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COMMANDES DE TOILES SANS FIN POUR LES PETITES DRAGUES

La question des toiles sans fin de transport était, au début, considérée par la Compagnie comme étant d'une importance capitale pour l'exécution rapide et économique des travaux. Aussi, en même temps que la Compagnie faisait faire directement par ses ingénieurs des études et essais de divers types de ces appareils, l'entrepreneur général, M. Hardon, en vertu de l'initiative qui lui avait été accordée par son traité avec la Compagnie, faisait-il également, de son côté, des études et préparait-il les marchés de commandes des appareils à expédier en Egypte.

Les premiers marchés, au nombre de quatre, passés par l'entrepreneur général dans les premiers mois de Tannée 1860, n'eurent pour objet que les toiles de transport à adapter aux diverses dragues déjà commandées à plusieurs constructeurs. Ces marchés comprenaient 4es commandes suivantes :

l*» Le 3 février 1860, marché passé avec MM. Altermann, Evrard etC'% de Bruxelles, pour la fourniture de 12 appareils de transport à adapter aux 12 dragues commandées le même jour auxdits constructeurs ;

2*» Le 11 février 1860, marché passé avec M. Combe, de Lyon, pour ]a fourniture de 2 appareils à adapter à 2 des dragues commandées au même constructeur le 7 octobre 1859^.

L'un des deux appareils devait être construit conformément aux plans Temis au constructeur par la Compagnie, le second appareil, exécuté •d'après les données générales du marché. Le constructeur n'était responsable que pour le second appareil, lequel serait reçu définitivement •après dix jours de bon fonctionnement.

Les 2 appareils devaient être rendus à Marseille au plus tard le 31 mars ■et le prix en être réglé d'un commun accord avant l'expédition de de Lyon. (Le prix définitivement arrêté a été de 15.974 francs pour les deux appareils.)

V" Le 2 mars 1860, marché passé avec MM. Troll, Mercier et C'", de Lyon, pour la fourniture de b appareils à adapter aux 5 dragues commandées à MM. Burnichon et Vernange, de Lyon, le 29 septembre 1859.

Les 5 appareils devaient être rendus à Marseille le 20 avril au plus tard. Le prix de chaque appareil était fixé à 7.500 francs. La réception définitive des appareils aurait lieu après deux mois de bon fonctionnement. Le délai de garantie était de six mois.

4° Le 14 mars 1860, marché passé avec MM. Perotte et C^«, de Liège, pour la fourniture de 2 appareils à adapter à 2 des dragues destinées à fonctionner en Egypte.

1. Nous rappellerons que les deux premières dragues commandées à M. Combe par le marché du 21 mars 1859 comprenaient l'appareil de transj)ort; que les éléments des dragues mêmes avaient été expédiés de Marseille ,par un premier navire qui arriva à Port-Saïd au commencement de février 1860, mais que les toiles de transport destinées 4 ces dragues n'avaient •été expédiées que plus tard, à la fin de mars, chargées sur le navire U Jason; •enfin, que ce navire, sur lequel se trouvaient également chargés,en même temps que divers éléments des deux dragues, oubliés dans la précédente expédition, ainsi que les éléments de plusieurs coques de dragues, une partie des éléments des deux toiles de transport destinées aux nouvelles dragues Combe, s'était, dans le courant d'avril, perdu corps et biens dans les Bouches de Bonifacio.

A la suite du naufrage du Jason, on avait renoncé aux toiles sans fin pour les deux premières dragues Combe qui furent montées avec de simples couloirs ; mais une nouvelle commande fut faite à M. Combe pour le remplacement des pièces perdues des deux toiles de transport destinées aux nouvelles dragues.

DU DÉBUT DES TRAVAUX

Les 2 appareils devaient être rendus à Marseille dans un délai de deux mois et demi. Le prix de chaque appareil était fixé à 4.000 francs. La garantie de bon fonctionnement des appareils était de 6 mois.

Les quatre marchés, comme on le voit, comprenaient en totalité, la commande de 21 appareils de transport. Les stipulations de ces marchés, en ce qui était des dispositions générales et des conditions de livraison des appareils, étaient les mômes. Elles étaient libellées comme suit :

(( Les appareils devaient s'adapter aux dragues auxquelles ils étaient destinés et être composés : l^' d'une poutre métallique de 20 mètres de longueur d'axe en axe des tambours d'extrémités; 2^ d'une transmission de mouvement prise sur la machine principale; 3<> d'un tablier mobile métallique destiné à recevoir et transporter 1 .000 mètres cubes de déblais en dix heures; 4^ enfm, d'un treuil à engrenage pour suspendre et soulever l'appareil.

« La fourniture devait comprendre tout ce qui était nécessaire pour faire avec la drague un ensemble complet, la charpente en bois ainsi que le contrepoids étant seuls exceptés et à la charge de M. Hardon. »

« Enfin les appareils devaient être fournis et livrés par les constructeurs, montés en Egypte à bord des dragues. »

Les dessins de l'étude de la Compagnie d'août 1859 avaient été envoyés aux différents constructeurs; mais on laissait à ceux-ci, sous leur responsabilité, une certaine initiative pour apporter à la dite étude tels perfectionnements et simplifications qu'ils jugeraient utiles.

Aucun essai de tout cet ensemble de matériel ne fut fait en France^ où il n'y eut pas même de montage partiel. Gomme cela avait lieu pour les dragues, les fournisseurs hâtaient les expéditions ; et c'est ainsi qu'à la fin de 1860 et au commencement de 1861 arrivait à Port-Saïd une quantité formidable de pièces de machines plus diverses les unes que les autres.

A ce moment, les ateliers de montage n'existaient pour ainsi dire pas, le personnel était encore incomplet et les moyens de déchargement faisaient défaut. Il s'ensuivit qu'au débarquement un assez grand nombre de pièces de machines tombèrent à la mer ou furent enfouies, dans le sable. Pour tout ce qui fut emmagasiné, on eut recours à un classement commode, sinon méthodique : il consistait à mettre ensemble tous les organes de même nature. On eut ainsi un immense parc de matériel où tous les générateurs étaient ensemble, tous les godets d'un autre côté, les engrenages de même, etc. Et c'est au milieu de ces agglomérations de matériel de même nature, mais de formes diverses, que les fournisseurs de l'entreprise parvinrent peu à peu à rassembler les éléments constituants des premières dragues qui furent mises en marche à la fin de 1860 et au commencement de 1861.

Les embarras causés par rimmense amas de matériel dont il vient d'être parlé furent encore accrus par l'arrivée à Port-Saïd dans les premiers mois de 1861, d'une partie des 50 grandes toiles sans fin — dont il est question ci-après — destinées aux travaux de déblais du seuil d'EI Guisr et qui durent être remisées à Port-Saïd même en attendant la possibilité de les transporter au Seuil.

Les différents types d'appareils ne purent être expérimentés en Egypte qu'assez tardivement parce que des parties essentielles de ces appareils avaient été oubliées dans les premiers envois faits par les constructeurs. Il y a lieu de signaler, en outre, en ce qui concerne spécialement les toiles sans fin du type Combe, que les éléments de ces toiles se trouvaient sur le navire le Jason qui, en avril 1860, en cours de route, se perdit corps et biens dans les Bouches de Bonifacio, ce qui nécessita une nouvelle fourniture en remplacement des pièces perdues.

DESCRIPTION SOMMAIRE DES DIFFÉRENTS TYPES DE TOILE SANS FIN DE TRANSPORT ADAPTÉE AUX DRAGUES ET OBSERVATIONS SUR LES DISPO- SITONS ET LE FONCTIONNEMENT DE CES APPAREILS 1.

(planche xxxvii)

toiles sans fin evrard ^

Les toiles sans fin fournies par MM. Evrard et C'* étaient d'un type analogue à celui des toiles sans lin, décrites ci-dessous, fournies par MM. Troll et Mercier.

Une seule toile Evrard fut montée ; les résultats des essais en furent si peu satisfaisants que la toile fut abandonnée au bout de quelques semaines.

1. Les renseignements donnés ici sur les différents types de toiles sans fin sont extraits de l'important ouvrage intitulé Percement de l'Islhme de Suez^ publié en 1871 par M. Monteil, ancien ingénieur du matériel de la Compagnie.

2. En octobre 1860, en attendant le montage d'une première drague belge à laquelle devait être adaptée une toile sans fin des mêmes constructeurs, une toile belge fut montée à terre, à Port-Saïd, pour être soumise à des essais. (La première drague belge armée d'une toile sans fin, — qui fut d'ailleurs la seule — ne commença à fonctionner pour des essais qu'en août 1861.)

Les écailles qui formaient le tablier mobile de la toile sans fin avalent 10 centimètres de largeur et une longueur de 75 centioiètres ; elles étaient rivées à trois câbles en fer galvanisé, logés entre elles et des barres de fer de 2 à 3 centimètres de largeur. Le tout était traversé par des boulons qui rendaient les diverses parties solidaires.

On fit marcher à la main cet appareil. Le tablier en tôle n'ayant que 1 millimètre et demi d'épaisseur, 6 ou 8 hommes le mettaient facilement en mouvement; mais l'appareil éprouvait de fortes secousses qui le détériorèrent rapidement.

En août 1861, ainsi qu'il est dit ci-dessus, une drague belge armée d'une toile sans fin (la drague n* 14), commença ses essais qui se prolongèrent Jusqu'à la fin de l'année. La toile était du système Troll etMercier, où les écailles étaient reliées entre elles par des maillons au lieu du mode d'attache des toiles

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