‹ Le canal de Suez (volume 2)Chapitre 51 sur 152 · CREUSEMENT DU CANAL A LA TRAVERSÉE DU SECIL D*EL GCISR · texte numérisé non relu

CREUSEMENT DU CANAL A LA TRAVERSÉE DU SECIL D*EL GCISR

CouvreuXf ni dans le canal de jonction et le canal d*eau douce avant le i" janvier 1866, étant entendu toutefois qu*elle livrerait le plus tôt possible le passage par les écluses d'Ismaîlia.

« La Compagnie serait dégagée de toute autre responsabilité à ce sujet visà-vis des entrepreneurs, en ce qui concernait le passage à travers le lot Couvreux, si elle satisfaisait aux conditions suivantes :

« i* Si elle faisait pousser assez activement les travaux du lot en question, en vue de la création et de l'élargissement successif le long de la rive Ouest de la rigole existante, d'une banquette susceptible de recevoir les produits de déblais faits à la drague dans la dite rigole pour que, dès le 1" mai 1865, ■6 petites dragues pussent être installées dans la longueur du lot, chacune avec un chantier libre de travail devant elle d'au moins 500 mètres, et pour que les dites dragues pussent avancer ensuite régulièrement d'au moins 10 mètres par jour, en portant la largeur de la rigole à 20 mètres mesurés à la ligne d'eau, sauf dans la partie correspondante aux grandes hauteurs du Seuil où la largeur serait réduite à 15 mètres, et en lui donnant la profondeur convenable depuis un minimum de 1"',50 jusqu'à un maximum de 2 mètres.

profil transversal que le canal principal, fut terminée comme terrassements et premiers ouvrages d'art, le 29 décembre 1863. Cette dérivation devait primitivement être partagée en 3 biefs de 30 kilomètres de longueur chacun, limités par des barrages à poutrelles de 6 mètres de largeur de débouché, devant permettre de régler à volonté le débit de l'eau sans arrêter la navigation ; lesdits barrages devaient être établis, l'un à l'origine même de la dérivation, les deux autres aux kilomètres 30 et 60. On construisit seulement deux de ces barrages, l'un à l'origine, l'autre au kilomètre 61 ; et, en même temps, un barrage déversoir à l'extrémité pour l'évacuation dans la mer Rouge du tropplein des eaux de la dérivation. Une écluse, d'une largeur de débouché de 6 mètres, comme les barrages à poutrelles, devait d'ailleurs être construite également à l'extrémité de la dérivation pour racheter la différence de niveau entre elle et la mer Bouge et établir ainsi la communication de l'une à l'autre.

Le marché passé avec MM. Borel, Lavalley et G'* le 26 mars 1864 entraîna pour la Compagnie les conséquences suivantes :

1» En vue de la circulation très active sur la dérivation qui devait résulter des opérations de l'entreprise :

Nécessité de la construction d'écluses sur cette dérivation en remplacement des simples barrages à poutrelles qui avaient pu être considérés comme suffisant à un moment où les transports semblaient devoir se borner aux seuls approvisionnements pour les ouvriers des contingents égyptiens et où l'on n'avait pas encore à se préoccuper d'une navigation plus active.

Il a été ainsi construit sur ladérivation, indépendamment de l'écluse d'extrémité, trois écluses placées aux kilomètres 16, 42 et 68.

2^ En vue de permettre le passage du gros matériel de l'entreprise :

Nécessité, également, de donner aux quatre écluses de la dérivation de Suez ainsi qu'aux deux écluses de l'extrémité du canal d'eau douce, à Ismaïlia, une largeur de 8"», 50.

L'écluse de Suez et les deux écluses d'Ismaïlia ont été terminées dans la première quinzaine d'août 1865, en sorte qu'un service de navigation en transit, sans transbordement, entre la Méditerranée et la mer Rouge, a pu être inauguré le 15 août 1865.

Les deux premières écluses de la dérivation n'ont été achevées qu'à la fin de 1865, et la troisième écluse à la fin de février 1866. Pendant la construction de ces écluses, la navigation sur la dérivation était assurée par des rigoles latérales. Les deux anciens barrages à poutrelles ont été démolis aussitôt après l'achèvement des écluses.

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« 2» Si elle chargeait les entrepreneurs de faire eux-mêmes ce travail de dragages.

« Les entrepreneurs prenaient d'avance l'engagement de faire ledit travail ^yec les propres moyens dont il s disposeraient pour le lot de Port-Saïd, soit à la tâche, à un prix qui serait débattu au moment de Texécution, soit en régie à la condition du simple remboursement de toutes leurs dépenses sans bénéfice ^

« Au cas où, par suite de circonstances impossibles à prévoir, le passage du matériel des entrepreneurs pour l'exécution du lot de Suez ne pourrait avoir lieu librement, soit à travers le lot Couvreux, soit dans le canal d'eau douce, à partir de la date indiquée ci-dessus du \*' janvier 1866, le retard qui en résulterait ne donnerait aux entrepreneurs aucun droit à réclamation d'indemnité de dommage s'il n'excédait pas trois mois ; seulement, les entrepreneurs jouiraient alors, dans le délai d'exécution des travaux du lot de Suez, d'une prolongation égale à la durée du retard en question. »

Le 27 mars 1865, en même temps que le nouveau marché passé avec M. Couvreux réduisant son ancien lot d'entreprise, un autre marché fut passé avec MM. Borel, Lavalley et C** (sous le titre d'acte additionel au marché du 12 décembre 1864) comprenant les travaux retranchés du lot Couvreux.

Au sujet du nouveau marché Couvreux :

Nous ferons remarquer tout d'abord que la plupart des dispositions qui y sont stipulées concernant l'ordre et la succession des travaux sont conformes à celles que mentionnait déjà le marché Borel Lavalley et C'« du 12 décembre 1864 comme devant être suivies pour dégager la Compagnie de toute responsabilité vis-à-vis de ces entrepreneurs en ce qui concernait le libre passage de leur matériel à travers le lot Couvreux. Les dispositions en question concernant l'ordre et la succession des travaux du nouveau marché Couvreux figurent également, à peu près dans les mêmes termes, dan s l'acte additionnel de même date passé avec MM. Borel, Lavalley et C". On trouvera le libellé de ces dernières dans l'extrait donné plus loin du dit acte additionnel.

Et nous rappellerons, au sujet des délais d'exécution :

1* Que la première bande ou banquette de 15 mètres de largeur à exécuter le long de la rigole maritime, ainsi que l'élargissement de la rigole elle-même à la largeur de 15 mètres au moins à la cote 17"', 50 (ancien nivellement) et son approfondissement à 2 mètres au-dessous de la dite cote deveiient être terminés à la date du 1*' janvier 1866;

2* Que la seconde bande devait être terminée à son tour, au plus tard, le 31 décembre 1866, et la troisième, au plus tard, le 3i décembre 1867, et ce, dans des conditions telles que trois mois avant leur achèvement respectif, 10 dragues pussent être installées dans la largeur de chacune d'elles et avoir chacune, devant elle, une longueur libre de 500 mètres;

3* Enfin, que la totalité de la tranchée à sec du canal devait être achevée (comme sur les autres parties du canal: entreprise Borel Lavalley et C») pour îe l*' juillet 1868, l'importance du travail par période trimestrielle étant réglée comme suit: pendant les 2*, 3% et 4* trimestre de 1865, respectivement 200, 250 et 350.000 mètres cubes; pendant chacun des trimestres suivants 400.000 mètres cubes; et ce, indépendamment des apports, pourvu que l'importance n'en fût pas de plus du vingtième des déblais efl'ectifs.

Nous rappellerons également que, dans le cas d'achèvement des travaux avant le délai fixé, l'entrepreneur devait recevoir une indemnité de

1. On voit par les dispositions qui viennent d'être rappelées du marché Borel Lavalley et C'\du 12 décembre 1864 que ces entrepreneurs prévoyaient déjà le cas où la Compagnie aurait à intervenir, soit directement, soit par leur intermédiaire, dans l'exécution d'une partie des travaux du lot primitif concédé à M. Couvreux par le marché du 1" octobre 1863.

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60.000 francs par mois d'avance, et que, par contre, en cas de retard, il subirait une retenue d'un demi-centime par mètre cube et par mois de retard. En ce qui est du marché Borel Lavalley et G** :

Le marché avait pour objet Texécution des travaux suivants, savoir :

Sur la partie du canal de 60'', 500 à 66'', 720 retranchée du lot Couvreux :

1* Élargissement à sec de la tranchée, du côté Ouest, de manière à l'amener

à une largeur de 36 mètres au niveau de la cote 18'",00 et élargissement et

approfondissement de la rigole de manière à porter sa largeur à 20 mètres

mesurés à la cote H", 50 et sa profondeur à 2 mètres au-dessous de ladite

cote.

Ces travaux devaient être exécutés en régie et les entrepreneurs s'engageaient à y consacrer tous les moyens dont ils pourraient disposer, l'intention commune des parties étant qu'ils fussent terminés pour le 1" janvier 1866au plus tard ;

2* Après les premiers travaux ci-dessus, achèvement de la tranchée à sec et du creusement du canal.

Sur la partie du canal de 66S720 à 75S400 (lot CouvreuX) :

Après l'exécution préalable de la rigole de i5 mètres de largeur réservée à M. Couvreux, et au fur et à mesure de l'élargissement à sec de la tranchée par le même entrepreneur, dragages pour amener le canal à la largeur et à la profondeur définitives.

Les déblais de l'ensemble des travaux faisant l'objet du marché, de quelquenature qu'ils fussent, pouvaient être transportés et déposés par les entrepreneurs partout où il leur conviendrait, soit en dehors des banquettes du canal, soit dans le lac Timsah.

Il était dit, en nota^ que si, dans un délai de quatre mois, la Compagnie leur en faisait la demande, MM. Borel, Lavalley et G'*, se chargeraient du creusement en régie de tout ou partie de la rigole réservée à M. Couvreux.

La totalité des travaux compris au marché devait être terminée au plus tard le !•' juillet 1868.

L'article du marché concernant les charges et obligations de la Compagnie contenait les stipulations suivantes :

« 1» La Compagnie, en outre du creusement de la rigole de 15 mètres de largeur et 2 mètres de profondeur, entre les points 66'',720 et 75'', 400, dont elle se chargeait, ferait établir à ses frais, sur cette rigole, au delà du point 75'',400, un déversoir susceptible de remplir, avant le i" avril 1866, le lac Timsah, à l'aide des eaux de la Méditerranée, tout en maintenant dans la rigole un tirant d'eau minimum de l'»,50.

« Les entrepreneurs acceptaient dès maintenant la construction en régie de ce déversoir et ils y procéderaient dans le plus bref délai.

« Si l'égalité de niveaux entre le lac Timsah et la rigole n'était établie qu'après le 1" avril 1866, ce retard ne donnerait aux entrepreneurs aucun droit à réclamation d'indemnité ou de dommages-intérêts s'il n'excédait pas trois mois; mais le délai pour l'exécution finale des travaux de dragages serait reculé de la quantité correspondante à ce retard.

« Il n'y aurait d'ailleurs lieu à réclamation contre la Compagnie et à prolongement de délai, en raison du retard dans le remplissage du lac Timsah, qu'autant que la rigole maritime aurait été amenée aux dimensions prévues dans le marché du 12 décembre 1864, de 20 mètres de largeur et de 2 mètres de profondeur sur les 60'',500 premiers kilomètres du canal avant le 1" janvier 1866 et continuellement maintenue depuis cette époque à ces dimensions ^

1. Renseignements sur V opération de remplissage du lac Timsah (Voir, pour plus amples détails, tome V, chapitre consacré à la description de l'opération.

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* 2" Les terrassements à sec entre les kilomètres 66^720 et 75'',400 faits par M. Couvreux ou la Compagnie devraient être conduits de manière à permettre à MM. Borel, Lavalley et C*', de draguer simultanément cette partie du Canal. A cet effet, ces débiais à sec seraient exécutés par tranches successives, s'étendant sur toute la longueur et sur toute la hauteur du lot, et d'une largeur approximative de 15 mètres à la cote 18 mètres.

€ Une première bande de 15 mètres au moins devrait être exécutée le

de remplissage du lac). — L'inauguration, par le Président de la Compagnie, de l'entrée des eaux de la Méditerranée dans le lac Timsah avait eu lieu le 18 novembre 1862.

Mais le moment n'était pas venu encore de procéder au remplissage du lac : il y avait, en effet, un sérieux intérêt à se réserver la possibilité de faire à sec — comme cela a eu lieu — une notable partie des déblais à effectuer en contrebas du niveau de la Méditerranée pour l'ouverture du canal à travers les lagunes du lac et le seuil du Sérapéum ; en outre, il était de toute nécessité de ne pas affamer la rigole maritime où, en beaucoup de points, existaient encore, au grand détriment de la navigation, des étranglements qui entravaient le libre écoulement de l'eau jusqu'au seuil d'El Guisr.

Aussi, le soir même de l'inauguration, le barrage de retenue des eaux fut-il rétabli.

Toutefois, afin de pouvoir profiter de toutes les circonstances favorables d'une grande hauteur d'eau dans la rigole, telles qu'elles se produisaient lors des fortes marées de la Méditerranée ou de vents du nord prolongés, pour alimenter progressivement le lac, un pertuis en maçonnerie de 6 mètres de largeur de débouché, fermé au moyen de poutrelles, avait été construit en 1863 à l'extrémité de la rigole, en amont du barrage de retenue des eaux. La nécessité de ne pas affamer la rigole ne permit d'abord de faire fonctionner ce "pertuis que d'une manière intermittente et restreinte. On dut même, dans le courant de 1866, depuis le mois de février jusqu'en août, en attendant que les points les plus défectueux de la rigole fussent suffisamment améliorés, interrompre complètement le fonctionnement du pertuis. A partir de la dernière date qui vient d'être citée, le pertuis fonctionna d'une manière assez régulière; mais son débit maximum, d'environ 300.000 mètres cubes par jour, était insuffisant pour assurer le remplissage du lac aussi rapidement que le réclamaient les engagements pris par la Compagnie vis-à-vis de MM. Borel, Lavalley et C*. L'ouvrage s'écroula, d'ailleurs, dans les derniers jours d'août 1866.

Ainsi qu'il est mentionné dans les dispositions de l'acte additionnel du 27 mars 1865 rappelées ci-dessus, les entrepreneurs s'étaient engagés à construire en régie, pour compte de la Compagnie, en remplacement de l'ancien pertuis, un déversoir susceptible de remplir, avant le 1*" avril 1866, le lac Timsah à l'aide des eaux de la Méditerranée en maintenant dans la rigole maritime un tirant d'eau minimum de 1"*,50.

Le nouvel ouvrage ne commença à fonctionner que le 12 décembre 1866 ; et ce fut seulement le 20 juin 1867, que, le barrage de retenue des eaux de la rigole maritime ayant été enlevé, une première drague, allégée, put être introduite dans le lac Timsah. Le niveau de l'eau du lac se trouvait encore, à ladite date, à 0"',25 en contrebas du niveau de la Méditerranée ; mais avec une pareille dénivellation, il ne se manifestait plus guère de courant sensible dans le Seuil, vers le lac, que quand les eaux de la Méditerranée étaient poussées dans la rigole par un vent persistant du Nord. L'eau du lac n'atteignit définitivement le niveau de la Méditerranée (cote 18™,20 d'après les nouveaux nivellements de 1864) que le 15 août suivant.

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1" janvier 1866, au plus tard, et, à la même époque, la rigole aurait été aussi complètement élargie et approfondie.

< La première tranche enlevée, il serait procédé successivement à l'enlèvement de chacune des deux autres, dans des conditions telles que la seconde fût achevée le 31 décembre 1866, la troisième le 31 décembre 1867, et que 10 dragues pussent être installées dans la largeur de chacune d'elles et avoir chacune devant elle une longueur libre de 500 mètres, trois mois au moins avant leur achèvement respectif. »

Enfin l'un des articles de l'acte additionnel stipulait que, si la totalité des travaux faisant l'objet de la nouvelle convention étaient terminés avant le terme du i" juillet 1868, augmenté, s'il y avait lieu, des délais supplémentaires prévus en cas de retard dans le remplissage du lac Timsah, les entrepreneurs recevraienrt une prime de 100.000 francs par mois d'avance, à la condition toutefois que les travaux de leurs deux autres entreprises fussent achevés à la même époque ; et que, par contre, si les entrepreneurs étaient en retard sur le terme fixé, ils subiraient une retenue de 1 centime par mètre cube et par mois de retard.

Pour compléter les renseignements concernant les délais d'exécution de la totalité des travaux de creusement du canal, successivement fixés, en cours d'exécution, par les différents marchés d'entreprise, nous mentionnerons encore ici les dispositions relatives aux nouveaux délais d'exécution stipulés, d'abord dans un 2% puis dans un 3" acte additionnel passés avec MM. Borel, Lavalley et G'», aux dates respectives des 4 décembre 1866 et 13 avril 1867.

Le 2* acte additionnel, en date du 4 décembre 1866, fut passé par la Compa- <mie avec MM. Borel, Lavalley et G'' par suite de l'adoption de nouveaux profils du canal.

L'article de ce nouveau marché concernant les délais d'exécution de la totalité des cubes primitivement prévus et des cubes supplémentaires résultant des nouveaux profils fixait les délais suivants :

Pour la portion du canal comprise entre Port-Saïd et le kilomètre 60'',500 dans un délai de trente-quatre mois à partir du 1" décembre 1866 (soit, à la date du 1" octobre 1869) ;

Pour la portion du canal comprise entre le kilomètre 60'*,500 et l'extrémité sud de la grande tranchée actuelle de Toussoum, dans un délai de trente mois à partir du jour où les dragues pourraient pénétrer dans le lac Timsah.

Enfin, pour la portion du canal comprise entre Toussoum et Suez, dans le plus long des deux délais ci-après, savoir : soit dans un délai de trente-quatre mois à partir du moment où la première drague aurait pu effectuer son passage dans le canal d'eau douce, étant admis qu'aucun obstacle indépendant des entrepreneurs ne viendrait s'opposer au passage successif des autres dragues, soit dans un délai de trente mois à partir du moment où les dragues pourraient pénétrer dans le lac Timsah.

Le délai final résultant des indications ci-dessus était basé sur la prévision d'un cube total de 59.240.000 mètres cubes. 11 serait augmenté ou diminué, en cas d'augmentation ou de diminution de cube, à raison de vingt jours par chaque million de mètres cubes.

Le 3- acte additionnel, en date du 13 avril 1867, fut passé par la Compagnie avec MM. Borel, Lavalley et G'', par suite de modifications apportées dans le mode et les conditions d'exécution de certaines portions du canal entre Je

seuil du Sérapéum et Suez.

Les stipulations contenues dans ce nouveau marché au sujet des délais d'exécution étaient les suivantes :

En ce qui était des déblais que le nouveau marché indiquait comme devant maintenant être faits à sec, les entrepreneurs s'engageaient à les avoir terminés dans les délais suivants, savoir : les déblais à exécuter au débouché du

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canal dans les lacs Amers, du côté du Sérapéum pour le 1*' juillet 1868; ceux à exécuter sur la partie du canal comprise entre les lacs Amers et Suez, pour le 1" juillet 1869;

D'autre part, eu égard à l'avantage qu'ils retireraient, au point de vue de la rapidité d'exécution de l'ensemble des travaux de leur entreprise, de la possibilité d affecter aux autres parties du canal le matériel de dragages et de transports qui devait être employé aux portions devant être maintenant faites à sec, les entrepreneurs consentaient à rapprocher d'un mois et vingt jours les délais d'exécution stipulés par l'acte additionnel du 4 décembre 1866, en ce qui concernait les deux portions de canal s'étendant, ensemble, depuis le kilomètre 60'',500 jusqu'à Suez. De telle sorte que, la première drague étant arrivée à Suez, le 20 janvier 1867, si les dragues pouvaient entrer dans le lac Timsah pour le 20 mai, et si, d'ailleurs, toutes les autres conditions des marchés et actes additionnels qui pouvaient influer sur les délais d'exécution et auxquelles il n'était pas dérogé par la nouvelle convention se trouvaient remplies, la date d'achèvement du canal tout entier serait celle du !•' octobre 1869 i.

Nous mentionnerons enfin :

Que, dans un 4° acte additionnel, en date du 15 janvier 1868, passé avec MM. Borel, Lavalley et C'' à l'occasion de modifications apportées dans le mode et les conditions d'exécution de certaines portions de canal comprises entre le seuil de Chalouf et Suez, il fut entendu que le nouveau mode d'exécution des travaux à sec ne changerait en rien les époques fixées antérieurement pour l'achèvement complet et la mise en eau du canal dans la plaine de Suez :

Et que, dans le 5* et dernier acte additionnel en date du 30 octobre de la même année, portant règlement de tous les comptes litigieux alors en suspens et fixation d'allocations pour certains travaux spéciaux, il fut stipulé : d'une part, que la prime qui serait due aux entrepreneurs en vertu des marchés, s'ils achevaient les travaux pour la date du 1" octobre 1869, était fixée d'un commun accord, compte tenu de toutes les causes de retard qui s'étaient produites jusqu'alors, à la somme de 2.800.000 francs qui serait payée aussitôt

1. D'après le 2* acte additionnel en date du 4 décembre 1866, le délai d'exécution de la portion du canal comprise entre Toussoum et Suez, — ainsi qu'il a été rappelé précédemment, — devait être le plus long des deux délais suivants, savoir ;

Soit trente mois à partir de la date où les dragues pourraient pénétrer dans le lac Timsah; en sorte que si cette date se trouvait être (comme l'indiquait le 3' acte additionnel), celle du 20 mai 1867, le délai d'exécution serait fixé au 20 novembre 1869; et ce même délai s'appliquait à la portion du canal comprise entre le kilomètre 60'', 500 et Toussoum ;

Soit trente-quatre mois à partir de la date où la première drague aurait pu effectuer son passage dans le canal d'eau douce; en sorte que, cette date ayant été celle du 20 janvier 1867, le délai d'exécution se trouvait fixé comme ci-dessus, au 20 novembre 1869.

Le 3* acte additionnel ayant réduit d'un mois et vingt jours le délai d'exécution des deux portions de canal, s'étendant ensemble du kilomètre 60'',500 à Suez, ce délai s'est ainsi trouvé finalement fixé au l" octobre 1869, sous la condition, bien entendu, que les dragues pourraient entrer dans le lac Timsah le 20 mal 1867. C'est cette même date du 1" octobre 1869 que le 2* acte additionnel avait fixée pour l'achèvement de la première portion du canal s'étendant de Port-Saïd au kilomètre, 60'', 500. Elle se trouvait donc être la date d'achèvement du canal tout entier.

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après la livraison du canal; d'autre part, que dans le cas où les entrepreneurs ne livreraient pas le canal avec les lacs Amers remplis pour la date ûxée du !•' octobre 1869, ils subiraient sur le chiffre de la prime une réduction calculée sur le pied de 500.000 francs par mois ; et que, si le retard venait à se prolonger au-delà des six mois à Texpiration desquels la prime se trouverait complètement supprimée, la dite réduction se transformerait en une amende calculée sur le même pied de 500.000 francs par mois.

PROGRAMME d'eXÉCUTION DES TRAVAUX

Le programme d'exécution des travaux du lot réservé à M. Couvreux par le nouveau marché du 27 mars 1865, était fixé par Tarticle 3 dudit marché, ainsi libellé :

Sur la partie du canal en double courbe comprise entre les deux chantiers n° 5 et n® 6 (numérotage des anciens chantiers des contingents égyptiens) les travaux seraient exécutés conformément au plan de la rectification de tracé décidée par la Compagnie, c'est-à-dire que, dans rétendue de la première courbe, les terres de déblais devraient être portées à 4 mètres au moins de distance au-delà de la limite d'un élargissement projeté pour l'avenir, et que, dans l'étendue de la deuxième courbe, l'élargissement définitif du canal aurait lieu en partie du côté de la rive Asie.

En ce qui concernait le creusement de la rigole maritime, il était entendu que, si les excavateurs placés à la cote 18™,00 et le plus près possible de la rive (côté Afrique) ne pouvaient atteindre le talus de la rive Asie, l'entrepreneur ne serait pas obligé d'enlever les terres jusqu'à ce talus, mais qu'il n'en donnerait pas moins à la rigole la largeur prévue de 15 mètres.

Les déblais à sec se feraient par bandes successives et parallèles, d'une largeur de 15 mètres environ à la cote 18", 00, et s'étendant sur toute la largeur et sur toute la hauteur du lot.

Les installations devraient être immédiatement établies pour l'exécution de la première bande, qui aurait exactement 15 mètres de largeur à la cote 18'",00, qui serait entièrement exécutée sur la rive Afrique, et qui était provisoirement destinée à former une banquette susceptible de recevoir en dépôt provisoire les déblais provenant de l'exécution de la rigole. Cette bande serait terminée à la date du l^"" janvier 1866, au plus tard. Il en serait de même de la rigole, et la banquette devrait, à cette époque, être entièrement débarrassée des terres qui y auraient été déposées.

La première bande enlevée, il serait procédé successivement à l'enèvement de chacune des deux autres, dans des conditions telles que a seconde fut achevée au plus tard le 31 décembre 1866, la troisième, e 31 décembre 1867, et que trois mois avant leur achèvement respectif.

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dix dragues pussent être installées dans la largeur de chacune d^elles, et avoir chacune, devant elle, une longueur libre de 500 mètres.

Enfin, le reste d^s travaux devrait être conduit de manière que la totalité de la tranchée du canal fut terminée le l»*" juillet J868.

Le même article du nouveau marché, — ainsi que nous l'avons déjà mentionné précédemment, — avait d'ailleurs réglé comme suit Timportance du travail à exécuter par période trimestrielle : pendant les 2% 3* et 4* trimestres de 1865, respectivement 200, 250 et 350.000 mètres cubes ; pendant chacun des trimestres suivants 400.000 mètres cubes, et ce, indépendamment des apports, pourvu que l'importance n'en fût pas de plus du vingtième des déblais effectifs.

La Compagnie par le nouveau marché du 27 mars 1865, — ainsi que le montre l'article 5 dudit marché, — avait mis entre les mains de M. Couvreux, pour l'accomplissement de la tâche qui avait été conservée à cet entrepreneur, toutes les ressources nécessaires en matériel supplémentaire. L'article du marché, reproduit ci-dessus, fixant l'ordre et la succession des travaux, montre, d'ailleurs, que les ressources mises à la disposition de l'entrepreneur devaient, dans la pensée de la Compagnie, être principalement concentrées sur la rigole maritime et la banquette latérale qui en était l'annexe indispensable : les efforts de Tenlrepreneur devaient d'ailleurs, surtout, être dirigés — tout eh les combinant avec le reste du travail — sur les points où la rigole présentait les plus petites largeurs et les moindres tirants d'eau. Nous rappellerons, enfin, qu'en prévision du cas oîi les excavateurs, pendant les premiers temps de leur fonctionnement, ne donneraient pas des résultats permettant d'assurer l'exécution de la rigole, aux dimensions voulues, dans le délai fixé, le dernier paragraphe de l'article 8 du marché donnait aux ingénieurs le droit de retirer immédiatement à M. Couvreux tout ou partie de ses travaux et leur confiait le soin de prendre toutes mesures

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nécessaires pour arriver au résultat désiré d'une manière^ quelconque.

MODES d'exécution ET MARCHE DBS TRAVAUX

M. Gouvreux, qui était allé en France pour conférer avec l'Administration au sujet des conditions du nouveau marché d'entreprise, était de retour en Egypte dans les derniers jours d'avril (1865), et il s'occupa aussitôt d'une nouvelle organisation de ses chantiers de terrassements.

Ceux-ci, maintenant, devaient se trouver répartis seulement sur la partie du canal comprise entre les points 66*^,720 et 75^,400.

Organisation des chantiers et situation des travaux à la date du i«' juin 1865. — Nous indiquons ci-dessous de quelle manière s'est faite la répartition des chantiers et faisons connaître en même temps, la situation de chacun de ces chantiers au commencement de juin 1865.

(Nota. — Les cubes de déblais indiqués comme étant à exécuter dans chaque chantier concernent seulement les déblais à faire à sec pour l'exécution, le long de la rigole maritime, de la première baaquette de 15 mètres environ de largeur à la cote 18^,00. Quant au cube des déblais à exécuter sous l'eau pour l'élargissement et l'approfondissement de la rigole sur toute sa longueur de 8.680 mètres, il était, comme l'indique le marché, évalué à 200.000 mètres cubes.)

1«^ CHANTIER (tâcheron Korytkowski) : De 66^,720 à 68^00•, longueur ^ 1.280 mètres : cube à exécuter, 65.000 mètres cubes.

Le tâcheron se disposait à abandonner le système de déblais en cuvette qu'il avait suivi jusqu'alors pour attaquer le talus même de la tranchée. A cet effet, il prolongeait obliquement la cuvette déjà creusée en arrière de la rive pour gagner le plus promptement possible le bord même de la rigole en même temps qu'il posait le long de celle-ci sa voie de charge, afin de pouvoir utiliser au transport du matériel de cette voie les locomotives qui seraient ainsi rendues disponibles; le travail par excavateur avait été à peu près complètement supprimé.

Le nouveau marché avait laissé en dehors de l'entreprise une longueur de canal de 520 mètres, de 66^,200 à 66*^,720 qui faisait partie de l'ancienne tâche Korytkowski et qui eût été onéreuse à exécuter par d'autres que par ce tâcheron. Celui-ci avait consenti à se charger du travail. Il se proposait, à cet effet, à partir du point où devait aboutir à la rigole son ancienne tranchée en cuvette, de faire le long de la rigole une voie de rebroussement se prolongeant jusqu'au point 6ô'',200.

Les voies de l'ancien chantier étaient suffisantes pour la nouvelle installation.

Le chantier était desservi par deux locomotives très fatiguées et qui

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avaient un besoin urgent de réparations. Il marchait bien, d'ailleurs^ et semblait ne devoir inspirer aucune inquiétude.

2» CHANTIER (tâcheron Besset) : de 68^,00 à 70^,4 ; longueur» 2.400 mètres; cube à exécuter, 95.000 mètres cubes.

Ce chantier était attaqué, en vue de l'élargissement de la banquette longeant la rigole, sur 900 mètres, avec deux charges; 500 mètres étaient à peu près à largeur.

C'était dans ce chantier, au point 69*^,00, qu'était en voie d'installation le premier excavateur à employer pour les déblais sous l'eau. La voie spéciale de cet excavateur était déjà posée sur 300 mètres. La voie contiguë pour le parcours des wagons en charge n'était pas encore posée ; l'entrepreneur comptait s'en passer en laissant tomber à terre les produits de l'excavateur pour les reprendre ensuite à la pelle ; il voyait dans ce mode de travail l'avantage de ne pas immobiliser une locomotive pendant tout le temps du chargement, et de ne charger dans les wagons que du terrain sec qui se viderait mieux à la décharge.

Le chantier n'était desservi que par une seule locomotive. Il en fallait évidemment une seconde.

Le matériel de voie manquait encore sur place pour les 1.500 mètres d'élargissement encore à faire ainsi que pour les voies de service lors de l'agrandissement du chantier; mais ce matériel était à Port-Saïd et devait être rendu à bref délai à pied-d'œuvre.

Le chantier était bien conduit. On pouvait prévoir qu'il marcherait d'une manière aussi satisfaisante que possible lorsque l'entrepreneur aurait pu mettre à la disposition du tâcheron une des quatre locomotives qui étaient alors en montage dans les ateliers, probablement vers la fin du mois.

3* CHANTIER (tâcheron Breton) : de 70\4 à 7 i\4; longueur, 1.000 mètres ; cube à exécuter, 50.000 mètres cubes.

Le tâcheron venait de poser 400 mètres de voie le long de la rigole, avec une seule rampe, dont la voie était également posée, pour décharge. Il manquait encore 600 mètres de voie pour compléter l'installation du chantier.

Le chantier n'était desservi que par une seule locomotive; il eu fallait une seconde, avec une seconde voie de décharge.

4« CHANTIER (tâcheron Daneuse) : de 7 {'',4 à 73'',9; longueur, 2.500 mètres; cube à exécuter 140 000 mètres.

Ce chantier était attaqué pour l'élargissement de la banquette sur une longueur de 600 mètres, avec trois charges. Il manquait, pour compléter son installation, 2.400 mètres de voie qui étaient à Port-Saïd, plus un(î nouvelle décharge vers le chantier VP.

1. Ainsi qu'il a été déjà signalé, cette désignation de chantier VI se rapportait à une ancienne division en six chantiers qui avait été adoptée pour la

122 CREUSEMENT DU CANAL À LA TRAVERSÉE DU SEUIL d'eL GLISR

Le chantier n'était desservi que par une seule locomotive très fatiguée et qui était même, alors, en réparation, en sorte que les travaux se trouvaient momentanément suspendus. En outre de cette locomotive, deux autres étaient nécessaires pour pouvoir mener les travaux avec la rapidité convenable.

Un excavateur devait être prochainement descendu pour travaillera Télargissement de la rigole.

Le tâcheron était excellent. Tout permettait d'espérer que si le matériel indispensable lui était fourni, il mènerait son travail à bonne fin avec la rapidité convenable.

5« CHANTIER (tâcheron Robert) : De 13^,9 à 75^,3; longueur, 1.400 mètres; cube à exécuter, 50.000 mètres cubes.

Ce chantier n'avait pas encore de voie posée sur le bord de la rigole.

Le tâcheron ouvrait une tranchée en cuvette à l'extrémité du chantier pour entrer de ce côté vers la rigole, la décharge devant avoir lieu entre le canal dit de jonction et les dunes bornant au Nord le lac Timsah. Une seconde décharge devait être établie à l'extrémité opposée, et deux locomotives seraient alors indispensables.

Il manquait 2 kilomètres de voie ; mais ce matériel devait arriver prochainement sur le chantier.

Le chantier accessoire du haut de la tranchée, avec petits wagons traînés par des animaux, continuait à marcher.

Situation du matériel. — Locomotives. — Sans compter deux petites locomotives destinées aux mouvements des ateliers et aux transports du matériel, l'entrepreneur n'avait encore à sa disposition, à la date du 1" juin que 7 locomotives (3 achetées à Lyon 2 et 4 provenant de la maison (iouin) qui étaient trop faibles pour faire un bon service et qui, d'ailleurs, se trouvaient déjà extrêmement fatiguées et avaient besoin de fréquentes réparations ; mais ce nombre devait, dans le délai d'un mois, être augmenté de 4 bonnes locomotives provenant de la maison Gouin, — en remplacement de 4 locomotives anciennement commandées et naufragées, — et en achèvement de montage dans les ateliers de l'entreprise ; et, ainsi, se trouverait complété le nombre de 11 locomotives qui était nécessaire pour assurer une marche satisfaisante des cinq chantiers de terrassements. En outre, M. Couvreux,

tranchée ouverte par les contingents égyptiens à travers le seuil d'El Guisr, depuis El Ferdane jusqu'au lac Timsah.

2. En réalité, il y avait eu quatre locomotives provenant de Lyon ; mais un grand nombre de pièces de l'une d'elles avaient été prises pourles réparations des trois autres. La locomotive en question devait d'ailleurs être transformée à l'aide d'éléments achetés à Alexandrie et provenant du naufrage d'un navire qui portait quatre locomotives commandées par l'entrepreneur à la maison Gouln ; cette transformation semblait devoir durer plusieurs mois.

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aussitôt après la passation de son nouveau marché, avait commandé à la maison Gouin 4 nouvelles locomotives destinées à servir de machines de rechange et qu'il espérait recevoir à la fin d'octobre.

Excavateurs. — L'entrepreneur avait sur les lieux, savoir :

1 excavateur hors de service et tout à fait abandonné ;

5 excavateurs en service dans le chantier dit des excavateurs, du point 68^,00 au point 71^,00 ;

1 excavateur qui venait d'être descendu sur le bord de la rigole au point 69^,00 et qui était prêt à fonctionner pour l'élargissement et l'approfondissement de la rigole ;

4 excavateur monté dans les ateliers et prêt à être descendu sur le bord de la rigole vers le point 72'*,00 dès que tout se trouverait préparé pour le recevoir ;

1 autre excavateur monté, avec de grands couloirs munis de palettes mobiles de chaque côté, pour essai d'un mode de transport au plus près, c'est-à-dire avec dépôt des terres dans le même profil. (L'entrepreneur n'était pas prêt encore à commencer cet essai qui n'avait d'ailleurs rien d'urgent.)

Enfin, dans les ateliers, les éléments de 2 nouveaux excavateurs.

En résumé, en dehors de l'excavateur hors de service et de celui qui était immobilisé, l'Entrepreneur avait à sa disposition 7 excavateurs, plus les éléments pour 2 excavateurs supplémentaires.

Or, le cube de déblais à faire sous l'eau pour l'élargissement et l'approfondissement de la rigole était évalué à 200.000 mètres cubes. Si, comme l'espérait l'entrepreneur, les excavateurs réussissaient dans le travail de dragages auquel ils allaient être appliqués, on pouvait admettre, — pensait-il, — que chaque excavateur ferait en moyenne 300 mètres cubes par jour. Dès lors, en mettant en activité pour les dragages les 5ept excavateurs déjà montés, il faudrait 100 journées de travail soit une durée totale d'environ quatre mois pour exécuter l'élargissement. Les deux excavateurs supplémentaires serviraient de machines de rechange pour parer aux nécessités de grosses réparations des excavateurs en place. On était donc en droit d'espérer que les travaux d'élargissement de la rigole dans l'étendue du lot Gouvreux seraient terminés, sinon tout à fait dans le délai prescrit, tout au moins certainement avant l'époque où MM. Borel, Lavalley et G'« auraient eux-mêmes rempli leurs engagements en ce qui concernait l'amélioration de la rigole depuis Port-Saïd jusqu'à la nouvelle origine du lot Gouvreux.

Wagons. — Les wagons, au nombre de 400, étaient en nombre à peu près suflisant, mais avaient besoin d'importantes réparations. Une commande supplémentaire de 75 wagons faite en France par l'entrepreneur, après la conclusion du nouveau marché, et les commandes simultanées de rechanges paraissaient devoir permettre de parer à toutes éventualités et dissiper en conséquence toute appréhension

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pour un certain temps. On pouvait suffire au présent avec les ressources existantes.

Voies de fer. — L'entrepreneur avait déjà sur place 15 kilomètres de voies construites avec de vieux rails. Une commande de 15 kilomètres de voies en nouveaux rails, faite avant la conclusion du nouveau marché, était arrivée à Port-Saïd, et la moitié de cette commande, déjà transportée sur les chantiers, était en grande partie posée. Les traverses approvisionnées étaient en quantité suffisante avant l'organisation définitive des chantiers; il était impossible de préciser si de nouvelles commandes seraient plus tard indispensables; mais, pour les besoins immédiats, c'est-à-dire pour les travaux d'élargissement de la rigole, on n'avait à concevoir aucune inquiétude.

Une commande de 3 kilomètres de voies en gros rails Vignole du poids de 36^,5, modèle P.-L.-M, avait été faite par l'entrepreneur, après la conclusion du nouveau marché, pour les voies destinées au service des excavateurs employés à l'élargissement de la rigole. L'expédition de ces rails devant avoir lieu par bateaux à vapeur, on pouvait espérer qu'ils arriveraient en temps opportun, les voies déjà existantes sur les chantiers permettant de satisfaire aux premiers besoins.

On voit, par l'exposé qui précède de la situation de l'entreprise au commencement de juin 1865, que l'entrepreneur avait pris alors et continuait de prendre toutes ses dispositions pour l'exécution du nouveau marché en ce qui concernait l'élargissement de la rigole. Peutêtre y avait-il un peu de retard dans les nouvelles installations faites en vue de ce travail urgent; mais cela semblait avoir tenu surtout à ces deux circonstances que les locomotives manquaient et que les transports entre Port-Saïd et le Seuil étaient redevenus difficiles.

L'excavateur placé sur le bord de la rigole au point 69^"',4 commença ses essais de déblais sous l'eau au milieu de juin. Les déblais étaient versés directement sur le sol, repris ensuite à la pelle pour le chargement en wagons et emmenés à la décharge. Dans ces premiers essais, l'appareil fît, par journée de travail de dix heures, un avancement de 80 mètres, enlevant en moyenne 2'°<',50 par mètre courant, ce qui correspondait à un cube de déblais de 200 mètres cubes. La preuve était donc faite que l'emploi de l'excavateur pour l'élargissement et l'approfondissement de la rigole était parfaitement praticable. On ne pouvait espérer toutefois d'obtenir avec les excavateurs existants, même après y avoir apporté diverses améliorations projetées, un travail de plus de 300 mètres cubes par jour, soit un travail effectif par mois de 6.000 mètres cubes. Dans ces conditions, et en admettant, d'une part, que les déblais à sec pour l'élargissement de la banquette seraient poussés avec l'activité nécessaire, d'autre part, que tous les excavateurs seraient transportés à bref délai sur le bord de la rigole pour les déblais sous l'eau, il était permis d'espérer que l'entrepreneur

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