L'ATTITUDE DE M. BOURASSA
Au rédacteur du HERALD :
MONSIEUR, —Vous avez jugé à propos de traduire et de reproduire dans vos colonnes l'article d'un petit journal de la campagne donnant créance à l'absurde accusation d’anglophobie lancée contre moi par la presse jingo. Cette feuille est la seule de toute la presse canadienne-française à affirmer que je ne répéterais pas dans les autres provinces ce que j'ai dit à Montréal. Tant que cette imputation est restée confinée À l'étroit horizon du journal en question, je n'en ai fait nul cas. Mais, dès que vous lui donnez publicité, permettez-moi de vous dire franc et net que je suis prêt à aller répéter, mes expressions d'opinion dans n'importe quelle province anglaise, Cela n'eût-il d'autre effet que de démontrer à”mes compatriotes que leurs voisins ont l'esprit beaucoup plus large que ne les représentent la plupart de nos hommes publics et de nos journaux, à mes yeux ce serait un résultat digne de quelque effort. Je suis de ceux qui regardent comme une mauvaise action le fait d'entretenir dans les esprits des légendes d’intolérance mutuelle des races ; légendes qui, si elles étaient vraies, rendraient impossible toute discussion des problèmes nationaux.
Vous admettrez que je trouve extrêmement amusant d’être représenté sous les traits d’un anglophobe de la pire espèce, quand depuis deux ans déjà, dans mes
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tions des deux partis, je ne suis précisément appliqué à combattre chezeux l'idée arrêtée que dans les provinces anglaises, en Ontario surtout, il règne une telle étroitesse d'esprit jingo que le droit de contradiction ou de critique
relations constantes avec les public
existe pas.
Votre etc., HENRI BOURASSA.
Papineauville, 29 oct. 1901.
Une autre fausse impression qui paraît avoir quelque cours dans l'Ontario, c'est que le fréquent déploiement du drapeau tricolore dans la
province de Québec est un signe manifeste de déloyauté à l'égard de la Grande-Bretagne. Rien de moins fondé : on se trompe du tout au tout sur le mobile de ces manifestations, et M. Louis Fréchette l’a éloquemment démontré dans une récente harangve devant la Société Royale du Canada, à Ottawa. Le passage est court, traduisons-le :
‘‘ I] peut paraître quelque peu bizarre aux yeux des dit M. Fréchette, de voir tant de drapes s publiqt
étrangers français arboré Montréal, à Québec, à Ottawa même. Ceux qui et qui ne nous jugent pas de ouisont moins étonnés, parcequ'ils
à l'occasion de nos fé
connaissent 1ni
dire ou à distance savent que ce symbole n'a dans notre pensée aucune on politique quelconque, que ce n'est rien de us que l'emblème de nos origines ; ils sa-
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Photo. par Montminy, Québec.