D LT
ET RTE er mean x a ——
formèrent alors une administration composée d'hommes appartenant presque exclusivement au parti conservateur. 30 mars 1864, les membres suivants du ministère Taché-McDonald prêtèrent le serment d'usage :
BAS-CANADA
Hon. Sir E.-P. Taché, ler ministre, 1eceveur-
général,
“° George-E. Cartier, procureur-général,
“ Alexander-T, Galt, ministre des finances,
“J.-C. Chapais, commissaire des travaux publics,
‘ Thomas-D McGee, ministre d'agriculture,
“ Hector-L. Langevin, solliciteur-g'énéral.
HAUT-CANADA
Hon. John-A. McDonald, procureur-général, * Alex. Campbell, commissaire des terres, “ M.-H. Foley, maiître-général des postes, ‘I. Buchanan, président du conseil exécutif, “John Simpson, secrétaire provincial, James Cockburn, solliciteur-général.
Le ministère était fort par les talents éminents et les qualités d'hommes d'état de plusicurs de ses membres. MM. Taché, Cartier, McDonald et Galt avaient déjà conquis la réputation méritée d'hommes politiques à vues larges. MM. Foley et McGee brillaient par leurs talents et leur haute éloquence. M. Langevin avait déjà, grâce à ses talents, à son aptitude aux affaires et à ses habitudes laborieuses, acquis une grande influence. M. Chapais, sans avoir joué un rôle brillant dans la politique, était un ami sincère de son
hposée ement 4, les Donald
eveur-
ances, avaux
lture, ral.
al,
res, es, écutif,
inents rs de ald et éritée Foley t leur grâce t à ses fluenrillant e son
pays, et avait refusé plasieurs fois d’être ministre pour rester fidèle à ses principes et à son parti. MM. Campbell et Buchanan étaient des ministres nouveaux mais influents et respectés dans le Haut-Canada.
MM. Cauchon et John-H Cameron firent connuitre, en l’absence des ministres, le personnel du cabinet et sa politique Il s'eng'ageait à rétablir l’état des finances, à mettre la milice sur un pied plus eflicace ; il ferait tous ses efforts pour renouveler le traité de réciprocité, et inviterait les provinces maritimes à établir une union commerciale plus intime avec le Canada. M.
John-A. McDonald, à son retour en chambre, donna de nouvelles explications sur la politique ministérielle. Le gouvernement avait de nouveau aboli les péages sur les canaux; il allait encore continuer les négociations au sujet du chemin de fer intercolonial, et hâterait l’achèvement des édifices parlementaires.
Les conservateurs reprenaient le pouvoir dans les temps les plus difficiles, lorsque les partis, également divisés, avaient pendant deux ans fait la lutte la plus terrible, lorsque les affaires avaient été négligées par l'interruption causée par les changements de ministère. Aussitôt après leur réélection, ils se montrèrent empressés à législater sur les questions les plus pressantes. Leur premier soin fut de rétablir l’ordre dans les finances, de faire cesser le déficit annuel sans surcharger le peuple.
M. Galt, dans son exposé financier, proposa d'obtenir ce but par l'augmentation des droits sur les spiritueux et les tabacs, et par le droit de timbre sur les transactions cominerciales. Il
| 1 11 Ï | 5 HR . NEHM | :
506 LORD MONCK. [1864 assura que ce surcroit de taxes rétablirait l'équilibre dans le budjet. M. Galt agit avec sagesse en augmentant impôt sur des articles considérés comme de luxe; de plus, les hauts droits sur le tabac eurent pour résultat d'augmenter la culture du tabac canadien, car la taxe n’attaquait pas le tabac cultivé par les agriculteurs pour Jeur consommation. La politique financière du gouvernement fut bien accueillie; les taxes indirectes qu'on venait d'établir furent de beaucoup préférées à l'impôt sur le cuir proposé par M. Howland, et à la taxe directe qu'avait fait entrevoir M. Holton.
La législature vota plusieurs allocations considérables : $100,000 pour les chemins de colonisation, en outre, $85,000 pour les chemins de Témisco*.ata, de Métapédiac, de Matane, et $34.- 000 pour Les chemins de Toronto; une nouvelle somme de $%400,000 fut allouée aux édifices d'Outaouais, et $150,000 aux canaux et aux améliorations sur les rivières.
M. Galt présenta une mesure pour amender la loi concernant les comptes publics et le bureau de l’audition des comptes. On ajoutait aux trois auditeurs les chefs des "utres départements publics, et on changeait ie terme de l’année fiscale du 31 décembre au 30 juin. Cette mesure fut passée à l'unanimité.
Un autre projet de loi préparé par M. Cartier amendait l’acte de judicature. [Il avait pour but principal de permettre la révision par trois juges, des jugements donnés en première instance par un seul juge, et devait empêcher par là dans bien des cas les appels si coûteux à la cour du banc de la reine. La loi des jurés du Bas-Canada reçut aussi des modifications.
l'équiagesse considroits nenter n’attailteurs ncière , taxes ) beausé par it fait
S con- » Coloins de t $34.uvelle difices x amé-
1der la Jureau x trois ments te fisnesure
Jartier ar but juges, ce par | dans ur du anada
M. John-A. McDonald demanda à M. Abbott la permission de continuer son projet de loi de banqueroute, que ce dernier avait introduit avant la chute 2 ministère McDonald-Dorion. La mesure fut continuée et adoptée par les deux chambres. Il en fut de même du projet de loi présenté par M. Mowat, pour régler le subside postal accordé aux vapeurs océaniques, et confirmer le contrat passé en 1868, entre le gouvernement et M. Hugh Allan.
Sir Etienne Taché présenta un projet de loi qui amendait la loi de la milice, et accordait aux volontaires la paie de cinquante centins par jour, pour seize jours d'exercice. La loi de la quarantaine fut aussi amendée ; on se proposait d'établir à Québec un lieu unique où les bâtiments devaient débarquer leurs passagers. Un acte de tempérance, préparé par M. Dunkin, et un autre pour l'inspection du cuir et des peaux furent aussi adoptés.
L'exploitation des mines d’or occupa sérieusement les chambres. Une grande excitation régnait parmi le peuple depuis la découverte des mines d'or de la Chaudière, des mines de cuivre, etc. Plusieurs compagnies demandèrent et reçurent des actes d’incorporation. Le gouvernement fit de son côté adopter une loi qui pourvoyait au développement des mines d'or et à l'octroi de licences.
Les mines d'or de la rivière Chaudière et de ses affluents commencèrent à être exploitées en 1868. Plusieurs compagnies se divisèrent les terrains. Celle des mines d’or de Léry, incorporée en 1865, et composse de Canadiens et d’Américains, poussa ses travaux avec activité. Bien
que la richesse des terrains paraisse hors de doute, les résultats qu'on attendait de lexploitation dès le début, n’ont pas été très encourageants.
Les mines de cuivre sont d’une assez grande richesse. Celles des bords du lac Supérieur sont renommées par l'étendue du dépôt et la valeur du minerai; celles de Bruce sur le lac Huron sont exploitées par la compagnies des mines de Montréal ; celles de Wellington sur le même Jae, sont exploitées avec un grand bénéfice par une compagnie anglaise. Dans le Bas-Canada, il ya les mines de cuivre d’Acton (comté de Bagot), d'Harvay Hill, d'Upton, d’Ascot et de Saint- Flavien. Les mines d’'Acton, qui donnèrent, les premières années, d’ heureux résultats, cessèrent ensuite d’être exploitées. ne nouvelle compagnie a repris dernièrement les travaux sur une vaste échelle.
Il y a plusieurs riches mines de fer. Celles du Saint-Maurice sont exploitées depuis très longtemps et avec avantage. Sur la rive canadienne du lac Supérieur se trouvent des mines de fer inépuisables qui ont donné de grands profits à leurs propriétaires (!). Il y a aussi de grands dépôts d'oxide de fer magnétique sur la rive nord du Saint-Laurent, en bas du Saguenay, notomment à Moisie, Mingan, et Portneuf. M.
Molson possède une grande fonderie à la rivière Moisie. Une compagnie canadienne vient d’entreprendre, à Québec, de convertir le sable magnétique en acier d’après un procédé nouveau et
(1) Une compagnie auglaise s’est formée pour exploiter les mines de fer titanique de Saint- Urbain, comté de Charlevoix. Elle a commencé ses travaux au printemps de 1872.
iors de ’exploiencou-
grande ur sont Tüleur Huron ines de me Jac, par une ,ivya Bagot), Naintent, les ssèerent e comsur une
les du s lonoidienne s de fer rofits à oœrands la rive rUeNAY, uf. M.
rivière ’entre-
aoné- "eau et
les mines Ile a com-
peu coûteux. Elle est en voie d'obtenir de grands succès.
Les conservateurs abolirent les droits de péages sur les canaux, que les libéraux avaient rétablis en montant au pouvoir. Ceux-ci proposèrent, par la voie de M. Dorion, un vote de censure contre le gouvernement, parce qu'il avait réduit les péages lorsqu'il était nécessaire d'imposer de nouvelles charges au pays. MM. Dorion, Holton et Joly condamnèrent le ministère de cette conduite. M. Galt prouva que la réimposition des droits sur les canaux par les libéraux, en 1863, avait été préjudiciable au commerce et fatal à l'intérêt public ; le commerce avait pris la direction de New-York au lieu desuivre la voie naturelle du Saint-Laurent. MM. Ross, Simpson et autres défendirent la politique du gouvernement. Mais le ministère ne sortit victorieux de ce pas que par deux voix de majorité.
L'opposition fi: une nouvelle attaque indirecte contre le gouvernement, par une motion de censure contre le ministère Cartier, au sujet d’une transaction monétaire, un prêt de $100,000, fait à la ville de Montréal par M. Galt en 1859, transaction qu'on avait négligé de régler. M. Dorion, l’auteur de cette motion, condamna la négligence des membres du gouvernement Cartier-McDonald. M. Holton, dit que la transaction en question était injustifiable ; la seule accusation qu’il voulait porter contre M. Galt était l'inactivité et l'irrégularité d'action qu'on remarquait dans l'administration de son département. C'était la première occasion que la chambre avait d’exprimer son opinion sur le sujet.
M. Galt, après avoir expliqué la nature de
cette transaction d’une manière satisfaisante, fit voir combien était peu libérale la conduite de l'opposition, qui venait à l’improviste attaquer le ministère sur une affaire conclue sous une administration tombée depuis deux ans et dont ses collègues ne pouvaient être responsables.
M. Cartier dit que la motion était des plus inopportunes ; il déclara à l'opposition qu'il valait mieux faire la guerre en règle au ministère par un vote direct de on-confiance, que de la faire ainsi par une tentative indigne et sans précédent. Il prétendit que la somme de $100,000 en question n’était pas perdue pour la province.
L'opposition avait certainement tort de soulever une nouvelle crise d’une manière si peu loyale, et de retarder ainsi la législation, lorsque le miuistère travaillait à faire disparaître la crise financière et à faire passer une suite de mesures considérées comme très-utiles. Cette conduite était certainement peu libérale de condamner des ministres qui montraient tant de bonne volonté, et qui ne devaient pas être censés coupables des fautes des administrations précédentes.
Le ministère fut laissé dans une minorité de deux voix (1) ; sa défaite fut due à MM. Dunkin
(1) Pour la motion de M. Dorion : Ault, Bell (Lanark), Biggar, Bourassa, Bowman, Brown, Burwell, Caron, Chambeis, Coupal, Cowan, Dickson, A.-A. Dorion, J.-B.-E. Dorion, Alexandre Dufresne, Dunkin, Dunsford, Fortier, Gagnon, Geoffrion, Holtor, Houde, Howland, Huot, Labrèche-Viger, Laframboise, Lajoie, D.-A. Macdonald, John Macdonald, John-S. Macdonald, Macfarlare, À. Mackenzie, H.-F. Mackenzie, McConkey, McDougall, McKellar, Mowat, Munro, Notman, O’Halloran, Pâquet, Parker, Perreault, Pouliot, Rankin, Rémillard, Walker, Ross, Rymal, Scatcherd, Scoble, A.-M. Smith, John-S. Smith, Somerville,
F Re tree
nte, fit 1ite de taquer \s une t dont les.
s plus valait re par a faire ‘édent.
| ques-
soulesl peu orsque a crise Lesuires nduite amner bonne $ couprécé-
té de unkin
Biggar, Coupal, lexandre Holtor,
Lajoie, l, Mac- Jougall,
Parker,
Rymal, nerville,
Fr LA its penne
1864] LORD MONCK. 511 et Rankin, qui votèrent avec l'opposition, lorsqu'ils avaient jusqu'alors marché avec le parti conservateur.
Après ce vote, qui eut lieu le 14 juin, les ministres délibérèrent sur la conduite qu'iis devaient tenir. Ils regardèrent ce vote comme une preuve que la majorité des représentants ne leur accordait pas son appui, et décidèrent de demander au gouverneur la dissolution des chambres. Ce pouvoir leur fut accordé ; mais au lieu de le mettre à exécution, ils entrèrent en négociations avec M. Brown. Ce dernier, dans une conversation avec M. Morris et quelques autres députés, avait déclaré que cette nouvelle crise procurait l’occasion favorable de régler les difficultés constitutionnelles, et qu'il serait disposé à donner son concours à une administration qui voudrait examiner cette question, avec l'attention qu'elle méritait.
M. Morris ayant communiqué les vues de M.
Brown aux chefs conservateurs, MM. McDonald, Cartier et Galt n’hésitèrent pas à entrer en pourparlers avec leur ancien adversaire. Ces négociations furent conduites de bonne foi des deux côtés.
Stirton, Thibaudeau, Thompson, T.-G. Wallbridge, Wells, White, et Amos Wright—60
Contre : Alleyn, Archambault, Beaubien, KR. Bell, Bellerose, Blanchet, Bown, Brousseau, Buchanan, Cameron, Carling, Cartier, Cartwright, Chapais, Cockburn, Conger, Cornellier, Daoust, De- Boucherville, Denis, Duckett, Joseph Dufresne, Evanturel, T.-R. Ferguson, W. Ferguson, Galt, Gaudet, Harwood, Higginson, Irvine, Jackson, F. Jones, Jones (Leeds), Knight, Langevin, Le- Boutillier, John-A. MacDonald, McGee, Morris, Pinsonneault, Pope, Poulin, Powell, Price, Raymond, Robitaille, Rose, J--]. Ross, John-S. : oss, Shanly, Simpson, Street, Sylvain, Tasse, Turcotte, Walsh, Wilson et Alonzo Wright—58.
512 TORD MONUK. [1864
Les chefs désiraient un rapprochement entre les deux majorités. Dans la dernière crise ministérielle, les deux partis l’avaient également tenté sans succès. Ils avaicnt lutté sans profit, essayant tour à tour à gouverner.
En trois ans, quatre ministères différents avaient été condamnés, et deux élections générales avaient eu lieu sans rétablir l'harmonie. Les affaires avaient langui, la législation avait souffert de la chûte des diverses administrations, et les discussions étaient devenues de plus en plus acerbes. Le Haut-Canada ne cessait de demander, dans la représentation repartie d’après la population, la réparation d’une injustice grave à son opinion ; le Bas-Canada voulait, de son côté, conserver la position d'égalité que lui consacrait la constitution, afin de n'être pas à la mercie de l’autre province. Cet état de choses ne pouvait se continuer sans soulever quelque complication grave. Il fallait donc un changement. Les chefs des deux partis se donnèrent la main afin de sauver la province du péril éminent qui la menaçait. Comme cela se fit lors de la coalition McNab-Taché, des hommes jusqu'àlors ennemis acharnés se firent des concessions mutuelles, et s’unirent dans un but commun pour le bien public.
Les négociations furent d’abord entamées entre M. Brown d’un côté et MM. John-A.
M«Donald et Galt de l’autre. MM. Taché et Cartier y prirent ensuite part. M. Brown aurait voulu réformer la représentation en prenant l4 population pour base; mais voyant l’impossibilité de faire triompher ses opinions, il consentit à discuter un projet de confédération. Après de