‹ Le Canadien-français [microforme]Chapitre 48 sur 48 · À QUÉBEC, MONTRANT L'ORÉLISQUE WOLFE-MONTCALM · texte numérisé non relu

À QUÉBEC, MONTRANT L'ORÉLISQUE WOLFE-MONTCALM

Pas déjà fait en son cœur la même nuance ?

Et les Canadiens-Français en sont-ils moins loyaux à l'égard d'Edouard VII, qu'en 1860 ils accueillaient sur le sol Canadien, sous son moins auguste titre de Prince de Galles, avec la même ardente affection, le même bruyant enthousiasme qu'ils devaient manifester quarante ans plus tard au passage du fils du roi à Québec? Loyaux à George III, loyaux à George IV, loyaux à Guillaume IV, loyaux à Victoria, loyaux à Edouard VII, loyaux au prince royal qui, s'il plaît à Dieu, sera le successeur d'Edouard VII! Non, ce n'était pas une simple figure de rhétorique que le mot célèbre de feu sir E, P., Taché, lorsqu'il dit que, si jamais on tentait de rompre violemment le lien qui unit le Canada à la Grande-Bretagne, le dernier coup de canon pour la défense de cette union serait tiré par un Canadien-Français, du haut de la citadelle de Québec,

L'auteur ne regrette qu'une chose : c'est qu’il soit nécessaire, désirable même, d'adresser un plaidoyer comme celui-ci au peuple d'Ontario, pourtant réputé pour sa nature généreuse et confiante, Hélas ! l'erreur subsistera aussi longtemps que l'homme sera

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mortel ; tant que l’égoïsme sera toléré dans les cœurs, il y aura toujours des politiciens sans pudeur pour faire appel aux passions inavouables. Maïs celui qui trace ces lignes est convaincu que ces fanatiques appels aux deux grandes races canadiennes perdraient bientôt tout leur venin, seraient même bientôt frappés de mutisme, si seulement chacune des deux nationalités pouvait se rendre compte des qualités distinctives et des véritables sentiments de l’autre. Or, rien comme le tête-à-tête pour amener cette bonne entente, et, si seulement l’usage des deux langues pouvait devenir général, le tête-à-tête serait tout simplement commode et délicieux. C’est notre conviction que, même sans cela, un grand pas serait fait si les habitants des deux provinces se rencontraient plus souvent et plus familièrement.

Par exemple, l’auteur est joliment certain que, si ceux de ses lecteurs pour lesquels Québec est à peu près #rra incognita prenaient l’habitude d’y venir passer leur vacance d'été, visitant quelques-unes des délicieuses villes-d’eaux de la province-sœur, et se mêlant à la cordiale population française qui les habite, ils n’auraient pas répété cette expérience deux ou

trois années de suite que la lettre et l'esprit du présent livre ne leur apparussent plus que justifiés. Retournés dans leurs foyers, ils répèteraient mentalement, sinon en toutes lettres, l'exclamation de la Reine de Saba après avoir vu Salomon dans toute sa gloire : ‘Oh!

on ne m'avait pas dit la moitié !

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