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c’est d’être bons enfants, bien raisonnables. On vient de prouver de toute évidence à ces braves gens qu’il n’y a pas le moindre bon sens à supposer les Canadiens-Fran- Sais moins loyaux qu’eux-mêmes envers l'Angleterre; alors ils se rebiffent, et pour atténuer ou tout au moins dénaturer ce qu'ils ne peuvent plus longtemps réfuter, ils disent que, si la population française de Québec est loyale, c’est par pur intérêt, par calcul, parce que le régime britannique lui assure des privilèges qu’elle n'aurait jamais obtenus d’aucune autre puissance. Nous mettrions ces excellentes personnes dans un joli embarras si nous leur demandions une consciencieuse analyse des mobiles de leur propre loyauté, à eux qui s’en vantent si bruyamment. Hélas !
l'intérêt, l’égoïsme sous ses mille formes de Protée, ne semblent-ils pas être à la base même de la plupart de nos actions, même de celles qui ont tous les dehors du désintéressement ? sont-ils parfaitement étrangers à notre loyauté envers la mère-patrie? n'est-il pas vrai que ce louable sentiment provient pour la plus large part de notre intime conviction d’être incomparablement plus en sûreté et con-
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fortables de toutes manières sous le régime britannique que nous ne pourrions l'être sous aucun autre !
Il cst convenu que nous, Canadiens de langue anglaise, avons la vanité britannique Joliment développée : il n’est pas de gou- Vérnement aussi éclairé, aussi libre que celui de la Grande-Bretagne, Pas d'armée aussi brave que la sienne, pas de marine aussi puissante, pas de marins, pas de soldats comme les siens, et naturellement il n’est pas d'aussi glorieux drapeau que le drapeau britanique. Nos compatriotes de langue frauçaise sont-ils entièrement étrangers à ce genre de fierté nationale ? ‘Sous ce drapeau je suis né, sous ce drapeau je mourrai : ”’ telle est la profession de foi que feu sir John A. Macdonald légua au peuple Canadien tout entier, c’est avec ces paroles qu’il se présenta devant le peuple non longtemps avant d’être emporté par la mort. Or,
voici un fait notable: Jes Canadiens-F rançais voulurent prouver qu’ils endossaient cette allé- Seance, en donnant un cordial appui au parti Conservateur dans les élections générales qui
Survinrent peu après, et où l'illustre chef livra
sa dernière bataille et Sagna sa dernière vic-
toire ! Il faudrait donc croire que, chez eux
comme chez nous, il y a du sentiment britannique, tout autant que de l'intérêt, dans leur loyauté au trône d'Angleterre.
1 L'auteur de ces lignes voudrait se tromper,
mais il ne peut se défendre de croire que l'impu-
| tation de loyauté si souvent lancée contre le peu-
ple français de la province de Québec a d'abord 1: germé dans le cerveau honnête, mais décidé- |
| ment obtus, de certains ultra-protestants inca-
| pables, apparement, de croire qu’un fervent
catholique romain puisse faire un bon sujet
Î britannique, surtout depuis la promulgation
} | | des décrets du fameux concile du Vatican il y | a une trentaine d'années. Possiblement loyal, le fanatique Musulman des Indes, le fétichiste | Indou aussi; mais un catholique romain ?
! jamais ! c'est une impossibilité. Après tout, j il ne faut pas être trop sévère pour les bons protestants qui professent cette opinion, si peu charitable qu'elle soit, car on l’a vue insinuée, peu après la dissolution du Concile en question, sous la signature même d’un polémiste qui était alors considéré le plus grand homme d'État l'Angleterre, feu W. E. Gladstone. Il est vrai de dire que la fausseté de l'argument