comme nous l'avons vu précédemment, la législature avait, en 1851, pourcu à l'établissement d'une école normale, qui ne fut pas ouverte à cause d:

plusieurs difficultés survenues dans le temps.

Les écoles normales ont été une heureuse acqu:sition pour la province, et les promoteurs de es Institutions méritent la vive reconnais ace des Canadiens. Llles ont fourni, chaque année, un nombre assez considérable d'instituteurs et d'inse tiutrices, formés de longue inaïin, par des études spéciales et sérieuses, aux pé émibles fonctions de l'enseignement. Elles ont réformé le système d'instruction primaire, et ont contribué à lui donner plus de liaison, de force et d'uniformité. Les écoles normales ont eu, comme dans Îles autres pays où elles existent, les résultats les plus satisfaisants.

L'opposition travailla à modilier les deux pro-

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jets de loi de M. Cartier, dans leurs détails les plus importants. Elle se prononça surtout contre la distribution des $88,000 par le surintendant de l’éducation, d'après un décret approuvé par le gouverneur, sous prétexte que la distribution de ces argents donnerait au gouvernement des moyens de corruption, et qu'il était inconstitutionnel d'enlever à l'assemblée législative le privilége de voter annuellement les deniers publics. M. J.-B.-E. Dorion proposa d'appliquer le revenu des biens des Jésuites à l'instruction primaire au lieu de l'instruction supérieure. Son amendement ne réunit que vingt-sept députés, au nombre desquels étaient MM. Papin et A.-A. Dorion. Les ultra-libéraux du Haut-Canada essayérent. mais en vain, de faire triompher le système des écoles mixtes. Ils s’opposaient au maintien des écoles séparées, parce qu’elles tendaient, suivant eux, à détruire le système des écoles communes, et qu'elles augmentaient l'influence du clergé catholique. M. Brown, le chef de ces fanatiques, proposa de rappeler les actes qui autorisaient l'établissement des écoles séparées dans le Maut- Canada, et de placer les écoles primaires sous un système uniforme d'instruction publique.

Plusieurs députés catholiques plaidèrent la cause des écoles mixtes. M. Papin proposa luimême que l’on établisse un système général et uniforme d'écoles élémentaires, maintenues aux ‘vais de l’état, et que, pour faire fonctionner ce système d’une manière juste et avantageuse, il était nécessaire que toutes les écoles fussent ouvertes à tous les enfants sans qu'ils fussent exposés, par la nature de l’enseignement, à avoir leurs croyances religieuses violentées ou froissées

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en aucune manière, En expliquant sa motion, M. Papin se laissa entrainer à des égarements d'idées tout à fait regrettables. 11 soutint que l'éducation donnée par l’état doit être morale et intellectuelle, mais qu'elle ne peut être religieuse dans un pays habité par plusieurs sectes comme le Canada. “Il ne peut, continua-t-ii, y avoir de religion d'état, et s'il en est ainsi, l’état ne peut en aucune façon donner de l'argent pour l'enseignement d'aucune foi religieuse. Le mode d'éducation suivi jusqu'à ce jour, a été loin d’être satisfaisant, Il nous faut un système œénéral, applicable à toutes les parties de la province, et qui fasse disj:araitre les préjugés des catholiques et des prot: stants.”

Dix-neuf membres seulement votèrent en faveur des écoles mixtes; parmi eux étaient MM. À.-A. Dorion, Papin, Brown, Rolph, Charles Daoust et Jobin La grande majorité des membres de toutes les croyances vota contre un système qui devait conduire les enfants à l'indifférence religieuse, saper les bases de tonte religion, et avoir sur la ; jeunesse les effets les plus pernicieux.

Par leur conduite, les démocrates avancés se montrèrent, à diverses reprises, opposés au professorat ecclésiastique et à l’encouragement accordé aux coléges. Nous verrons plus tard M. Dorion demander à diminuer les allocations accordées aux hautes institutions pour grossir celles des écoles communes. Les conservateurs prirent chaque fois la défense de nos maisons d'éducation; ils considérèrent, avec raison, que l’enselgnement donné par les membres du clergé accordait des garanties plus grandes que l'enselgnement laïque.

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M. Felton proposa de son côté, d'amender la loi des écoles de manière à ce que la même justice qu'obtenaient les protestants du Bas-Canada fu rendue aux catholiques de la province supérieure. Les ministres s'y opposèrent ; ils ne trouvaient pas que le temps fût opportun pour faire les changements demandés, et les ajournèrent à une époque plus favorable, plutôt que de les exposer à un échec certain. La motion Felton, supportée par MM. J.-C. Taché, Casault, Dorion, ete., fut combattue par MM. Cartier, Cauchon, Chabot, Turcotte, ete. Elle fut finalement rejetée. Les membres catholiques furent d’abord accusés d’avoir trahi la cause de la religion, et reçurent la condamnation de Mer de Charbonnel, qui se montra très-mécontent contre leur vote ; mais le temps finit par leur donner raison.

Avant de continuer à nous occuper de la léoislation, nous donnerons quelques détails sur les progrès de l'instruction publique, sur l'Université Laval et sur ja littérature canadienne.

Ce fut en 1855, que M. le Dr Meilleur remit la direction du bureau de l'instruction publique entre les mains de M. Chauveau. Le succès de l'instruction élémentaire avait été très-grand dans les dernières années de son administration. Lors de sa retraite, le nombre des étudiants, qui fréquentaient les 2869 diverses maisons d'éducation, s'élevait à 126,677 ; depuis sa nomination, en 1842, le chiffre des élèves avait plus que doublé. On peut donc dire que le succès de l'instruction publique, sous l’active surveillance de M. Meilleur, a été considérable; surtout lorsque l’on considère les nombreuses difficultés qu'il eut à surmonter. En effet, il lui fallut

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asseoir et faire fonctionner un nouveau système d'instruction, lutter longtemps seul contre les préjugés, les passions qui se soulevèrent contre le fonctionnement de la loi; car ce ne fut que dans les dernières années, qu'il reçut de l’aide dans les inspecteurs d'écoles. “ M. Meilleur, dit un journaliste du temps, a pis la direction de l'instruction publique à son berceau ; il a dû tout créer, jusqu'à l’amour de l'instruction parmi nos populations.” Les préjugés populaires finirent par cesser, et la loi prit son cours naturel. M. Meilleur a acquis des droits à la reconnaissance publique par ses louables efforts, par sa persévérance et par son désintéressement. L'éducation de la jeunesse fut sa constante occupation. I] fut encore l’un des fondateurs du collégede l’Assomption, et publia plusieurs ouvrages élémentaires ctson Mémorial de l'Education, qui contient l’histoire de l'instruction publique au Canada.

Dès le début de son administration comme surintendant de l'instruction publique, M. Chauveau déploya un talent pratique, du dévouement et du patriotisme. Ses talents littéraires et oratoires [ui donnaient une forte garantie de succès. Il s'occupa de l'organisation du département de l’instruction publique, de la fondation d'écoles normales, de modifications dans la loi des écoles, de la publication d’un journal de l'instruction publique. Il fit toutes ces recommandations dans son premier rapport. Comme nous venons de le voir, la loi de 1857 accorda ces changements importants.

La création de l'Université-Laval, de Québec, lait surtout époque dans les annales de l’instruction publique. Depuis longtemps, les hommes

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éminents du pays éprouvaient le besoin d'une université catholique et française. Ils voyaient avec regret la jeunesse canadienne forcée d'aller étudier les hautes sciences dans les institutions étrangères,et leur demander des diplômes de capacité. Ils sentaient également le besoin d'élever le niveau des études collégiales C’est encorele clergé canadien qui se chargea de combler ces lacunes importantes. Déjà, Mgr Hubert avait formé le projet de donner aux études plus d'éclat et d’extension, par l'établissement d'une université catholique ; mais les nombreuses difficultés qu'il rencontra, le forcèrent à abandonner ces nobles aspirations. Le même projet fut agité plus tard. Mgr Bourget, évêque de Montréal, suggéra le premier l'idée de demander au Néminaire de Québec de mener cette entreprise à bonne fin ; les autres évêques approuvèrent cette excellente suggestion. À la réunion du premier concile provincial, ils formèrent tous des vœux pour que les catholiques de la province pussent jouir d'une haute institution adoptée à la croyance et aux besoins des catholiques. C’est sur leur demande pressante, que le Séminaire de Québec, qui, déjà depuis deux siècles, avait rendu les services les plus éminents à la religion, aux letires et aux sciences, entreprit la fondation d’une université. et qu’il consacra ses ressources à l'érection de ce monument catholique, où la jeunesse canadienne pût se fortifier aux études saines et sérieuses.

Le supérieur du séminaire, M. Louis Casault.

fit un voyage en Europe, afin d'obtenir l'érection civile et canonique de la nouvelle institution, et d'étudier en même temps les différents systèmes universitaires, Grâce à la puissante recomman-

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lèges des universités de l'Europe. Cette charte

fut signée le 8 décembre 1852. Le Saint-Père voulut bien également approuver le projet du séminaire, et autorisa l'érection de chaires de théologie, et le droit de conférer les degrés ordinures en théologie.

L'université fut dès lors formée. D'après les termes de sa constitution, l'archevêque de Québec est le visiteur de l'établissement, le supérieur du séminaire de Québec en est de droit le recteur, et le conseil se compose des directeurs du séminaire et des trois plus anciens professeurs de chaque faculté.

L'inauguration de l'Université Laval eut lieu avec grande pompe, le 21 septembre 1854, en présence de Lord Elgin, des évêques, des membres de la législature et d’un concours imnense de prêtres et de citoyens. (1) Les Canadiens saluèrent avec joie cet heureux événement ; les évêques recommandèrent fortement l'institution dans leurs diocèses respectifs.

Les cours de droit et de médecine furent aussitôt ouverts. Le collége médical dc Québec,

(1) C'est à cette démonstration que les professeurs de droit et de medecine, récemment nommés, reçurent le diplôme de docteur : L'hon, AN, Morin et M. Crémazie, docteurs en droit, MM. Jean Blanchet, C, Frémont, J.-A. Sewell, J.-Z. Nault, J.-E. Landry et À. Jackson, docteurs en médecine.

MM. Benjamin Pâquet et Pierre Roussel, reçurent aussi le diplôme de bachelier ès arts, après avoir subi les examens de rigueur.

Les premiers qui ont reçu le degré de doctorat dans chaque laculté, après avoir subi les épreuts, sont : M. F.-A.-H. Larue, docteur en médecine (1859) ; M. J.-G. Colston, docteur en droit (1870); MM. Rémi Faure et Louis Gauthier, docteur en théologie (1871).

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