TOILE SANS FIN SCHMIDT
En présence de l'insuccès des toiles sans fin essayées jusqu'alors, l'ingénieur du matériel de la Compagnie en Egypte, M. Schmidt, avait fait commencer dans les ateliers de Port-Saïd, dès le mois de mai 1S62, la construction des éléments d'un nouvel appareil de transport des terres. Ce nouvel appareil fut installé dans le courant d'octobre sur la drague n* 14 du type n* 4. A cette même date, la Compagnie s'occupait de l'examen de projets de marchés préparés par l'entreprise générale pour des commandes de grues à vapeur
DU DÉBUT DES TRAVAUX
destinées à reniëvement de caisses à déblais. Néanmoins, la Compagnie, considérant que les toiles sans fin semblaient, en principe, préférables à Temploî de grues, donna une complète adhésion aux essais suivis que Ton se proposait de faire du nouvel appareil, estais qui devaient toutefois être définitifs.
Dans l'impossibilité d'utiliser les éléments des anciennes toiles,M. Schmidt, comme il est dit ci-dessus, avait fait confectionner les éléments du nouvel appareil dans les ateliers de Port-Saïd. Dans son étude du nouvel appareil, il s*était attaché à remédier aux défauts signalés ci-dessus des toiles sans fin précédentes.
Description de la toile sans fin. — Le nouveau type d'appareil de transport était basé sur le système à chemin de fer.
Le tablier sans fin se composait d'une série de caisses en tôle assemblées les unes à. la suite des autres par des axes portant des galets de fonte et réunis entre eux par des maillons de 50 centimètres de longueur. Le tablier était actionné par deux tambours hexagonaux placés aux extrémités d'une poutre en bois.
Les caisses en tôle étaient évasées à la partie supérieure dans le sens longitudinal, afin de laisser un vide pour l'articulation des maillons sur les tambours et de préserver les articulations de la chute des déblais.
Les godets de la drague se vidaient sur un petit couloir qui distribuait les matières sur les veagonets du tablier.
Une locomobile de 5 chevaux était montée en porte-à-faux du côté de la drague opposé à l'appareil de transport et conduisait celui-ci par courroie au moyen d'un arbre intermédiaire actionnant l'arbre du premier tambour accouplé avec l'axe du tambour extrême par un câble en fil de fer passant dans deux poulies à gorge. Cette transmission conduisait le tablier simultanément par traction et par compression.
La poutre en bois n'avait rien de remarquable : on avait utilisé les bois que Ton avait pu se procurer en restant dans les limites d'économie que réclamait une installation d'essai.
Les galets roulaient sur des cornières vissées sur les faces intérieures et supérieures des deux cours de moises de la poutre.
Les transmissions étaient calculées pour une vitesse de 25 centimètres par seconde; mais cette allure changeait à la volonté du dragueur, suivant le rendement des godets.
La capacité des godets était de 0'»%054 ; le poids par mètre courant du tablier, de 97 kilogrammes.
A la vitesse moyenne de 25 centimètres par seconde, et avec les godets
3.600 X 0,25 pleins, le cube transporté par heure était t-tt x 0"*,054 = 97"»%2,
rendement plus élevé que celui des dragues.
Ce nouveau type de toile sans fin, avec un tablier bien exécuté, a fonctionné assez régulièrement. Néanmoins, son rendement a été faible, et le prix de revient élevé. Pendant une période d'essais de quatre-vingt-dix jours, le cube total des déblais déposés sur berge a été de 12.000 mètres cubes.
Le prix de revient du mètre cube dragué et déposé sur berge a été de 2 fr. 25, non compris les frais généraux. Ce résultat fut la condamnation définitive des toiles sans fin.
L'appareil avait un tablier trop lourd ; une grande quantité de matières s'attachaient aux parois des caisses et aux maillons et augmentaient ainsi le poids mort, qui était déjà considérable.