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Nouvelles éludes hydrographiques de la baie de Péluse

Les observations recueillies par M. Larousse dans la nouvelle reconnaissance hydrographique faite par lui en avril 1859, étaient venues confirmer et compléter les observations faites en 4855 par la Commission internationale et dont les résultats ont été décrits précédemment.

Nous croyons utile, en vue de donner une connaissance aussi complète que possible du régime de la baie de Péluse, de mentionner également, ici, au risque de doubles emplois, les résultats des nouvelles observations hydrographiques de 4859.

Vents. — Les vents, dans le golfe de Péluse, s'établissent, tantôt à l'Ouest, tantôt à l'Est. Les coups de vent viennent généralement de la partie ouest, depuis le Sud jusqu'au N. N. 0. Les coups de vent du Sud, ou Khamsin, ne durent ordinairement que quelques heures et sont suivis de coups de vent de O. S. 0. ou de 0. N. 0. Ces vents ne produisent, d'ailleurs, que peu de mer sur rade; ils ne deviennent inquiétants que lorsqu'ils hàlent le Nord.

Les vents d'Ouest régnent pendant les mois d'été depuis juin jusqu'en octobre ; les vents d'Est dominent pendant le reste de l'année, sauf les vents de janvier et de février : ces derniers vents fraîchissent rarement et la mer qu'ils soulèvent n'est jamais inquiétante pour les bâtiments en rade. Les seuls vents à craindre sont donc les vents de N. 0. qui finissent quelquefois par des tempêtes de la partie nord. Dans ce dernier cas, le vent entre rarement dans le golfe, mais la houle du large se fait sentir jusqu'au mouillage.

En temps ordinaire, les vents hàlent la terre le matin, et, le soir, tournent au Nord. Par les vents régnants d'Est, la brise s'élève généralement de l'E. N. E., le matin, et tourne au N. N. E. dans l'après-midi, en fraîchissant un peu. Par les vents d'Ouest, la brise s'élève, le matin, de l'O.-S.-O. à l'O. N. 0. et tourne le soir au N. 0. ou au N. N. 0. Quand le beau temps s'établit par ces derniers vents, la mer est plus calme que par les vents d'Est..

Lorsque les vents changent dans ces parages, ils tournent généralement

conformément aux propositions de M. Larousse, d'après lesquellesle point définitivement choisi pour remplacement de Port-Saïd, sur la partie la plus saillante de la côte, où les grands fonds se rencontraient à la moindre distance du rivage, se trouvait situé à 1 .000 mètres environ à l'Ouest de celui indiqué sur la carte générale du golfe de Péluse par la Commission internationale. Cette modification avait eu pour double but de réduire la longueur des jetées autant que le permettaient les circonstances locales, et de placer l'entrée du port en un point du rivage où le lido n'ayant que peu de largeur permettrait plus facilement et plus promptement d'établir une première communication entre lameret le lac Menzaleh.

dans le sens des aiguilles d'une montre, c'est-à-dire que les vents d'Est passent à l'Ouest par le Sud, avec coup de Khamsin, tandis qu'au contraire les vents d'Ouest passent à l'Est par le Nord. Dans ce dernier cas le changement de vent est ordinairement accompagné d'un très beau temps.

Toutes les observations faites dans ces parages donnent comme vents les plus fréquents et les plus violents les vents d'O. N. 0. Cette considération justifie pleinement la direction des jetées du S. 0. 1/4 S. au N. E. 1/4 N., car elle permet à un bâtiment à voiles, pris par des vents d'O. N. 0., d'aï river directement au fond du port.

Sature des fonds. — Mouillage. — Le fond de la mer, ainsi qu'il avait déjà été constaté en 1855, est formé de sable fin pur jusqu'aux prorondeurs de 4 à 5 mètres; la vase commence alors à paraître et augmene de plus en plus jusqu'aux profondeurs d'environ 9 mètres où le fond est de vase pure.

(11 y a lieu de remarquer que ces renseignements sur la nature du fond de la mer aux différentes profondeurs ne sont pas tout à fait conformes à ceux donnés dans le rapport de la Commission internationale.)

Tout ce qui a été dit précédemment sur l'excellente tenue du fond s'est trouvé confirmé depuis par de nombreux exemples.

Le meilleur mouillage est par les fonds de 8". 50 à 10 mètres ; la mer ne fatigue pas les bâtiments car elle ne brise pas par ces profondeurs, et l'on est d'ailleurs beaucoup mieux protégé des vents du N. 0. qu'on ne le serait plus au large.

11 se produit, lorsque la houle est un peu forte, un fait qui pourrait être attribué, à tort, aux courants. Ainsi qu'on l'a constaté, il n'existe dans ces parages d'autres courants que ceux produits parles vents régnants. Or, quand le vent souffle frais de la partie N. 0., le bâtiment au mouillage se tient évité debout au vent; la houle formée au large n'entre pas directement dans le golfe abrité par la pointe de Damiette ; mais, sous l'influence de la déclivité régulière des fonds, elle se propage en changeant peu à peu sa direction primitive de façon à rencontrer la côte sous un angle assez faible. 11 en résulte que le bâtiment sur rade, évité debout au vent, ne se trouve pas évité debout à la lame qui vient le rencontrer un peu sur tribord. Le bâtiment, dans ces circonstances, peut rouler, mais il ne fatigue pas sur son ancre, comme cela

Il approuva en même temps une proposition de M. Mougel Bey consistant à reculer l'arrière-bassin de Port-Saïd en dedans du rivage de la mer au lieu de rétablir dans la mer même comme l'avait projeté la Commission internationale, cette modification devant réaliser le double avantage, d'une part, de permettre d'utiliser comme future amorce de la jetée de rOuest l'ouvrage qu'il était indispensable de construire tout d'abord pour préserver de l'envahissement des sables la première rigole de communication entre la mer et le lac Menzaleh ; d autre part, d'éviter des enrochements dispendieux 1 .

aurait lieu si la houlo et le vent venaient complètement de la même direction. Le fait signalé est surtout sensible pour les bâtiments qui vont mouiller à l'abri de la pointe de Oamiette par les gros temps de N. 0., car, en cet endroit, la direction de la houle et celle du vent diffèrent encore davantage.

Considérations générales sur Vêlai de la cale. — Plusieurs branches du Nil débouchaient autrefois dans le golfe de Péluse ; elles se sont toutes obstruées peu à peu et la branche de Damiette est aujourd'hui la dernière à l'Est. Les alluvions du Nil ainsi que les apports de la mer sous l'influence des gros vents de N. 0. concourent & augmenter continuellement la pointe de Damiette, sans toutefois dépasser cette pointe qui tend à abriter de plus en plus la baie de Dibeh.

Le cordon littoral du golfe ne s'accroît d'aucun apport étranger. Il arrive parfois que les lames, en déferlant violemment près de la côte, rejettent à la plage les sables dont sont formées les barres près du rivage ; le cordon littoral parait ainsi s'accroître jusqu'à ce qu'un autre gros temps vienne reprendre ce qui avait été apporté pour le transporter ailleurs.

En résumé, l'ensemble de la côte, de Péluse à la pointe de Damiette, présente l'aspect d'une stabilité générale ; un seul point parait subir une altération sensible : c'est précisément la saillie située entre la baie de Péluse et celle de Dibeh.

Ce fait s'explique aisément par la prédominance des venls de N. O. qui tendent à aligner la côte dans cette direction. Le renflement de la côte accuse probablement l'existence d'une des anciennes embouchures du Nil; depuis que le fleuve ne communique plus avec cette bouche, la saillie tend à se ronger. Ce fait est parfaitement prouvé par le limon que l'on voit, dani cette partie, sur le bord de la mer, et qui n'est autre chose que le terrain du lac Menzaleh recouvert d'un cordon de sables que la vague a rejetés et qu'elle repousse peu à peu devant elle. Toutefois, cette marche est presque insensible et il faudrait un temps assez long pour que la mer gagnât visiblement.

La couche de limon sur laquelle repose le cordon littoral a environ 0-,80 de profondeur. Au dessous, on retrouve le sable de mer.

1. Les considérations qui avaient été présentées par M. Mougel Bey devant le Conseil pour justifier sa proposition de reculer l'arrière-bassin en dedans du rivage sont exposées ci-dessous.

M. Mougel Bey décrivait d'abord, comme suit, les lieux sur l'emplacement desquels devaient être établis le port et la future ville de Port-Saïd :

Enfin, le Conseil eut à statuer sur le choix définitif du tracé du canal maritime.

Trois tracés étaient soumis à son examen (voir le plan général comparatif des divers tracés, Planche XI) savoir :

Le tracé du projet de la Commission internationale :

Un nouveau tracé, proposé par l'Entrepreneur général régisseur intéressé, lequel tracé, se pliant au moyen de courbes nombreuses aux ondulations du terrain telles qu'elles rassortaient d'un plan coté dressé au moyen de nouveaux nivellements exécutés par les soins dudit Entrepreneur, réduisait le cube des terrassements de 14 .392.515 mètres cubes.

Et un tracé intermédiaire entre les deux précédents, proposé par le Directeur général des travaux (tracé peu différent de celui de l'Entrepreneur général), lequel, tout en réalisant une économie de 9.000.000 de mètres cubes environ sur le cube des terrassements du tracé de la Commission Internationale, supprimait une partie des courbes du tracé de

« Le cordon littoral, resserré entre la mer et le lac Menzaleh, ne présentait guère qu'une zone de 6 à 100 mètres de largeur à sec. Cette largeur augmentait d'ailleurs sensiblement lorsque les Tenta du Nord et du Nord-Est repoussaient les eaux du lac, mettant alors & découvert le limon qui en tapissait le fond près des bords ; elle diminuait, au contraire, lorsque les vents du Sud et du Sud -Ouest ramenaient les eaux sur les espaces laissés précédemment à découvert et les submergeaient de nouveau.

« L'aspect général du cordon littoral était le suivant :

« Du côté de la mer, la plage proprement dite, d'une largeur de 50 & 60 mètres, formée de sables et de débris de coquillages enlevés aux grands fonds de la mer pendant les gros temps ;

« En arrière, une ligne de dunes basses, plus ou moins couvertes et fixées par une végétation spontanée, et dont la formation était due à l'apport des sables de la plage balayés par les vents du large. Cette ligne de dunes basses n'était pas continue ; elle présentait, de distance en distance, des dépressions par lesquelles, pendant les tempêtes, les eaux de la mer franchissaient le lido et pénétraient dans le lac ;

« Derrière ces éminences sablonneuses s'étendait un sol légèrement incliné, formé de limon et de vase, couvert de végétation et ordinairement à l'abri des eaux du lac. Sur ce sol croissaient des plantes du genre Salsola et quelques autres végétaux habitués à vivre dans des terrains très salés ;

« On rencontrait ensuite une terre brune, complètement nue, quoique de nature identique à la précédente, mais que des immersions périodiques des eaux salées du lac rendaient impropre à l'existence de toute espèce de végétation. Le régime des eaux du lac, ainsi qu'il est dit précédemment, variait, en effet, en raison des vents; mais, de plus, son niveau éprouvait chaque année, & l'époque de la crue du Nil, un exhaussement graduel dû au dé ver-

l'Entrepreneur général et participait ainsi des avantages de l'un et de l'autre tracé.

Le Conseil, considérant que les parties courbes des berges devaient courir plus de risques d'être attaquées sous l'influence de l'oscillation du niveau des eaux qui résulterait tant du jeu des marées que de la marche des navires, et que les travaux défensifs nécessités par cette circonstance rendraient plus dispendieux l'entretien desdites berges r établit d'abord, en principe, que dans le choix du tracé du Canal, on ne devait pas se préoccuper trop exclusivement d'une question d'économie qui serait plus apparente que réelle; puis, le tracé intermédiaire lui ayant paru généralement conçu de manière à tenir compte de ce principe dans une juste mesure, il en proposa l'adoption avec un très petit nombre de modifications.

Les détails du tracé définitivement adopté par le Conseil supérieur des travaux sont résumés dans le tableau ci-après.

dément des eaux des canaux du delta situés à l'Est de la branche de- Damiette. »

Après cette description des lieux, M. Mougel Bey justifiait sa proposition par les considérations suivantes :

« Le creusement du port à travers le cordon littoral et dans le lac présenterait le double avantage de faciliter grandement les travaux à tous les degrés d'avancement et de permettre de réaliser une très notable économie sur le cube des enrochements qui constituaient une des plus importantes dépenses de la construction du port ;

«En outre, avec le port extérieur de la Commission internationale, il faudrait, pour protéger contre l'envahissement des sables voyageurs de la plage la première rigole de communication qui devait être ouverte entre la mer et le lac, construire en nier, à partir du rivage, un ouvrage que l'on serait ensuite obligé de détruire pour qu'il ne format pas écueil dans le port;

«Avec le port intérieur, ce grave inconvénient était évité, L'ouvrage protecteur, en effet, se trouvait établi sur l'emplacement même de la jetée dans sa nouvelle position, constituant ainsi l'amorce de cette jetée et ayant, dès lors,, un caractère définitif. On réaliserait donc ainsi tout à la fois, par l'ouverture de la rigole et la construction de l'ouvrage protecteur, le commencement du creusement du port et de la construction de la jetée de l'Ouest. Ce serait d'ailleurs l'appontementmême ou débarcadère en charpente, que l'on reconnaissait nécessaire de construire dès le début pour faciliter les déchargements des navires, qui, consolidé par des enrochements et prolongé en tant que de besoin, servirait d'ouvrage prolecteur de la rigole, en même temps, — ainsi que cela avait été précédemment prévu pour la position primitive de la jetée de l'Ouest, — qu'il formerait l'amorce de cette jetée dans sa nouvelle position. »

TABLEAU DES ALIGNEMENTS, ANGLES, LIGNES DROITES ET COURBES DU TRACÉ APPROUVÉ PAR LE CONSEIL SUPÉRIEUR DES TRAVAUX

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