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1862] LORD MONCK. 446 croissement. Le gouvernement y construisit le chemin Kénogami, qui s'étend de la Grande Baie aux bords du lac. Grâce à la fertilité du sol, au grand commerce de bois, les Babliseements du Saguenay et du lac Saint-Jean ont pris un développement considérable ; cette partie de la province, qui compte déjà douze paroisses, promet un avenir prospère.
La colonisation fit également des progrès dans la vallée du Saint-Maurice, où le gouvernement ouvrit plusieurs routes, le chemin des Piles, celui de Matawin, etc. Déjà en 1861, les cantons Saint-Maurice et Shawinigan, colonisés depuis 1849, comptait une population de 3376 âmes.
MM. les abbés Brassard et Provost jetèrent, en 1862, les bases d’une nouvelle colonie sur la rivière Matawin; tous ces établissements sont aujourd’hui assez prospères.
Dans la vallée d'Outaouais, les progrès étaient aussi très-satisfaisants. La population des comtés d'Outaouais et de Pontiac doubla dans l’espace de dix ans. M. Boucher de la Bruyère mentionne, dans un rapport de 1861, que le long des chemins de Wakefield et de Portland, plus de quatre cents familles s’y étaient établies dans l'espace de deux ans.
On peut conclure que la colonisation, pendant la période de l'Union, a fait des progrès considérables dans le Bas-Canada, et qu’un nombre étonnant de paroisses nouvelles ont été établies dans les Cantons de l'Est, dans les vallées du Saguenay, du Saint-Maurice, de l'Outaouais, etc. Ce résultat est dù à l’encouragement accordé par la législature, aux efforts déployés par le clergé et à la formation des sociétés de colonisation.
Rendons ici hommage aux services immenses rendus par les prêtres canadiens, dans la cause de la ! comme dans celle de l’instruction élémentaire et supérieure, et dans la fondation des institutions de charité, de bienfaisance, etc. Partout on les a vus déployer le plus grand zèle, afin de procurer à la population le bien-être moral, religieux et matériel.
Le gouvernement consacra à peu près $50,000 annuellement à la confection de nouvelles routes dans le Bas-Canada, ce qui fait une somme totale de $1,250,000 pendant la période de l'Union. On pourra croireque cet encouragement était généreux ; mais était-il même suffisant ? Ni l’on eut doublé et triplé cette somme, depuis le mouvement de 1848; si, pour encourager l’établissement de l’ancienne population du Bas-Canada, l'on eut pris une pait raisonnable des quarante millions consacrés aux canaux, aux chemins de fer et aux autres travaux destinés spécialement au développement du commerce,le Bas-Canada serait sans doute aujourd’hui plus prospère, plus pop":leux. Nous n’aurions pas peut-être quatre à cinq cent mille de nos compairiotes dispersés sur le territoire des Etats-Unis. On était prodigue des argents lorsqu'il s'agissait de commerce, on votait même deux cent à quatre cent milles piastres pour favoriser une ligne de vapeurs océaniques ; on construisait un palais législatif qui a coûté au-delà de la somme totale allouée à la colonisation; et, dans un pays presque exclusivement agricole, on accordait à peine une somme annuelle de cent mille piastres à l’encouragement de la colonisation dans les deux provinces.
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que la législature aurait pu faire des sacrifices plus grands. M. Tessier entre autres s’exprimait ainsi, à la session de 1862 : ‘“ En regardant aux sommes accordées pour d’autres objet: je crois être justifiable de dire que l'ouverture des terres incultes du Bas-Canada n’a pas été suffisamment favorisée. On devrait approprier une somme beaucoup plus considérable, si l’on veut faire
justice aux habitants du pays.”
Il est certain qu’un encouragement plus grand accordé à l’établissement des terres incultes, aurait ralenti l’'émigration toujours croissante de la population française aux Etats-Unis. Tous les ans, des milliers de Canadiens, bercés du fol espoir d'arriver à la fortune, et éblouis par la perspective d’un avenir chimérique, abandonnaient leurs terres natales. Ce mouvement si fatal à la nationalité canadienne se continue encore malheureusement. Cependant un trèspetit nombre ont acquis aux Etats-Unis une certaine aisance ; le nombre de ceux qui ont été trompés dans leurs calculs est immense. La condition des Canadiens émigrés n’est guère enviable. La grande masse vit au jour Île jour; les ouvriers ont, il est vrai, des gages élevés, mais ils dépensent en proportion; et, après avoir épuisé leur santé, ils se trouvent souvent dans une triste situation sur cette terre étrangère. Leur influence politique est nulle; leur position, sous le rapport moral et religieux, est en général assez pénible ; beaucoup élèvent leurs enfants dans une complète ignorance.
M. l'abbé Tassé, dans son étude sur l’émigration, constate que 200,000 Canadiens ont laissé ja province de 1849 à 1866. Avant l'Union, il y
avait déjà un certain nombre de nos compatiiotes aux Etats, et depuis la confédération, le mouvement de l’émigration, au lieu de diminuer, a malheureusement progressé. Restreint autrefois à quelques comtés du district de Montréal et des Trois-Rivières, il a gagné le vieux district de Québec et les autres parties du Bas-Canada.
Nous croyons ne rien exagérer en portant de 400,000 à 500,000 le nombre de Canadiens réfugiés actuellement (1872) aux Etats-Unis.
La première émigration avait. été causée par la difficulté de se procurer des terres, et par l'ahsence de communications faciles. Les mauvaises récoltes qui se sont succédées, et qui par suite ont causé l’appauvrissement de la classe agricole, le luxe et l’intempérance, ces deux plaies sociales, le manque d'industries suflisantes, le salaire trop modique accordé au travail, le trop petit nombre de carrières ouvertes à la jeunesse instruite, le goût des aventures et des voyages pour un certain nombre, voilà autant de causes qui ont porté nos compatriotes à émigrer pendant ces dernières années. Il y a plusieurs de ces causes auxquelles il est impossible de remédier. C’est le manque d'ouvrage qui a été la cause principale de l’émigration des Canadiens. L'établissement de manufactures les retiendra dans leur pays. Déjà pendant les deux dernières années, plusieurs belles industries ont été créées dans les villes et dans plusieurs paroisses, et promettent d’être prospères. Il ya un élan général vers les manufactures. En effet, tout ce qui peut les encourager, les capitaux, les pouvoirs d’eau, le bas prix de la main-d'œuvre, les communications faciles, se trouvent à notre dis-
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position. Espérons que le nombre croissant des manufactures, l'élévation du salaire, la construction de plusieurs chemins de fer en perspective, arrêéteront ou diminueront sensiblement le mouvement de l’émigration.
Cette plaie n’a cependant pas empêché le Bas- Canada de progresser rapidement ;<en effet, la fortune publique s’est augmentée dans une progression bien plus grande que celle de sa popution. On a l'exemple de plusieurs pays qui pendant chaque année perdentun grand nombre de citoyens et qui restent dans une condition ficrissante.
Un projet de loi, présenté par M. Alleyn, amendait l'acte qui concernait le er de Québec, et permettait à la commission du havre d'imposer un droit de tonnage sur les navires.
M. Scott, député d'Outaouais, soumit un projet de loi, par lequel on modifiait l’acte des écoles séparées. La mesure reçut l'approbation des ministres, et des membres modérés des deux partis. Le principe des écoles séparées, après une lutte longue et acharnée, devait enfin triompher ; la voix éloquente et l’habileté de M. McGee contribuèrent à ce grand changement. Il ne restait plus que quelques fanatiques, MM. McDougall, Ferguson, Morris et Brown, entres autres, qui refusaient de concéder aux catholiques le plein droit d'établir des écoles, où ils pussent donner à leurs enfants l'instruction religieuse avec les autres branches de l’enseigrement. La crise ministérielle empêcha le projet Scott de devenir loi, et les libéraux s’engagèrent à passer une semblable mesure sous leur responsabilité.
La question des édifices parlementaires d'Outaouais fut le sujet de fortes accusations portées par les libéraux contre le ministère. La législature avait approprié $900,000 à la construction de ces édifices ; les contrats avaient été donnés aux entrepreneurs pour une somme de près de $700,000. Cependant le gouvernement avait déjà dépensé plusieurs cent mille piastres en sus de l'appropriation, lorsque guère plus que la moitié des édifices était terminée. Plusieurs travaux importants ne furent pas mentionnés dans les œitrats. Le système que l’on adopta pour le change, la ventilation, etc., fut en partie la cause de cet excédant de dépense ; il exigea des excavations profondes dans le roc vif.
M. Rose, sous lequel furent en partie faits ces ouvrages, était reconnu par son intégrité ; mais il s'était trouvé à la tête du département des travaux publics, sans connaissances pratiques de ces ouvrages, et avait dü se fier à des employés subalternes, qui l'avaient trompé. Lorsque M. Cauchon lui succéda, les contrats étaient signés et les travaux assez avancés. M. Cauchon refusa de se servir de l’assistant commissaire, M. Keefer, en qui il ne reposait nulle confiance; ensuite, il fit examiner les travaux par M. Killaly, et lui fit préparer un rapport, qu'il soumit aux chambres.
M. Cauchon avoua que des erreursavaient été commises par les architectes dans la confection des plans et l'évaluation des dépenses ; mais pour calmer l’étonnement que ces révélations ‘devaient produire, il cita des exemples de semblables erreurs commises en d’autres pays. Ainsi, le palais de Westminster, évalué à £707,000,
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On reprocha avec raison au ministère de ne pas avoir informé la législature, en 1861, de l'état réel de l'ouvrage, et d’avoir payé des sommes considérables en sus de l'appropriation première, et cela en violation des priviléges de l'assemblée législative. Cett: qnestion malheureuse porta plusieurs membres à stirer leur confiance au ministère et à accéiérer sa chute.
M. John-A. McDonald présenta un projet de loi destiné à organiser la milice sur un pied efficace. La mesure avait été préparée sur les suggestions d’une commission spéciale composée de MM. Cartier, McDonald, du colonel Lyson, etc., et nommée à la suite de l'affaire du Trent. Cette difficulté avait démontré l'importance qu'il y avait de mettre la province sous la protection d'une force efficace, et tous les Canadiens, sans distinction de partis, reconnurent que la loi de milice était inefficace, et insistèrent sur une meilleure organisation.
Les commissaires, dans leur rapport, établissaient qu'une force active de 50,000 hommes, devant faire chaque année vingt-huit jours d'exercice militaire, et qu'une réserve d’un pareil nombr:, étaient nécessaires pour la défense efficace de la province. Ils recommandaient la division de la province en districts militaires, et
452 LORD MONCK. [1862 la construction d’un arsenal dans chaque district. Le gouvernement se détermina à mettre à eflet les suggestions des commissaires.
M. John-A. McDonald fit l'historique de la mesure et expliqua le projet qu il présentait. Les ministres déclarèrent qu'on lèverait une force plus ou moins considérable (30,000 à 50,000 hommes) suivant le besoin et les sommes votées par la législature.
Les libéraux insistérent à connaître le montant des subsides que le gouvernement demanderuit. M. Galt répondit qu'on se proposait, la première année, de lever vingt mille hommes, qui, ajoutés aux dix mille volontaires, formeraient trente mille, et qu'on leur ferait faire quatorze jours d'exercice ; on désirait porter ce nombre à cinquante mille hommes l’année suivante. Le montant qu'il demanderait dans le budget serait de $50,000, y ‘compris les ac coutrements et la construction des arsenaux, dont la somme s’élèverait à $240,000. Ce dernier montant était demandé une fois pour toujours. Il était d'avis que la dépense annuelle ne dépasserait pas $500,000.
M. Loranger pensa que la province était incapable de ae une somme aussi considérable pour la milice, le déficit était déjà considérable. M. Evanturel parla également contre la mesure. M. Langevin l’approuva, tout en suggérant quelques modifications. MM. Rose et de Cases se prononcèrent aussi en faveur d’une milice efficace.
Le projet de milice ne fut pas discuté comme le méritait un sujet de cette importance. Les libéraux ne firent pas connaitre leurs vues sur la question de la défense ; ils furent unanimes
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à voter contre le projet ministériel, afin de renverser le cabinct. Quelques démocrates étaient d'avis qu'il n’y avait pas besoin de milice, que l'Angleterre devait nous défendre et payer une milice si elle en voulait; ils étaient conséquents avec leurs principes annexionnistes, qu'ils n'osaient pas professer publiquement, mais qu'ils entretenaient en eux-mêmes.
Les organes des libéraux jetèrent l’effroi parmi la population, en criant que la mesure demandait des sacrifices immenses, et établissait une taxe directe de cinquante centins pour le soutien de la milice. Comme le fit remarquer M. Cartier, cette taxe n'était qu'une pénalité infligée à ceux qui ne se rendraient pas à l’exercice. La population des campagnes commença à s'exciter, et demanda le rejet du projet ministériel.
Le peuple pouvait être effrayé d’rne organisation si coûteuse, de la ievée par conscription de trente à cinquante mille hommes que l'on devait enlever à l’agriculture et aux industries pendant quatorze ou vingt-huit jours de l’année, lorsque jusqu'alors on n'avait dépensé que de faibles sommes pour la milice. Tout danger du coté des Etats-Unis avait cessé; les Américains se livraient alors à une guerre civile, qui devait les épuiser, et les dispenser de porter leurs regards sur le Canada.
Plusieurs partisans du ministère essayèrent de faire modifier le projet. Les ministres s'y refusèrent ; ils crurent pouvoir braver l'orage, et se fièrent trop sur leurs propres forces. Le projet de la milice fut rejeté À sa deuxième
lecture sur un vote de soixante et un contre Me (1)
. McDonald se trouva dans sa section supporté par nne majurité de sept voix; ses partisans ne divisèrent pas leurs forces, et plusieurs membres indépendants se rallièrent à eux. M. Cartier, au contraire, qui avait jusqu'alors été soutenu par une forte majorité, se trouva dans une minorité de treize. Plusieurs de ses partisans refusèrent leur concours au projet de la milice, qui avait été condamné par leurs constituants, dont ils représentaient en chambre les opinions et les besoins. Les libéraux votèrent en corps contre la mesure dans le but principal de renverser le ministère ; le vote qu'ils donnèrent était un vote de non-confiance.
Mais comme le fit remarquer MM. Drummond et Loranger, ceux qui enregistrèrent leurs votes contre le projet de la milice, ne le firent par manque de loyauté. Les uns, les modérés, trou-
(1) l'our la 2e lecture du Bill : Alleyn, Ault, Baby, Bell (Russell), Benjamin, Biggar, Blanchet, M.-C. Cameron, Carling, Caron, Cartier, Cauchon, Chapais, Clarke, Cockburn, Crawford, Dawson, DeCases, Denis, Desaulniers, Juseph, Dufresne, Dunkin, Dunsford, Ferguson, Galt, Haultain, Hooper, Jackson, Langevin, John-A. McDonald, McCann, McLachlin, Morin, Morris. Morrison, Morton, Pope, Portman, Poupore, Price, Robinson, Robhitaille, Rose, J.-S. Ross, Ryersan, Rykert, Scott, Simpson, Smith, Somerville, Street, Tassé, Telt et Walsh—54.
Contre : Abbott, Archamheault, Beaubien, Bell (Lanark nord), Beaudreau, Bowen, Brousseau, Bureau, Burwell, Connor, Cowan, Daoust, DeBoucherville, Dickson, Dorion, Dosisler, Drummond, Alex. Dufresne, Evanturel, Foley, Fortier, Fournier, Gagnon, Gaudet, Hébert, Howland, Huntington, Huot, Jobin, Joly, Kierzkowski, Labrèche-Viger, Laframboise, Loranger, D.-A. MacDonald, John- S, MacDonald, Mackenzie, McDougall, McGee, McKellar, Mongenais, Manro, Notman, O’Halloran, Patrick, Prévost, Rankin, Rémillard, J.-J. Ross, Rymal, Scatcherd, Sicotte, Simard, Starnes, Stirton, Sylvain, Taschereau, Wallbridge, White, Wilson et Wright-—61.
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aient cette organisation trop onéreuse pour les revenus de la province, mais ils étaient prêts à faire certains sacrifices pour la défense du Canada; les autres votaient non-confiance dans l’administration.
M. Cartier et ses collègues considérèrent qu'après ce vote, ils devaient donner leur démission. C’est ce qu'ils firent le 21 mai (1862). En remettant les rênes du pouvoir, M. Cartier exprima sa reconnaissance aux députés qui Jui avaient accordé jusqu'alors un appui constant. Il félicita M. nn, McDonald, son collègue, de Ja majorité qu'il avait obtenue dans la province qu'il représentait. Il se déclara fier d'avoir succombé sur une mesure destinée à soutenir sur ce continent la gloire du drapeau britannique, et dont la nécessité avait été admise. I] craignit que les ennemis des Bas-Canadiens ne vissent dans ce vote les preuves d’un manque de loyauté.
En eflet, sans approfondir à fond Îles raisons qui portèrent la majorité des membres à rejeter le projet de milice, les hommes d'état et la presse de l'Angleterre regardèrent cette conduite comme un indice que les Canadiens refusaient de pourvoir à leur propre défense ; ils allèrent jusqu’à les accuser de manquer de loyauté. (,uelques membres, M. Goldwin Smith, entre autres, parlérent d'abandonner le Canada à lui-même, puisqu'il n’était qu'un fardeau pour l'empire, et qu'il faisait courir les dangers d’une guerre avec les Etats-Unis. Les autres pensaient que les Canadiens devaient faire de plus grands sacrifices pour la défense de leur territoire que par le passé. Ils voyaient du danger à laisser au Canada les 12,000 hommes de troupes, qu'il y avait alors,
sans être appuyés par une force volontaire suffisante. Depuis la guerre américaine, le gouvernement impérial insistait à ce que le Canada prît une part plus active à sa propre défense : selon Lord Palmeston, il n’avait pas l'intention d'augmenter ni de retirer les troupes du Canada ; c'était dire que les Canadiens devaient compter sur eux-mêmes pour le reste. La nouvelle politique de laisser les colonies pourvoir à leur propre défense faisait de grands progrès.
Le parti libéral-conservateur ou simplement conservateur, formé en 1854, avait un long rèone, C'était le même parti qui, sous les noms de divers ministères, McNab-Morin, Taché-McDonald, etc., avait administré les affaires publiques, Le dernier ministère Cartier-McDonald, qui était une continuation des précédents, comptait presque quatre années d'existence. Remarquons que Îles députés du Bas-Canada, par leur union, avaient été la force de ces administrations. La chûte des conservateurs changeait les rôles, le Haut-Canada allait pendant deux ans commander à l’autre province.
Depuis que MM. Cartier et John-A. McDonald avaient remplacé au pouvoir MM. MceNab et Morin, ils avaient doté la province de plusieurs actes législatifs importants : la décentialisation
judiciaire, la codification des lois civiles, l’intro-
duction des lois françaises dans les cantons de l'Est, la refonte des statuts provinciaux, les actes des municipalités, la réorganisation de plusieurs départements publics, le rachat définitif des droits seigneuriaux, l'assimilation des lois commerciales et criminelles des deux provinces, l’achèvement des chemins de fer ; voilà autant
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plus g plusieu sortirer qu'ils y rants e1 les inst empécl ses ad Disons toujour par le «€ bas-can
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1862] LORD MONCK. 457 d'actes qui jettent de l'éclat sur l'administration des conservateurs, et dont les résultats ont grandement contribué au bien de la province.
Mais à côté des services réels qu’elle a rendus, cette administration est marquée de quelques ombres : le choix de la capitale, sa conduite relativement à l'érection des édifices parlementaires, an faible peut-être trop grand pour la compagnie du Grand Tronc, enfin certaines violations des usages parlementaires. Il est difficile toutefois qu'une longue existence politique ne laisse pas quelques actes à condamner.
Malgré ce qu’en ont dit leurs adversaires, MM. Cartier et John-A. McDonald apparaissent dans notre histoire comme les deux plus grandes figures politiques de l’époque. Ils ont droit à la reconnaissance publique, car ils ont rendu les plus grands services à leurs compatriotes. Après plusieurs années de carrière administrative, ils sortirent tous deux du cabinet aussi pauvres qu'ils y étaient entrés. Ils se montrèrent tolérants et libéraux, ils défendirent généreusement les institutions catholiques, les écoles séparées, empéchèrent les fanatiques, comme Brown et ses adeptes, de dominer sur le Bas-Canada.
Disons encore que les chefs conservateurs ont toujours été soutenus et généralement approuvés par le clergé, et par la masse de la population bas-canadienne des deux origines.