ER. PT
M. Bigot, dépositaires de l'autorité de S. M. dans le Canada, Je suis même attaché à M. Bigot, homme aimable et proche parent de M. de Puisieux et du maréchal d'Estrées, qui m'honorent de leur amitié; mais je dois écrire la vérité à mon ministre, à l'homme de l'État. J'en ai écrit à M. de Moras ; je n'en écris rien au ministre actuel de la marine; c'est à mon ministre à faire usage de ce que j'écris pour le bien de l'État sans me compromettre.
Si la guerre dure, le Canada sera aux Anglois peut-être dès cette campagne ou la prochaine. Si la paix arrive, Ccolonie perdue, si tout le gouvernement n’est pas changé.
On a enfin fini le recensement général du Canada. Quoique l’on ne me l'ait pas communiqué, je crois être sûr qu'il n'y a pas plus de 82,000 âmes, sur quoi au plus 12,000 hommes en état de combattre ; et sur ce nombre, ôlant ce qui est employé aux travaux, transporls, bateaux, dans les Pays-d’enhaut, on ne réunira jamais plus de 5000 Canadiens; et si, faut-il que ce ne soit pas dans le temps des semences ou des récoltes; autrement, en faisant tout marcher, les terres seroient incultes, la famine s'ensüivrait Nos huit bataillons feront 3200 hommes ; de la colonie, au plus 1500 hommes à meltre en campagne. Qu'est-ce contre au moins 50,000 hommes qu'ont les Anglois?
Dépôt de la guerre, vol, 3540, pièce 41, — Original chiffré non signé.