EXÉCUTES
Mètres cubes
Mètres cubes
Déblais sous l'eau
Totaux
ENTBEPRISE ALP. COUVREUX 12^
D'après Tarticle du marché relatif aux délais d'exécution, l'entrepreneur devait exécuter, savoir :
Mètreg eubes
Pendant les trois derniers trimestres de 1865 800 . 000
Et pendant Tannée 1866 1.600.000
Le cube déjà exécuté à la date du 1" avril 1865 était de. . . 561.590
Par conséquent, le cube total exécuté à la fin de 1866 devait être au moins de 2.961.590
Le tableau ci-dessus montre que l'entreprise était encore, à la fin de 1866, comme à la fin de 1865, légèrement en retard sur ses travaux.
Il y a lieu de noter, en outre :
D'une part, que les terrassements à sec n'avaient pas été enlevés par bandes de 15 mètres parallèles à l'axe du canal, de manière à permettre la mise en travail prochaine des dragues de MM. Borel, Lavalley et C** dans les conditions prévues au marché.
[Toutefois et nonobstant l'existence de points assez nombreux où les terrassements à sec n'étaient pas suffisamment avancés, comme il y avait des endroits où la largeur du terrain dérasé à la côte 18°',00 dépassait de beaucoup l'arête Afrique du plafond du Canal, on estimait que les dragues pourraient, à ces endroits, être placées par couples, marchant l'une vers l'autre.]
D'autre part, que la rigole maritime n'avait pas encore partout les dimensions prescrites.
Marche des travaux pendant l'année 1867. — Avant de décrire la marche des travaux de l'entreprise pendant l'année 1867, nous rappellerons encore que le troisième acte additionnel passé avec MM. Borel, Lavalley et C^", le 13 avril de ladite année, avait fixé comme date de l'achèvement de la totalité des travaux du canal la date du 1«' octobre 1869, sous la condition que les entrepreneurs pourraient faire pénétrer leurs dragues dans le lac Timsah et installer leurs chantiers de dragages dans le seuil d'El Guisr pour le 20 mai 1867.
En ce qui était de la possibilité de faire entrer les dragues dans le lac pour la date indiquée, elle ne paraissait pas douteuse au moment même de la passation du troisième acte additionnel. Le niveau de l'eau du lac se trouvait alors en effet, à la côte 17™, 45; et comme la montée de l'eau, à cette période de l'opération de remplissage, était de plus d'un centimètre par jour, on pouvait compter, qu'à la date du 20 mai, le niveau de l'eau du lac atteindrait au moins, comme il l'a atteint effectivement, la côte 17™,82. Or, à l'époque de l'année où l'on se trouvait, Teau dans la rigole maritime, à l'origine du seuil d'El Guisr, se maintenait à une cote de 18 mètres à 18™,10; et l'on regardait comme à peu près certain, que les dragues pourraient pénétrer dans le lac malgré une dénivellçition d'une vingtaine de centimètres. La libre communicaiion» entre la rigole maritime et le lac paraissait donc pouvoir être vi-2. 9
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sûrement établie pour le 20 mai. [En fait, la première drague de l'entreprise Borel Lavalley et C'«, allégée, n'a pénétré dans le lac que le 20 juin ; le niveau de Teau du lac était alors à la cote 17™,97. L'eau du lac n'a atteint la cote 18",20 du niveau moyen de la Méditerranée que^ le 15 août suivant.]
Mais, en ce qui concernait l'état de la rigole à la traversée du Seuil, dont les dimensions avaient été fixées par l'acte additionnel du 27 mars 1865 avec MM. Borel, Lavalley et C*«, on était loin d'être aussi sûr que la situation serait suffisamment satisfaisante pour prévenir toutes réclamations de la part des entrepreneurs.
Grâce aux efforts déployés par M. Couvreux pendant les premiers mois de l'année 1867 dans le travail d'élargissement de la rigole, on pouvait admettre que celle-ci se trouvait avoir été effectivement établie, comme première exécution, dans toute l'étendue du lot d'entreprise, suivant les dimensions fixées ; et il en avait été certainement ainsf pour la portion de la rigole dépendant du chantier de régie d'El Ferdane (portion de rigole de la partie nord du Seuil détachée du lot primitif Couvreux). Mais, par suite des diverses causes suivantes .-^ apports de sables amenés par le vent ; grand mouvement de la navigation dans le Seuil, et, surtout développement de la navigation à vapeur; fort courant produit par l'opération du remplissage du lac Timsah, les berges de la rigole, formées d'un terrain de sable, éprouvaient des éboulements incessants sous l'action du passage de nombreuses embarcations de toutes sortes qui sillonnaient le Seuil dans les deux sens, de telle sorte que les talus s'étaient allongés au point de réduire notablement la largeur de la rigole au plafond ; en outre, les sables en suspension dans l'eau, entraînés par les courants, arrivaient à former des hauts fonds jusque dans le milieu de la rigole. Aussi à peine avaiton réalisé le profil normal sur une certaine longueur de rigole, qu'à peu d'intervalle on ne pouvait plus y faire passer le gabarit. Le danger de cette situation, qui pouvait mettre obstacle au libre passage des grandes dragues et gêner la circulation des gabares à clapets appelées à desservir les dragues employées dans le Seuil, n'avait été révélé qu'un peu tardivement par des profils en travers levés dans toute l'étendue du Seuil. Des mesures énergiques durent être prises pour y remédier. Le seul moyen d'arriver à réaliser une situation stable était de donner à la rigole des dimensions notablement plus grandes que celles prévues, et ce fut le parti auquel on s'arrêta : une surlargeur était d'ailleurs indis*pensable pour permettre la libre circulation des gabares à clapets qui eût été presque impossible avec une rigole n'ayant que 7 mètres de largeur au plafond, à la cote 15^,50. Le but poursuivi fut donc de chercher à livrer à MM. Borel, Lavalley et G'® une rigole ayant une largeur de 25 mètres à la ligne d'eau, une profondeur de 2 mètres, un talus à 5 pour 1 du côté Asie et un talus à 2 pour 1 du côté Afrique. Le chantier-
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de régie d'El Ferdane fut chargé du travail d'élargissement et de la mise à profondeur sur la partie de la rigole s'étendant du kilomètre 60^,5 au kilomètre 69, empiétant ainsi d'un peu plus de 2 kilomètres sur la partie du lot Couvreux où il y avait encore beaucoup à faire. De son côté, M. Couvreux, comme on le verra ci-dessous, s'empressa de prêter son concours le plus complet au[môme travail sur le reste de la longueur de la rigole, du kilomètre 69 au kilomètre 75'',300.
Les terrassements à sec du lot Couvreux, à partir du commencement de l'année 1867, furent poussés et ensuite poursuivis pendant tout le cours de l'année avec une grande activité. Le cube exécuté pendant le premier trimestre fut de 480.000 mètres cubes, dépassant ainsi de 80.000 mètres cubes le minimum ûxé par le marché. L'entrepreneur répara donc rapidement les légers retards des années précédentes.
Au sujet de ces retards, il convient de signaler que, pendant la première année de fonctionnement du nouveau marché (1865), M. Couvreux avait rencontré des difficultés vraiment sérieuses à satisfaire à la rapidité d'exécution que lui prescrivait le marché ; que, parmi les circonstances de force majeure qui avaient entravé ses travaux, il pouvait invoquer notamment, pour justifier ses retards de ladite année, l'épidémie de choléra qui avait sévi dans l'Isthme pendant près d'un mois; d'autre part, que, pendant Tannée 1866, la mort lui avait enlevé un de ses principaux tâcherons, celui du chantier VI, et que les forma lités de la liquidation de la tâche en cours avaient entraîné un certain ralentissement des travaux.
La rectification, côte Asie, de la courbe du kilomètre 74 était complètement terminée dès la fin de mars.
L'entrepreneur poussa de même avec activité les travaux d'amélioration de la portion de rigole qui lui avait été réservée. En avril, 3 excavateurs étaient en plein fonctionnement à ces travaux. Un peu plus tard, le nombre des excavateurs était porté à 4.
A l'endroit de la rectification de la courbe sud du Seuil, l'élargissement de la rigole devant se faire du côté Asie (du kilomètre 73^,460 au kilomètre 74^,540), on ne pouvait y employer des excavateurs. Sur la demande de l'entrepreneur, la Compagnie, dans le courant de mai, mit à sa disposition pour l'exécution de ces travaux, une des trois petites dragues qui avaient été commandées pour l'entretien dû canal d'eau douce et dont la remise n'avait pas encore été faite au Gouvernement égyptien.
Malgré tous les efforts déployés par M. Couvreux, avec ses 4 excavateurs, pour l'amélioration de la rigole, les résultats obtenus à la fin de juin laissaient encore à désirer : le parcours d'un gabarit dans la rigole avait révélé encore, en effet, l'existence de fonds de 1™,35 à 1",50 seulement sur des points même où les excavateurs avaient fait une nouvelle passe. [Rappelons, pourtant, qu'une première
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drague de Tentreprise Borel Lavalley et C»" avait pu, allégée il est vrai, traverser le Seuil, sans encombre et pénétrer dès le 20 juin dans le lac Timsah.J Pour arriver plus promptement à la complète amélioration de la rigole, dans toute la traversée du Seuil, la portion de rigole dont l'amélioration avait été réservée à M. Couvreux fut de nouveau réduite, et le chantier de régie d'El Ferdane fut étendu, en ce qui était de cette amélioration, jusqu'au kilomètre 70^,400. Dans le chantier de régie ainsi étendu, la rigole fut terminée, avec les dimensions voulues, à la fin d'août.
Les 4 élévateurs de M. Couvreux, sur la portion de rigole réservée à cet entrepreneur, n'avaient plus, du reste, à améliorer que la partie de 70^,400 à 72^,800. La passe qu'ils exécutaient donnait à peu près 1"*,50 de plus de largeur à la rigole; mais cette amélioration partielle n'était que d'une médiocre utilité pour assurer le passage des grandes dragues Borel, Lavalley et G'«, attendu que les seuils ou ensablements que l'on avait à faire disparaître se trouvaient au milieu de la rigole et que les élindes trop courtes des excavateurs ne pouvaient les atteindre. Aussi le travail de ces excavateurs fut-il définitivement arrêté dans la seconde quinzaine de septembre. L'achèvement de l'amélioration de la rigole eut lieu au moyen de dragues par les soins du chantier de régie d'El Ferdane.
Ainsi qu'on le verra par le décompte général ci-après des travaux de l'entreprise, le cube des déblais sous l'eau, primitivement prévu de 200.000 mètres cubes, s'est trouvé notablement dépassé par suite des déblais supplémentaires qu'a entraînés l'amélioration de la rigole après les premiers travaux d'élargissement et d'approfondissement.
Année 1868. — Les travaux de l'entreprise ont été complètement terminés le 31 janvier 1868.
D'après rarticle 2 du marché, le cube des déblais à sec avait été évalué à un volume d'environ 4.000.000 de mètres cubes, et le cube des déblais sous Teau à un volume d'environ 200.000 mètres cubes. Les calculs des profils levés avant exécution modifièrent légèrement le premier chiffre, en sorte que le cube total des déblais à exécuter par l'entreprise, non compris l'enlèvement des apports qui seraient occasionnés par les vents, avait été finalement établi comme suit :
Mètres eubei
Déblais à sec 4.126.608
Déblais sous l'eau 200.000
Cube total 4.326.608
ENTREPRISE ALP. GOUYREUX 133
D'autre part, Tarticle 3 du marché avait fixé la date d'achèvement des travaux au 1" juillet 1868, à la condition que le cube total des apports ne dépasserait pas le vingtième des déblais effectifs. En réalité, ainsi qu'on le verra par le décompte général ci-après des travaux de l'entreprise, le cube total des déblais exécutés par l'entrepreneur, compte tenu des apports et des déblais supplémentaires, a été de 4.598.660 mètres cubes, dépassant de 272.052 mètres cubes, c'est-à-dire de plus d'un vingtième le cube primitivement prévu. La Compagnie a estimé que ce supplément de cube eût justifié une prolongation de délai d'un mois dans la date fixée pour l'achèvement des travaux, c'est-à-dire jusqu'au 1" août 1868. Dès lors, les travaux ayant été complètement terminés le 31 janvier de ladite année, la prime de 50.000 francs par mois d'avance stipulée par l'article 9 du marché en faveur de l'Entrepreneur a été appliquée à une période de six mois.