COMMERCE ET REVEN-U DU CANADA
13. Le revenu général de la province se compose des droits de douane, du produit de la vente des terres, du revenu des Iravaux publics et des différentes autres sources mineures. Les impôts du pays n'atteignent jamais le canadien d'une manière directe, et s'il sait liraiter ses besoins aux articles de première nécessité et se vêtir, comme font des milliers d'autres, avec l'étoffe du pays, qui e^^t le signe de l'industrie et de l'économie domestique, il n'a d'impôts indirects à payer que sur le sucre et le thé, dont le coût est en Angleterre la moitié moins qu'au Canada. Il est libre de voter pour ou contre les seules taxes directes qu'il ait à pa^er, qui consistent d'ordinaire en contributions soit pour des objets d'éducation soit pour la construction d'un chemin ou d'un pont. Et bien souvent lesproiils qu'il en retire lui valent cent fois ce qu'il a contribué d'argent ou de travail.
Le commerce d'un pays, qui comme le Canada tire sa richesse de son agriculture, ses forêts, ses mines et ses mers, se réprésente correctement par les statistiques de ses exportations et de ses importations. Les tableaux suivants compilés d'après les rapports officiels font voir la direction que prend l'industrie du pays. Les exportations de 1855 se classent ainsi ;
Monnaie courante. Dollars.
Produits agricoles £3,257,599 13,030,396
" des forêts 1,986,980 7,947,920
Animaux et leurs produits 398,796 1,595,184
Manufactures 119,019 476,076
Produits de la mer 114,980 459,920
Produits des mines 31,458 125^832
Autres articles 17,140 68,560
£5,925,972 $23,703^ Estimé des rapports incomplets des ports
intérieurs £816,253
Il y a à ajouter la valeur des vaisseaux bâtis
à Québec qni s'élève à £304,886
Total des exportations de 1855 £7,047,111 $28,188,144
Le jaugeage des vaisseaux employés en 1855 pour le commerce du Canada avec l'Europe et les autres colonies s'élevait à 419,653 tonneaux pour ceux qui entrèrent dans les ports canadiens, et à 459,241 pour ceux qui en sortirent.
Le tableau suivant fait voir le nombre et le jaugeage des vaisseaux canadiens et américains, distinguant les vapeurs des bâtiments à voile, employés au transport des marchandises passant dans les canaux du Canada.
iV^o. Tonn. No. Tonn.
Bâtiments à voile canadiens, 1341 139,136) ..^^ iti^c^
Vapeurs canadiens, 132 12,318 f ^^'^ 151,454
Bâtiments à voile américains, 637 101,193) n„ mo qo^
Vapeurs américains, 30 7,631 f ^^' lU»,»i4
Total, 2140 260,278
Ce qui suit est un tableau statistique du commerce du Canada, faisant voir la valeur de ses exportations et de ses importations durant l'année 1855, et désignant les lieux d'où les unes sont tirées et où les autres sont expédiées.
Exportations. Importations.
Grande-Bretagne £1,684,610 £3,325,865
Colonies anglo-américaines 255,861 216,496
Antilles anglaises 937 3,533
Etats-Unis d' Amérique 5,000,572 5,206,358
Autres pays étrangers 105,133 269,288
Total. ./... .... £7,047,113 £9,021,540
La preuve du progrès constant que fait la province est que la valeur des importations pour
l'année 1856 s'est élevée à £10,941,785
Le sommaire suivant des différents item composant le revenu du Canada pour les années 1850 et 1854 peut donner une idée générale de la condition financière du pays : —
Douanes £583.530 £1,168,018
Excise 20,017 17,238
Travaux publics 52,563 83,236
Revenu territorial 21,714 71,216
Impôts sur les banques 13,312 26,770
Revenu casuel 13,094 38,601
La dévise de la capitale du Canada se compose des trois mots suivants : '* Industrie, Intelligence et Intégrité,'' et son emblème est le castor. Pour parvenir dans la vie et poursuivre une carrière honorable, ces trois qualifications sont nécessaires, et celui qui les possède et sait en faire usage ne peut manquer suivant le cours des choses ordinaires de réussir au Canada. Il n'existe ni monopole, ni privilèges exclusifs, ni ces barrières infranchissables qui séparent les différentes classes de la société dans la Grande-Bretagne, pour arrêter le progrès de l'homme honnête et industrieux.
Nombre des habitants riches et respectés du Canada sont venus débarquer sur ses bords seuls, sans amis et bien souvent sans moyens de pourvoir aux besoins du lendemain ; et des
milliers de ces nouveaux arrivés qui encombrent les quais de Québec durant les mois du printemps et de Pelé, jouirront quelques années plus tard d'une indépendance ample et bien gagnée.
Le Canada est essentiellement "une terre promise où il ne peut y avoir de déception " particulièrement pour le travail ; une terre où il y a de l'ouvrage et du pain pour tous ; où la perspective d'une prospérité certaine ne manque jamais d'alléger la fatigue de chaque jour et d'encourager le cœur qui a confiance en lui-même et a foi dans son droit et son pouvoir d'acquérir une position honorable parmi ses semblables ainsi qu'une part légitime des faveurs et des privilèges qui appartiennent à une vie honnête et indépendante.
Le Canada offre un marché pour tous les produits du monde ; on peut s'y procurer tout ce qui est nécessaire à la vie ainsi que tous les articles de luxe qui se vendent en Europe ou ailleurs — on les importe ordinairement par la voie d'Angleterre ou des Etats-Unis.