‹ Le canal de Suez (volume 2)Chapitre 57 sur 152 · ciKA'A · texte numérisé non relu

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CREUSEMENT DU OANAL MARITIME A LA TRAVERSEE DE LA PARTIE NORD DU SEUIL D EL GUISR

CHANTIER DB RÉOIE D EL FEBDANE

Aiûsi qu'il a déjà été expliqué précédemment au chapitre concernant les travaux de Tentreprise Couvreux, deux marchés ont été passés parla Compagnie àladatedu27marsl865:

L'un, avec M. Couvreux, réduisant le lot d'entreprise qui lui avait été concédé par un premier marché du 1" octobre 1863 et qui comprenait le creusement du canal dans toute la traversée du seuil d'El Guisr, du kilomètre 60^,500 au kilomètre 75*", 400;

L'autre marché, concédant à MM. Borel, Laval ley et C" la partie retranchée du lot Couvreux et qui se trouvait ainsi comporter les travaux suivants (art. l*"" du marché) :

1° Entre les kilomètres 60^500 et 66\720 :

a. Elargissement à sec, du côté ouest, de manière à amener la tranchée du canal à une largeur totale de 36 mètres au niveau de la cote 18 mètres (ancien nivellement); élargissement et creusement de la rigole maritime existante de manière à porter sa largeur à 20 mètres, mesurée à la cote 17", 50, et sa profondeur à 2 mètres au-dessous de la dite cote;

b. Enlèvement, après les travaux ci-dessus, de tous les déblais restant à faire à sec au-dessus de la cote 18 mètres;

c. Dragage du surplus des terres inférieures à cette cote, de manière à amener le canal à ses dimensions définitives.

La Compagnie se réservait de diminuer s'il y avait lieu, rinclinaison sur la verticale des talus de la rive Afrique.

2" Entre les kilomètres 66^720 et 75^400 (limite du lot Couvreux) :

c'. Dragage (après l'exécution de la rigole préalable, laquelle n'aurait dans cette longueur que 15 mètres de

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largeur à la cote de 17",50 et qui était réservée à M. Couvreuxy des déblais compris au-dessous de la cote 18 mètres, de^ manière à amener le canal à sa largeur et à sa profondeur définitives.

L'importance respective de ces divers travaux était d'ailleurs évaluée approximativement comme suit :

Catégorie a :

Terrassements à sec pour un premier élargissement de la Mètres cubes

tranchée 180.00(>

Dragages pour Télargissement et le creusement de la rigole. 180.000

Catégorie h :

Terrassements à sec pour lachèvement de la tranchée 300.000'

Catégorie c et c' :

Dragages pour le creusement du canal à ses dimensions définitives 4.200.00(^

L'article 2 du marché stipulait d'ailleurs :

D'une part, que les travaux de la catégorie a seraient exé^ cutés en régie; qu'ils devraient être commencés dans le plus bref délai possible; que MM. Borel, Lavalley et O^ y consacreraient tous les moyens dont ils pourraient disposer, l'intention commune des parties étant qu'ils fussent terminés pour le 1" janvier 1866 au plus tard ; que 400 hommes et 3 dragues au moins devraient y être employés avant trois mois, et il était entendu que la Compagnie resterait toujours maîtresse de faire cesser la régie à sa volonté en prévenant les entrepreneurs quinze jours d'avance ;

[L'article final du marché (art. 12) stipulait, de son côté ^ que la clause relative aux travaux à faire en régie * (déblais

1. Antérieurement aux travaux en régie qui vont être décrits au présent chapitre, en même temps que fonctionnait l'entreprise Couvreux, installée au seuil d'El Guisr depuis le commencement de 1864, et qui, en vertu du premier marché en date du !•' octobre 1863, avait déjà exécuté pour sa part, à la date du 30 juin 1864, un cube de déblais de 44.383 mètres cubes, la Compagnie avait, de son côté, fait exécuter directement dans le Seuil, par ses proprestâcherons, certains travaux urgents de déblais destinés à empêcher des éboulements dans la rigole maritime. Le cube ainsi exécuté avait été de^ 17.590 mètres cubes.

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de la catégorie a) ne serait exécutoire que sur la demande du directeur général des travaux, l'intention commune des parties étant d*ailleurs de transformer la régie en marché à prix fixe et délai déterminé, aussitôt qu'une étude spéciale faite sur les lieux leur aurait permis de se rendre compte des conditions dudit marché ;]

D autre part, que tous les autres travaux seraient entièrement exécutés aux frais et risques des entrepreneurs.

Enfin Tarticle 3 du marché contenait les stipulations suivantes :

La Compagnie, en outre du creusement de la rigole de 15 mètres de largeur et 2 mètres de profondeur entre les kilomètres 66'',720 et 75'',400 dont elle se chargeait, ferait établir àsesfrais, sur cette rigole, au-delà dukilomètre 75^, 400, un déversoir susceptible de remplir avant le 1" avril 1866, le lac Timsah, à Taide des eaux de la Méditerranée, tout en maintenant dans la rigole un tirant d'eau minimum del'°,50.

Les entrepreneurs acceptaient dès maintenant la construction en régie de ce déversoir et ils y procéderaient dans le plus bref délai.

Si Tégalité des niveaux entre le lac Timsah et la rigole n'était établie qu'après le 1" avril 1866, ce retard ne donnerait aux entrepreneurs aucun droit à réclamations d'indemnité ou de dommages-intérêts s'il n'excédait pas trois mois; mais le délai pour l'exécution finale des travaux de dragages serait reculé de la quantité correspondant à ce retard.

(Suivaient des prescriptions concernant la manière dont devraient être conduits les terrassements à sec entre les kilomètres 66^,720 en 70^,400 faits par M. Couvreux ou par la Compagnie.)

Nous croyons utile de rappeler ici, comme nous l'avons déjà fait au chapitre concernant l'entreprise Couvreux : 1° Que par le premier marché passé le 26 mars 1864 avec

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MM. Borel, Lavalley et C*' pour rexécution des travaux du canal entre le seuil d'El Guisr et la mer Rouge, la Compagnie s'était engagée à maintenir, autant qu'il dépendrait d'elle, une profondeur d'eau minimum de 1",20 dans ceux de ses canaux ou rigoles nécessaires aux entrepreneurs pour le transport de leur matériel et de leurs approvisionnements entre Port-Saïd et Suez et leurs différents chantiers ;

2° Et que, par le second marché passé le 12 décembre 1864 avec les mômes entrepreneurs pour l'exécution des travaux du canal entre Port-Saïd et le seuil d'El Guisr, il était stipulé que la Compagnie ne serait tenue de livrer aux entrepreneurs le passage assuré de 1°,20 de tirant d'eau, mentionné au marché précédent, dans la longueur du canal correspondante au lot Couvreux (traversée du Seuil) avant le 1" janvier 1866.

Programme d'ôzécution des travaux

Après réception des deux marchés du 27 mars 1865, les ingénieurs avaient à s'entendre avec MM. Borel, Lavalley et C^* en ce qui était de la portion de travail à faire en régie par ces entrepreneurs dans le lot qui leur était attribué, sous réserve de la transformation en marché ferme si l'entente pouvait s'établir à ce sujet. Par suite de diverses circonstances (notamment l'arrivée des délégués du Commerce dans l'Isthme), la conférence projetée se trouva ajournée. Pour remédier h cet ajournement, les ingénieurs organisèrent immédiatement avec les ressources dont ils disposaient, de premiers chantiers de terrassement à la brouette pour l'exécution de la banquette de 15 mètres de largeur, qui devait être créée tout d'abord le long de la rigole maritime et destinée à permettre ensuite le travail d'élargissement et d'approfondissement de la rigole : Quelque solution qui dut intervenir, c'était, en effet, du temps de gagné et du travail fait. Au moment où ils prirent possession des

CHANTIER DE RÉGIE d'eL FERDANE 139

chantiers, rancienne entreprise Gouvreux venait à peine de construire au kilomètre 62*^,700 trois baraques et d'installer sur ce point quelques ouvriers. Les ingénieurs achetèrent à l'entreprise tout le matériel aflFecté à cet embryon d^installatien qu'ils s'empressèrent de développer en construisant à leur tour, aussi économiquement que possible, de nombreux abris en planches. Dans les derniers jours d'avril, on avait déjà 220 hommes sur le chantier. Onespérait pouvoir en réunir sans trop de difficulté environ 500 lorsque l'on aurait des abris suffisants et le matériel indispensable.

Dans l'ignorance où ils se trouvaient des intentions de MM. Borel, Lavalley et C^% et en attendant qu'une résolution définitive put être prise au sujet des travaux en régie, les ingénieurs demandèrent à l'Administration d'être mis à même de parer à toute éventualité.

Les déblais à sec à exécuter en régie, d'après le marché, leur paraissaient devoir être divisés de la manière suivante :

!• Terrassements à la brouette^ comprenant toutes les portions de canal où la hauteur du terrain n'excédait pas 2 mètres au-dessus de la cote 18", 30.

Ces portions de Canal étaient les suivantes :

Mètres

De 60*^=^,500 à 61^°»,600 1 . 100

De 61>'",900 à 62'^'»,700 800

De ea^^^^jOSO à 64^"»,300 350

Longueur totale 2 . 250

Le cube total à enlever était d'environ 40.000 mètres cubes. Avec 300 hommes, le travail devait être fait en deux mois.

2© Terrassements par wagons traînés par des chameaux ou des mules, — Ce mode de travail serait appliqué

De 6l^",600 à ôi'^^jOOO, longueur 300 mètres.

Sur ce parcours, la hauteur du terrain était trop considérable pour permettre d'y travailler avantageusement jusqu'en

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bas à la brouette; il fallait d'ailleurs moins d'hommes avec les wagons; enfin, on avait tout le matériel nécessaire.

Le cube à enlever était d'environ 20.000 mètres cubes. Le travail pouvait être fait en trois mois. Le chantier avait été organisé immédiatement.

3° Terrassements à la locomotive et au wagon :

De 62''"»,700 à ôS^'^jOSO, longueur 1.250 mètres.

Sur ce parcours, la hauteur du terrain devenait considérable, atteignant jusqu'à 8 mètres au-dessus de la cote 18°", 30. Le cube à enlever pouvait être évalué à environ 70 mètres cubes par mètre courant, soit, en tout 87.500 mètres cubes.

Ici, le transport par bêtes de trait n'était plus applicable à cause de sa lenteur, et il devenait de toute nécessité d'employer une locomotive pour remorquer les wagons. Avec une locomotive marchant sans interruption — ce qui obligeait à en avoir une de rechange — il faudrait cinq mois pour faire le travail. On pourrait, il est vrai, diminuer dans une certaine mesure le cube à enlever à la locomotive en faisant déblayer à la brouette la partie supérieure du terrain, soit à Taide des chantiers mentionnés plus haut dès qu'ils deviendraient disponibles, soit, si cela était possible, en organisant immédiatement des chantiers supplémentaires.

On ne devait pas perdre de vue, en tout cas, que, d'après les divers marchés passés avec MM. Borel, Lavalley et C'*, les travaux d'élargissement et d'approfondissement de la rigole maritime devaient être terminés pour le V janvier 1866, et que ces travaux ne pouvaient être entrepris qu'après la constitution de la banquette de 15 mètres de largeur longeant la rigole, 11 n'y avait donc pas un moment à perdre pour commencer ces derniers travaux. Il était d'ailleurs prudent d'envisager l'hypothèse où MM. Bore), Lavalley et G'^ refuseraient de s'engager par un marché ferme dégageant la Compagnie de toute responsabilité, et, en pareil cas, les ingénieurs estimaient que la Compagnie

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