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le fort Pemaquid ; attaqué par terre et par mer, le fort capitula (14 juillet 4696) et fut rasé.
De là, d'Iberville alla détruire les établissements que les Anglais avaient fondés à Terre-Neuve. Il avait proposé au cabinet de Versailles de faire cette expédition et en avait obtenu la permission. Le chevalier
d'Iberville montrait, dans la lettre qu'il écrivit au mi-E nistre ‘, les grands avantages que les Anglais tiraient k des pêcheries de Terre-Neuve ; il indiquait le dangerk qu'il y avait à les laisser se rendre maitres de Terre- |
Neuve, où ils se fortifiaient déjà, parce qu'ils auraient
dès lors entre leurs mains l'entrée du Canada, et qu’ils pourraient ainsi s'opposer aux relations entre la Francek et sa colonie. Il ajoutait que «le véritable moyen d’em-k pêcher les Canadiens de courir dans les bois, c'étoitk
de les pousser à la pêche et au commerce. »
En plein hiver, d’Iberville, avec 425 Canadiens, marcha contre les Anglais de Terre-Neuve; leurs troupesE furent battues; le fort Saint-Jean fut enlevé d'as-B saut; puis les autres forts et établissements anglais | furent détruits dans une campagne de deux mois, faite sur la neige, raquettes aux pieds, par des chemins
impraticables, et par 125 hommes chargés de leurs
armes (une hache, une carabine, un sabre), de leursk
munitions et de leurs vivres. D'Ibcrville revint en ‘anada avec plus de 700 prisonniers, et après avoir tué plus de 200 ennemis. Avec un peu plus de monde,
il aurait entièrement chassé les Anglais, tandis qu'il nt
put attaquer les deux postes très fortifiés de Bonneviste et de l'ile Carbonnière, dans lesquels toutes les garnisons anglaises s'étaient réfugices.
A la même époque, l’Acadie retombait sous la domi-
1 Dossier de d'Iberville, eux Archives de la marine.
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nation française ; le chevalier de Villebon, avec des vaisseaux arrivés de France, reprenait tout ce que nous avions perdu dans la presqu'ile.
En 4697, d'Iberville fut envoyé à la baie d'Hudson. Depuis 1686, les Français et les Anglais se faisaient la guerre dans ces parages et s’y disputaientle commerce des fourrures. D'Iberville avait fait une première campagne à la baie d'Hudson en 1686; il s'y était rendu par terre, avec ses Canadiens, en voyageant dans des canots d'écorce. Il eut l'audace d'attaquer, avec deux de ces canots montés par onZe Canadiens, un vaisseau de 12 canons et de 30 hommes d'équipage, et le bonheur de l'enlever à l’abordage. De 1688 à 1694, chaque année, d'Iberville retourna à la baie d'Hudson; il détruisit les forts Rupert et Nelson, et tous les autres postes anglais ; il prit plusieurs vaisseaux et revint chaque fois à Québec chargé de butin, de pelleteries et de richesses. En 1696, pendant que le chevalier d’Iberville faisait la campagne de Terre-Neuve, les Anglais reprirent le fort Bourbon ou Nelson ; en 1697, d'Iberville fut chargé de
. le leur enlever, et le 8 juillet il partit de Plaisance avec } trois vaisseaux et un brigantin, et arriva le 3 août dans . là baie d'Hudson.
« Les glaces, dit-il, poussées par les courants, nous
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ses deux vaisseaux ne l'ayant pas encorerejoint, d'Iperville se résolut à combattre, pour empêcher l'ennemi de secourir le fort, qu'il n'aurait pu reprendre s’il eût été ravitaillé par les vaisseaux anglais. À son approche, les Anglais lui crièrent qu'ils savaient bien qu'il us d'Iberville, qu'ils le tenaient enfin, et qu'il fallait qu'il se rendit. Le chevalier commenca le feu à neul heures du matin; à midi, voyant que la partie était décidément inégale, il résolut d'en finir, il fit pointer tous ses canons à couler bas, aborda vergue à vergue le gros vaisseau anglais, et lui envoya sa bordée, qui le fit sombrer sur-le-champ. Puis il se jeta sur le second vaisseau pour l'enlever à l'abordage; celui-ci amena aussitôt son pavillon ; d'Iberville le fit amariner par
ses chaloupes et poursuivit le troisième vaisseau, quik
avait pris le large et filait toutes voiles dehors. Le Pélican, « crevé de sept coups de canons » et ayant eu
deux de ses pompes brisées pendant le combat, ne Æ
pouvait épuiser l'eau qu'il faisait ; aussi laissa-t-il échapper le troisième vaisseau anglais. « Dieu merci, écrivait d'Iberville, dans le combat je n'ai eu personne de tué, seulement dix-sept blessés, » Le 7 septembre, une violente tempête engloutit la prise de d'Iberville et jeta le Pélican à la côte, à 2 lieues du fort Nelson; mais, à ce moment, d'Iberville fut rejoint par ses deux autres vaisseaux. Le 13, il alla bombarder le fort, l'obligea à capituler le 14, et il repartit, le 24, avec 300 hommes malades du scorbut. Le 7 novembre, le chevalier était à Belle-Isle, en France, et le lendemain il rédigeait pour le ministre de la marine, M. de Pontchartrain, le rapport duquel nous avons extrait le récit de ces combats".
Ÿ Ce rapport daté de Port-Louis, le 8 novembre 1697, est con-
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Pendant ce temps, M de Frontenac poursuivait avec vigueur la guerre contre les Iroquois. Il fondait plusieurs forts pour les tenir en bride et protéger les approches de nos frontières, s'alliait avec diverses peuplades de l’ouest, consolidait et étendait la domination française dans les Pays-d’en-haut.
M. de Frontenac se préparait aussi à attaquer la Nouvelle-Angleterre. M. de Pontchartrain donna au marquis de Nesmond, officier de grande réputation, 10 vaisseaux et quelques brülots. M. de Frontenac devait joindre cette flotte avec 1500 hommes et détruire Boston et New-York. Diverses circonstances, quelques lnteurs,le mauvais temps, firent trainer les préparatifs en longueur, et la paix de Ryswyck, signée en 1697, obligea de renoncer à l'expédition. La France conservait tous ses territoires en Amérique; les Anglais renonçaient à toutes leurs prétentions sur la baie d'Hudson; on fixa la limite entre la Nouvelle-Angleterre et l’Acadie à la rivière Saint-Georges ; on laissa indécise la limite entre les possessions anglaises et françaises du côté du pays des Iroquois, pour ne pas irriter ces peuples, que les puissances rivales ménageaient avec soin.
M. de Frontenac mourut le 28 novembre 1698. «Il éloit dans sa soixante-dix-huitième année ; mais dans un Corps aussi sain qu'il est possible de l'avoir à cet âge, il conservoit toute la fermeté et toute la vivacité d'esprit de ses plus belles années. Il mourut comme il avoit vécu, chéri de plusieurs, estimé de tous, et avec la gloire d'avoir, sans presque aucun secours de France, soutenu et augmenté même une colonie ouverte et
servé aux Archives de la marine {dossier de d’Iberville). — Voy. aussi, sur cette campagne, le Mémoire sureinet, ete., cité page 69.
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