‹ Le canal de Suez (volume 3)Chapitre 43 sur 141 · PHASES D'EXÉCUTION · texte numérisé non relu

PHASES D'EXÉCUTION

Le Conseil supérieur des travaux arrêta enfin le programme ou la succession des phases d'exécution des travaux ainsi qu'il suit :

Dans la première phase, comprenant les 2 premières années, on exécuterait les travaux suivants : ouverture du Canal d'eau douce à 10 mètres de largeur au plafond (17 m ,50 à la flottaison et 2 a ,50 de tirant d'eau) du Caire au lac Timsah, et du Canal maritime à 12 mètres au plafond (22 m ,50 à la flottaison et 2 m ,50 de tirant-d'eau) ; construction d'un embarcadère, d'un port provisoire et d'un phare à Port-Saïd; construction de magasins, hôpitaux, ateliers, maisons d'habitations ; achats de matériel de carrière.

La dépense totale de ces travaux, y compris somme à valoir de 20 0/0, frais d'administration évalués à 2 1/2 0/0 et intérêts compensés calculés sur 5 0/0, serait d'environ 33.300.000 francs.

La première année serait principalement consacrée à l'ouverture du Canal d'eau douce, et l'on pouvait espérer que la communication entre les deux mers par le Canal de 2 n ,50 de tirant d'eau serait établie dans le courant de la 2 e année.

La deuxième phase, comprenait la durée des 3 premières années.

i. Les diverses pièces de ces projets à savoir : profils, devis et cahiers des charges, avant-métrés, séries de prix, détails estimatifs, état détaillé des phases d'exécution, servirent plus tard de base au marché qui fut passé avec ÎA. Hardon, le 29 février 1860, pour l'exécution des travaux en régie intéressée.

iv. 7

Pendant la 3 e année, on exécuterait les travaux suivants: ouverture du Canal maritime, à 20 mètres de largeur au plafond (44 mètres à la ligne d'eau et 6 mètres de tirant d'eau) ; construction des jetées du port de Suez; construction d'une première longueur des jetées de Port-Saïd, dans les conditions indiquées plus haut ; mise en œuvre de iOO.OOOmètres cubes d'enrochements de berges ; achèvement de tous les travaux divers et accessoires, prévus au projet de la Commission internationale pour une somme totale d'environ 10 millions ; enfin, culture des terres jusqu'à concurrence d'une somme de 4 millions.

La dépense totale pour la deuxième phase serait en définitive de 103.200.000 francs.

Les cubes des déblais à faire à sec pendant les 3 années seraient de 14.200.000 mètres cubes pour le Canal d'eau douce et de 24.000.000 de mètres cubes pour le Canal maritime.

Or, eu égard au mode de travail usité dans le pays, on admettait que dans les travaux du Canal d'eau douce un homme pouvait faire 2 mètres cubes de déblai par jour, et l m ,60 dans les travaux du Canal maritime. D'après ces données et en calculant sur 300 jours de travail par an, on reconnaissait que pour faire le Canal d'eau douce en une année, il faudrait 24.000 ouvriers ; et que, pour faire les déblais à sec du Canal maritime dans les deux années suivantes, il faudrait 26.000 ouvriers. On devrait donc compter, en raison des autres travaux, sur un nombre total de 30.000 ouvriers par an pendant les 3 années de la deuxième phase d'exécution. Il y avait lieu d'espérer, d'ailleurs, qu'un grand nombre de bras pourraient être remplacés, même pour les déblais h sec, par des moyens mécaniques.

Les déblais sous l'eau formaient un cube de 18.000.000 de mètres cubes, et les dragages, un cube de 4.500.000 mètres cubes. Il était probable que les machines effectueraient ces cubes dans le délai assigné de 3 années.

La troisième phase comprenait la durée des 4 premières années.

Pendant la 4 e année, on exécuterait les travaux suivants: ouverture d'une notable partie de la rigole d'eau douce vers Suez (de ll m ,50 de largeur à la flottaison) ; approfondissement à 7 mètres du Canal maritime de 44 mètres de largeur à la flottaison (largeur au plafond de 16 mètres); prolongement des jetées de Port-Saïd; mise en œuvre d'un nouveau cube de 100.000 mètres d'enrochements de berges.

La dépense totale pour la troisième phase serait de 117.700.000 francs.

Les déblais à faire à sec pendant la 4° année étant peu considérables, il suffirait de 25.000 ouvriers.

La quatrième phase comprenait la durée des 5 premières années.

Pendant la cinquième année on exécuterait les travaux suivants : achèvement de la rigole vers Suez ; approfondissement à 8 mètres du Canal de 44 mètres de largeur à la flottaison (largeur de 12 mètres au plafond); nouveau prolongement des jetées de Port-Saïd.

La dépense totale pour la quatrième phase serait de 133.300.000 francs 1 .

Il suffirait également de 25.000 ouvriers pour la 5 e année.

La cinquième et dernière phase comprenait la durée des

1. Ce chiffre total de dépense se répartissait comme suit : Francs

Canal d'eau douce à 10" de largeur au plafond, du Caire au lac Timsah. . . 10.914.000

— à 7" — moy* au plafond, du lac Timsah à Suez. 6.880.000

Canal maritime à 12" — au plafond et à 8- de tirant d'eau 72.151.500

Dépenses diverses, comme au projet de la Commission internationale 10.000.000

Page 1