‹ Le canal de Suez (volume 2)Chapitre 23 sur 152 · PARTIE DE LÀ JETÉE OUEST EN ENROCHEMENTS NATURELS · texte numérisé non relu

PARTIE DE LÀ JETÉE OUEST EN ENROCHEMENTS NATURELS

Ce travail de remplissage, commencé dans la courant de juin, éta^t à son tour à peu près complètement terminé à la un d'octobre. Il ne restait plus alors qu'à renforcer le talus du large par de nouveaux enrochements pour lui donner une inclinaison convenable et à le recou- Trir de gros blocs. L'abri n'en était pas moins créé; et, ainsi qu'on l'avait espéré, il a rendu, depuis lors, les plus grands services.

JETÉE SOUS-MARINE EN ENROCHEMENTS NATURELS ENTRE l'aPPONTEMENT ET l'iLOT EN FER

Ainsi qu'il a été déjà mentionné précédemment, et qu'il sera plus loin expliqué en détail, un marché a été passé par la Compagnie, en octobre 1863, avec des entrepreneurs {MM. Dussaud frères) pour la construction des jetées de Port- Saïd en blocs artificiels. Mais, comme cette entreprise avait à procéder à d'importantes installations avant que pût commencer la mise en œuvre des blocs, la Compagnie, afin •d'arriver à protéger le plus promptement possible le chenal d'accès du port contre l'envahissement des sables, reconnut la nécessité, en attendant l'exécution du marché Dussaud, -de continuer provisoirement l'exploitation de la carrière du Mex; et ce, en vue de la construction entre Tappontement et l'îlot en fer, d'une jetée sous-marine en enrochements naturels destinée à retenir les sables de la plage et appelée en même temps à former le noyau de la jetée définitive en blocs artificiels.

La nécessité de la construction aussi prompte que possible de cette jetée sous-marine s'imposait d'ailleurs à la Compa- ^ie en exécution même du marché passé avec MM. Dussaud frères, dont l'un des articles stipulait que « la Compagnie serait tenue d'établir et d'entretenir toujours en bon état un chenal de 2 mètres au moins de profondeur, depuis l'embarcadère de leur chantier des blocs jusqu'à l'extrémité de la portion de la jetée Ouest en construction ».

EXÉCUTION DES TRAVAUX

Déjà, au moment de la passation du marché Dussaud, le massif d'enrochements de l'îlot en fer avait été prolongé de 75 mètres (partie

émergente) vers la terre, et même d'une longueur de 45 mètres vers le large, en sorte que la longueur de Tabri formé par Tîlot se trouvait être d'environ 155 mètres; ce qui constituait (ainsi que Texpérience l'a montré) un abri des plus efficaces pendant les mauvais temps pour un assez grand nombre de navires d'un tirant d'eau ne dépassant pas 5 mètres, et ce qui permettait de placer à l'îlot deux navires en déchargement. A partir de ce moment, tous les nouveaux enrochements furent employés à la construction de la jetée sous-marine entre l'îlot et Tappontement.

Pour arriver plus promptement encore à réaliser la protection du chenal d'accès du port,- on avait décidé de couler immédiatement à la suite de Tappontement en fer, les coques, remplies de sable, de quatre vieux navires démâtés, et que l'on se proposait de fortifier rapidement sur leurs flancs par les enrochements arrivant du Mex. L'opération, tentée pendant l'hiver (janvier et février 1864), avec deux des navires en question ne réussit pas, et l'on renonça en conséquence à poursuivre l'expérience avec les deux autres navires ^.

Vers le milieu de l'année 1864, en même temps que s'exécutait la jetée sous-marine, Tappontement en fer, que l'on avait laissé provisoirement à claire-voie, afin de prévenir la formation d'une barre à son extrémité, à travers le chenal, fut à son tour rempli d'enrochements- Ce remplissage avait été reconnu indispensable, non seulement pour retenir les sables de la plage et assurer ainsi la conservation du chenal d'accès du port^, mais aussi pour donner du calme derrière l'appontement et y faciliter ainsi les déchargements. Un peu plus tard, au commencement de Tannée 1865, le massif d'enrochements naturels fut protégé contre les attaques de la mer, du côté du large et à son extré-

1. L'un des navires, pendant qu'il commençait à couler, fut soulevé par une lame, cassa ses amarres, fut alors entraîné dans TEst par le courant et sombra dans une profondeur d'environ 7 mètres. On chercha en vain à le relever, et il fut promptement démoli par la mer.

L'autre navire, à peine coulé, fut presque aussitôt démoli à son tour par la mer.

2. MM. Dussaud frères, qui poussaient avec vigueur l'installation et la mise en train de leur entreprise, souffraient beaucoup du mauvais état du chenal d'accès du port. Leurs débarquements en rade se faisaient à l'aide de grands chalands. Comme ils ne voulaient pas risquer de faire accoster ceux-ci à l'appontement, par crainte d'avarie, ils étaient obligés, afin que les chalands pussent franchir la barre et naviguer dans le chenal jusqu'à leurs chantiers de dépôt, de ne les char„'er que d'une manière très incomplète. De là, une grande lenteur dans les déchargements des navires en rade et, comme conséquence, d'importants frais de surestaries.

Pour remédier le plus promptement possible à cette situation, les enrochements arrivant du Mex furent alors presque exclusivement employés au remplissage de l'appontement en fer.

Page 1