PREMIÈRE GUERRE AVEC L'ANGLETERRE
Première guerre avec l'Angleterre.
Dès l'année 1613, les Anglais, inquiets de l’importance de nos établissements, avaient réclamé l'Acadie; puis, en pleine paix, ils avaient attaqué et brülé Port- Royal. Le faible gouvernement de Marie de Médicis et de Concini n'avait pas résisté. Quelques années après, en 4628, pendant qu'ils faisaient la guerre à Louis XI, en soutenant les protestants de la Rochelle, ils envahirent le Canada et arrivèrent devant Québec. M. de Champlain se décida à défendre la ville, malgré son peu de ressources, et repoussa si fièrement la sommation de capituler, que les Anglais, le croyant en état de les repousser, prirent le parti de se retirer. Il n'avait cependant que cinq livres de poudre et fort peu de vivres ; on ne pouvait donner que sept onces de pois par jour à chaque habitant, et les sauvages se soulevaient contre nous.
La récolte de l’année ayant été mauvaise, la colonie fut en proie à la famine ; les secours envoyés de France furent capturés; on fut obligé, pour vivre, d'aller chercher des racines dans les bois. L'ennemi revint assiéger Québec. Gette fois, M. de Champlain fut obligé de capiluler (1629), et tout le Canada tomba au pouvoir des Anglais, qui, pendant toute la durée de la guerre, avaient été secondés par les protestants de la colonie.
En 1632, M. de Champlain, « qui étoit bon François, » convainquit le cardinal de Richelieu que l'honneur et l'intérêt de la France, aussi bien que l'intérêt de la
religion, exigeaient la restitution du Canada, que beaucoup de gens cependant désiraient abandonner à l'Angleterre. Richelieu réclama énergiquement la restitution de Québec; il arma six vaisseaux et obligea l'Angleterre à céder, On signa la paix de Saint-Germain (1632); les Anglais nous rendirent Québec et l'Acadie, et renoncèrent à toutes leurs prétentions sur les diverses contrées qui composaient la Nouvelle-France".
Portrait de Samuel de Champlain par le P. Charlevoix.
« M. de Champlain mourut en 1635; il fut sans contredit un homme de mérite, et peut être à bon titre appelé le père de la Nouvelle-France. Il avoit un grand sens, beaucoup de pénétration, des vues fort droites, et personne ne sut jamais mieux prendre son parli dans les affaires les plus épineuses. Ce qu'on admira le plus en lui, ce fut sa constance à suivre ses entrecprises, sa fermeté dans les plus grands dangers, un courage à l'épreuve des contre-temps les plus imprévus, un zèle ardent et désintéressé pour la patrie, un cœur tendre et compatissant pour les malheureux, et plus attentif aux intérêts de ses amis qu'aux siens propres, et un grand fonds d'honneur et de probité. On voit, en lisant ses Mémoires, qu'il n'ignoroit rien de ce que doit savoir un homme de sa profession : on
Voy. le traité avec l'Angleterre dans le t. XVIII du Aereure, p. 39 et 66. — Voy. aussi, sur les négociations avec la cour de Londres, la Correspondance du cardinal de Richelieu, t. 1IT, d'octobre à décembre 1629.
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