‹ Le Canadien-français [microforme]Chapitre 11 sur 48 · La terrifique masse Ji · texte numérisé non relu

La terrifique masse Ji

Tse dans une culbute perpé-

bouillonet de Stupéfaction, presque pittoresque COUrS d’eau qui S hauteurs de Ja falaise de Mont- Mmorenci offre un spect délicieux. Niag Cataractes ; Mon Virgile ou leur Wordsworth. Montmorency est leur Pope ; Niagara leur Milton. Grandeur d’un côté ; der

grand fleuve dont les eaux puissantes vont refouler de cent lieues la saumure de la mer. La discrète sourdine des eaux tombantes, l'hymne vespéral des petits chanteurs aïlés dispersés dans la feuillée, le souffle de la brise dans les cordes éoliennes des gra ‘ds pins, tout cela forme un concert encore plus beau que le furent sans doute les pizzicatos de la lyre d’Orphée. Trop tôt à notre gré, le soleil couchant dit bonne nuit aux eaux rougissantes sous ses ardents baisers ; et forcés nous-mêmes de dire bonsoir à ces lieux enchanteurs, nous nous en éloignons à regret, en emportant un souvenir qui désormais n'éveillera dans notre esprit que des images gracieuses, car, comme dit le poète, ‘‘ une belle chose est une joie pour toujours, Le charme n’est cependant pas encore rompu, et ces belles nuits d'été canadiennes nous donnent la vague perception de ce qu'éprouva Longfellow lorsqu'il écrivait ces beaux vers : -.......Silencieusement une à une, Dans l’infinie prairie du ciel fleurissent les étoiles, Ces myosotis des anges. ......,

Mais, si charmants que soient le Sault Montmorenci et ses alentours, il ÿ à encore une plus grande variété de décor dans le vaste

ne

Panorama qui se déroule aux regards du haut de la fameuse Promenade qu’on appelle la Ter- Tasse Dufferin, juste sous les créneaux de la Citadelle et tout près du Jardin du Gouverneur : terrasse baptisée d’après le plus fin, le Plus élo-

Pulaire des hommes d'Etat

ait délégués au Canada pour

ses romantiques vallons, ses nids gazouillants sous la feuillée et ses rives dentelées dont les découpures offrent ça et 1à des réduits discrets baignés par les eaux pénétrantes du St-7 -ent, cette île poétique est tout simplement u.1 coin de terre enchanté. Heureux les citadins qui tous les étés vont y chercher le calme et la fratcheur, loin des coups de soleil et de la poussière de la ville, loin surtout des tracas et du brouhaha des affaires ! Non loin, dans le champ visuel, la paisible rivière Saint-Charles déroule lentement ses anneaux serpentins à travers une vallée d’une beauté et d’une fertilité également merveilleuses : spectacle charmant qui nous rappelle ce que le poète a dit d’une autre vallée qui n'avait rien de plus beau :

‘°O ! sweet is the vale where the Mohawk glides,

On its winding way to the sea. ”

Ici, se détache en pleine verdure quelque coquet village, avec sa modeste église dont le clocher cuirassé de ferblanc scintille au grand soleil; 1à, le toit simple et hospitalier d’une maison de ferme émerge à travers la puissante frondaison des érables ; il semble venir, montant jusqu’à nous, des senteurs du chèvrefeuille ou de la vigne grimpante qui en décorent la façade.

C'est bien ici un lieu enchanté, un coin de terre qu’aime le Canadien-Français avec tout autant de passion que celle qu’éprouvaient ses aieux Pour la Belle France, Pour laquelle ils tombaient vaincus à Azincourt, vainqueurs À Patay.

Au delà, fermant l'horizon, comme adossé

tueux rempart des Lau-

estompes fantastiques ‘dan Pusculaire, éveillant 1j’

Saint-Jean, Enter

On voir d’une riv

À peine distincte à se déroule graduelleeau couvert de fermes, de villages et d'églises, rappelant singulièrement les bords du Saint-Laurent au-dessous de Montréal. Le regard ne se lasse point de cet imposant panorama : d’un côté, des champs

de blé montant du lac ; de l’autre, l'immensité des eaux, ?

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