DIMENSIONS, VOLUME ET POIDS DU BANC DE SEL
Longueur moyenne 13.000 mètres.
Largeur moyenne 5 . 120 —
Epaisseur i ÎJ axinia ""'S
1 ! Moyenne 9-,68
Superficie 66 millions 1 /2 de mètres carrés.
Volume 644 millions de mètres cubes.
Densité moyenne : 1.60.
Poids total 1 .030 milliards de kilogrammes.
Le plan général comparatif des tracés (Planche XI) et le profil en long du tracé de 1859 (Planche XV) font voir que le tracé direct à travers le Grand lac devait, quelle que fût sa direction, franchir toute l'étendue du banc de sel, d'une longueur d'environ 13 kilomètres. Le profil en long indique d'ailleurs des cotes de déblai variant depuis m ,22 jusqu'à l m ,28, soit, une cote moyenne de M t 75 ! . Avec le tracé reporté plus à l'Est, la cote moyenne de déblai semblait devoir être un peu plus grande encore.
11 s'est agi dès lors, encours d'exécution des travaux, de résoudre un point assez grave de la question de la traversée du Grand lac :
Devait-on, avant d'introduire l'eau dans les lacs, faire au préalable le déblai nécessaire à travers le banc de sel pour réaliser partout la profondeur de 8 mètres sur le parcours du tracé? Lorsque, par suite de l'état d'avancement des travaux, le moment fut arrivé de prendre une résolution définitive à ce sujet, c'est-à-dire de donner un ordre d'exécution aux Entrepreneurs ou bien de leur déclarer qu'ils
i. D'après les nivellement* définitifs du Canal faits en cours d'exécution, et surtout d'après un profil en long spécial de la traversée des lacs Amers :
D'une part, la cote moyenne de l'eau dans les lacs était supposée. Mètres
devoir être de 18,20
He niveau moyen de la Méditerranée ayant été trouvé, à cette époque, à la cote 18- M au lieu de 17-,fi8) :
D'autre part, la cote de la surface du banc de sel, sur le pourtour de ce banc, était de 10,62
Différence, donnant la hauteur d'eau au-dessus du banc de sel 7,58
La profondeur minimum à creuser dans le banc de sel devait donc être en réalité de 0",42 ; cette profondeur variait d'ailleurs, dans l'étendue du banc, de Q .40 à 0*,80 et était, en conséquence» en moyenne de 0-,60.
n'auraient à faire aucun déblai sur le banc de sel, la situation de la question était la suivante : jusque-là, la nécessité du déblai en question n'avait jamais paru faire l'objet du moindre doute. Ainsi, la Commission internationale, conformément aux dispositions de l'avant-projet, avait compris dans l'avant-métré des terrassements du projet définitif, le cube des déblais à faire dans toute la traversée du Grand lac où la largeur de la cunette au plafond devait être de 44 mètres comme dans toute la partie Nord du Canal; plus tard, le Conseil supérieur des travaux, dans son projet réduit de 1859, n'avait rien modifié sur ce point aux dispositions arrêtées par la Commission internationale; enfin, l'Administration, dans sa décision, citée plus haut, du 24 septembre 1866, sur le projet d'ensemble de la traversée des lacs Amers, avait, conformément du reste à la proposition des ingénieurs et à l'avis de la Commission consultative des travaux, admis également la nécessité du travail de creusement dans toute l'étendue des grands fonds du Grand lac, mais en adoptant une largeur de cunette de 60 mètres au plafond. Fallait-il, oui ou non, persévérer dans cet ordre d'idées ? La résolution définitive a prendre était d'une extrême importance pour la Compagnie. Si, en effet, le travail de creusement était jugé indispensable, c'est-à-dire si l'on ne comptait pas sur l'action dissolvante des eaux pour obtenir la profondeur minimum de 8 mètres dans toute l'étendue du banc de sel et rendre ainsi la navigation entièrement libre à la traversée du Grand lac, on serait obligé, en raison des conditions incontestablement plus difficiles de navigation dans un chenal simplement balisé, au milieu d'une immense nappe d'eau où il régnerait souvent de la houle et dfes courants transversaux, de donner à ce chenal une largeur plus grande que celle correspondante à la largeur normale du Canal, et l'on avait déjà admis antérieurement que cette largeur devrait être de 60 mètres au plafond, au lieu de 22 mètres. Le cube du déblai à faire dans le banc de sel.
CANAL MARITIME l TRACÉ 165
assimilable à de la roche, devrait être, dans ces conditions, d'environ 585.000 mètres 1 . Quel retard dans l'exécution ; et quelle énorme dépense, sans compter celle du balisage! Mais les Ingénieurs avaient fait des expériences qui leur avaient permis de se rendre un compte suffisamment exact delà puissance dissolvante de l'eau de la mer sur la matière extraite du banc de sel, et ces expériences leur avaient paru assez concluantes pour les convaincre qu'on devait se dispenser de faire le travail de déblai en question 2 .
Des objections sérieuses furent faites, toutefois, contre cette manière de voir.
On prétendit, par exemple, que la première couche d'eau, en contact avec le banc de sel, se saturerait promptement, et que la dissolution de la partie supérieure du banc pour* rait fort bien s'arrêter avant que Ton eût obtenu la profondeur voulue de 8 mètres. A cette objection, les Ingénieurs répondirent qu*, tout au moins pendant l'opération même