RÉSUMÉ DES EXPLORATIONS
un bras de mer traversant les territoires nouvellement conquis poreux. On remonte sans succès tous les larges estuaires; la configuration
venaient renforcer si à propos la poignée d'hommes dévoués à Quesada, seraient compris dans les répartitions des terres, des indigènes et du butin. A la suite de cet arrangement, le partage de Tor et des émeraudes fut fait, et chacun des soldats reçut à peu près 1000 piastres, ce qui équivaudrait aujourd'hui à 25000 francs, c'est-à-dire dix fois plus que n'avaient reçu les soldats de Cortez, pour leur part des trésors de Montczuma, quatre fois et demie moins que ceux de Pixarre pour la fameuse rançon d'Atahualpa, et douze ou treize fois moins que la part attribuée en 1534 aux soldats de Ueredia (6000 caxtellanos ou ducats par simple soldat) lors de la conquête du Sinu, la plus riche qui fut jamais faite. L'opulence des Ghibchas était cependant considérable, et les chroniqueurs rapportent que les conquistadores parvinrent à recueillir chez eux un butin dont la valeur dépassait le chiffre, énorme pour l'époque, de 30 millions de notre monnaie.
Le caractère pour ainsi dire commercial de toutes les expéditions des Espagnols en Amérique, au seizième siècle, est des plus frappants et n'a cependant pas été assez remarqué. Ceux qui obtenaient le gouvernement de quehjue région nouvelle passaient un véritable contrat avec la couronne, qui, moyennant certaines redevances, leur abandonnait les quatre cinquièmes des avantages devant résulter de leurs découvertes, conquêtes et colonisations. CTest grâce à l'essor extraordinaire ainsi laissé à l'initiative individuelle que sont dues la merveilleuse audace, l'incroyable persévérance, la réussite inespérée et aussi, il faut bien le dire, l'insatiable et cruelle avidité des farouches aventuriers castillans, chez lesquels se rencontraient d'une façon éminente et presque à égal degré l'ardeur de la foi, la soif de l'or, la cruauté sanglante et rénergique bravoure de l'homme qui combat pour ses propres intérêts. L'emplacement de Bacata, heu de plaisance des Zipas, avait plu à Quesada, qui, trouvant «que les environs ressemblaient à Grenade, son pays natal, y avait fondé, le 6 août 1538, la ^ille de Santa-Fé de Bogota. La capitale des Ghibchas, situéi; non loin de là, s'appelait Funza «t comptait vingt mille huttes. Une fois tout réglé, Quesada laissa le gouvernement à son ^rère, Hernan Ferez, l'un des plus cruels, mais aussi des plus brillants capitaines de l'époque, «t descendit le Magdalena avec Belalcazar et Fedreman. Ils se [rendirent par Carthagène «n Europe, où ils cherchèrent à obtenir de Charles-Quint le titre d'adelantados des pays qu'ils avaient parcourus ou conquis. Belalcazar y réussit assez vite pour les nagions de Popayan et d'Antioquia, qu'on détacha du domaine attribué à François Pizarre; Fedreman mourut bientôt après en Flandres, après avoir vu confisquer ses biens, et Quesada, après une longue attente, fut fait maréchal, mais on lui préféra pour le gouvernement du Nouveau Royaume de Grenade, théâtre de ses prodigieux exploits et où il avait su se faire adorer, le fils de son ancien chef de Lugo. On permifenûn à Quesada d'y retourner eu 1550, en lui accordant certains avantages, mais, moins heureux toutefois que ses deux plus grands émules, Cortez et Pizarre, ml ne put jamais obtenir le titre de marquis, qu'il ambitionnait. On le lui avait promis, il est '^mi, s'il parvenait à découvrir le Dorado, De concert avec ses frères, Quesada se mina par vanité dans celte chimérique entreprise et mourut pauvre à Mariquita en 1579, sans avoir »^eçu 11 récompense nobiliaire accordée aux conquérants du Mexique et du Pérou, et qui ^tait si légitimement due à ses éclatants services.
Il y eut encore quelques tentatives de soulèvement, mais, convaincus qu'ils ne pourraient secouer le joug étranger, quelques-uns des Ghibchas s'entre-tuèrent et la grande majorité 3e soumit à leurs nouveaux maîtres, qui se les partagèrent comme des troupeaux et les attachèrent à la glèbe, sous prétexte de sauver leurs âmes. Le territoire des Ghibchas ne dépassait pas les terres froides; on remarquait à l'entour quelques tribus belliqueuses, telles <)iie les Jfiaot, les Pancheij les Sutagaoê et les Colimas, etc., qui ne furent définitivement soumises qu'un [siècle et demi plus tard, époque à laquelle toutes les peuplades de la côte et des végions chaudes, à fort peu d'exceptions près, furent aussi subjuguées, converties et en partie civilisées, oubliant souvent jusqu'à eur propre langue, pour adopter celle de leurs vainqueurs H fusionner entièrement avec eux.
des côtes se dessine; Cabrai aborde au Brésil en 1500; la Floride est découverte en 1512 par Ponce de Léon; la Plata est reconnue en 4546 par Diaz de Solis; Sandoval, l'un des lieutenants de Cortez, explore le Tehuantepec; Orellana, un des compagnons de Belalcazar et de Gonzalo Pizarre, abandonne le jeune frère du conquérant du Pérou sur le rio Napo et, en suivant le courant, il arrive à TAmazone, qu'il descend jusqu'à l'Atlantique; Diego de Ordas navigue le premier sur le Meta et l'Orénoque; Gonzalèsde Avila et Cernada, en 1521, croient un moment avoir réussi en signalant l'existence d'une mer douce intérieure (lac de Nicaragua) à petite distance de la mer du Sud et communiquant avec la mer du Nord par un large émissaire. Les indigènes laissent entendre qu'un autre cours d'eau se déverse dans le Pacifique; on baptise déjà ce fleuve si désiré du nom de rio Partido. Mais les découvertes se succèdent rapidement et démontrent qu'aucune solution de continuité n'existe jusqu'au Bosphore, trouvé en 1520 au milieu des brumes et des frimas, 1500 lieues plus au sud, par Magellan, le vaillant marin portugais au service des rois de Castille, ou jusqu'aux infranchissables barrières de glace qui avoisinent le pôle Arctique*, et signalées tout d'abord par Cabot, puis par Verazzani et Jacques Cartier. Le problème changea dès lors complètement. Aussitôt qu'on eut la notion approximative de l'existence du continent occidental, on comprit que les principales régions delà terre qui, par leur richesse et leur population, pouvaient fournir le plus d'éléments au commerce se trouvaient dans l'hémisphère boréal et qu'une communication directe par mer entre ces régions était presque empêchée par la prolongation bien au delà de l'équateur de l'Afrique et de TAmérique du Sud. L'étroitesse des isthmes par lesquels ces deux continents étaient reliés à leurs voisins, suggéra ridée de les percer artificiellement; il s'agissait tout d'abord de trouver deux rivières navigables se jetant dans les deux océans en partant d'un même col bas et étroit qu'on aurait coupé pour les réunir.
i. Lo famoiix passage rlii Nortl-Oiiosl fut copeiulanl franchi on Iraînoan, en 1854, par le commandanl Machin», après avoir abandonné Vhivestigalor, arrêté par la hancpiise. La latitude par trop l)oréale de ce passage le rend complèternent inulih\ Aucini navire n*a pu encore en profiler. Il en est praliquenient de même relativement à Suez, pour le passage asiatique du Nord-Est, par h^quel le capitaine Palandcr et le baron Nordenskiold ont réussi cependant à conduire leur bâtiment en 1879.
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Di'jii cil 1520 Saavcdra parlait de couper l'isthme de Diirien. et en 15-28 le navigateur portugais Antoine Galvao disait qu'on pouvait ouvrir un canal par les isthmes du Mexique, du Nicaragua, de Panama et du Darien méridional, et il en proposait hardiment l'exécution à Charles- Quint, ainsi qu'en lémoigne un document soumis au congrès portugais par Pereira de Païva.
L'empereur donna dès 157)4 des instructions à Cortez pour cherchci' une route entre les deux océans, et Gomara. auteur de l'Histoire des Indn, indiquait à grands Irails, en 1551, trois tracés pour atteindre ce hul.
l'osléricurement même, on ne s'attacha plus dans certaines localités qu'à reconnaître la possibilité d'y construire une bonne route ou plus tard 'encore un chemin de Cer.
C'est dans ce sens surtout que le Teliuantepec. d'ailleurs plus peuplé et moins sauvage que les autres étranglements du grand isthme, lut parcouru |iar le vaillant (ionzalès Sandoval el tlrdas d'après les ordres de Cortez, signalé spécialement pai' Dampier en 1680, étudié par divers citoyens d'Oaxaca en 1745. par Cramer etCorral en 1771 et 177i, qui déclarèrent le canal qu'on y projetait impraticable, par Dernasconi, qui découvrit en 1787 les fameuses ruines de Palenque, par Orbegoso en 1824-25, .losc de Garay et Moro en 1842. le colonel Barnard et Williams en 1850. Oale. Ilersmesdorff, Murphy. et enfin par Fernandez en 1870.
I,c Commodore Shufeldl el les nombreux ofiiciers et ingénieurs sous ses ordres s'oecupèrml plus spécialement cepondanl.en 1871, d'un tracé de canal de l'embouchure du Coatzacoalcos nu Chimalapa et aux grandes lagunes près de Salina-Cruz et de Vontosa. Malgré toutes les raisons commerciales, politiques et militaires que les États-Unis ;iv;iienl pour qu'un Ici onvragi^ lui consiruit le plus [ués possilde de chez eux et <lans un pays où leur iniluenee est prédiiminanle, l'expédilion Sliufeldl. la plus importanle peut-être de celles ordonnées par le cabinet de Washington, ne pul que constater l'absence de port aux deux extrémités, les 280 kilomètres de largeur de l'isthme en ce point, les 250 mèlres d'aKiIntle du seuil de Tarifa nécessitant cent quarante écluses aux(]uelles on ne pourrai! fournir l'eau nécessaire
qu'avec des travaux supplémentaires très considérables et entre autres 44 kilomètres de canal d'alimentation. De tels résultats forcèrent les Yankees à mettre hors de concours leur projet favori.
Le capitaine Eads cependant, reprenant une idée émise par un ingénieur français, M. Sedillot, insiste encore beaucoup auprès du congrès de Washington pour faire subventionner un chimérique projet de chemin de fer par le Tehuantepec, destiné à transporter les navires. En admettant même, ce qui est loin d'être prouvé, que la chose fût possible pratiquement, et que la construction de cette voie ferrée gigantesque fût plus économique que celle d'un canal dans un endroit approprié, il me paraît évident que les frais énormes de l'exploitation, de traction et d'entretien d'un tel chemin de fer, comparés à ceux si minimes d'un canal et surtout d'un canal à niveau, compenseraient et au delà les économies réalisées sur les frais de premier établissement. La question se trouve ainsi jugée même au point de vue financier et indépendamment des difficultés techniques qui semblent d'ailleurs presque insolubles.
D'après Galindo, Yzasi, Alexandre Stephens, Schcrzer, Froebel, etc., la configuration géographique empêchait toutes recherches analogues au Guatemala et au San-Salvador. Wells explora le Honduras, et Squier, Jeffers, Trautwine, etc., étudièrent, il y a trente ans, une ligne de chemin de fer à travers cette république, partant du superbe golfe de Fonseca dans le Pacifique et aboutissant sur l'autre mer à Puerto- Caballos ou Port-Cortes, en passant près de l'ancienne capitale Comayagua par 780 mètres d'altitude. Cette voie, sans aucune importance pour un canal interocéanique, ne pourra servir à un chemin de fer que lorsque le pays sera plus développé et quand ses ressources seront mises en œuvre par des hommes réellement'probes et économes.
Le Nicaragua, plus avantagé par la nature que les régions précédentes, semblait offrir de plus grandes chances de succès et devait par cela morne s«Hluiro un plus grand nombre (roxploratours.
Dès 1521, le grand lac fut découvert par Gonzalès de Avila et Andrès
RÉSUMÉ DES EXPI.ORATrONS.
Cernada. Le premier eut à lutler contre Olid, puis conlre Las Casas, les envoyés de Corlez, qui voulait faire du Nicaragua une dépendance du Mexique et qui y vint lui-même un peu après. En 1526 Rojas et Hurladu traversent el ravagent tout le pays jusqu'au cap tîracias-à-Dios. Salcedo l'année suivante déiruil la Nouvelle-Bruxelles, qui semblait destinée à devenir la capitale du pays, et se relire ensuite au Honduras, laissant le Nicaragua au cruel Pedrariasd'Avila.qui se battit jusqu'en 1531. époque de sa mort, contre Aivarado fortement établi au Guatemala cl au San Salvador. Ce fut par son ordre qu'Eslele essaya de descendie le déversoir du grand lac qu'il appela rio San-Juan. Cependant le grand rapide ne put être franchi qu'en 1529 par Machuca, dont il porte encore le nom. Le successeur de Pedrarias fut son gendre Contreras, dont les lil.'i, en 1548, essayèrent de secouer le joug de la métropole; ce fut la première tentative d'indépendance de l'Amérique espagnole, mais ils furent défaits près de Panama, qu'ils voulaient également soulever. Melchior de Veidergo avait exploré à nouveau le San-Juan en 1546, aussi avons-nous déjà dit qu'en 1551 le chroniqueur Gomara, chapelain de Corlez, proposai! de couper l'islhme au Nicaragua si cela était impossible au Tehuanlepec ou ;'i Panama. Quelques années plus lard (1567). Philippe II fit faire une exploration par l'ingénieur Bautista Antonelli, qui prêcha l'abandon des plans par le Nicaragua à cause des nombi'cux inconvénients que piéscnlait son exécution. Au siècle suivant la décadence de la monarchie espagnole fil tomber la question dans l'oubli, malgré les efforts de Lussan, David, l'Olonnals et autres flibustiers qui cherchèrent souvent par là une route facile pourse rendre dans la mer du Sud, et qui plusieurs fois saccagèrent les villes de l'intérieur, grâce h l'appui que leur donnaient leurs alliés les Indiens et les Zambos de la cùte des Mosquitos. Cependant la prévoyante Angleterre, comprenant l'importance de cette voie pour le transit interocéanique, excita ses enfants à s'en occuper, fonda un établissement à Blewfields et s'em|)ara même, pour peu de temps il est vrai, de San- Juan del Norte (1748). Fn 1769. une autre expédition anglaise est repoussée du Castillo par l'héroïsme de la fillcdc llerrera, qui commandait le fort. Les reconnaissances techniques de Hodgson. Lee, Yzasi el Alexandre furenl bierilAl suivies en 1780 de l'expédition militaire de
Parker, véritable coup de main où le célèbre Nelson faillit perdre la vie. La mortalité dans la vallée inférieure du San-Juan fit échouer complètement l'entreprise. Manuel Galisteo, en 1781, releva toute la partie occidentale du Nicaragua et une portion de l'isthme de Panama. Quatre ans plus tard Martin de la Bastide imagina un canal apocryphe par la Sapoa. Ses plans patronnés par Godoy, le prince de la Paix, et par le roi d'Espagne Charles III, sombrèrent par suite du bouleversement résultant de la Révolution française et furent définitivement abandonnés à la mort du souverain.
En 1805, la côte des Mosquitos, étant très menacée par les puissances en guerre avec l'Espagne, fut annexée à la Nouvelle-Grenade, pour pouvoir profiter des grandes ressources qu'offrait l'arsenal de Carthagène. C'est sur ce décret que se fondent les prétentions du gouvernement de Bogota à la possession de tout le pays jusqu'au cap Gracias-à-Dios, prétentions qui paraissent justifiées, puisque les différentes républiques hispano-américaines acceptent en général pour bases de leurs droits territoriaux respectifs les cédules et décrets royaux établissant Vutipossidetis à la date de 1810.
Au lendemain de leur émancipation, les pays hispano-américains ouvrirent au monde toutes les barrières que le monopole égoïste de la métropole avait jusqu'alors tenues fermées*.
Bayly, Belcher, Stephens, Bayley, de Bulow, le commandant Pim, apportent chacun leur pierre à l'édifice de nos connaissances topographiques sur la matière. Déjà en 1829 le roi Guillaume des Pays-Bas, par l'entremise du général Yervcer et de Mercher, et seize ans plus tard le prince Louis-Napoléon Bonaparte alors prisonnier à Ham, s'étaient intéressés avec éclat à des ébauches d'un canal qui devait aboutir à l'estuaire de Realejo et de Corinto après avoir traversé le lac de Nicaragua et celui de Managua qui s'écoule dans le premier par le Tipitapa. Les révolutions de 1850 et de 1848 vinrent mettre obstacle à la réalisation de ces projets trop prématurés. Le colonel Childs, en 1850-51, aidé par Fay, détermine et nivelle pour la première fois avec exactitude un tracé qui court de Greytown à Brito en coupant le col de
1. Cependant, en 1814, une loi des Cortès, restée lettre morte, ordonnait au vice-roi de la Nouvelle-Espagne de s'occuper de l'excavation d'un canal entre les deux mers.
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Guiscoyol. Le projet Childs, sauf des dimciismnâ trop exiguës et les nombreuses écluses imposées par l'altitude du lac, est, ainsi que le déclare Squier. celui d'un ingénieur consciencieux et habile. C'est sur lui que se modèleront ceux qui vont suivi'e ses traces au Nicaragua, et c'est à peine si les plus grands amateurs de nouveauté on de difficultés vaincues pourront proposer quelques variantes rationnelles ou illogiques pour la branche occidentale du canal.
En 1858, M. Félix Belly, èci'ivaiu de talent, mais sans conipétetice technique, et un peu visionnaire, se rendait au Nicaragua avec de nombreux compagnons, au nombre desquels figuraient Levasseur, Durocher, Tricotel, Mainl'roy, etc., qui devaient coloniser les rives du canal à construire et qui ne tardèrent pas à être abandonnés par les trop légers promoteurs de cette folle équipée. M. Bellj, frappé de la beauté de la baie de Salinas (côte occcidenlale du Cosla-ltica) et ne se rendant pas compte de l'impossibilité de pi'oliter de la vallée de la rivière Sapoa, voulut, au lieu de l'anse sans abri de Brito, faire aboutir son tracé à Salinas par un col de 270 mètres, auquel il en attribua seulement 45, pendant que Thomé de Gamond. Loos, Samuel et le commandant Fini patronnaient des solutions subsidiaires tout aussi peu étudiées et non moins chimériques. Toutefois M. Belly fut assez adroit pour mettre d'accord pendant quelques mois, au point de vue lie leurs droits territoriaux respectifs, les deux républiques rivales de Nicaragua et de Costa-Rica, mais bienliM, laule d'études sérieuses, d'entente et de capitaux, les épaves de cette malheureuse expédition allèrent mendier leur existence un peu de tons les côtés, et les deux nations riveraines du grand lac et du San Juan, déçues dans leurs espérances, virent s'envenimer leurs si-ntiuicuts habituels de rivalité.
Aussi, depuis le traité de Uivas, fait sous l'intluence des chaleureux accenU et des promesses captieuses de M. Belly. pci-sonne n'a jamais pu obtenir à la fois les deux concessions nécessaires à la formation d'une compagnie financière d'exécution. Les tentatives infructueuses de Michel Chevalier en 1868-69. de M. Menocal de 1880 à 1883. et tout récemment même du cabinet île Washington (janvier 1885) en sont la preuve la plus érlatiinti'.
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lui:
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IIESUME L»K!> ËX CLOUAT ION S.
ritniscs uii clianiiaiitos auxquelles je. ne rue fei'ai ]nis liiiilcï de ifcoui'ir, le cas échtiaiil'.
Je voulais traverser toiil le Mcaiaf,Mi:i dans l'inlenlion d'inspeelef la ligne du canal projeté qui senihiail avoir la inéCérence du gouvcrnenieut américain.
Le peu de temps dtnil nous disposions el la mauvaise saison nous permettaient seulement de nous rendre compte de visu des prineipales dinicultés pour la cféalion des deux ports extrêmes, de la configuration du terrain, des ressources qu'il présente et de l'insalubrité des vastes loréls inondées, que les singes seulement peuvent parcourir et qui sont si communes dans les parties basses du versant oi'ienlal. Cela nous mettait à même en outre de choisir quelques spécimens des roches rencontrées, d'établir ainsi des points de comparaison avec les études que j'avais déjà terminées en Colombie, et enfin d'obtenir des renseignements certains sur l'état fort compliqué de l'a'uvre, par rapjiort aux rivalités des deux répuliliqucs liniilrophes du lleuve San Juan et aux conditions économiques auxquelles il aurait l'allu se soumettre, tant au point de vue des concessionnaires que des entrepreneurs à venir.
Les tracés par le Nicaragua empruntent tous la vallée du San Juan pour s'élever au niveau du grand lac (55 mètres) el ne diFlërent entre eux que par le point où l'on devrait couper l'isthme de Ilivas. Cette partie du pays étant beaucoup moitis boisée et plus peuplée qu'aucune antre, Cliilds, ainsi que nous l'avons déjà dit, indiqua dés IS5i. à la suite d'un nivellement très cunscicncieux, la vallée de las Lajas et celle du rio Grande comme étant la roule la pins basse et la meilleure.
Ses belles études ayant été confirmées, de 1872 à 1875, ainsi que cela vient d'être dit. par les excellents travaux commencés sous les oixlres <lu commandant Ilatrield, continués cl achevés par le commandant Lull. notre lâche se trouvait dès loi-s simplifiée, car les publications de cet infatigable esplornienr d'une bonne pai-lie du grand isthme' américain nv laissent à peu près rien à glaner là où il a fait des recherches. On ne jieut (pi'admirer ce savant oflïcier et tout au plus