les roches de ce. ra|>iile sont dos limouites compactes
S. Les alluvions du Snii Jiiaii sont 1res coiisidérablus, miiue en amont du San Carlos, atnsl qu(! j'iii pu le coustater avec H. Verbrugghc uu jicu avaut d'arriver au lac en passinl devatil un Ilot verdoyant qu'on ap|>clle l'Ile du vapeur Oi ne tepe, parce <]irun bateau h fond plat de ce [lom s'est échoué en c« point et ; a coiiliï bas il y a une vingtaine d'années; un bane s'est i-a|iidemenl formé et a bientùt Hé couvert d'une vigoureuse végétation. On voit encore le luyau du vapeur sortir du uniieii des arbustes, et ci-Ue mélaniorphose d'un bateau en lie pl-ouve mieui ipie do longues descriptions la puissance des apports du fleuve San Juan
Nous mîmes six jours pour arriver au grand lac, près du villag^^ San Carlos. De là nous nous rendîmes à San Jorge, par San Miguel î*^^* là côte de San Ubaldo et la merveilleuse île d'Omelepe, dont le picB*& s'élance d'un seul jet à près de 1600 mètres de hauteur. Avant me
d'atteindre le sommet ou cratère de ce beau volcan, on peut apei voir le Pacifique par-dessus l'étroite barrière qui sépare cet océ^^ du grand lac. De fortes lames, soulevées parles violents orages (cA^^''^ ha^coi) si fréquents dans la saison où nous étions, rendaient pérî^ lèuse, même aux yeux d'un marin, la navigation de cette belle ^^ vaste nappe d'eau, avec une aussi frôle embarcation que celle dont t^ avait fallu se contenter sous peine d'être trop retardés.
De San Jorge à Rivas il y a à peine une heure de chemin à trave une plaine bien cultivée et couverte de tous les fruits des tropiques. Nous fûmes accueillis avec une grande sympathie par toutes les personnes notables de la ville, qui suivaient attentivement, depuis trois ans, dans les journaux du Nouveau Monde, les travaux accomplis par la commission sous mes ordres. Les autorités nous facilitèrent les recherches que nous avions à terminer, et Son Excellence le Président de la République voulut bien me souhaiter la bienvenue parle télégraphe, en m'exprimant ses regrets de ne pas me voir à Managua, par suite dû peu de temps dont je disposais. Je me procurai promptement toutes les informations désirables, tant sur la politique du gouvernement au sujet du canal que sur les tiws propositions de contrat qu'il venait de i*epousser virtuellement en exigeant, au préalable, le dépôt d'un cautionnement assez fort*.
De Rivas nous nous rendîmes à Brito*, mauvaise petite anse sur le Pacifique, où devrait aboutir le tracé reconnu le meilleur. Par suite de la profondeur de l'eau à toucher terre, il y aurait à dépenser des sommes considérables pour faire à Brito une jetée protectrice indispensable.
i. Celle manière d'agir, qui semble prouver le peu de conflance des hommes d*Ëtat du Nicaragua dans la possibilité d*un canal interocéanique à travers leur pays, a continué à former Ta première clause des concessions nouvelles, et entre autres du projet de traité repoussé en janvier 1885 par le sénat américain. Un prêt de 20 millions de francs, pour ainsi dire à fonds perdus, était consenti par le Pouvoir exécutif de Washinglon pour l'obtention du privilège de la construction du canal de Nicaragua.
2. Les roches de la pointe de Brito (rive droite du rio Grande) sont des grès feldspathiques calcârifères très résistants.
«KSI HK [lES EXPLORATIONS. 8r>
Nous siiivimos, point pnr point, le parcours ilii ciiiial projoU! jusqu'au ri» lie las Liijns sur ie grand iuc ', en passant par ie coi si remarquabic (ie i'Espinai et de Guiscoyoi (40 mètres), exclusivement couvert de caiebassiers aux formes bizarres. Line variante de la partie occidentale de ce projet, par la petite vallée du rio dei Nfedio. coupe uu seuil beaucoup plus élevé (75 mètres), et présente cependant des avantages qui compensent cette inlëriorilé; c'est ce dernier tracé qui est surtout recommandé par le commandant Lull et l'ingénieur Menocal. Enfin nous travei-sàmes une troisième fois, et suus des torrents de pluie, l'isthme de Rivas, de la Virgen à San-Juan-del-Sur, où nous nous embarquâmes pour Funtarenas, pour nous rendre en Californie. Celte route, relativement aisée, passant par un col de 18-i mètres, fut très fréquentée au début de la lièvre de l'or en Californie, et fit la fortune de la compagnie de Irr.nsit Vanderbill, qui en possédait le monopole. Inutile d'ajouter que seuls les explorateurs en chambre ont pu songer à celte direction pour y dessiner la branche occidentale du canal inlerocéanique.
Au Cosla-llica, indépondannuenl ilcs travaux Inilrographiques dus principalement à l'amiral Uarnett et aux otneiersde la marine anglaise, il n'y a eu que peu de tentatives depuis celle faite inutilement par le gouvernement espagnol, en l(i05, pour établir une communication enire les deux mers. 11 faut citer cependant (Ersiedt. Lafond de I.urcy, Kurtze, M. Lescanue, dont les efforts ont eu certaincmenl pour effet non pas le creusement d'un canal, impossible dans cette contrée, mais bien la construction de roules d'abord assez peu fréquentées, cl en dernier lii'u l'établissement de ce qui pourrait bienlélètrele cinquième chemin de fer interocéanique existant. En effet, après celui de Colon à Panama, de New-York à San Francisco par Chicagn, de New-York à San Diego par Saint-Lnuis, et celui, à peine inauguré, entre Halifax cl le détroit Juan-de-Kuca, viendra, sinon dans l'onlrc d'importance au moins dans l'ordre chronologique, celui de Limon à Puntarenas. Déjà presque terminé ilu Pacifique jusqu'à Carlagn et à San José la capitale
1. Les roches qiii runneril la berge du laconlre Hotociapa pt las Liii-is d domifnl li-iir nom espagnol il ccUe rivière sont dt-s schistes calcnrifèros fort durs.
(lu Costa-Rica, le versant, escarpé de l'Atlantique, ilu cùlé du rio Reventazon, présente seul une solution de conlinnité qui sera piochainemeul comblée, si rinipulsion donnée par feu le général Guarilia. l'énergique président de cette florissante petite république, persiste à se faire sentir.
Les officiers anglais qui avaient fait l'hydrograpliie du Costa-Rica étendirent leurs travaux à Chiriqui, mais ca fut re\jiédition du Commodore Kng\e, avec Jeffers, Morlon et Evans, qui reconnut l'inlérieur. La péninsule de Burica a été décrite par Smitli. et, tout récemment, MM. Merritt et Mieg ont exploré le versant nord du déparlement de Santiago de Veragua ; toutefois, l'aspect montagneux du pays fit renoncer tout de suite même à une simple route digne de ce nom, malgré la splendeur des deux rades des exirémilés : la lagune de Chiriqui avnc sa baie de r.Mmirantc et le GoKito, dans le golfe Dulce ou mieux la baie de David, h l'embouchure du rio de Cliirlqui '.
Ces ports sont tims défendus par des îles pittoresques où pourraient ôtre facilement installés tous les services désirables; c'est là sans doute ce qui avait récemment éveillé la cupidité des Yankees, car, se basant sur une concession caduque obtenue il y a un quart de siècle par un de leurs concitoyens, et du reste sans valeur en l'espèce, ils ont essayé en 1880 de s'emparer de quelques ilôts bien choisis, mais presque déserts, dont les limites mêmes, mal déterminées, permettent de contester la juridiction compétente pour y faire d'abord des dépôts de charbon et ensuite, sans doute, des petits arsenaux à l'usage exclusif de leur marine militaire. L'attitude très ferme des États-Unis de Colombie a déjoué une combinaison qui aurait, du reste, été contraire aux stipulations formelles du traité Clayton-Buhver conclu en 1851 entre l'Angleterre et les États-Unis de l'Amérique du Nord sur la neutralité des terres destinées à livrer passage au transit commercial interocéanique de toutes les nations.
Dans l'isthme de Panama proprement dit, quoique les obstacles
i. Les haliilants de Bova-dekToro meUeiU trois jours i parrourir le mauTais seiilier qn! réiinil la Crique Française h la ville rie David. On a essayé il'airmenti'r |inr tflte voie les mardiés lie u^Ue partie de la vMe du Pacilique, et maintenant on y l'ait sans doute encore im |ieu de contrebande.
IIKSIMI': IIKS liXl'I-dllATIUNS. t)7
nalurcls y sniriil aussi puissants que dans les régions pivcr-iicnlns, los exploralions au vrai sonsdu mol font diilaut, et il ne peut être qiieslioii que d'études de délait, encore assez malaisées il est vrai. En effet, depuis la tentative de fondation de Nombre-de-Dios par Nicuesa en jâlO.eelledePanamapnrUavilaen 1519, la reconnaissanci" de presque tout le cours du Cliagres' eu 1527 par la Cerna et Corzo. l'ouverture du rtiemiu ordonné par rharles-Quint en l55'2-.ji en même leui|is que
l'étiule d'un canal déclaré impossible par le tfouverneur. l'adelanltuh Andagoya (ce que continua plus tard Acosia), après rélablissenieut de IVirto Bello en 15S4, du Panama actuel en 1671, du fort Sau-I^renzo à rembouchure du Chagres et enfin de Colon-Aspiuwall eu 185*2, des hiibilations nombreuses s'établirent sur les deux versants. Des sentiers battus, l'ancienne route pavée des Espagnols, un Heure servant aux
1, (l'fsl sur les twrds du Chagres, veis l&aO. que fraaeois Piiarre, Almagro, le Père de Luquc et le licencia Espinosa reçureiil un vasle rtparUmiento de lerres eu i-éeoin|>eiise de leurs senices anti<rieiirs, el c'est grice ,^ l'argent qu'ils gagnèrent dans l'élevage du tH^lail qu'ils purent faire, en l&Sl}, les Tmis de l'expëdilion contre le rovniiint' du Pérou, dânl les rich«^ses avaient été giressenties |ii>nr la [ireinière Tois par imiaguya, 1iirsi|u'il nlwnla au sud de la Tu>r), dans la proyiuee de Birii.
U LE C-.KÎiM DK PANAMA,
iiansporlscomniei'ciiaiix cl en dernierlieu'un chcniiii de fur y facilitent siiigulièremenl les commuiiicalioiis et ont pour ainsi dii'e contiuis le pays sur Ja vigoureuse nature tropicale. Les diïcouvcrles n'y sont plus guère que des constatations simplement lopographiqiies. C'esl par cela même la partie de la grande lianièrc inler[iosée entre les deux océaus qui a étt' le mieux étudi(''e.
Dès 1825. le plus grand génie du Nouveau Mondi-, l'héroïque iihérateur tic la m.njeure partie de l'Amérique du Sud, l'immortel Bolivar, président de la Colonihie (comprenant alors, outre la Nouvelle-Grenade, le Venezuela et l'fiquatenr), préoccupé de la solution du problème qui se posait aux hommes enti'cpronants depuis plus de trois siècles, acconla une concession au baron Thierry pour la création d'un canal à Panama. Après avoir constaté que ce précurseur des concessionnaires futurs n'avait ni la capacité technique ni la puissance financière voulue pour mener à bien une entreprise aussi cousidérable, Bolivar fit commencer lui-même les travaux de nivellement par Lloyd pt Falmarc, deux officiers, l'un anglaise! l'autre suédois, au service du beau pays auquel l'épée du magnanime capitaine venait de conquérir une glorieuse indépendance. Le rapport de Lloyd, publié par la Société Royale de Londres en 1850, constate une différence de plus de I mètre entre le niveau moyen des deux océans. Cette erreur fut reproduite, exagérée et portée à 5 mètres plus tard par ceux qui ne firent que des opérations partielles. Une méprise analogue et encore plus forte s'ètant produite dans les premiers nivellements de Suez à la Méditerranée, cela explique comment on trouve sî profondément enracinée, chej les personnes peu au courant des travaux récents, l'idée d'une différence fort appréciable de hauteur entre les diverses mers du globe. Rien du reste n'est plus long à déraciner qu'une erreur.
Afin de diminuer les frais de ti'ansporl 1res considérables à dos de mulet ou sur des pirogues. Lloyd proposa de construire un chemio de fer depuis la baie de la Chorrera voisine de Panama jusqu'au confluent du rio Trinidad avec le Chagres. Une coupure de 5 kilomètres de la baie de Limon à la partie inférieure du Chagres aurait permis d'éviter soit la bari-i? de ce fleuve, soît la difficulté de se rendre à Porlo-Iîello.
HKSI1MK DES EXPLOIIATIONS.
En IS."il, lo cninmaiiilaut P(
l)aie de l.imoii, ciim|
(le la marine aiifiliiise, lit Plivilrô-
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lèlcTntîiit dt'sei'le alors
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-grapliie ue ta l)aie de l.imoii, ciim|ileloin(;iil doserlc alors, pui^ l'embouL^liure du rio Grande sur le Faciliciue. Il eut ainsi l'occasion de Iravei'ser l'isllinieà diverses reprises, et il indiqua sommairement, mais avec un coup d'œil sur, la ligne approximalive qu'aurait à suivre un chemin de fer ou même un canal. Ses prévisions, déjà juslifiées par rétablissement de la voie ferrée de Colon à Panama, vont l'élrc aussi d'une façon générale par le tracé du canal adopté. Par l'insuffisance de la publicité indispensable, le mérite du commandant Peacock n'a pas été jusqu'à présent assez reconnu. Je suis heureux d'être le premier, au moins hoi's d'Angleteri'C, à rendre justice au plus perspicace de mes prédécesseurs dans l'isthme.
Bien qu'à l'affût de tout ce qui a été fait et publié en faveur de la conception à laquelle j'ai consacré mes efforts pei-sistants, et très désireux de faire à chacun la part qui lui est due avec une impartialité peut-être méticuleuse, je n'ai eu connaissance qu'après le Congrès de 1879 des intéressants tiavaux du vaillant et modeste pionnier qui habile encore maintenant Starcross (Devonsbire). Puisse sa verte vieillesse se prolonger assez pour le faire assister à l'inauguration de l'œuvre grandiose dont, avec tant de sagacité, il a deviné et pressenti la réalisation dans sa jeunesse!
iiiddie fut chargé en 1835 jiar le général Jackson, président des États-Unis, d'inspecter les points les mieux adaptés pour relier les deux océans, mais il ne s'occupa guère que de la route entre Chagres et Panama et obtint eu 1857 à liogota une concession pour un chemin de fer isthmique qui devint bientôt caduque. L'intention de fiiddle était, sauf vérifiratioii ultérieure, de faire passer la voie ferrée à l'est de la ligne actuelle et non loin du col où le rio Cope prend sa source avant de former les belles chutes du même nom.
Un an plus tard, Sylvain de Joly de Sabla s'attacha avec un enthousiasme persévérant à faire progresser la question des communicalîonâ interocéaniques. Après avoir obtenu les promesses nécessaires du gouvernement de la Nouvelle-Grenade et parcouru de nouveau en \8H les environs de Panama, de Sabla s'associa à MM. Salomon et Talie, de Paris, et il provoqua l'envoi, par le cabinet (Inixnl, en 184.", d'une mi.S"
ston composée de Napoléon tiarella, ingénieur ca chof des mines, et de Courtines, conducteur des ponts et chaussées, à laquelle on doit d'importants travaux de géodésie et de topuffrapliic. Ga relia, croyant peu au succès financier d'un chemin de fer. présenta un projet de canal avec
trente-cinq écluses et un tunnel de près de IS kilomètres depuis l'ouest de la baie de Limon jusqu'à l'anse de Vaca-de-Montc en passant par le Bernardino, le Paja et le col d'Ahogayegua, élevé de I iO mètres au lieu de 12. ainsi que le prétendait un certain Morel, agent de Salomou et Talie. Effrayé de la dépense prévue |ioiii' un tel ouvrage, dont les
: DES EXPLORATIONS, dimensions élaienl cependant resireinles, de Salila, comprenant mieux d'ailleurs que Garclla l'imporlance économique d'une voie ferrée interocéanique, obtint du congrès de la Nouvelle-Grenade la concession d'une simple ligne de chemin de fer entre les deux mers. Après de longues luttes contre les influences mises en jeu par WheelwrJght, le fondateur de la Pacifk Steum Navigation Company, qui venait d'obtenir le monopole des lignes de paquebots le long de la eôle occidenlale d'Amérique, la concession devint caduque, mais de Sabla parvint ù la faire renouveler en 1 847 et ses démarches en Europe, auxquelles s'intéressaient les banquiers Gaillard et Baimbridge, avalent quelques chances pour être couronnées de succès quand éclata en France la révolution deiSiS, qui suspendit le commencement d'exécution imposé par le nouveau contrat. Ce dernier, devenu caduc à son tour, fut immédiatement repris par une compagnie américaine dans laquelle figuraient Aspinwall, Ghaucey, Stephens, etc....DeSahla, àmoitié ruiné, fatigué, abreuvé de déboires, transmit cependant l'ardeur de ses convictions intuitives sur la supériorité du passage près de Panama à son fils aîné, qui s'est toujours employé avec beaucoup de zèle et d'habilelé soit sur les lieux, soit aux États-Unis, en faveur des commissions d'études l'éunies plus tard. Les expéditions placées sous mon commandement, la dernière surtout, lui doivent une gratitude sjiécïale pour son concoui-s inlelligent cl dévoué.
De IH-iS à 1852, Stephens, Baldwin ', le colonel Hughes, Trautwine, le colonel Totten, étudièrent le tracédu chemin de fer. Gedernier devint même l'ingénieur en chef de la construction et sut la mener à bonne fin au commencement de 1K55. De cette époque date la création de Colon ou Aspiuwall, tète de ligne sur l'Atlantique choisie d'après l'avis de Trautwitie. malgré les marécages qui l'entourent, de préférence à la partie occidentale de la haie de Limon, pour diverses raisons dont une seule, déduite de la profondeur de l'eau, est vraiment valable. On a craint aussi, comme lors du choix de l'emplacement de Port-Saïd, au lieu de Péluse, pour l'aboutissement du canal de Suez, que les navires à voiles ne pussent s'élever facilement au vent du fond du
I. C.'esl Balilwia qui trouva le col de la Cufebra, le |itus abaissé dt! la coiilrée, |iar Iei|iipl pas»c acluellemenl le cbemiu di* for. Ce cul a 87 mèlres aiMlessus du iiivuau mojen des mers.
92 l.r: TAiSAI. llK P.WAMA.
golfe; mais, dans les deux cas, cette crainte a été chimérique : par l'énorme développement de la navigation à vapeur, les voiliers fréquenttîiit peu ces parages; et d'abord rien n'eût empoché de faire l'emoriiuer, quand cela eût été nécessaire, le petit nombre de ceux qui se seraient présentés. Cela eût évité, en ce qui concerne le chemin de fer isthmique, les dépenses relatives à la consolidation de la voie dans les marais fangeux de Mindi, la construction diflicile et coûteuse de l'ancien terre-plein qui rattache l'île de ManzanîUo à la terre ferme, et aurait procuré un meilleur abii aux li;Uinients accostés aux quais ou aux wharfs.
Nonobstant des dépenses supplémentaires considérables nécessitées par les pilotis et une salubrité moindre, ce qui a véritahlemeni décidé l'alioutissemenl à Colon, c'est que la Compagnie américaine a voulu, comme Sancho Punça, avoir une île à gouverner; elle a cru (|u'il lui serait plus facile de s'isoler, d'échapper à l'autorité colombienne, sur un espace circonscrit par la mer que sur un lambeau de continent. Peut-être la Compagnie a-t-elle élé poussée en dessous main dans cet ordre d'idées,
Quoiqu'il en soit, elle n'a réussi qu'à umilié, car, tout en jouissant de la plus parfaite liberté effective, elle n'a pu secouer ni le joug nominal ni le contrôle administratif, d'ailleurs bien légers, delà nation souveraine du teri'itoire travei'sé par le chemin de fer.
Les princi|)aux documents fournis par les travaux exécutés par le colonel Totlen et ses collaborateurs furent coordonnés en 1857 pat Harrisson, qui en publia une bonne carte, devenue aujtmnrhui assez rare, et en 1860 le docteur allemand Moritz Wagner fit une intéressante reconnaissance géologique du terrain franchi par la locomotive.
En 1875, le cabinet de Washington, poursuivant toujours ses dispendieuses recherches, chargea le commandant hull de l'étude d'un canal aux environs de Panama. Cet officier, qui s'était déjà distingué au Nicaragua, futaidé dans ses opérations par MM. Menocal,Leutze, Golbv, Ver)", etc. Malheureusement pour lui, il partit de l'idée préconçue qu'un canal à niveau était impossible, et, après s'être assuré que le rio Chagres, an moyen «le certaines illspasitinns coûteuses et compliquées.
IIÉSIMK DKS EXnnilATlONS. 95
quoique Tort ingénieuses, pourrait alimenter un canal àbieftie partage surt^'IevLS i) proposa, par acquit de conscience, un projet sans lunnc) de Colon à Panama même avec vingt-cinq écluses, rlonl une pour les marées. Ce tracé passait le Chagres sur un pont-canal et se maintenait toujours ensuite sur la rive droite du fleuve encombié de mamelons, de sorte que le cube à extraire était encore assez foit et ne présentait pas la (limiuutiini à laquelle on pouvait s'allendic dans un canal possédant autant d'écluses.
Ce n'est qu'eu 187S, après avoir achevé nos travaux dans le Darieii, que la commission sous mes ordres s'occupa d'une façon définitive do l'isthme de Panama proprement dit. J'avais déjà reconnu personnellemenl les vallées du rio Grande, du Pedro-Miguel et du Caïmitiilo, dans la région du chemin de ter, fait l'ascension du cerro de Cabras ainsi que d'autres collines occupant des positions dominantes, et enfin examiné la baie de la Chorrera. le Caïmito, l'Aguacate, le Bernardine, le Cope et le Congo, en travei-sant le point de partage des eaux en plusieurs localités assez rapprochées de la ligne étudiée par Garella. Devant m'absenler pour accomplir une mission capi-