‹ Le Canadien-français [microforme]Chapitre 3 sur 48 · CANADA · texte numérisé non relu

CANADA

Cet antagonisme a été, non moins malheureusement, attisé par le dénouement des dernière= élections générales pour les Communes, et «icore davantage par celui des élections provinciales de Québec qui ont suivi les premières. Dans la mêlée, l’une et l’autre races ont paru à certains moments rangées en bataille l’une contre l’autre. Il est bon de dire que cette fâcheuse disposition d’esprit ne se fût jamais fait jour sans la complaisance de quelques journaux de parti qui, au lieu de décourager de stériles chicanes et de souffler la concorde et le bon vouloir, ont semblé croire que le meilleur moyen de gagn-r des voix à leur parti respectif était de renseigner faussement et méchamment l’une des deux races sur les sentimen*- et les desseins de l’autre. Et, chose étonn, e, les trouble-fête capables ae recourir à d’aussi vils moyens voudraient nous faire croire qu’ils sont animés de motifs patriotiques ! Si la peine du bannissement existait contre les patriotes de ce calibre, avec quelle justesse on pourrait leur appliquer le couplet composé, dit-on, par deux sacripants au moment de leur embarquement à bord d’un vaisseau de convicts en partance pour la terre

de Van Diemen, qui servait alors de colonie pénale à l'Angleterre :

We are true Patriots, for, be it understood, We leave our country for our Country's good, (1)

Dans le cœur de tout bon Canadien, Vouulant

Rome, le bon citoyen Tangera ces coupables au nombre des Parricides ! Avant tout il appli.

quera toute son énergie à amener les deux Srandes races de l'Amérique Britannique du Nord à se Comprendre l’une l'autre mieux q''elles ne l'ont fait jusqu'ici, croyant ainsi préparer l’époque, depuis si longtemps appe-

sera l’émulation de chacune à mieux apprécier

(1) Traduction litlérale : “ Nous Sommes les vrais

Patriotes, puisque c'est Pour son bien que nous quittons notre pays, ”

laquelle des deux fera les plus grands, et au besoin les plus durs sacrifices pour l’avancement et le progrès de leur commune patrie.

L'auteur de ce modeste Ouvrage, un enfant d'Ontario qui depuis plusieurs années a fait de longs séjours à Québec, n'hésite pas à ex- Primer son intime conviction que, si les Canadiens-Français en général étaient exactement renseignés sur les véritables sentiments qu’éprouve à leur égard la grande masse de la population d'Ontario, s'ils savaient combien nous les estimons, combien nous sommes heureux et fiers de reconnaître les excellentes qualités de cœur et d'esprit qui les distinguent, il ne serait plus possible d’exciter chez eux de l’animosité à notre égard. Les récentes proyocations en cesens—eussent-elles même eu quelque succès, —n’auraient soulevé de sa part, après le premier mouvement de réprobation, que le dédaigneux silence qu'elles mérite it. D'autre part, on peut dire, peut-être encore avec plus de force, que, si nous autres d'Ontario connaïissions le Canadien-F rauçais tel qu’il est réellement, si nous pouvions le coudoyer tous les jours, le fréquenter chez lui dans l'intimité,

alors tout ce qui peut nous rester de préven-

tions contre lui se dissiperait du coup, tout ce qui nous reste d’antipathie à son égard se transformerait en un sentiment contraire ; nous n’aurions qu’à confesser notre méprise sur le compte de sa race ; nous reconnaîtrions qu’il est impossible de souhaiter une meilleure classe de camarades avec qui travailler la main dans la main pour le progrès moral, intellectuel, matériel, social et politiquedu Canada, Pour en faire l’une des plus nobles nations qui aient jamais resplendi dans l’histoire.

Si, au lieu de prostituer son encre à des luttes trop souvent acerbes et factieuses comme il est arrivé depuis une trentaine d'années, le presse politique des deux grandes provinces se fût plutôt appliquée à atteindre l’objet national plus haut indiqué, combien il eût mieux valu Pour toute la nation, combien il eût mieux valu pour les partis politiques eux-mêmes !

N'’aurait-on pas appris que le grand point est que le pays soit bien administré, et que, ce point gagné, le nom du parti qui administre bien importe peu? N ’aurait-on pas placé le devoir de l'homme d'Etat tout à fait en haut, en pleine lumière, au lieu de chercher à se culbuter les uns les autres du pouvoir au moyen

RFI SG OUINRENRS TPE"

DE MONTRÉAL

MINISTRE DE LA COLONISATION ET DES TRAVAUX PUBLICS DE LA FROVINCE LE (UÉBE(

HONX, HORACE A RCHAMBE AULT

PROCUREUR-GÉNÉRA

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