‹ Le Canada sous la domination française [microforme]Chapitre 55 sur 122 · VICTOIRE DE WILLIAM-HENRY · texte numérisé non relu

VICTOIRE DE WILLIAM-HENRY

aux Auglais le moyen de tomber à l'improviste sur les forts Saint-Frédéric et Carillon, principales défenses de cette partie de la frontière. Il était important de ne pas laisser plus longtemps l'ennemi maitre d'une position offensive si dangereuse pour nous.

Déjà on avait fait, pendant l'hiver, une audacieuse pointe sur William-Henry. Malgré le froid et la neige, une colonne de 14400 hommes, soldats, Canadiens et sauvages, commandés par M. Rigaud de Vaudreuil et M de Longueil !, s'était mise en marche le 23 février, et élait arrivée, le 18 mars, devant le fort William- Henry, après avoir fait soixante lieues sur la neige, raquettes aux pieds, et avoir supporté d'incroyables fatigues. Le projet de M. Rigaud était d’escalader le fort, sion pouvait surprendre les Anglais, mais on les trouva sur leurs gardes, et M. de Rigaud se contenta de brûler les magasins qui entouraient le fort. Il fit avancer, en plein jour, une partie de son monde jusqu'au pied des remparts, ouvrit « un feu diabolique » contre les Anglais, et, sous la protection de cette mousqueterie, il brüla les magasins et les chantiers. Il détruisit 300 barques de transport, 6 frégates, les approvisionnements de bois de construction, des quantités considérables de farine et d'objets de toutes sortes pour l'armement et l'équipement des troupes. M. de Rigaud se retira sans être inquiété, et ne perdit dans son expédition que 27 hommes tués ou blessés *.

En juillet, le marquis de Montcalm acheva les préparatifs du siège de William-Henry, où le colonel Moore tenait garnison avec 3000 soldats. L'armée, forte de

! Lieutenant de roi de Québec.

* Mémoires du duc de Luynes et lettre du marquis de Montcalm, du 24 avril. (Dépôt de la guerre.) = Le succès de M. de Rigaud ne fut connu à Compiègne, où était le roi, que le 25 juillet.

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7500 hommes, partit de Carillon le 30 juillet; le # août, M. de Bourlamaque ouvrait la tranchée devant William- Henry. « Ce fort étoit en bois, mais d'une construction très solide, quoique inconnue en F''rape, » Le 9, les Anglais capitulèrent. On prit 43 bo .es à feu, 35,835 livres de poudre, des projectiles, des vivres et 29 bâti. ments. Nous n'avions perdu que 58 hommes, tués et blessés !, On avait fait 2296 prisonniers. L'impossibilité où l'on était de les nourrir décida M. de Montcalm à les renvoyer, à condition de ne pas servir contre la France pendant dix-huit mois.

Les Anglais se mirent en route, le 40 août au matin, pour rejoincre leurs avant-postes, sans attendre que l'escorte qui devait les protéger contre une attaque des Indiens fût rassemblée et prête à r ir. Malgré les recommandations expresses que leu! jent faites nos généraux, les Anglais avaient donné du rhum aux sauvages, qui, devenus ivres et furieux, les attaquèrent, peu de temps après qu'ils se furent mis en marche, pour piller leurs bagages. Les Anglais avaient conservé leurs armes ; mais, au lieu de faire bonne contenance devant les Indiens, « dont ils avoient une frayeur inconcevable, » ils se sauvèrent en désordre. Les sauvages, excités par la lâcheté des fuyards, en tuèrent quelques-uns, une vingtaine peut-être, et en firent environ 600 prisonniers. Au premier bruit, MM. de Montcalm, de Lévis et de Bourlamaque accoururent avec tous leurs officiers et les soldats commandés pour l'escorte; on apaisa les sauvages et on leur arracha d’abord 400 prisonniers, ce qui ne se fit

pas sans danger, car un de nos soldats fut tué et trois

Ÿ Voyez à la fin du volume, le rapport de Bougainville, pièce 1?, et les pièces 11, 13, 14, 15,

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