‹ Le Canada sous la domination française [microforme]Chapitre 62 sur 122 · A NM · texte numérisé non relu

A NM

EL ” Lu

Doreil!, s'embarquaient pour la France, afin d'appuyer les demandes de leurs chefs.

Le gouvernement de Louis XV était alors tout occupé à réparer les échecs continuels que ses armées éprouvaient en Allemagne; il était sans finances, sans marine; il vivait d'expédients, frappant monnaie avec l'argenterie que le patriotisme des Français lui donuait?. Il était servi par une administration inintelligente, détraquée et corrompue, par des généraux, des amiraux et des officiers plus que malhabiles et indisciplinés; il était aux prises avec l'opinion soulevée contre lui; il était battu sur terre et sur mer, en Allemagne, aux Indes, au Sénégal, aux Antilles. L'armée du Canada seule avait été presque constamment victorieuse; mais elle avait besoin de secours, et on ne pouvait lui en envoyer de suffisants, la mer étant aux Anglais, et les finances de la France étant complètement épuisées.

Aussi le maréchal de Belle-Isle, ministre de la guerre, répondit, le 19 février 4759, aux demandes de secours que lui adressait M. de Montcalm, en lui disant qu’il ne devait pas compter recevoir des troupes de renfort:

Outre qu'elles augmenteroient la disette des vivres que vous n’avez que trop éprouvée jusqu'à présent, il seroit fort

M. de Vaudreuil écrivait au ministre de la guerre, en parlant de M. Doreil, dont nous connaissons l'opinion sur le gouverneur du Canada: « J'y ai pleine confiance, et toute croyance peut lui être donnée. » (Lettre du 11 octobre 1758; Dépôt de la guerre.) Ceci prouve l'honnêteté de M. de Vaudreuil. — M, Doreil fut remplacé par M. Bernier, qui était depuis quelque temps en Canada. Ce M. Bernier est l’ancien aide de camp du baron Dieskau, fait prisonnier avec son général.

? Les listes de ces dons ont été publiées dans le Mercure.

imp.

méd est tent serc obj( rag voi lim trot

appuyer

LE occupé S éprousans mMmaaie avec lui donnintelliaux, des indiscisoulevée en Alle- L'armée nt victone pouant aux mplète-

de Ja aides de i disant 1pes de

res que roit fort

| parlant rneur du

lui être s.) Ceci emplacé ada. Ce ait pri-

à craindre qu'elles ne fussent interceptées par les Anglois dans le passage; et, comme le Roi ne pourroit jamais vous envoyer des secours proportionnés aux forces que les Anglois sont en état de vous opposer, les efforts que l’on feroit ici pour vous en procurer n'auroient d'autre effet que d’exciter le ministère de Londres à en faire de plus considérables pour conserver la supériorité qu'il s’est acquise dans cette partie du continent.

C'était renoncer au Canada que de prendre une telle résolution ; cependant le maréchal de Belle-Isle lui donna l’ordre de continuer la guerre et de conserver àtout prix «un pied » dans l'Amérique septentrionale:

Comme il faut s'attendre que tout l'effort des Anglois va se porter sur le Canada et qu'ils nous attaqueront par les différens côtés à la fois, il est nécessaire que vous borniez votre plan de défensive aux points les plus essentiels et les plus rapprochés, afin qu'étant rassemblés dans un petit espace de pays, vous soyez toujours à portée de vous entre-secourir, vous communiquer et vous soutenir. Il est de la dernière importance de conserver un pied dans le Canada. Quelque médiocre qu'en soit l’espace que vous pouviez conserver, il est indispensable de conserver un pied dans l'Amérique septentrionale, car si nous l’avions une fois perdue en entier, il scroit comme impossible de la ravoir. C’est pour remplir cet objet que le Roi compte, Monsieur, sur votre zèle, votre courage et votre opiniâtreté, et que vous mettrez en œuvre toute votre industrie, et que vous communiquerez les mêmes senlimens aux officiers principaux, et ton. ensemble aux troupes qui sont sous vos ordres.

M. Berryer‘ üonne les mêmes ordres à M. de Vaudreuil et lui prescrit de se conduire avec vous dans le plus grand concert. Vous devez en sentir, l'un et l’autre, toute la nécessité et toute la conséquence. J'ai répondu de vous au Roi, et je

! Ministre de la marine.

ji | & k

En ne de on re et

suis bien assuré que vous ne me démentirez pas, et que pour le bien de l'État, la gloire de la nation et votre propre conservation, vous vous porterez aux plus grandes extrémités, plutôt que de jamais subir des couditions aussi honteuses qu'on a fait à Louisbourg, dont vous effacerez le souvenir, Voilà, Monsieur, en substance, quelles sont les instructions du Roi, et sa confiance est entière dans votre personne et toutes les qualités qu’il vous connoît. J'y ai bien confirmé Sa Majesté par les témoignages que je lui ai reudus. Je vous souhaite, Monsieur, une parfaite santé; je ne suis point en peine du reste; soyez assuré aussi, Monsieur, de tous les sentimens que j'ai pour vous et du désir que j'ai de me trouver à portée de vous en donner les marques !.

Le gouvernement français envoya cependant quelques secours au Canada : 600 recrues, 45 bâtiments chargés de vivres et de diverses marchandises. C'était peu, « mais le peu est précieux à qui n'a rien, » disait Montcalm en annonçant au maréchal de Belle-Isle l'arrivée de cette flottille, qu'un audacieux et habile marin, le capitaine Canon, avait fait passer au travers des escadres anglaises. En même temps il assurait le ministre de son entier dévouement : « J'ose vous répondre d'un entier dévouement à sauver cette malheureuse colonie, ou périr. » Le chevalier de Lévis et Bougainville tenaient le même langage. « Je pense qu'il faudra nous défendre pied à pied, écrivait le premier ?, et nous battre jusqu'à extinction; il sera, s'il le faut, encore plus avantageux pour le service du roi que nous périssions les armes à la main que de souffrir une capitulation aussi honteuse que celle de l’Ile-Royale. J'inspirerai partout où je serai les mêmes sentimens. » M. de

! Dépôt de la guerre, vol. 3540, pièce 18, — De la main du maréchal.

? Lettre au ministre de la guerre, du 13 mai 1759,

B( at

et que pour propre conextrémités, i honteuses le souvenir, instructions personne el en confirmé lus. Je vous is point en de tous les j'ai de me

liant quelbâtiments ses. C'était D, » disait e-Isle l'arile marin, avers des ait le mirépondre areuse co- Bougain- L'il faudra 3, et nous Lt, encore Dus périse capitu- . J'inspi- ,. » M. de

a main du

Bougainville disait : « Les Anglois se disposent à nous attaquer incessamment et de plusieurs côtés, on connoit l'énormité de leurs forces, et cette connoissance ne fait qu'augmenter le zèle des troupes!. »

Quant à l'intendant, le nouveau ministre de la marine, l’incapable mais honnête M. Perryer, lui écrivit plusieurs lettres menaçantes et envoya un commissaire pour examiner ses comptes. Il aurait dù le rappeler et le mettre aussitôt en jugement; mais, si Bigot était accusé par M. de Montcalm et M. Doreil, il était fort énergiquement soutenu par M. de Vaudreuil. Au milieu de ces intrigues lointaines, il était difficile de démêler la vérité à Versailles. C'est précisément cet appui donné à Bigot par M. de Vaudreuil qui soutint et sauva cet impudent voleur, en trompant le ministre. Bigot, cependant, était démasqué et dut mettre plus de prudence et de réserve dans sa conduite, après avoir reçu la lettre que M. Berryer lui écrivit le 19 janvier 4759, et qui se terminait ainsi : « On vous attribue directement d’avoir gèné le commerce dans le libre approvisionnement de la colonie; le munitionnaire général s'est rendu maître de tout, et donne à tout le prix qu'il veut; vous avez vous-même"fait acheter pour le compte du roi, de la seconde et troisième main, ce que vous auriez pu vous procurer de la première, à moitié meilleur marché ; vous avez fait la fortune des personnes qui ont des relations avec vous par les intérêts que vous avez fait prendre dans ces achats ou dans d’autres entreprises; vous tenez l’état le plus splendide et le plus grand jeu au milieu de la misère publique... Je vous prie de faire de très sérieuses réflexions sur la façon dont l’administration qui vous est confiée a été con-

! Lettre au ministre de la guerre, du 16 mai 1759.

re

ik Se !

Page 1