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TÉLÉGRAPHE ÉLECTRIQUE

La Commission croyait devoir comprendre aussi dans l'estimation des dépenses l'établissement d'un télégraphe électrique qui, construit en même temps que le Canal et prêt à fonctionner à la même époque, pourrait rendre de grands services au commerce et à la navigation, indépendamment des services qu'il rendrait à l'administration même de la Compagnie. On pouvait être assuré d'avance que ce télégraphe aurait bientôt rendu ce qu'il aurait coûté de frais de premier établissement et ce qu'il coûterait de frais d'entretien.

Canal fluviatile de jonction et d'irrigation

Après avoir rappelé les dispositions de l'avant-projet, la Commission présentait les considérations suivantes 1 :

On pourrait penser à première vue, disait-elle, qu'il vaudrait mi»ux emprunter le canal de Zagazig allant directement d° ette ville, l'ancienne Bubaste, à la tète de l'Ouadée. Le Canal de dérivation serait alors beaucoup plus simple. Pour en assurer l'alimentation en tout temps, on mettrait le plafond à 2 mètres au-dessous de l'étiage. Dans cette donnée, qui était celle de tous les canaux Séfis 2 , on aurait simplement quelques précautions h prendre pour maintenir la section normale du canal et pour l'empêcher de s'obstruer h la prise d'eau dans le fleuve.

Mais les auteurs de lavant-projet avaient repoussé cette solution en invoquant le témoignage des faits et leur longue expérience. Ils regardaient comme impossible de conserver en bon état un canal dont le plafond serait au-dessous de l'étiage, à moins de dépenses énormes; et, même avec ces dépenses, ne serait-on pas assuré d'atteindre le but. Dans tous les canaux qu'on avait essayé de creuser au-dessous de l'étiage, et surtout sur les bords du désert, on rencontrait toujours, vers la hauteur de l'étiage, une couche de sables coulants. C'était une difficulté immense et une cause de frais dont il était difficile de se rendre compte. Sans même vouloir obtenir des profondeurs considérables, m ,50parexemple au-dessous de l'étiage, il fallait des curages annuels vraiment effravants 3 . Aussi, Méhémet-Ali avait-il construit le

1. Pendant que la Commission Internationale s'occupait de l'examen de l'avant-projet, M. Linant Bey, comme on l'a vu précédemment, dressait un nouveau projet détaillé du Canal d'eau douce.

2. Ainsi qu'on Ta dit déjà dans une note précédente, on désigne sous le nom de canaux Séûs ceux dont le plafond est au-dessous du niveau des basses eaux du Nil.

3. Dans le Ghattat-Bey il fallait, chaque année, de 30 à 40.000 hommes pendant un mois pour nettoyer la prise d'eau; il en fallait de 20 à 30.000 dans le

grand barrage du Nil dans cette supposition qu'il se relierait à des canaux placés à 2 mètres au-dessus de l'étiage. D'une manière générale, et sauf des cas très spéciaux, on avait renoncé désormais en Egypte aux canaux Séfis. Si le canal partant de Zagazig avait 2 mètres au-dessous de l'étiage, ce qui seraitnécessaire avec un pareil tracé, le point de départ étant à 7 mètres environ au-dessus de Suez, le premier bief, de 34 kilomètres de longueur, serait encombré chaque année de 225.000 mètres cubes de sable qu'on ne pourrait enlever qu'en recourant à des dragages très coûteux et fort gênants pour la navigation.

Les auteurs de l'avant-projet objectaient encore qu'en mettant la prise d'eau à Zagazig, il faudrait approfondir beaucoup les écluses existantes, démolir sept ponts qui seraient sur le premier bief et qui, tous, avaient leur radier au niveau de l'étiage, élargir le canal actuel en même temps qu'on l'approfondirait de 2 mètres, construire dans le Nil, pour ramener les eaux dans le Bahr-Moëze, un épi qui serait exposé à de dangereux affouillements ; que, d'un autre côté, on pouvait aisément emprunter le cours du Khalig Zaffranieh, qui n'était pas employé à l'arrosage des terres dans toute la partie dont on se servirait; tandis que, pour le canal de Zagazig, on rencontrerait la double difficulté d'avoir à traiter avec les riverains, d'abord pour les terrains qu'il faudrait leur prendre, ce qui donnerait lieu à de nombreuses contestations, aucune loi d'expropriation pour cause d'utilité publique n'existant en Egypte, ensuite pour les eaux d'arrosage qu'il faudrait leur assurer, ce qui diminuerait d'autant la quantité dont la Compagnie pourrait ellemême disposer pour ses propres besoins ; qu'en outre, la capitale de l'Egypte, le Caire, ville de 300.000 habitants, ne serait point en communication directe avec le Canal mari-

Chibin; 15 & 20.000 pour le Cherkaouieh ; et Ton avait dû renoncer à curer le Bahr-Moëze.

time, cequi serait un très grand désavantage, non seulement pour le Caire, mais on pouvait dire pour le pays entier, puisque tous les produits qui arrivaient par le Nil, soit en amont, soit en aval, auraient à subir des retards; qu'enfin, le Gouvernement Egyptien s'était chargé d'exécuter à forfait le Canal de jonction et d'irrigation d'après les évaluations •de l'avant-projet, et qu'il était peu probable qu'à la place de ce projet il consentît à se charger d'un autre travail, qui sans aucun doute serait beaucoup plus coûteux.

Quelques-unes de ces considérations, la dernière surtout, avaient frappé la Commission, et elle s'en remettait, pour les dispositions définitives du Canal de jonction, aux ingénieurs «qui seraient chargés de son exécution.

Avant-métré et série des prix

AVANT-MÉTRÉ

Les terrassements pour l'exécution du Canal maritime proprement dit (y compris l'établissement d'une gare de 500 mètres de longueur entre Port-Saïd et le port de Timsah) avaient été divisés en deux parties : la première, comprenant tous les déblais qu'on pourrait faire et la main; la seconde, ceux qui devraient être exécutés à la drague. On s'était basé pour faire cette division sur les sondages exécutés dans l'Isthme, et l'on avait placé dans la seconde catégorie tous les terrains situés au-dessous des points où l'eau avait été rencontrée dans les divers sondages, bien qu'il fût probable -qu'une certaine partie de ces terrains pourraient être excavés sans le secours de la drague. La cote moyenne de ces points ayant été trouvée de 3 m ,87 au-dessous de la ligne d'eau du canal, on avait adopté le chiffre rond de 4 mètres, pour la cote de la ligne séparative entre les déblais à faire à sec et les terrains à excaver à la drague.

Quant aux déblais à faire, soit pour l'établissement des jetées, soit pour les arrière-bassins, on avait cru devoir les

faire figurer séparément parce qu'ils devaient être exécutés entièrement par des machines et dans des conditions différentes des dragages nécessaires pour le canal.

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