‹ Le Canada sous l'Union, 1841-1867 [microforme]Chapitre 58 sur 76 · I. Brown · texte numérisé non relu

I. Brown

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1862] LORD MONUXK. 461

de placer cet ennemi de la population française, dans un département aussi important que celui des terres de la couronne.

On peut dire qu'en général, le ministère était composé d'hommes d’un caractère intègre et honorable ; aussi les députés et le peuple se montrèrent disposés à lui donner un temps d'épreuves. On remarqua cependant qu'il y avait moins de hautes capacités que dans le cabinet conservateur. Des hommes tels que M. Cartier,

D John-A. McDonald, Cauchon et Galt, étaient

dificiles à remplacer.

Le ministère. McDonald-Sicotte chargea MM.

Wallbridge et Loranger de faire connaître son programme politique. Il reconnaissait le caractère fédéral de ia constitution, ou l'égalité de la représentation dans chaqne province, maïs il voulait régler cette représentation d'une manière plus juste ; il admettait le système de la double majorité, et ne voulait imposer aucune législation à une province contre la volonté de la majorité de ses représentants. Îl se proposait encare de passer une loi de banqueroute, amender îa loi de la milice et celle du tarif, pratiquer l' :nomie dans ie service civil, maintenir Outaouais

D comme capitale, et tenir une enquête sur les ira- | vaux des édifices parlementaires Ce programme D promettait de bons résultats ; mais nous verrons

rar la suite, que le minisière foula aux pieds les

| parties les plus importantes.

On fut beaucoup étonné de voir MM. Foley,

» leDougall et Wilson abandonner la représenta-

tion basée sur la population, question pour hquelle ils avaient combattn avec tant d’ardeur, et accepter l'égalité représentative et la double

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majorité. Ces hommes avaient pourtant fait des reproches amers aux conservateurs sur leur conduite. M. McDougal lui-même venait de proposer contre eux une motion de censure, parce qu'ils refusaient de régler la question. Ce sacrifice de leurs opinions réjouit le Bas-Canada. On félicita M. Sicotte d’avoir fait accepter, par le cabinet, l'égalité de la représentation et le règlement des écoles séparées.

MM. Cartier et McDonald déclarèrent que le ministère recevrait d'eux une opposition loyale, et qu'ils lui donneraient l’occasion de développer sa politique. En effet,'ils ne mirent aucun obstacle à la réélection des membres du cabinet, et à la passation des mesures urgentes, que le ministère crut devoir adopter. M. Cartier regretta seulement le choix de MM. McGree et Evanturel comme membres du cabinet.

M. John-H. Cameron reprocha aux ministres haut-canadiens d’avoir abandonné la question de la représentation ; il était d'avis que L principe de la double majorité ne pouvait être sérieusement mis en pratique. M. Connor et quelques autres libéraux tout en étant, favorables au nouveau cabinet, se montrèrent mécontents du choix de M. John-S. McDonald, comme premier ministre. MM. Loranger et Drummond défendirent les membres de l’administration. Il est étonnant

w'ils n'aient pas été appelés à être ministres ; ils auraient certainement ajouté au prestige du cabinet. L’organe de M. Brown, le Globe, attaqua violemment la polique.ministérielle. Il taxa de trahison la conversion de MM. McDougall, Foley et Wilson au maintien du caractère fédéral de l’Union.

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Le ministère McDonald-Sicotte se décida à passer les mesures les plus urgentes et à proroger ensuite les chambres. Il soumit un projet de loi qui amendait l'acte de la milice de 1855, et favorisait le développement du système volontaire, Le nombre des volontaires était porté à dix mille ; ils devaient faire douze jours d'exercice et recevoir cinquante centins de solde par jour. Le projet autorisait la nomination de majors de brigade et de sergents-instructeurs. Enfin le vouvernement demandait $250,000 pour rencontrer les dépenses de la milice. M. John-A. McDonald trouva la mesure très-incomplète, et impuissante eu égard à l’organisation générale de la milice. Les hommes d'état d'Angleterre la considérèerent comme insuffisante pour aider les troupes impériales à la défense du Canada. Le projet fut cependant adopté par les deux chambres.

Le ministère libéral adopta, après quelques modifications, le tarif que devait proposer M. (ralt, et qui amendait celui de 1859. Les droits sur Je sucre, le thé, la melasse, les liqueurs, etc. furent augmentés de manière à donner un revenu additionnel d’un million cinquante mille piastres.

Il faut dire que les libéraux parvenaient au pouvoir dans des circonstances difficiles. La euerre américaine avait aflecté le commerce et diminué par là le revenu. M. Galt avait luimême prévu un déficit de plusieurs millions. Le nouveau tarif ne fut pas même suffisant pour rencontrer les dépenses, et le gouvernement eut recours à une émission de bons provinciaux.

La législature vota ex bioc les estimés du pré-

cédent ministère, à part l'allocation des édifices

d'Outaouais qui fut diminée de $700,000 à #500.- 000, et celle de #800,000 destinée au rachat des droits seigneuriaux, qui fut retranchée. Le budget contenait les sommes suivantes : #490,510 pour les dépenses encourues en 1861, $200,000 pour les chemins de colonisation, $63,421 pour les chemins de Matapédiac, Matane, Témiscouata. etc., #167,000 pour les canaux.

Le ministère avait adopté Outaouais pour capitale, et avait demandé le vote de #$500,000 pour les édifices parlementaires, afin de payer les dettes légitimement dues seulement après enquête faite sur les travaux déjà exécutés.

M. Loranger dit que ces édifices avaient été la source de gaspillage et même de pillage des deniers publics. MM. Chapais et Simard proposèrent de ne pas voter de nouvelles sommes avant que cette enquête fut faite. M. Chapais avait encore l'espoir que Québec resterait la capitale. M. Cartier regretia cet amendement, parce que la décision de la reine devait être maintegue. Il était heureux de voir ses adversaires adopter la politique qu'avait suivie le gouvernement dont il était le chef

La session de 1862 ne fut remarquable que par l’organisation du ministère de l’agriculture et de la colonisation, par l'augmentation de l'octroi annuel des chemins, par la chute du ministère conservateur, enfin, par les débats importants sur la colonisation, les édifices parlementaires et les écoles séparées.

Durant l'été de 1862, eut lieu l'élection de douze conseillers législatifs. Ces élections complétaient le nombre des conseillers élus par le

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