‹ Le Canada (volume 2)Chapitre 4 sur 10 · CARACTERE DE LA POPULATION DU CANADA.— SES VILLES · texte numérisé non relu

CARACTERE DE LA POPULATION DU CANADA.— SES VILLES

6. Le Canada fut autrefois une colonie française, et jusqu'à ce qu'il fût cédé aux Anglais, sa population était exclusivement française. Dans cette partie du pays qui est située à l'est de la rivière des Outaouais et appelée Bas-Canada, la population est principalement d'origine française. L'ouest de la rivière des Oataouais ou le Haut-Canada est essentiellement anglais. La population de la province excède à présent 2,500,000. Les Hollandais et les Allemands, qui réunis ne comptent pas moins de 30 000 âmes, ont des établissements considérables dans le Haut-Canada.

L'origine et le progrès des villes du Canada offre une illustration curieuse et très instructive de l'agrandissement du pays et du développement de ses ressources, ainsi que de l'augmentation de ses richesses et de Taclivité et de l'énergie de ses habitants. Montréal, la plus grande des villes du Canada, compte une population de 75,000, Québec 55,000 et Toronto 43,000. L'histoire de cetie dernière est l'histoire de bien d'autres villes du pays. En 1842, époque assez récente, Toronto

contenait 13,000 habitants,en 1852, 30,763, et en 1856, 42,000. L'estimé de la valeur des propriétés dans les Jimites de la cité se montait en 1851, à $12,469 600 ; en 1854, à $19,540,000, en 1855, à $23,092,000, et en 1856, à $28,832 064, ayant plus que doublé en six ans. 11 en a été de même de son commerce ; en 1852, la valeur de ses importations se montait à $2,548,858, et ses exportations à $536,844, tandis qu'en 1855 la valeur des premières était de $5,605,812, et ses exportations $1,612,420. Toronto est situé sur le lac Ontario, et peut être considéré comme le type d'un port canadien des grands lacs. Une seule autre illustration suffira pour démontrer la rapidité de cet accroissement, prenant pour cet objet une ville situé dans l'intérieur du pays au centre d'un district agricole. Londres, en 1850, contenait une population de 5124, en 1856, elle excède 15,000, et a par conséquent presque triplé en 6 ans.

Ces accroissements soudains ne sont cependant pas des exceptions à la règle ; les autres villes pas plus que les districts ruraux ne se dépourvoient de leur population pour en grossir celle des lieux plus favorisés et plus prospères. Au contraire, le progrès est général, l'accroissement est la règle partout dans les villes comme à la campagne.

Des communications postales sont établies partout le pays, le village le plus reculé à son bureau, — le nombre total de ces bureaux dépasse 1500. Le télégraphe électrique qui a près de 350O milles en opération, passe à travers toutes les villes et presque tous les villages du pays. L'approche et l'arrivée des steamers et autres bâtiments à Québec sont connues presqu'en même temps dans toutes les parties du Haut et du Bas-Canada. Toutes les améliorations dans les arts et les sciences qui peuvent aftecter ses intérêts commerciaux ou industriels, sont de suite introduites au Canada, et avec les éléments nombreux d'adaptation et de progrès à sa portée il saisit avec avidité et profite de l'entreprise et de l'expérience des autres pays.

La cause première et infaillible de l'accroissement constant du Canada, du mouvement ferme qu'il ne cesse de faire en avant, est due à V immigration^ et son adoption comme nouvelle patrie par des dixainss de milles venus par delà les mers. Cette patrie avec toute ses immunités, ses privilèges et ses espérances, nous vous l'offrons, ne demandant en retour qu'un bras vigoureux, une bonne volonté et confiance dans votre avenir et dans le bonheur et la prospérité de votre pays d'adoption. Cette invitation qui jusqu'à présent n'a été que faiblement exprimée, parce que le Canada ne pouvait encore offrir les avantages positils qu'il possède maintenant, a cependant réussi durant

les dernières douze années à attirer sur ses bords et unir à sa fortune un demi million de cœurs résolus et confiants.

LOIS ET INSTITUTlOx^S MUNICIPALES DU CANADA.

7. Il n'y a pas d'exagération à dire que la liberté dont jouit le Canada est la plus rationnelle que puisse posséder un pays*

Les lois d'Angleterre furent introduites dans le Haut-Canada en 1791, et y sont en force aujourd'hui, sujettes toutefois aux changements que le parlement local y a faits de temps à autre. Les lois françaises, telles qu'elles existaient lors de la conquête par l'Angleterre, prédominent dans le Bas-Canada, sujettes aussi aux divers changements opérés par le parlement local. Les lois criminelles et commerciales d'Angleterre y sont en force ainsi que dans le Haut-Canada. Le contrôle du parlement canadien s'étend sur tonte la province, et le gouvernement impérial ne s'immisce jamais dans ses affaires, si ce n'est qu'il s'agisse de quelque grand intérêt national.

Le système municipal du Haut-Canada est admirablement adapté aux exigences d'un pays jeune et vigoureux comme lui ; le succès en a été complet. Pour en faciliter la compréhension, il est nécessaire de dire que le Haut-Canada est divisé en 43 comtés, chaque comté étant subdivisé en communes d'à peu près dix milles quarrés. [..es habitants de chaque commune élisent cinq conseillers qui choississent parmi eux un président, désigné sous le nom de Town Reeve^ ou maire. Le conseil de comté est formé des Town Reeves ou maires des communes, qui élisent entr'eux un président nommé préfet du comté.- Les conseils de commune et de comté sont des corporations municipales ayant le pouvoir de lever de l'argent pour les besoins municipaux, tels que pour améliorations publiques, l'ouverture et la réparation des chemins et des ponts, etc. Le remboursement en est assuré par une taxe sur toute la propriété de la commune ou comté où la dette a été encourue ; mais aucun règlement ayant pour but le prélèvement d'argent ne peut être en force avant d'avoir été préalablement soumis à la sanction des électeurs. Chaque corporation possède le droit de poursuivre, et peut êire poursuivie devant les cours de justice, et les règlements passés par elle, s'ils sont jugés illégaux, peuvent être annuUés par les cours supérieures de la province à la demande de tout électeur.

Les conseils de commune sont autorisés à pourvoir au maintien des écoles communes, en vertu de l'Acte des écoles, à la construction des chemins, ponts et cours d'eau, etc., à la nomination des inspecieurs de chemin, etc. Les conseils de comté sont chargés de la construction et réparation des prisons et cours de justice, des chemins et ponts, des maisons de

correction et des écoles de grammaire ; ils ont le pouvoir d'octroyer des argents en prêt pour travaux publics tendant à l'amélioration du pays, et d'imposer des taxes pour la rédemption des dettes encourues, sujettes toutefois à la sanction du peuple. Les villages ayant une population de moins de 1000 habitants, sont régis par un bureau de police. Ceux dont la population est de plus de 1000 habitants, sont des villages incorporés, et sont régis par un conseil de cinq dont le maire ou Reeve est ex-officïo membre du conseil de comté. Quand la population d'un village excède 3000, il devient une ville et est régi par un maire et un conseil, et est réprésenté dans le conseil de comté par son maire et son député maire. Quand la population d'une ville excède 10.000, elle devient une cilé, et est régie par un maire, des échevins et des conseillers. Tout Reeve, préfet, maire et échevin est ex officij juge de paix.

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