CLIMAT DU CAIS-ADA
Les opinions les plus erronnées existent à l'étranger au sujet du climat du Canada. Ceux qui reprochent au pays la rigueur de ses hivers et qui préférant les frimats et les brouillards à un ciel clair et brillant, n'ont pas le courage de les affronter, ignorent encore l'étendue et la valeur des bienfaits que confèrent sur le Canada ses neiges si renommées.
Ceux qui tremblent à l'idée du thermomètre tombant au dessous de zéro auront peine à croire que la diminution graduelle qui se fait annuellement dans la chute de la neige en certains endroits est un sujet de regret pour le cultivateur du Haut- Canada ; ce qu'il demande, ce sont les anciens hivers qui permettent de faire usage des traînaux durant quatre mois, et le printemps au commencement d'avril. Une chute abondante de neige accompagnée de gelée équivaut à la construction du meilleur chemin macadamisé dans toute l'étendue du pays. En hiver l'absence de neige suffisante pour les traînaux est aussi à craindre et à déplorer que le manque de pluie au printemps. Heureusement l'une et l'autre sont rares.
Le climat du Canada est en quelque sorte un climat exceptionnel, principalement dans la péninsule du Haut-Canada. L'influence des grands lacs s'y fait sentir d'une manière étonnante dans l'élévation de la température de l'hiver et les chaler^rs modérées de l'été. Dans les autres parties du Canada, oij cette influence ne se fait pas sentir, ainsi qu'au milieu des Etals de New York et d'Iowa, orl est exposé aux deux extrêmes, un froid . violent en hiver et une chaleur intense en été.
On peut puiser beaucoup d'information touchant le climat .
du Canada de la simple narration des faits ayant trait à la culture des fruits. Le raisin et la pêche viennent en abondance et mûrissent à perfection en plein air dans le voisinage de la rivière Niagara et le long des bords du lac Erié. L'île de Montréal est célèbre pour la qualité de ses pommes, et l'île d'Orléans en bas de Québec pour ses prunes. Le melon et Ja tomate acquièrent une grosseur considérable par tout le Canada, et mûrissent bien en plein air. On en sème la graine vers la fin d'avril et cueille le fruit en septembre. Les citrouilles et les courges atteignent des dimensions extraordinaires, et ont pesé au dessus de 250 livres, — dans le voisinage de Toronto. On cultive communément le blé d'Inde, le houblon ainsi que le tabac, et les profits qu'on en retire sont considérables. Le chanvre et le lin sont des plantes indigènes, et pourraient être cultivés sur un grand pied dans plusieurs parties du pays. Le placement de quelques capitaux rendrait l'Angleterre tout à fait indépendante de la Russie et des autres pays pour son approvisionnement de ces articles.
L'illustration la plus frappante de l'action des grands lacs sur le climat du Canada se trouve dans ]es limites naturelles dans lesquelles certains arbres sont restreints par le climat généralement. Le noyer noir, ce bois précieux, pour lequel le Canada est si célèbre, cesse de croître sur les côtes de l'Atlantique au nord de la latitude 41^, cependant sous l'influence du climat camparativement doux de la péninsule du Haut- Canada, on en trouve de grande dimension et en profusion jusqu'au 439 de latitude.
VOIES DE COMMUNICATION- ENTRE LES DIVERSES PARTIES DU CANADA ET LES ETATS DU NORD DE L'UNION.
12. L'énumération suivante des moyens de communication entre Liverpool et Québec, et entre Québec et les autres parties du Canada et les Etats du Nord, du milieu et de l'ouest de l'Union américaine, suffira pour donner une idée des facilités que l'achèvement du grand tronc de chemin de fer du Canada, le grand chemin de fer occidental et le système sans pareil des canaux canadiens offrent à l'émigré qui traverse la partie septentrionale du continent américain.
L'émigré fait la traversée de Liverpool, ou de tout autre port de l'Europe à Québec en quinze jours ou un mois, selon qu'il s'embarque sur un steamer ou un bâtiment à voile. 11 peut delà se rendre à Toronto dans le Haut-Canada soit en bateau à vapeur soit par chemin de fer. De Toronto, le chemin de fer du nord, long de 94 milles, le conduit à Collingwood sur le lac Huron, et delà en steamer il peut aller à Chicago et le Far- West ; ou se rendant par le grand chemin occidental à la ville du
Détroit dans l'Etat du Miobigan, il peut se diriger au moyen de chemin de ter sur n'importe quelle partie des Etats de l'ouest; il peut encore se transporter par chemin de fer et par steamer, ou par chemin de 1er seul de Toronto à BufFalo, et delà par chemin de fer se rendre dans les Etats de l'Est, ou par steamer et chemin de fer se diriger vers l'Ohio et les Etats contigas, ou encore par steamer ou par chemin de fer vers Chicago et le Far-West.
Enfm si le voyageur désire se hâter, qu'il s'embarque pour Portland dans l'Etat du Maine, oii le steamer Great Eastern doit venir débarquer sa cargaison, et où se trouve pour le présent le terminus du grand tronc du chemin de fer du Canada. Il peut delà se rendre à Toronto dans le Haut-Canada en 25 à 30 heures. Mais quand cette merveille du monde, le pont Victoria qui doit unir les deux bords du St. Laurent, aura été complétée, la distance entre Portland sur l' Atlantic et Toronto situé au cœur du pays, longue de 625 milles, pourra être parcourue en vingt-deux.heures. Des bateaux à vapeur magnifiques, qui n'ont pas de rivaux, même en Europe, sous le rapport de la grandeur, de la vitesse et des équipements, traversent les grands lacs à toute heure, etpresque partoutà l'heure qu'ilest,le voyageur a le choix de la route soit par terre soit par eau. Voilà le système sans rival de voies ferrées et de communications à vapeur qui traversant le territoire canadien met le FarWest à moins de seize jours de distance de Liverpool, de Londres et d'Anvers.
x\insi donc tout émigré qui désire faire diligence dans son voyage, tout en étant comfortable, et ne pas s'exposer à des exactions, doit tâcher de se rendre à Québec, quelque soit, sa destination dans l'Amérique du Nord, soit qu'il veuille se fixer en Canada, soit qu'il se dirige vers les Etats-Unis. Le succès obtenu l'année dernière par les steamers canadiens entre Liverpool et Québec a établi la supériorité de cette route sur toutes les autres. Les vaisseaux faisant voile pour Québec sont a-ssujétis à des règlements très rigides en ce qui regarde la protection et le comfort des passagers ; et une fois dans Québec, l'émigré dans son voyage vers l'ouest sur les routes canadiennes, se trouve sous la puissante protection du gouvernement canadien qui le garantit des extortions et du pillage. Le coût du passage sur les voies ferrées et les steamers du Canada ne dépasse en aucun cas un sou et demie par mille. De Québec, par l'une ou l'autre des routes auxquelles nous venons d'attirer l'attention, il peut se rendre au lieu de sa destination, soit aux Etats-Enis soit au Canada, avec plus de célérité, de stlreté et de comfort que s'il débarquait à New- Yofk, à' Boston ou dans n'importe quel port de l'Union.