‹ Le Canadien-français [microforme]Chapitre 22 sur 48 · HON. E. J. FLYNN, LL.D., CR · texte numérisé non relu

HON. E. J. FLYNN, LL.D., CR

(EX-PREMIER-MINISTRE DE LA PROVINCE DE QUÉBEC), CHEF DE L'OPPOSITION PROVINCIALE,

PATRIOTE ET LOYAL 55 vent en effet que, si nous sommes fiers de le voir flotter sur nos têtes, nous n'en sotimes pas moins reconnaissants À l'égard des institutions britanniques, qu'ellesmêmes sont assez haut placées et assez libérales pour ne pas prendre om!

de cet inoffensif pavoisement.

“Oui, mesdames et messieurs, nous aimons le drapeau du pays de nos ancètres, tout comme les Canadiens-Anglais aimeraient le drapeau de leur mère-patrie si les rôles étaient renversés : mais c'est un drapeau loyal, et—je le proclame ici avec toute l'emphase possible—le jour où ce drapeau serait

yhonyme de déloyauté, toutes choses égales d'ailleurs, vous n'en verriez pas un seul arboré dans toute la province de Québec !

Que M. Bourassa et ses compatriotes restent donc français de sentiment : qu'ils aient le culte des classiques français, qu'ils conservent une éternelle affection pour le beau pays d’où leurs aïeux sont venus au Canada : qu'y a-t-il en tout cela qui ne soit compatible avec la loyauté britannique? Ne réclamons-nous pas nousmêmes la même liberté ? Un Canadien d’origine écossaise ou irlandaise n'aime-t-il pas, tout autant que M. Tarte, voir les couleurs du pays de ses pères flotter à la proue de son bateau de plaisance ? Il y a parmi nous des gens qui ont dans leur cœur un coin tout chaud pour la ‘ Merrie England'', D'autres répètent la vibrante apostrophe du barde écossais à son pays :

O Caledonia, stern and wild,

Meet nurse for a poetic child,

Land of brown heath and shaggy wood, Land of the mountain and the flood, Land of my sires, what mortal hand

Can e'er untie the filial band

That knits me to thy rugged strand ? (1) Et que d'autres aiment à exprimer avec le

poète leur Emeraude !

aniour

passionné

pour

Though bright are England's fountains,

And fertile are her plains ; Though Scotia's lofty mountains

Where savage grandeur reigns :

While ‘mid their charms I wander

My thoughts I turn the while, And seem of thee the fonder,

My own Green Isle, (2)

Digne nourrice du poète ton enfant, Terre des sombres bruyères et des bois touffus, Terre des montagnes et des torrents, .°

Terre de mes aïeux, quelle main mortelle Pourra jamais dénouer le lien filial

Qui m'attache à tes pittoresques rivages ?

L'Angleterre a ses eaux ruisselantes,

Et ses fertiles plaines ;

L'Ecosse a ses altières montagnes Où règne la sauvage beauté :

Je passe au milieu de leurs enchantements, Mais ma pensée vole ailleurs,

C'est toi plus que toute autre que j'aime,

O mon Ile verdoyante !

l'Ile

Traduction littérale de ces vers de Walter Scott : O Calédonie, austère et sauvage,

u F Le

Oui, si nous étions nés là, si nous y avions assez Vécu pour nous familiariser avec la beauté de ses paysages et avec la chaude hospitalité de son peuple, lequel d’entre nous, à la pensée de ne plus jamais revoir l'éternelle verdure des collines et des vallées d'Érin, ne sentirait les larmes monter à ses yeux ? lequel d'entre nous ne serait tenté de s'écrier, le cœur gros, la tête pleine de l'ineffaçable souvenir et des impérissables visions d'Erin :

O Sogarth aroon, sure I know life is fleeting, Soon, so 11, in the Strange earth my poor bones will lie ; I'have said my last PraYer and received my last bles. ing, And, if the Lord's Willing, l'm ready to die : But, Sogarth aroon, can 1 never again see The vaileys and hills of my dear native land ? When my soul takes its flight from this dark world of sorrow Will it pass through old Ireland to join the bless'd band ? (*)

(*) O Sogarth aroon, je sens la vie s'envoler, Bientôt, bientôt, mon Corps reposera dans cette terre étrangère.

J'ei dit ma dernière prière, reçu ma dernière Lénédiction, Si c’est la volonté du Seigneur, je suis prêt à mourir. Mais, Sogarth aroon, ne verrai-je donc plus jamais

té 4

LE

O Sogarth aroon, 1 have kept throu The thrice-blessed shamrock to lay o'er my clay, And, oh ! it has minded ie often and often

Of that bright-similinig valley, so far, far awa Then tell me, 1; The place where it

ou, Will Lever again see

AW ON ty OWI native soc ?

When my Lodx lies cold in the 1

nd of the strange

Will my soul pass throt God?

gh Erin on its way to our

arder le Canadien-Français de travers et de décréter qu'il

Allons donc, au lieu de res

n'y a pas de place en son cœur pour l'Angleterre parce que son tempérament le porte à

e mon cher pays natal?

Lersque mon âme prendra son essor loin de cett é de larmes,

Dans son vol vers les cieux, passerat-elle par la vieille Irlande ?

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