‹ Le Canada (volume 2)Chapitre 5 sur 10 · INSTITUTIONS D'EDUCATION · texte numérisé non relu

INSTITUTIONS D'EDUCATION

Les lois des écoles sont différentes dans les deux sections du pays, et sont adaptées aux éléments religieux qui prédominent dans chacune d'elles. Chaque commune du Haut-Canada est pour les fins d'éducation divisée en plusieurs sections selon les besoins de ses habitants. Les écoles communes sont soutenues en partie par le gouvernement et en partie par une taxe locale, et quelquefois par un petit honoraire payé par les élèves. Le montant total, dépensé en 1855 en Haut-Canada pour les écoles communes, excède £180,000 sterling. Dans les districts ruraux établis depuis longtemps, chaque commune a une belle maison d'école bâtie en brique, pourvue de cartes géographiques, ainsi que de livres et d'appareils élémentaires. Le salaire des instituteurs varie de £40 à £130 sterling dans les campagnes, et de £75 à £250 dans les villes. Chaque instituteur d'école commune, pour avoir droit à l'allocation gouvernementale, doit subir un examen devant un bureau d'éducation de comté ou être licencié de l'école normale provinciale.

L'école normale provinciale où se forment les instituteurs, est une institution très effective et très utile, d'oià il sort annuellement 100 à 150 jeunes personnes des deux sexes, qui ayant reçu une instruction uniforme dans l'art d'enseigner et de conduire une école, établissent graduellement dans le Haut- Canada un mode d'enseignement qui promet beaucoup.

En 1842, le nombre des écoles communes dans le Haut- Canada était de 1621, fréquentées par 67,978 enfants; le nombre de ces écoles avait atteint en 1855, 3325, fréquentées par 227,864 élèves, ouvertes en moyenne durant neuf mois et vingt jours. Cette augmentation étonnante dans un espace de tems si court témoigne grandement en faveur de la condition et du

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progrès de l'éducation élémentaire dans le Haut-Canada. Chaque section scolaire est régie par une corporation élective de syndics d'écoles, et possède une petite bibliothèque de littérature choisie fournie en partie par le gouvernement. Le nombre de volumes distribués pour cet objet s'élève à 120,000.

Le sysième des écoles libres fait des progrès dans plusieurs parties du Canada. Ce système a pour base le support des écoles communes, ouvertes à tous, au moyen d'une taxe générale. Toute section scolaire peut l'adopter par un vote de la majorité de ses habitants. Des écoles séparées pour les catholics romains, sujettes à certains règlements, sont sanctionnées par la loi.

Les écoles de grammaire sont au nombre de 65, fréquentées par 3726 élèves. Ces écoles tiennent le milieu entre les écoles communes et les universités. Les précepteurs doivent être des gradués de quelqu'université ; ils reçoivent en sus d'honoraires une allocation du gouvernement. Le montant prélevé en 1855 pour les écoles de grammaire s'élevait à £12,000 sterling.

A part une université provinciale très richement dotée et ayant un corps de professeurs très compétents, le Haut-Canada possède plusieurs universités et collèges en connexion avec différentes dénominations religieuses. Le système d'instruction adoptée dans quelques-unes des universités canadiennes est modelé autant que possible sur celui suivi dans les célèbres institutions de la Grande-Bretagne et de l'Irlande, et leurs professeurs sortent de ces mêmes institutions. Toutes les dépenses d'un cours universitaire complet à Toronto, y compris la pension et la tuition, ne doivent pas dépasser £60 sterling par an. Des bourses, variant en valeur de £18 à £40 sterling par an, sont attachées à l'université provinciale et au collège de la Trinité, en connexion avec l'église d'Angleterre, et sont, aux examens annuels, décernées aux concurrents heureux.

Les statistiques de l'éducation du Haut-Canada peuvent se résumer comme suit : En 1855, il y avait en opération quatre universités, six collèges, 65 écoles de grammaire, 29 académies privées ; 278 écoles privées, et 3325 écoles communes, en tout 3710 institutions d'éducation, fréquentées par 240,817 élèves, et coûtant au pays une somme de £230,000 sterling, en grande partie prélevés par taxation.

Dans le Bas-Canada, il existe un système d'éducation semblable sous beaucoup de rapports à celui que nous venons de décrire ; il y fait des progrès rapides. Les écoles supérieures y sont d'un ordre très élevé, et plusieurs des séminaires attachés à des maisons religieuses sont très bien dotés et pourvus amplement de professeurs et d'instituteurs très capables.

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