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PARTIE DE LA JETÉE OUEST EN ENROCHEMENTS NATURELS

Il fallait donc trouver un moyen de prolonger la jetée en enrochements jusqu'aux profondeurs de 5 à 6 mètres, et ce, avec les matériaux de la carrière du Mex puisque l'on ne pouvait attendre l'époque, — que l'on prévoyait assez reculée, — où il serait possible d'employer exclusivement à la construction de la jetée les pierres de Gebel-Géneffé.

Par suite de ces considérations, on décida la construction, dans la direction même de la jetée, à la distance des fonds de 5 mètres, d'un îlot en fer composé de pieux à vis reliés à leur partie supérieure par un système de charpente en fer supportant un tillac en madriers, et des voies de fer sur lesquelles seraient installées des grues de déchargement. Cet îlot était destiné à permettre aux navires chargés de matériel ou de blocs d'enrochements, lorsque les déchargements en mahonnes ne seraient pas possibles, ou bien lorsque le nombre des navires sur rade serait trop grand pour permettre de conduire promptement à terre tous les chargements, de venir se mettre à l'abri pour opérer leur déchargement sur l'îlot même, ce qui exonérerait la Compagnie de frais énormes de surestaries. Le matériel ainsi débarqué sur l'îlot, lorsque le temps redeviendrait propice, serait repris par les mahonnes pour être conduit à l'appontement. Quant aux blocs d'enrochements, ils seraient employés tout d'abord à la consolidation des pieux mêmes de rUot, puis au remplissage de l'ouvrage en vue de l'abri à créer, finalement à l'avancement progressif de la jetée vers la terre. Simultanément, on profiterait des temps calmes pour continuer les déchargements de blocs sur l'appontenoient et avancer la jetée vers le large. Par le mode de construction qui vient d'être décrit, on pouvait entrevoir, dans un avenir peu éloigné, l'achèvement de la construction d'une jetée en enrochements depuis la terre jusqu'aux fonds de 5 mètres.

L'îlot a été effectivement construit par les fonds de 5 mètres. L'origine de l'ouvrage se trouvait à une distance

de 920 mètres du point du rivage marqué par la balise 1. (L'intervalle existant entre l'origine de Tîlot et Textrémité de Tappontement sur pilots en fer construit ultérieurement s'est trouvé être ainsi de 520 mètres.)

L'ouvrage avait une longueur de 65 mètres.

Le tablier, de 20^,50 de largeur, établi à 2°", 80 au-dessus du niveau de la mer, comme celui de l'appontement, reposait sur quatre files de pilots en fer, à vis, de 0°',15 de diamètre, prenant une fiche de 3 à 4 mètres.

Sur les deux files de rives, les pilots étaient espacés de l"*,?! d'axe en axe ; sur les deux files intérieures, de 3°',42-

Dans les palées formées par les pilots des files de rives, de deux en deux, et par les pilots des files intérieures, la distance entre ces derniers était de 7°',60, et la distance entre chacun des deux pilots intérieurs et le pilot de rive correspondant, de 6"", 20.

Sur les chapeaux en fonte des pilots des palées était boulonné le chapeau en bois destiné à supporter le tablier. ' Les pilots de chacune des files étaient entretoisés entre eux à l'aide de cornières assemblées en forme de croix de Saint-André. D'une file à l'autre, les pilots étaient également entretoisés par des croisillons pour contreventement.

Quant au tablier de Tilot, il était constitué, comme dans les deux ouvrages précédemment décrits, par des longrines sur lesquelles reposait le tillac en madriers.

Enfin, le tablier de l'îlot portait sur chacune de ses deux travées de rives deux voies de fer établies juste au-dessus dès longrines supportant le tillac.

EXÉCUTION DES TRAVAUX

L'îlot commencé en mars 1862 était terminé, sauf en ce qui était du tillac, le l®*" septembre suivant. Il était muni de puissantes grues de déchargement.

On avait ajourné la pose du tillac définitif sur chacune des parties successives de l'Ilot pour permettre la mise en œuvre des blocs d'enrochements destinés au remplissage de l'ouvrage.

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