WEST MAIN STREET WEBSTER, N.Y
graphic
Photo S
Ciences Corporation
quotidienne de bateaux à hélice d’un fort tonnhge, pour transporter les grains de l'Ouest par la voie du Saint-Laurent. Ce magnifique projet aurait procuré beaucoup d'avantages à Québec ; mais il fut abandonné à cause de l’apathie des citoyens, qui refusèrent de souscrire une partie du capital demandé.
La mort de Sir Allan McNab nécessita une élection de président du conseil législatif. En ouvrant la session de 1863, Lord Monck pria les conseillers de. procéder à cette élection. M. Alexander Campbell, remarquable par sa popularité et ses talents, fut élu à l’unanimité. Dans le discours du trône, le œouverneur recommanda d'adopter des lois de milice et de faillite, de répartir la représentation d’une manière plus juste; puis il parla du chemin intercolonial, de l'enquête sur les édifices d'Outaouais, ete.
Au conseil législatif, ce fut M. Letellier de St. Just qui proposa l’adresse ; il fit un bon discours, dans lequel il passa en revue tous les sujets recommandés, surtout le sujet de la milice. A l'assemblée législative, MM. Rankin et Joly proposèrent l'adresse, et félicitèrent le gouvernement de sa politique et de l’organisation des volontaires.
M. Cartier déclara qu'il n'avait aucun amendement à faire à l'adresse ; il passa en revue la politique des libéraux, s'éleva contre la destitution de quelques employés publics, et bläma le ministère de garder le silence sur la double majorité, l'immigration et sur quelques autres questions importantes.
M. Mathew-C. Cameron proposa un amendement à l'adresse, par lequel il exprimait le regret
a + ne ne À
qu'il ne pour ol partie d lèrent e par qua M. L pouvait conism plupart le Haut tation « à ce su M. N ment d afin de vœux ( Le p Donald beauco mie ex décidé expliq terait « le cabi ces qu pas €1 vote d cette Les
au m du c qu'on mauv ce ch dans
fort uest fique res à e de
SCrire
une En
la les M.
)Opu- Dans anda Le, de plus al, de
le St.
ours, sujets 21 À Joly ernen des
menue la tituna le uble utres
nde- >aret
ol
qu'il ne fût pas présenté aucune mesure ayant pour objet d'assurer au Haut-Canada sa juste partie de représentation. Plusieurs députés parlèrent en faveur de la motion, qui fut appuyée par quarante-deux membres du Haut-Canada.
M. Langevin était d'avis que M. Sicotte ne pouvait prétendre qu'il avait fait cesser l’antagonisme entre les deux provinces, puisque la plupart des députés, partisans du ministère dans le Haut-Canada, avaient voté pour une augmentation de représentants. Il n'avait rien de changé à ce sujet dans la position des deux partis.
M. McDougall avoua qu'il avait laissé un moment de côté ses principes sur la représentation, afin de former un gouvernement conforme aux vœux de‘la majorité des deux Canadas.
Le premier ministre, M. John-Sandfield Mc- Donald, déclara que le gouvernement s'était beaucoup efforcé de suivre la politique d’économie exprimée dans son programme, et qu'il était décidé à passer toutes les mesvres promises. Il expliqua la double majorité,affirma qu’elle n’affecterait que les questions locales, et déclara que si le cabinet se trouvait en minorité sur une de ces questions, dans une province, il ne se croirait pas encore obligé de résigner; il n’y aurait qu'un vote directe de non-confiance des membres de cette province qui püt lui commander cet acte.
Les membres de l'opposition, ayant reproché au ministère d’avoir mal agi dans la question du chemin intercolonial, M. Sicotte répondit qu'on avait accusé à tort le gouvernement de mauvaise foi. Il fit le récit des négociations sur ce chemin, et sur l'ouverture d’un autre chemin dans le Nord-Ouest, et dit que les documents
A0 ne RAS D à de SR
ne M: oi ° si LE 9 9 i Le # : i LA È ï 'idst Lu LEP La r :
qui seraient fournis sur les deux questions, prouveraient ses avancés.
La discussion de l'adresse prouva que la position des libéraux n’était ni forte, ni brillante. L'attaque de leurs adversaires, sans être redoutable, eut, cependant, l'effet de préparer les voies à la discussion qui devait amener la chûte du ministère.
La principale mesure de la session fut celle de M. Scott, qui amendait l'acte des écoles séparées du Haut-Canada. Elle réglait une question épineuse à la satisfaction générale, et reçut l’approbation du clergé catholique et du Dr Ryerson, surintendant de l’éducation dans le Haut-Canada. C’est la loi qui est aujourd’hui en opération.
Le triomphe des écoles séparées était dü surtout aux efforts énergiques déployés depuis plusieurs années par M. Scott, député d’Outaouais,
à M. McGee et aux conservateurs M. John-A.
McDonald et ses amis qui s’unirent aux Bas- Canadiens. Les ministres libéraux du Haut- Canada supportèrent, il est vrai, la mesure, car ils étaient engagés par leur pregramme à le faire ; mais ils furent abandonnés de leurs amis cleargrits qui, avec quelques conservateurs outrés, votèrent au nombre de 31 contre la mesure. Le ministère McDonald-Sicotte avait fait des écoles séparées un article de son programme. Il ne pouvait pas réclamer comme partie la passation de cette loi, qui était plutôt due à l’oppesition, et qui avait éte proposée par un membre conservateur.
Comme la majorité des membres du Haut-Canada se prononcèrent contre les écoles séparées, ce vote hostile au ministère devait mettre le pre-
emPp:
ques sem plup cons de x libér conc J.-B.
sans M. ] pass.
tions,
, POsi- Jante.
‘edou-
voiles te du
Ile de parées n épi- \pproerson, ut-Ca- Opéra-
ù surs plu- OUAIS, )hn-A.
cr Bas- Hautcar ils faire ; ar grus èrent istère arées it pas te loi, avait ateur.
t-Caarées, epre-
mier ministre dans la nécéssité de résigner, pour se conformer au principe de la double majorité, car il s'était trouvé en minorité sur une mesure sectionnelle. Un instant, il crut devoir le faire ; mais il foula bientôt aux pieds le principe de la double majorité pour conserver son portefeuille, contrairement à la conduite de ses devanciers, MM. Baldwin, Hincks, MeNab, qui avaient donné leur démission dans des circonstances analogues.
Une mesure fut adoptée pour pourvoir à l’inspection de la fleur et du grain ; une autre pour amender l'acte du jury et des jurés du Haut- Canada ; une troisième permettait aux municipalités d'emprunter des argents pour aider, dans certains cas, les colons à ensemencer leurs terres.
Un projet de loi, préparé par M. Langevin, empêchait les exécutions capitales d’être publiques ; il fut accueilli par une majorité de l’assemblée législative, malgré une opposition de la plupart des conservateurs ; maïs une majorité du conseil législatif le rejeta. L'abolition de la peine de mort fut discutée et approuvée par plusieurs libéraux. Le conseil législatif refusa aussi son concours à une mesure très-importante de M.
J.-B.-E. Dorion, pour la protection des colons sans titre (squatters). Un autre projet de loi de M. Langevin, pour fixer le taux de l'intérêt, passa dans la chambre d’assemblée à une forte majorité, mais ne devint pas encore loi.
Le ministère libéral présenta toutes ses mesures, à part celle de la représentation : un projet de loi de banqueroute, préparé par M. Abbott ; un deuxième projet imposant des timbres sur les procédures judiciaires; un troisième de
M. Sicotte, relatif à l’enrégistrement et au rachat des hypothèques. Deux autres projets amendaient la loi des jurés et jury et celle des écoles du Bas- Canada. La principale mesure du cabinet fut celle que présenta M. John-S. McDonald, pour organiser la milice. lle créait un bureaux d’examinateurs pour donner des certificats de capacité à ceux qui deviendraient officiers ; une autre clause contraignait les hommes mariés de servir en cas de guerre, lorsque par l’ancienne loi, on n’appelait d'abord que les hommes non mariés.
M. Howland exposa et développa la politique financière du ministère. Comme il y avait un déficit considérable, le gouvernement voulait élever le tarif afin d'établir l'équilibre entre le revenu et les dépenses. Le cuir et le tabac devaient être frappés d'un droit excessif, et les tanneurs et les marchands de cuir soumis à une forte taxe. Le oouvernement se proposait de remplacer l’ancien impôt des banques, par une taxe d’un demi pour cent sur leur capital, de diminuer de vingt pour cent les octrois des hôpitaux et des institutions de charité, de vingt-cinq pour cent ceux des sociétés d'agriculture, de réduire de cent mille piastres à cinquante mille l'octroi voté depuis plusieurs années pour Îles chemins de colonisation.
Tout er diminuant ces allocations, le ministère se proposait db voter cinquante mille piastres pour ouvrir une route dans le Nord-Ouest, de continuer les édifices d'Outaouais, d'accorder aux juges infirmes ou à ceux qui avaient quinze années de service une allocation égale aux deux tiers de leur salaire. Il désirait encore établir les
ee =
péages st conserva
Lesrer le minist et présen propre ju les libéra
Lorsqu comité st présenta qui afhirr était con:
la chamb nald, le r nistratior publique contre el s'attaqua tion qui :
la quest politique déclara milice, re pieds le } question mauvaise {er inter
Le pre répondit cours 6 avait fa possible lègues d d'avoir que l’opi
achat aient Bast fut pour eaux ts de
lenne s NON
tique ait un oulait ire le AC deet les à une uit de Tr une al, de hôpit-cinq re, de mille ur les
ustère astres est, de er AUX quinze « deux )lir les
« ms -
péages sur les canaux abolis en 1860 par les conservateurs.
Les représentants du peuple pouvaient, lorsque le ministère avait exposé la politique financière et présenté tous ses projets de loi, donner leur propre jugement. La lutte s’engagea alors entre les libéraux et les conservateurs.
Lorsque l’on proposa de former la chambre en comité sur les subsides, M. John-A. McDonald présenta une motion directe de non-confiance, qui affirmait que l'administration, telle qu’elle était constituée, ne méritait pas la confiance de la chambre. C'était dans l'opinion de M. McDonald, le meilleur moyen de constater si l’administration avait le droit de gérer les affaires publiques. Il exposa tous les griefs qu'il avait contre elle, et passa en revue sa politique. Il s'attaqua surtout aux membres de l’administration qui avaient abandonné leurs doctrines sur la question de la représentation; il bläma la politique d'économie et de retranchements ; il déclara mauvais et inefficace le projet de la milice, reprocha aux ministres d’avoir foulé aux pieds le principe de la double majorité dans la question des écoles séparées, et d’avoir agi de mauvaise foi dans les négociations du chemin de fer intercolonial.
Le premier ministre, M. John-S. McDonald, répondit à M. John-A. McDonald, par un discours énergique. Il dit que l'administration avait fait son devoir et rempli autant que possible son programme. Il défendit ses collègues du Haut-Canada, qu'on avait accusés d'avoir abandonné leurs principes. Une preuve que l'opinion publique ne les condamnait pas,
c'est qu'ils avaient été élus par acclamation, et que LÉ élections des conseillers législatifs avaient été favorables à leur politique. Il défendit ensuite le gouvernement des inculpations de mauvaise foi portées contre lui, relativement au chemin intercolonial. Les délégués canadiens avait reçu les instructions explicites de n'accepter aucune condition comportant la création d’un fonds d'amortissement, et dans leur conduite, ils n'avaient lésé ni le respect dù aux autorités impériales, ni les droits des provinces maritimes. Il expliqua ensuite la double majorité ; le gouvernement avait pour principe de faire des lois en conformité aux désirs de chaque section de la province, et chaque fois qu'une section de l'administration aurait perdu la confiance des députés de cette section, on la verrait donner sa démission. Il était prèt en temps et lieu de démontrer que, relativement au projet des écoles séparées, le principe de la double majorité ne pouvait s'appliquer à cette question.
M. Langevin parla contre le projet de la milice, dit qu'il ne remplissait ni les désirs, ni l'attente du pays, et qu'il était contraire aux coutumes de la population. I] censura la conduite du gouvernement au sure, du renvoi de vieux serviteurs publics, de la réduction des octrois accordés aux institutions. FR sociétés d'agriculture et aux chemins de colonisation. Il déclara que le but des libéraux, en instituant des commissions, avait été de ternir la réputation des hommes d'état ; cependant ces commissions, qui avaient coûté de fortes sommes, n'avaient produit aucun résultat appréciable.
ceptant pagnie seize m
remorq!:
il aura) avoua q nuirait souffrir sur les
commis tres à |:
portées qu'il é exposés
dus qu
missio1
seulem fautes Keefer destit mêmes que M emplo raUX, de mi
1, et
\tifs dé- Ipalatirues tes tant | et resr'o1ts e la Jour aux que ar'ait lon, prêt nent e la ‘ette
lice, ente mes zou- T'VIrdés p] et e le ons, mes ient cun
M. Galt commenta l'exposé financier de M.
Howland. Il reprocha au ministère d'avoir refusé d'économiser une somme considérable, en n'’acceptant pas un arrangemeni-proposé par la compagnie des vapeurs océaniques, et d’avoir payé
seize mille piast:es pour le service des bateaux’
remorqueurs au-dessus de Montréal, service dont:
il aurait pu s'assurer sans aucune dépense. Il avoua que l'impôt proposé sur l’industrie du cuir nuirait aux intérêts du pays, et que le commerce soufrirait beaucoup du rétablissement des droits sur les canaux.
M. Cauchon s’attacha à démontrer que le rapport de la commission des édifices parlementaires n'était qu'un tissu d'erreurs ; et cependant cette commission allait coûter cinquante mille pias-
tres à la province. Il se défendit des accusations
portées contre lui dans ce rapport, et déclara qu'il était pénible de voir les hommes publics exposés à la vengeance et aux intrigues d’invidus qui avaient juré leur perte.
Le rapport contenait, en effet, tant d'erreurs que le gouvernement le jugeant inutile, abandonna les conclusions des commissaires. La commission ne constata ni vols, ni brigandage, mais seulement de l’incurie et de l’imprévoyance. Les fautes commises furent en partiè attribuées à Keefer, eruployé que les libéraux eux-mêmes destituèrent en s'appuyant sur les témoignages mêmes de MM. Ross et Cauchon. On se rappelle que M. Cauchon avait refusé les services de cet employé pour prendre ceux de M. Killaiy.
M. À.-A. Dorion défendit la politique des libéraux, en exceptant toutefois le tarif et le projet de milice qu’il n'approuvait pas. Il répondit à
NS
et at gr
M. Cauchon au sujet des édifices d'Outaouais, et l'accusa d’avoir payé des sommes considérables sans avoir obtenu au préalable la recommendation des ingénieurs du gouvernement, conduite qui était en opposition directe avec la pratique suivie dans le département des travaux publics. Il défendit les commissions, prétendit qu'elles avaient eu de bons résultats, et chercha à établir le fait que les conservateurs s'étaient servis des deniers publics avec une grande prodigalité.
M. Howland répondit au discours de M. Gralt : MM. Mackenzie, Mowat et J.-B. Dorion défendirent avec ardeur le gouvernement, tandis que MM. Rose, Pope et DeCases furent sévères contre sa politique.
M. Brown fit nne attaque contre les libéraux ; il vota cependant contre la motion McDonald, parce qu’il préférait encore la politique libérale. Il défendit le programme de la convention de Toronto ; il était disposé à accepter tout changement constitutionnel, dont le but serait de rendre justice au Haut-Canada.
Les jours du ministère McDonald - $Sicotte étaient comptés. Les membres indépendants et conservateurs qui avaient amené la chüte du ministère Cartier, et donné un temps d'épreuves au ministère libéral, se rallièrent aux conservateurs pour faire le procès de ce dernier gouvernement.
Les libéraux tombèrent, parce qu'ils mépriserent la double majorité sur la question des écoles et voulurent taxer des articles de consommation générale, diminuer les octrois sur la colonisation les hôpitaux, etc., pendant qu'ils se proposaient de faire d’autres dépenses moins utiles. Leur
conduite “ans les négociations du chemin intercolonial, dans les questions d'économie, des commissions, et de la malheureuse affaire Aylhward, contribuërent encore à leur chüte.
Il faut convenir cependant que cette administration comptait des hommes modérés, d'un patriotisme sincère, et tout à fait dignes de la confiance de la province. On doit lui savoir gré de ce qu'elle sauvegardait les droits du Bas- Canada par la double majorité, et par l’abandon de la question de la représentation.
La motion de non-confiance de M. John-A.
McDonald fut adoptée à une majorité de cinq voix. M. Sicotte se trouva en minorité de plusieurs voix dans le Bas-Canada (1).
Après cet échec, qui eut lieu le 8 mai, le ministère annonça, à la séance suivante. qui ne lui restait qu’un appel au peuple pour voir quel parti possédait sa confiance. Il avait obtenu la
(1) Pour la mot'on de non-confiance MM. Aïlleyn, Anderson, Baby, Beaubien, Beaudreau, Benjamin, Blanchet, Brousseau, John-
FT. Cameron, Mathew-C. Cameron, Ca Caron, Cartier, Cauchon, Chapais, Clarke, Cockburn, Cr l, Daly, Daoust, De Boucherville, DeéeCases, Denis, Pesauin. , Dostaler, Joseph
Dufresne, Dunkin, Ferguson, Fournier, Galt, Gaudet, Haultain, Jackson, Jones, Knight, Langevin, LePoutillier, John-A. Mac- Donald, Mongenais, Morin, Morris, Morrison, Morton, O'Connor, Painchaud, Pinsonneault, Pope, Poupore, Powell, Robinson, Robitaille, Rose, J.-J. Ross, J.-S. Ross, Ryerson, Scott, Sherwood, Simard, Simpson, Street, Taschereau, Tassé, Tett et Walsh—64.
Contre ; Abbott, Archambault, Ault, Bell, Benoit, Bisvgar, Bourassa, Brown, Buchanan, Burwell, Cowan, Dawson, Dickson, A.- A. Dorion, f.-B.-E. Dorion, Drummond, Alexandre Dufresne, Dunsford, Fvanturel, Foley, Fortier, Gagnon, Hartcouit, Hébert, Howland, Huntington, Huot, Jobin, Joly, Labréche-Viger, Laframboise, John-S. McDonald, D.-A. McDonald, Mackenzie, McDougall, McGee, McKellar, McLachlin, Mowat, Munro, Nutnan, O’Holloran, Patrick, Lrévost, Price, Rémillard, Rykert, Rymal, Scatcherd, Scoble, Sicotte, Somerville, Starnes, Stirton, Sylvain, Wallbridge, White, Wilson et Wright—59.
478 LORD MONCK. [1863 dissolution du parlement, mais il désirait auparavant procéder aux affaires les plus urgentes et voter les subsides.
M. Curtier remarqua l'absence des ministres du Bas-Canada, et en demanda la cause. Selon certains bruits qui circulaient, le ministère avait la faiblesse de modifier son personnel pour se présenter devant le peuple, au lieu de consulter les électeurs comme ïl était constitué lors du vote de non-confiance. Le premier ministre assura qu’il ne connaissait aucun changement, et finit par déclarer que M. Sicotte et ses collègues avait l'intention de se retirer du cabinet. M. Cartier ne voulut pas procéder à aucune affaire avant d’avoir d’autres explications. Puis il proposa l'ajournement, au milieu de la plus grande confusion. M. John-S. McDonald répondit que cette motion prouvait que l’opposition était factieuse, et qu'elle arrêtait le vote des subsides. MM. Drummond et Brown blâmèrent aussi l'attitude prise par M. Cartier. Une majorité de onze voix vota cependant l’ajournement.
Le lendemain, le 12 mai, Lord Monck, après avoir sanctionné quelques projets de loi, prorogea les chambres en vue d’une dissolution immédiate.
Après le vote de non-confiance, M. J.-Sandfield McDonald déclara à M. Sicotte que ce vote nécessitait des changements ministériels, afin de commander une majorité. Il lui suggéra de s’adjoindre MM. Dorion et Holton ; il devait lui-même faire quelques changements dans le personnel des ministres haut-canadiens. M. Sicotte ne put réussir dans ses démarches, et dit qu'il êtait prêt
t aupantes et
inistres
Selon nistère rsonne) lieu de it con- Ææ pre- ; aucun Sicotte irer du céder à cations.
u de la Donald l’oppole vote blämè- . Une
journe-
, après orogea immé-
dfield nécese com-
djoin- -même sonne] ne put | it prêt
à se présenter devant le peuple avec ses mêmes collègues. M. McDonald insista sur l'entrée des chefs démocrates, le Haut-Canada l’exigeait ; il suggéra à M. Sicotte de proposer à M. Lorion d’être le chef de la section du ministère pour le Bas-Canada ; il était certain qu'il acccepterait un portefeuille à cette condition. On savait que M. Sicotte n'accepterait aucune proposition humiliante pour lui. Le chef bas-canadien reconnut l'intrigue que lui avait joué le premier ministre, en le sacrifiant à M. Dorion ; il comprit que M. McDonald avait fait des propositions aux chefs démocrates pour le supplanter. Il donna alors sa démission, et son exemple fut imité par tous ses collègues.
Après la retraite de M. Sicotte, M. J.-Sanfield McDonald s'occupa de reconstituer l’administiation : il remplaça MM. Foley et Wilson par MM. Mowat et Wallbridge ; les autres ministres MM. Howland, McDougall et Blair restèrent dans le cabinet. Puis il s’#dressa à M. Dorion pour présider au choix des ministres du Bas- Canada. M. Dorion offrit un portefeuille à M. Sicotte qui le refusa avec dédain ; il s’adjoignit ensuite M. Holton, son ami intime, financier de renom et tacticien parlementaire, M.
Letellier de St-Just, démocrate modéré et possédant des talents brillants, M. Thibaudeau, riche marchand de Québec et un des plus habiles financiers de la province. Il offrit sans succès le portefeuille des travaux publics à M. Chapais. M. Drummond accepta un peu plus tard ce portefeuille, et M. Huntington, celui de solliciteurgénéral. L'administration McDonald - Dorion, formée le 16 mai 1863, se trouva finalement composée des membres suivants :
HAUT-CANADA
Hon. MM. J.-Sanfield McDonald, procureur-général, “Wim. McDougall, commissaire des terres, W.-P. Howland, receveur-général, ‘Olivier Mowat, maître-général des postes, ‘__ A.-Ferguson Blair, secrétaire provincial, ‘Lewis Wallbridge, sollicitenr-général.
BaAs-CAKADA.
Hon. MM. A.-A. Dorion, procurenr-général, ‘° Luther-H. Holton, ministre des finances, # LT. Drummond, commissaire travaux publics, a Thibaudeau, président du conseil exécutif, “LL. Letellier de St. Just, ministre d'agriculture, L. S. Huntington, solliciteur-général.
Le ministère McDonald-Dorion n’émit aucun programme politique. Seulement, dans leurs
- adresses électorales, les ministres firent connaître
une partie de leurs principes. Ils abandonnaiïent la double majorité, et les négociations du chemin intercolonial; mais ils devaient ordonner une nouvelle exploration de ce chemin. Ils laissaient libre la question de la représentation, et maintenaient la loi des écoles séparées.
La politique du ministère précédent était donc complètement changée. M.John-Sandfield Mc- Donald abandonnait ia double majorité, dont il
ar-génés terres,
s postes, ncial, ral.
ral, ances, aux pu-
seil exél'agriculral.
it aucun ns leurs connaître onnaient du checrdonner Ils laistation, et
était donc field Mc- 6, dont il
avait été un des plus ardents champions ; et il allait administrer les affaires publiques du Bas- Canada avec une majorité prise dans la province ouest, après avoir tant reproché aux conservateurs d’avoir gouverné le Haut-Canada par une majorité bas-canadienne. {l abandonnait aussi les négociations du chemin de fer intercolonial, parce que le Haut-Canada était opposé à cette entreprise. [Il manqua de dignité dans sa conduite, fut injuste envers M. Sicotte, sans se rappeler que c'était lui qui avait le plus contribué à lui donner le pouvoir. Maintenant, agissant sous la pression de M. Brown, il faisait abandon de ses principes modérés, parce que le Iaut- Canada n’en voulait plus. Il lui eût été sans doute plus honorable de se retirer pour conserver intactes les doctrines qu'il avait jusqu'alors professées,.
Ce fut M. Brown qui exigea la retraite des ministres modérés, MM. Sicotte, Foley, Tessier, etc. pour les remplacer par des hommes moins compromis sur les questions de la représentation et des écoles séparées, et ayant des tendances, des principes avancés, analogues à ceux des cleargrits. MM. Mowat, Dorion, Holton et Wallbridge étaient certainement des hommes politiques de son choix. Aussi le vit-on se réjouir de leur entrée dans le cabinet. Trop compromis à l'égard du Bas-Canada, pour être lui-même le chef du ministère, M. Brown céda sa place à M. J.-Sandfield McDonald; cette combinaison lui permettait encore de laisser libre carrière à son esprit dominateur et d'imposer ses partisans.
Ce ministère était une deuxième édition de
l'administration Brown-Dorion, une coalition d'hommes dominés par les principes démocratiques. Il devait inspirer une certaine défiance au Bas-Canada, dont la grande majorité de la population était conservatrice. Déjà il se montrait injuste en abandonnant le chemin intercolonial, parce que ce chemin devait être surtout favorable à cette province. Aussi dans les élections générales qui eurent lieu, au mois de juin, les électeurs laïssèrent le parti démocratique ou le parti essentiellement ministériel dans une grande minorité. Deux ministres, MM. Dorion et Holton, et M. Young durent céder, à Montréal, devant les candidats de l'opposition, MM. Cartier, Rose et McGee. Un autre ministre, M. Drummond fut batta dans deux comtés. Il céda alors son portefeuille, qui fut donné à M. Laframboise. Mais MM. Dorion et Holton se firent élire dans d’autres divisions électorales. Les électeurs furent donc en masse favorables à MM. Cartier, Sicotte et à leurs partisans politiques.
Le Haut-Canada fut favorable au ministère démocratique, qui promettait de favoriser ses intérêts. M. Brown reprit son influence passée ; il ag'ita de nouveau le rappel des écoles séparées, une augmentation de la représentation, le trans-
-fert da siége du gouvernement à Toronto, en
attendant l'achèvement des édifices parlementaires. Avec ce programme en mains, les candidats ministériels furent élus en grand nombre. M. John-A. McDonald et ses partisans, avec leurs principes de l'égalité représentative et du maintien des écoles séparées, furent laissés dans une grande minorité. M. Scott, auteur de écoles séparées, et MM. Robinson, Carling et Sherwood,
ex-Cco des 6
Le majo dans se tr
petit
Argent Bagot, Beauce Beauha Bellec} Berthie Bonave Brant ( Brant | Brockv Brome Carleto Chamb Champ Charle Chatea Chicou Compta Cornwa Dorche Deux- Drumm Dunda:
Durhan Durha kigin ( Elgin ( Essex, Fronte Gaspé, Glenga Grenvi Grey
ition ratice au pulatrait onial, favotions n, les ou le rande oiton, evant Rose id fut porte- Mais autres donc e et à
istère r ses assée ; arées, transto, en mens canpmbre.
leurs mains une écoles wood,
ex-collègues de John-A. McDonald, furent rejetés des électeurs. (1)
Les élections donnèrent au ministère une majorité dans le Haut-Canada, et une minorité dans le Bas-Canada. En somme, les deux partis se trouvèrent d’égales forces.
M. Dorion ne se trouvait supporté que par un petit nombre d’adhérents. Il assumait une
(1) Liste des députés élus aux dernières élections générales (1863) sous l’Union :
Argenteuil........ sub Soie .John-J.-C. Abbott. Bagot,,.,.........., ...... Maurice Laframboise. Beauce...,..,,..,:..,, . .... Henri-Elzéar ‘l'aschereanu,
Beauharnois,....,... ....... Paul Denis.
Bellechasse...,...,,..., . ...Ed. Rémillard.
HOMO Eh déco esocé nrsous A.-H. Paquette, Bonaventure...,......,. ...."lhéodore Robitaille, Brant (Est)........... ..... .John-Young Bown.
Brant (Ouest).,........ .……..Edmnnd-B. Wood.
BrocKVIRle, io 60 0 010.0 po 0.0. F.-Henry Chambers. Brome ,,.,,.,....0 +, Christopher Dunkin.
Carleton. ,..,....,,.....,...,.. William-Frederick Powell Chambly........ FORT NET Chas. Boucher de Boucherville. Champlain,......,...., ..,.., John-Jones Ross, Charlevoix ........ cv. + ++. Adoïphe Gagnon, Chateauguay ...... . +... L’hon Luther-H. Holton. Chicoutimi et Saguenay......, David-Ed. Price.
Compton......,..,,..........J0hn-Henry Pope.
Cornwall.....,,...,..........L'hon. John-S. McDonald.
Dorchester....,,,...., ... .. Hector-L. Langevin. Deux-Montagnes....,..,,.... J.-B. Daoust.
Drummond et Arthabaska....,J..B.-Eric Dorion. Dundas,...... PS PA PRE Te John-Sylvester Ross.
Durham (Est).....,......, ..John-Shuter Smith. Durham (Ouest),.,,..... ....Henry Munro. klgin (Est)..........,, ..,..Lconidas Burwill. Elgin (Ouest),,.,............John Scoble.
A En Cr Can
Frontenac.., ..,.,,..,,.... . William Ferguson.
6, 1 FRA INANENRAENNE . . ...John LeBoutillier Glengarry............... ....Donald-A. Macdonalc. Grenville A tan RATE ... Walter Shanly,
Grey sos ..... George Jackson
Montmorency...,..... ..., ..L’hon. Joseph Cauchon,
grande responsabilité en administrant les affaires pal | seulement avec l'appui d'une grande majorité as fanatique du Haut-Canada. Après avoir reproché 4 amèrement aux chefs conservateurs d’être en P FA minorité de quelques voix dans la province ouest, il se trouvait dans une minorité bien plus Lor grande. Les rôles étaient changés ; sous l’admi- h ñ | nistration Cartier, c'était le Bas-Canada qui com- ed M! Haïldimard...........,....., David Thompson. he | MR en ee du John White, Mont fut Hamilton............ °......18aac Buchanan. de ll Hasting (Nord) ....... ...... Thomas-C. Wallbridge, ” A] Hosting (Sud)............. .. L'hon. Lewis Wallbridge. Napi ji] Hochelaga ........ ...,....... L'hen. Ant.-Aimé Dorion. Niag nt Huntingdon....... Re Le Robert-B Somerville, | Nicol 4 Huron et Bruce...,,...... .. James Dickson. Norf 4 Iberville...,...,.......,....Alexandre Dufresne. | in | Jacques-Cartier......... .... François-Z. Tassé, tu Joliette....,., sesss 0 + H Cornelier dit Grandchamps 4 Kamouraska....,.,.....,,.,... Jean-Charles Chapais. Ï Kent. ...,,. bn er CEE Archibald M:Kellar. è | Kingston.....,......., ...,.,L'hon. John-A. McDonald. h' DAMDION, ne conte vos one .. Alexander Mackezzie. | Lanark (Nord).....,.......,.Robert Bell.
ki Lanark (Sud).....,..,....... Alexander Morris. | BAD eo oeins ee Alfred Pinsonneault.
| L'assomption....,......,. .... Louis Archambeault. fl LAVAE eue oies TRE Joseph-H. Bellerose.
Hu | Lennox et Addington.... .... R.-John Cartwright, ki Leeds et Grenville (Nord).....Francis Jones. qe Leeds (Sud)........,.,.. .... Albert-N. Richards. jh] LI rs cobtnnert er uen te Wm. McGiverin.
k | L'Islet............ .........Louis-B. Caron. mi DORE eue Witrbéepeoinin Joseph-Goderic Blanchet ; | ÉONOOMérur cscmaneer: fre L’hon. John Carling. Quét | . Lotbinière..,,.,,.., ,.... ....Henri-Gustave Joly. Renf | Maskinongé......., .... .... Moïse Houde. | Ric \1 Mégantic........,,,,..0 .. George Irvine. Ricl (| Middlesex (Est)........ ....., Crowel Wilson. Rim ip Middlesex (Ouest)....,..,..., Thomas Scatcherd. Rou Lis Missisquoi ..,..,,.,...,, .... James O'Halloran. aie | Montcalm... esse... «Joseph Dufresne. re 4 Montmagny ..,....... .... ..Joseph-O. Beaubien. Sain
ires brité ché en ince plus mi- ‘0M-
Am ps
à ii uhisnrire- >>
1863] LORD MONUXK. 485
mandait avec sa majorité aux affaires du pays, maintenant c'était le Haut-Canada, avec in Brown et les cleargrits, qui allait gouverner la province.
Aussitôt que les élections furent terminées, le ministère se hâta de convoquer les chambres.
Lord Monck ouvrit la première session du huitième parlement, le 13 août 1863, et pria les deux chambres d'’élire leurs présidents.
Montréal (ouest)..,,..,.,....., L'hon, T'homas-Darcy McGee.
“4 (centre)........... .. L'hon. John Rose,
6 (est)..... modes né ei L'hon. George-Etienne Cartier. Napierville...,..,....,..,,....5. Coupal dit Lareine. Niagara...,..,........ dirrée John Simpson.
Nicolet,,..,.....,...,..,.,..,.,J08eph Gaudet. Norfolk..,.... . ......Aquila Walsh.
Northumberland (Est)... Peter Jas.-Lyon Biggar. Northumberland (Ouest) ...... James Cockburn.
Ontario (Nord)..... tonte lion: L'hon. William McDougall. Ontario (Sud).......... ....L'hon. Oliver Mowat,. Outaouais (cité)........, ....Joseph.M Currier, » Outaouais (comté)........ .... Alonzo Wright.
Oxford (Nord)......... .... H.-F. Mackenzie,
Oxford (Sud)............ ..., L'hon. George Brown. Peel.....,..,... ..., ..,... L'hon. John-Hil yard Cameron, Perth... eosssses. ..., . Robert McFarlane.
P. terborough Re OR NE TR Wm.-Seymour Conger Pontiac......,..... .. ......John Poupore.
POPORQUÉ a once do .....Jean-Docile Brousscau PROMOD, 0 crc re .... Thomas Higyginson.
Prince-Edouard...., ...... Walter Ross.
Québec (est) …. .......,......Picrre-Gabriel Huot.
(centre)... ..,. .....,. L'hon. Isidore Thibaudeau.
__ (ouest)..,,,., ..,,,,. L'hon. Charles Alleyn. Québec (comté)........... . .. L'hon. François Evanturel. Renfrew...…. ve ..… .... Robert McIntyre Richmond et Wolfe .… Wm. Hoste Webb.
RIONOHEM 466506 6.00 00, 9 0c00700 0 0 Joseph.Frs Perrault Rimouski,.........., .......George Sylvain.
DONVINB op soprosee vive ne Joseph-N. Poulin.
Russell......,...,.,......,,,,Robert Bell.
Saint-Hyacinthe...........,,1/hon. L-V. Sicotte. Saint-Jean....,.,,..,, ... *.. François Bourassa,
Le conseil législatif choisit unanimement M.
U.-J. Tessier pour présider ses délibérations. M. Tessier s'était rendu digne de ce haut poste par l'intégrité de son caractère, et par son expérience politique et son indépendance.
À l'assemblée législative, le premier ministre proposa M. Wallbridge,solliciteur-général, comme candidat à la présidence. Le nom de M. Wallbridge fut accueilli avec surprise, et excita ure
Saint-Maurice. ...,,.,...,,,,, Charles Lajoie, Shefford........,. ....... L'hon. 1 ucius-S, Huntingtou, Sherbrooke ,..,...... +. L'hon Alexander-T!, Galt, Simcoe (Nord)........ ......1hs. David McConkey, Simcoe (Sud)...,... … ...... J'hs.-Robeit Ferguron, Soulaniges....,.,,,... ...... William Duckett, Stanstead,.,.,.,,,,....,. ,.,.,., Albert Knight. Stormont...,.... RME LU Samuel Ault.
Témiscovata...,.....,., ,... Jean-Bte Pouliot, Terrebonne...,..,...,,, .... Louis Xabrèche-Viger. TroisSivièrs ....,.,, .,.....J08eph Ed. Turcotte. Toron'o (ouest)......,,,.,.. .. John McDonald,
” CeBbhisedrie ile dt. Alex.-M. Smith.
Vaudr uil.........,.. ...... A.-C. de Lotbinière-Harwood. MerohôreB ss. jose durée 60e Félix Geoffrion dE FOR CT .James-W. Dunsford.
Waterloo (Nord) ............. Hon, M.-H. Foley. Waterloo (Sud).,..,.....,.,..James Cowan.
WOOD gene né der vd ete dre Thomas Clark Strest. Wellington [Nord].....,....."7.8, Parker Wellington [Sud}....,...,.,.. David Stiton.
Wentworth Nord] Nr 640 William Notman,
Wectworth [Sud]......., ....Joseph Rymal.
Yamaska...,,.,..,.,., ...... Moïse Fortier,
York | Nord]............ .... James-P. Wells.
York [Est]....... ........, Amos Wright
York [Ouest])........,.......1/hon. Wm.-P. Howland.
Pendant la session, M. Sicotte ayant accepté une place de juge, M. Rémi Raymond fut élu pour le comté de Saint-Hyacinthe.
M. Rankin fut déclaré élu membre du comté d’Essex à ja session de 1864.
Cinq nouveaux conseillers législatifs furent élus en 1863 : MM. A.-A. Burnham (Newcastle), E. Prudhomme (Rigaud), J.-S. Sanborn (Wellington), B. Flint (Trent) et A. Vidal (Ste. Claire).
forte « firent tre d contre Wallt Dar l’ätter plus ] l'ame:
tion d qui fi par les mi 'oley, Les 2 sieurs que le o'ues sf à La Sicott rer qu d’une tion € exposd et rép eu lie cha à minist que le violé M.
en An!
pod.
le juge, e.
session
MM
S. San-
1863] LORD MONCY. 487
forte opposition de la part des conservateurs, qui firent ressortir l’inconvenance de placer un ministre dans le fauteuil présidentiel ; ils votèrent contre lui avec les partisans de M. Sicotte. M. Wallbridge fut élu à une majorité de huit voix.
Dans le discours du trône, le gouverneur attira l’attention de la législature sur les mesures les plus pressantes, sur une loi de banqueroute, sur l'amendement des lois de la milice, sur la question des finances, etc.
M. Perrault, jeune député, proposa l'adresse, qui fut secondée par M. Chambers. Les débats furent longs et intéressants ; ils commencèrent par les explications données sur la recomposition du ministère. MM. John-S. McDonald, $Sicotte, Foley, Mowat et Evanturel parlèrent sur le sujet. Les explications furent contradictoires sur plusieurs points ; mais elles laissèrent l'impression que le premier ministre avait employé des intrigœues pour sacrifier M. Sicotte et ses collègues, afin de se maintenir au pouvoir.
La principale discussion eut lieu lorsque M.
Sicotte proposa un amendement tendant à déclarer que l’organisation du ministère avait été faite d’une manière contraire à l'esprit de la constitution et aux usages parlementaires. M. Sicotte exposa ls motifs de son opposition au ministère, et répéta l’histoire des négociations qui avaient eu lieu lors de la formation du cabinet. Il s’attacha à démontrer que la conduite du premier ministre avait été inconstitutionnelle, et ajouta que le principe de la double majorité avait été violé par le ministère au péril du Bas-Canada.
M. McGee développa le principe qui préside en Angleterre à la formation des ministères, cita
re à
plusieurs cas de crise ministérielle où les membres du cabinet avaient ou donné leur démission en corps, ou s'étaient présentés devant le peuple avec le même personnel.
M. John-S. McDonald avoua1 qu'il n’y avait pas à la vérité de précédent qui püt justifier sa conduite, mais il ajouta que nul ministre anglais ne s'était trouvé dans sa position. Il demanda à ses adversaires s'ils voulaient mettre des bornes au droit qu'a la couronne de choisir ses conseillers.
MM. Dorion et Mowat défendirent la conduite du ministère, et dirent qu'il n’y avait rien d’inconstitutionnel dans la formation du cabinet. M. Mowat contesta aux chefs conservateurs le droit d’accuser les libéraux, lorsqu'ils avaient euxmêmes, en 1858, violé la constitution en refusant de se présenter devant le peuple.
MM. Cartier, Langevin, Galt, Durkin et Cockburn parlèrent en faveur de l'amendement Sicotte, qui fut repoussé à une majorité de trois voix: Le ministère se trouva sauvé par le vote de quelques députés qui s'étaient fait élire comme indépendants ou partisans de M. Sicotte. (Cette majorité n'était pas suffisant pour qu'il pût s'occuper des affaires publiques avec la force et l'efficacité nécessaires.
Pendant la discussion de l'adresse, les députés s'occupèrent de singulières révélations contenues dans la Montreal Gazette. I] s'agissait d’une offre faite ouvertement par trois ministres à M. Ferrier, directeur de la compagnie du Grand Trouc, de porter à cent cinquante piastres par mille le subside postal, pour obtenir en retour l'influence du Grand Tronc dans les élections de Montréal.
longte
Les m sations de pre Un :
jl dem tation la plu Que les dét nation cour st censur on le + accept excuse qu'il é eut le favorat encore ses ta breux, positio mome toire à alliés, devoirs furent se mot regrett une ca montr l’estim Les
un ch
memission euple
avait ler sa nglais nda à )Jornes s con-
iduite | d’inet. M.
> droit L euxfusant
in et lement Le trois le vote comme
Cette ñl pût orce et
Léputés tenues ne offre Ferrier, ouc, de ille le fluence ontréal.
Les ministres essayèrent de se laver de ces accusations, et nièrent avoir sollicité la compagnie de prendre part aux élections.
Un ancndement de M. Ferguson, par lequel il demandait pour le Haut-Canada une augmentation de députés, réunit trente-trois membres, la plupart cleargrits.
Quelques jours s'étaient à peine écoulés depuis les débats de l’adresse, que l’on apprit la nomination de M. Sicotte au poste de juge puiné à la cour supérieure. M. Sicotte venait cependant de censurer les membres du cabinet à son égard, et on le voyait tout à coup déserter son poste pour accepter un emploi secondaire. On donna pour excuse qu'il était fatigué de la vie publique, et qu'il était sans moyens pécuniaires. M. Kicotte eut le tort de ne pas attendre des jours plus favorables pour sortir de la vie politique. Il était encore dans toute la force de son énergie et de ses talents ; ses partisans étaient encore noni- Preux, il pouvait même prétendre à une haute position ; mais il abandonna tout, et cela, au moment même où sa voix pouvait donner la victoire à l’opposition, trahissant ainsi ses amis, ses alliés, et préférant ses intérêts pécuniaires à ses devoirs et à son honneur. Le peuple et la presse furent très sévères à son égard, ses amis mêmes se montrèrent humiliés de sa conduite. Tous regrettaient de voir M. Sicotte terminer si mal une carrière politique, pendant laquelle il avait montré de l’habiieté et de la dignité, et conquis l'estime et le respect de tous les partis.
Les chefs libéraux, en éliminant de la chambre un chef important, afin de se maintenir plus longtemps au pouvoir, méritaient également le
490 LORD MONCXK. [1863
blâme. Ils avaient souvent reproché aux gouvernements précédents des actes de corruption, et flétri l’acceptation d'emplois publics Far des députés ; et on les voyait, lorsqu'ils étaient encore à peine en possession du pouvoir, commettre l'acte de corruption 1] s éclatant. Jamais avant eux, aucun gouvernement n'avait osé se débarrasser d’un chef pendant la lutte.
L'opposition crut devoir protester contre cette acte, et sur proposition de M. Cockburn, présenta un vote de non-confiance relativement à la promotion de M. Sicotte au banc judiciaire, M.
Dorion essaya d’excuser et de justifier l’acte du ministère ; 1l prétendit que M. Sicotte était un membre indépendant, et qu'on n'avait pas été le chercher dans les rangs de l'opposition ; enfin, il fit valoir les aptitudes de M. Sicotte pour les fonctions qu'on lui avait conférées.
Le gouvernement fut encore victorieux; une majorité de deux voix sanctionna l'acte de corruption le plus regrettable, et cette majorité fut due à MM. O’Halloran et Foley, deux membres de l'opposition, qui crurent devoir voter avec le ministère.
Contrairement aux promesses faites dans le discours du trône, M. J.-Sandfield - McDonald annonça que le ministère ne présenterait qu’une loi de milice, ferait voter les subsides, et qu’ensuite il ajournerait les chambrés.
Le premier ministre présenta deux projets d'organisation militaire, qui remplaçaient la loi de 1855. L'un avait rapport à la milice sédentaire, qu'il divisait en trois classes et donnait au commandant le pouvoir de lever un certain nombre de miliciens, qui seraient tirés au sort, et
ferai avai ving volo mais deu:
aux ces ] 000,
avan
M et de annc
ouverion, et ar des encore mettre [amais osé se
e cette ésenta la proe. M.
cte du ait un été le enfin, ur les
+: une le corité fut mbres vec le
ans le Donald qu’une qu’en-
projets Ja loi sédennait au | NOMsort, et
feraient six jours d'exercice. Le deuxième projet avait rapport à la milice active; il portait de vingt-cinq à trente -cinq mille le nombre des volontaires, qui seraient habillés et équippés, mais non payés pour l'exercice. Il établissait deux écoles militaires dans le but de procurer aux officiers les connaissances nécessaires.
Le montant que demanda le ministre des finances pour les dépenses de la milice fut de $462.- 000. Les libéraux, qui avaient été si opposés au projet de milice du ministère Cartier, parce qu’il était très-coûteux, demandaient une somme assez rapprochée de celle qui aurait été nécessaire pour la mise à exécution de ce projet.
Les deux projets de mili:e furent votés à la troisième lecture par les trois quarts des députés ; une partie des conservateurs, MM. Cartier, Blanchet, etc., votèrent avec le ministère, tout en protestant contre certaines clauses, mais ils voulaient avant tout pourvoir à la défense du pays.
M. Holton, dans un discours plein de lucidité et de franchise, exposa l’état réel des finances. Il annonça un déficit de près de deux millions, et avoua que ce fait d’une nature fort grave plaçait le crédit de la province dans un danger éminent. Le premier devoir de la chambre était de faire face aux difficultés financières. Il dit qu'il était trop tard pour présenter sa mesure de taxation, mais qu'il le ferait à la prochaine session. Il fallait cependant prendre l'engagement de rétablir l'équilibre entre les dépenses et les revenus, par l'imposition de nouveaux droits, afin de pouvoir être en état de négocier des emprunts.
Le ministre des finances fit connaître que sa politique future serait le libre échange, la taxe
directe, et le rétablissement des péages sur les aval canaux. Voici son opinion au sujet des taxes : mel “ J'incline à croire que nous pourrions avec C beaucoup d'avantages alléger le fonds général vait du pays d’un nombre considérable d’items impor- com tants, laissant aux municipalités à les fournir au van moyen d'une taxe locale. Nous devons aborder de] la question des taxes directes courageusement en il € face, et le moyen d’y arriver, c'est de familiariser eco le peuple avec la taxe directe dont je viens de | vert parler. Si plusieurs de ces items, qui sont d’un inst caractère strictement local, étaient payés à l’aide les d’une taxe locale imposée par les municipalités, app nous aurions fait par là un grand pas vers un | système rationel de taxes.” en € Les débats sur les subsides furent longs et de c importants. Le gouvernement dars le but d’éco- lait nomiser, réduisit plusieurs items de vingt-cinq la p pour cent, entre autres les octrois en faveur des faire institntions charitables. L’octroi de la colonisa- M.( tion fut diminué de cent mille à cinquante mille men piastres. Hol Cette réduction excita à bon droit une forte | rem opposition. M. Evanturei proposa un amende- | mêr ment par lequel il blâmait le gouvernement de | pon ne pas recommander un octroi plus considérable bon en faveur de la colonisation. M. Bellerose en min proposa un autre pour censurer la réduction des libé octrois des institutions charitables. M. Dorion sub alléœua que les octrois en faveur des hôpitaux trib et des autres institutions avaient tellement aug- la s menté, que leur réduction était devenue néces- mo) saire en conséquence de l'état critique des Ë pou finances. Il ajouta que la somme allouée aux ava
chemins était suffisante, parce que la saison était À
ur les es :
s avec néral mpornir au border ent en iariser bns de d'un l’aide alités, Ts un
gs et d’éco- -Cinq ar des onisamille
forte endent de rable se en n des Jorion itaux ; AUQ- 1écesdes e aux était
avancée ; on ne pourrait même déponser utilement cette somme avant l'hiver.
Ces raisons étaient peu justifiables ; on pouvait voter cent ou deux cent mille piastres comme auparavant et les dépenser l’année suivante, et l'on n'aurait pas alors retardé le progrès de la colonisation L'état des finances exigeait, il est vrai, une grande économie, mais une écomie rationelle, et non celle qui retardait l’ouverture des terres incultes, et qui enlevait aux institutions le moyen de soulager les pauvres et les infirmes. La conduite du gouvernement fut approuvée à une forte majorité.
Lorsque l’on demanda de former la chambre en comité des subsides, M. Galt proposa un vote de censure contre le ministère, parce qu'il voulait proroger les chambres avant d’avoir rempli la promesse faite dans le discours du trône, de faire disparaître le mauvais état des finances. M. Galt, dans un discours modéré, parla longuement de l’état des finances, et reprocha à M. Holton de ne prendre aucune mesure pour porter remède à la crise financière, qu'il déclarait luimême imminente, Il rendit les libéraux responsables de la baisse qu'avaient subie les bons canadiens ; le rejet du projet de milice du ministère Cartier, la politique du ministère libéral au sujet du chemin intercolonial et du subside postal du Grand Tronc, avaient contribué en Angleterre à créér de la défiance dans la stabilité de la politique canadienne. Le seul moyen d'arrêter la dépression du crédit était de pourvoir au déficit annuel, et il fallait le faire avant la prorogation des chambres.
Au lieu de répondre aux accusations portées
contre lui et le gouvernement, M. Holton attaqua la carrière politique de M. Galt. Il répliqua que le gouvernement n’était pas responsable de la baisse des valeurs canadiennes sur le marché anglais, mais que certains membres de l’opposition s'étaient entendus avec les actionnaires du Grand Tronc, afin d’amener cette dépression dans le but de nuire au gouvernement.
MM. Rose, Langevin et quelques autres députés parlèrent de la question financière, après quoi, la motion de M. Galt fut mise aux voix et rejetée à une majorité de trois (1). Le ministère aurait été en minorité sans l'absence de M. Le- Boutiller et la défection de MM. Foley et O'Halloran, deux membres de l'opposition, qui votèrent avec le parti ministèriel. La conversion de M. O’Halloran prit la chambre par surprise ; il
(1) Pour la motion de non-confiancé : MM. Abbott, Alleyn, Archambault, Beaubien, Bell [Russell], Bellerose, Blanchet, Bown, Brousseau, Buchanan, Cameron, Carling, Cartier, Cartwright, Cauchon, Chapais, Cockburn, Conger, Cornellier, Currier, Daoust, DeBoucherville, Denis, Duckett,! Dufresne [Montcalm], Dunkin, Evanturel, Ferguson [Simcoe], Fergu-on [ Frontenac], Galt, Gaudet, Harwood, Higginson, [rvine, Jackson, jones, Knight, Langevin, John-A. McDonald, McGee, JMorris, Pinsonnault, Popé, Poulin, Poupore, Powell, Price, Raymond, Rob'taille, Ross [Champlain], Ross [Dundas], Shanly, Simpson, Street, Taschereau, Tassé, Turcotte, Walsh, Webb, Wilson et Wright [Outaouais]—61.
Contre : MM. Ault, Bell [Lanark], Biggar, Bourassa, Burwell, Caron, Chambers, Coupal, Cowan, Dickson, A.-A. Dorion, J.-B.- E. Dorion, Dufresne [Iberville], Dunsford, Foley, Fortier, Gagnon, Geoffrion, Holton, Houde, Howland, Huntington, Huot, Joly, Labrèche-Viger, Laframboise, Lajoie, D. A. McDonald, McDonald [Toronto], john-S. McDonald, Macfarlane, Mackenzie [Lambton], Mackenzie [Oxford], McCondey, McDougall, McGiverin, Mclntyre, McKellar, Mowat, Munro, Notman, O’Halloran, Parker, Pâquet, Perreault, Pouliot, Rémillard, Richards, Ross [P, Edouard], Rymal, Scatcherd, Scoble, Smith [Toronto], Smith [Durham], Somerville, Stirtom, Sylvain, Thibaudeau, Thompson, Wallbridge, Wells, White, Wood et Wright [Vork]-—64.
otèun de |
\ileyn, Bown, vright, aoust, unkin, audet, gevin, ’oulin, plain], TU
well, J.-B.- \gnon,
Joly, Jonald bton], ntyre, âquet, ymal, rville, Wells,
s'était engagé devant ses électeurs à ne pas supporter les libéraux et il avait été un des plus ardents à provoquer le vote de non-confiance. Il fut prouvé qu'il avait vendu son vote; il en fut sévèrement blâmé et dans la chambre et par la presse. M. Foley, après avoir secondé la motion de censure proposée par M. Sicotte sur la formation inconstitutionnelle du ministère, crut devoir donner son vote en faveur du même cabinet. Sa conduite fut également censurée. Il passa cependant à l'opposition pendant la vacance.
Le résultat d’une session de trois mois fut une loi de milice, seule mesure du ministère, et une loi qui établissait une institution de crédit foncier. Le temps se passs en luttes ardentes et personnelles entre les libéraux et les conservateurs. Il était évident que les libéraux ne pouvaient continuer à occuper le pouvoir avec une majorité qui était tombée de huit à deux voix. Dans les trois luttes qu'ils eurent à soutenir, sous forme de votes de non-confiance, ils ne sortirent victorieux qu'à une majorité de deux et trois voix, et sans les actes de corruption Sicotte et O’Halloran, ils auraient été probablement défaits. Cette faible majorité les avait rendus incapables de faire une législation sérieuse, et forcés d'abandonner les mesures annoncées dans le discours du trône.
Les libéraux éprouvèrent dans la vacance une autre défaite ; leur nouveau solliciteur-général du Haut-Canada, M. Richards, fut vaincu à Leeds par M. Jones, son ancien adversaire. Ils essayèrent à refaire leur popularité au moyen de démonstrations publiques comme celles d’Outaouais et de Québec, qui n’eurent pas un grand
succès. Les conservateurs eurent aussi les leurs ; ce furent celles de Toronto et de Port Hope.
Les ministres réglèrent le subside postal du Grand Tronc en le fixant à cent piastres par mille. Ils conclurent aussi avec la compagnie des vapeurs de MM. Allan, Rae & Cie,un arrangement par lequel ils portèrent à cinquante-deux mille louis le subside annuel qui avait été de cent quatre mille louis depuis quelques années. Ils réglèrent encore la question du prêt des incendiés âäe Québec, et firent une remise des intérêts et de vingt par cent sur le capital. Les citoyens de Québec se hâtèrent de proliter des faveurs accordées par le gouvernement. Ils étaient surtout redevables de cette réduction à M. IL. Thibaudeau, le président du conseil exécutif. Enfin, les ministres continuèrent les enquêtes dans plusieurs bureaux publics, et firent encore plusieurs destitutions.
Le ministère McDonald-Dorion se décida à rencontrer les chambres sans apporter de changements dans son personel. Dans le discours que prononça le gouverneur, en ouvrant la mémorable session de 1864, il annonçait plusieurs travaux publics, l’amélioration de la navigation du Saint-Laurent et de l'Outaouais, une loi de banqueroute, l'amendement des lois sur les élections, sur l’enrégistrement et sur l'administration de la justice ; il parlait encore du traité de réciprocité, et de la translation prochaine du siége du gouvernement à Outaouais.
L'adresse où plutôt la politique ministérielle fut longuement discutée, bien qu'aucun amendement ne füt proposé par l'opposition.
Quelques conservateurs, entre autres MM.
Bellerose et Blanchet, reprochèrent au gouverne
T'S ; ment d’avoir apporté trop peu de soins à l’organisation des volontaires. Il avait dépensé près du de cinq cent mille piastres pour l'entretien de la par milice, et les résultats n'avaient pas été propordes tionnés à cette dépense, car une partie des volonent taires s'étaient débandés. On discuta ensuite la ille destitution du major de Bellefeuille ; et, au grand ent scandale de la chambre, furent dévoilées des Ils tentatives faites par le premier ministre pour *en- gagner l'appui de trois membres de l'opposition. rêts La défection de M. O’Halloran fut aussi mise à ens nu ; ces deux questions donnèrent lieu à des uTrs discussions trop animées et à des scènes désasuT- gréables.
pau- M. Cartier, chef de l'opposition, passa en revue fin, tous les actes du ministère depuis son avèneans ment au pouvoir, ainsi que les questions mencore tionnées dans le discours du trône. Il traita avec : succès eten hommed’état les questions des canaux a à et du traité de réciprocité. Il était d'avis que le 1ge- rétablissement des péages sur les canaux était que | peu sage en présence du sentiment qui régnait mo- | aux Etats-Unis contre le traité de réciprocité, >uTs qui était à la veille d’expirer. Il fallait accorder on la libre navigation des canaux aux Américains, de afin de les engager à renouveler le traité. M. lec- Cartier censura en termes énergiques le gouver- 1on nement sur sa conduite au sujet du chemin de éci- fer intercolonial, bläma les destitutions de MM. ege Delisle, Brehault et autres comme injustes, et dit ; que les ministres les avaient destitués pour
elle | placer leurs propres amis.
de- 1 M. John-Sendfield McDonald donna des expli-
cations au sujet du chemin intercoloniai. Il
déclara que les négociations avaient été rompues
avec les provinces maritimes. Mais le gouvernement avait fait entreprendre une nouvelle exploration par M. Fleeming, à ses propres frais, et sans s'être entendu avec les autres provinces. En faisant cette nouvelle exploration, le gouvernement ne s’engageait pas à la construction du chemin ; il voulait s'assurer du coût de cette vaste entreprise.
Il n’est pas étonnant que la question du chemin intercolonial n'ait pas été réglée ; la plupart des cleargrits étaient opposés à cette entreprise, parce qu'elle favorisait spécialement le Bas- Canada, et plusieurs ministres, M. Dorion même, la considéraient comme trop coûteuse.
M. Galt était surpris de voir dans le discours du trône des projets de travaux qui devaient exiger des dépenses considérables; puis, examinant l’état des finances, il se demanda si les promesses de ces travaux étaient réellement faites de bonne foi. MM. Cauchon, Rose, Langevin, McGee et Foley parlèrent contre la politique de l'administration. MM. McDougall et Mowat défendirent de leur côté, avec la plus grande habileté possible, la conduite du ministère, et attaquèrent les actes de l'administration des conservateurs.
Ce fut pendant les débats de l'adresse que l’on apprit la mort soudaine du juge en chef, Sir Louis-H. LaFontaine, qui causa des regrets universels. Les chefs de tous les partis, MM. Dorion, Cartier et autres, se plurent à rendre hommage au mérite et aux qualités de l’illustre baronnet. M. le juge Duval fut appelé au poste de juge en
npues rernexplois, et inces.
Du veron du cette
1 cheupart prise,
Bas-
ême,
SCOUTS raient XaIni- S profaites >evIn, ue de at déhabi- ; atta- )nser-
e l’on f Sir s Uni- )rion, mage nnet.
ve en
chef, et M. Drummond remplaça M. Duval comme juge puiné de la cour du banc de la reine (1).
Après la discussion de l'adresse, il y eut quelques jours de calme. Le ministère McDonald- Dorion présenta plusieurs de ses mesures. Celle de M. Dorion, concernant les élections, pourvoyait à ce que les élections se fissent le même jour dans tous les comtés, accordait un seul jour de votation, augmentait le nombre de polis, et abolissant le jour de la proclamation. C'était une excellente mesure, qui devait avoir l'effet de diminuer de beaucoup la corruptiou électorale. M. Dorion soumit encore un projet de loi judiclaire, qui créait de nouveaux tribunaux, et augmentait le nombre de juges, et une autre mesure concernant les shérifs. Un projet concernant les faillites, et un autre relatif aux mines et aux compagnies minières furent aussi présentés par d’autres membres du cabinet.
L'opposition, comme on l’a vu, n'avait présenté aucun amendement à l’adresse, ni aucun vote de non-confiance au ministère ; elle désirait donner au cabinet toute la latitude possible pour présenter ses projets, et voir s’il y avait de la sincérité dans scs promesses. Cependant les ministres libéraux ne recevaient pas de la chambre un appui suffisant pour faire prévaloir leur politique
(Gi) Depuis que les libéraux étaient au pouvoir, ils avaient fat juges les députés suivants : MM. Connor, Wilson, Loranger et Sicotte ; de plus, M. Drummond, qui n'avait pu se faire élire et M, C.-J. Laberge, juge suppléant. Parmi les autres nominations im] ortantes, on remarque les suivantes :
M. Malcolm Cameron, imprimeur de la reine, M. T. LeBoutillier, shérif de Montréal, M. L.-A. Dessaulles, greffier de la paix, Montréal, M. B. Holmes, percepteur des douanes, Montréal.
| FES bib
500 LORD MONCK. [1864 avec dignité, et passer leurs projets de loi. Ils essayèrent de se fortifier par quelques changements, et d'opérer une urion a te conservateurs.
M. John Sandfield McDonald fit des ouvertures à Sir Etienne Taché, afin de l’inviter à entrer dans le cabinet avec quelques-uns de ses amis, et lui laissa entendre qu’il n'aurait aucune objection à agir avec M. Cartier. Le premier ministre éprouva un refus ; Sir Etienne ne désirait pas entrer dans la politique active. M McDo nald déposa alors sa démission et celle de ses
‘collègues entre les mains du gouverneur.
Le ministère Mchonald-Dorion, abandonna le pouvoir, en s’avouant incapable de remplir son programme faute d'appui suffisant. Il laissait les affaires de la province dans les mêmes difficultés où il les avait prises ; il n’avait accompli qu'un seul acte important celui de la milice, qui était reconnu plus ou moins efficace ; il avait encore réglé le subside postal accordé au Grand Tronc et à la compagnie des vapeurs océaniques, et la question des incendiés de Québec.
Ce ministère avait mal commencé son existence Le premier ministre avait répudié la double majorité avec plusieurs autres articles de son programme; il avait chassé les hommes modérés du ministère, et les avait remplacés par des démocrates ou des libéraux aux vues dites avancées. Son ministère avait été recomposé de manière à ne pas avoir le concours du tiers même
“des députés du Bas-Canada. Les intrigues trop
évidentes du premier ministre pour s’attirer l'appui de plusieurs députés de l'opposition et la pénible affaire Sicotte, sont loin de jeter du crédit
sur r'aux le p que les
repr(
oi. Ils hange- 1SerVa-
ouverriter à de ses ucune remier e dési- McDo
de ses
nna le ir son sait les hcultés | qu'un 1 était encore Tronc s, et la
exisdié la cles de ommes és par s dites osé de même s trop attirer n et la crédit
sur les libéraux. Disons en résumé que les libéraux, pendant les deux années qu'ils occupèrent le pouvoir, ne se montrèrent pas plus intégres que leurs adversaires, et commirent pour le moins les mêmes fautes qu'ils leur avaient si souvent reprochées.