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Ce cube se calculait ainsi qu'il suit

Cube par mètre courant 60 X 0,75 = 45 mètres cubes.

Soit, pour une longueur de 13 kilomètres :

Un cube total de 13.000 X 45 = 585.000 mètres cubes.

2. Les expériences dont il est ici question, assez nombreuses et confiées à des opérateurs différents, ont été faites sur des blocs de sel pris, les uns à la surface du banc, d'autres jusqu'à des profondeurs de 1 et 2 mètres, mis dans des cuves contenant de l'eau du lac Timsah.

Mais, avant de faire connaître les résultats de ces expériences, nous dirons quelques mots de l'aspect du gisement de sel tel qu'il se révélait, à la fois sur son pourtour qui se présentait à pic, et dans un puits creusé vers le milieu de la surface du banc. Le gisement était disposé par couches à peu près parallèles, de différentes épaisseurs, séparées entre elles par de minces dépôts de matières terreuses et par de petits prismes de chaux sulfatée. A partir de la surrace, sur une profondeur de 2-, 46, jusqu'au niveau des eaux mères qui entouraient le banc et en pénétraient la masse, le banc comportait 42 couches présentant sensiblement la même composition et d'une épaisseur variant de 3 à 18 centimètres Les dépôts de substances terreuses intercalées entre les couches de sel n'avaient généralement que quelques millimètres d'épaisseur : cependant, à 1",45 de la surface, se rencontraient deux fortes couches superposées : la première de 11 centimètres d'épaisseur, formée de sulfate de chaux pulvérulent et d'argile; la seconde, de 7 centimètres, composée de sulfate de chiux presque pur, également pulvérulent.

Les blocs soumis aux expériences de dissolution, d'une forme cubique à côtés de 0~,3Û à 0~,50, quelques-uns même de 1 mètre carré de base, étaient recouverts sur toutes leurs faces, sauf la face supérieure laissée ainsi seule en

du remplissage, il se produirait dans la masse entière des eaux, se répandant sur toute l'étendue du fond des lacs, des courants qui renouvelleraient constamment la couche d'eau immédiatement en contact avec le banc de sel; que ce banc n'occupant que la moitié de la superficie totale du Grand lac, un volume d'eau plus que double de celui de la couche correspondante à l'étendue du banc se trouverait participer, par le fait du courant, à la dissolution de la tranche supérieure du sel; enfin, à un autre point de vue, que, pendant la première période du remplissage, la tranche d'eau au-dessus du banc ne serait pas d'une profondeur assez grande pour empêcher l'agitation de surface produite par les vents de se communiquer jusqu'aux couches inférieures, remuant ainsi incessamment toute la masse d'eau et la faisant participer tout entière à la dissolution du banc de sel. Bref, et en tenant compte du pouvoir dissolvant de l'eau de

contact direct avec l'eau, les uns d'une épaisse couche de goudron, d'autres, d'un enduit de mortier de ciment de Portland.

La densité moyenne de ces blocs a été trouvée de 1,62, alors que la densité du sel marin est, comme on le sait, de 2,15 à 2,20.

Les expériences ont montré :

En ce qui était du degré de solubilité du banc de sel dans l'eau du lac Timsah (contenant alors 68 grammes de sel marin par litre, soit, en volume, un peu plus de 3 0/0) :

Que cette eau dissolvait, par litre, en moyenne, 290 grammes du bloc, soit, en volume 18 0/0, c'est-à-dire de 1/5 à 1/6; en d'autres termes, que le bloc était entièrement dissous par 5 ou 6 fois son volume d'eau (on rappellera que l'eau douce dissout, en volume, environ 35 0/0 de sel marin, soit, par litre, environ 770 grammes) ;

En ce qui était de la rapidité de dissolution :

Que, lorsque celle-ci s'opérait dans un volume d'eau de 5 ou 6 fois le volume du bloc de sel, elle était complète en 60 heures environ, (moitié de la dissolution s'étant produite pendant les 18 premières heures); dans un volume d'eau de 10 fois le volume du bloc de sel, dissolution complète en 14 heures; enfin, dans un volume d'eau de 15 ou 20 fois le volume du bloc de sel, dissolution complète, respectivement, en 11 ou 7 heures.

Plus tard, pendant la première phase de remplissage des lacs avec l'eau de la Méditerranée, une analyse comparée des eaux prises, d'une part, dons le canal maritime, en amont du barrage à poutrelles destiné à régler l'introduction de l'eau, d'autre part, dans le lac même, au-dessus du banc de sel, alors que l'eau introduite n'avait encore atteint que i",14 de hauteur au-dessus du banc, a fait voir qu'à cette époque l'eau de mer avait déjà dissous 0"*,06 de sel du banc par mètre cube de liquide. De plus amples détails à ce sujet sont donnés un peu plus loin.

remplissage, les Ingénieurs estimaient que le banc de sel se trouverait dissous sur une épaisseur suffisante pour l'époque même de l'ouverture du Canal à la grande navigation.

On prétendit encore que, le banc de sel étant recouvert dune couche de sable ou de vase, il ne se produirait aucune dissolution, ou, du moins, qu'on ne pouvait espérer qu'une dissolution insignifiante. On citait à l'appui de cette objection une expérience de laboratoire 1 . L'objection était grave. Mais, heureusement, la situation des lieux, n'était pas, à beaucoup près, telle qu'on la supposait. Ce n'était, en effet, que dans la région Sud-Est que le banc de sel était recouvert d'une couche peu épaisse de sable, espèce de traînée par laquelle le banc se trouvait rattaché, sur une longueur de quelques kilomètres, aux terrains en pente douce formant de ce côté la limite du bassin des lacs. Sur tout le reste de son pourtour, le banc de sel était isolé de l'ancien rivage par un large marais fangeux ayant des cotes de 8 m ,50 à 9 mètres au-dessous du niveau de la Méditerranée, et dont l'existence depuis un temps immémorial suffisait seule pour prouver que le banc n'avait jamais été ni pu être envahi par des sables voyageurs 2 . Aussi, sauf dans la région très limitée indiquée plus haut, le banc de sel montrait-il partout sa surface supérieure, complètement à nu. Les Ingénieurs ne pouvaient méconnaître que, dans la région du banc recouverte par du sable ou de la vase, la dissolution serait beaucoup plus lente que sur tout le reste de la surface; mais ils pensaient, en même temps, que ces matières seraient probablement en partie déplacées par suite des mouvements de grandes masses d'eau qui ne manque-

1. Voici quelle était cette expérience : si, dans le fond d'un verre conique, on met une certaine quantité de sel recouverte d'une petite couche de sable, et que Ton remplisse ensuite le verre avec de l'eau douce, le sel ne se dissout pas.

2. L'eau mère constituant ce marais contenait 310 grammes de sel par litre.

raient pas de se produire dans les lacs, notamment, pendant la période du remplissage; qu'en tout Cas, lesdites matièrestomberaient de proche en proche dans les parties plus profondes où la dissolution du sel se serait déjà effectuée, découvrant ainsi plus ou moins lentement de nouvelles surfaces sur lesquelles l'action dissolvante des eaux ne rencontrerait plus d'obstacle à son œuvre d'approfondissement.

En toute hypothèse, c'est-à-dire dans quelque mesure que dussent se produire les faits fâcheux prévus par les deux objections ci-dessus, les Ingénieurs n'en persistaient pas moins à demander que Ton restât dans l'expectative; en* d'autres termes, que l'on ne fit aucun déblai dans le banc de sel, et cela, par les motifs suivants: d'une part, dans le cas le plus défavorable, celui où la dissolution du banc de sel, dans toute l'étendue de sa surface, ne se ferait qu'avec une extrême lenteur et d'une manière tout à fait insuffisante, les navires d'un grand tirant d'eau auraient toujours la ressource de contourner le banc de sel, trouvant sur le parcours un peu plus long qui leur serait ainsi imposé un chenal naturel d'une largeur de plusieurs centaines de mètres et d'une profondeur de 8 m ,50 à 9 mètres, qu'il suffirait dfr baliser, et qui serait certainement préférable au chenal de 60 mètres à ouvrir à travers le banc même au prix d'une énorme dépense; d'autre part, dans le cas où la lenteur de dissolutionne se produirait que dans la région où le banc de sel se trouvait recouvert d'une légère couche de sable,, les navires seraient simplement obligés, jusqu'à l'époqueoù la situation se trouverait suffisamment améliorée, de doubler l'espèce de cap que formerait le haut- fond de cette région du banc de sel, et cela ne constituerait pas un. sérieux inconvénient.

Par suite de ces diverses considérations on s'arrêta en. définitive au parti de ne faire aucun déblai dans le banc de sel; et, ainsi que nous le relaterons en détail un peu plus loin, la manière dont les choses se sont passées depuis est

CANAL MARITIME ! TRACÉ 16fr*

venue heureusement prouver que cette solution d'expectative avait été à tous les points de vue la meilleure solution.

Une autre objection, se présentant avec des conséquences bien plus graves encore que les précédentes, a été également formulée au sujet de la traversée des lacs Amers. L'auteur de la nouvelle objection, par suite d'hypothèses et de calculs pour la détermination du régime des eaux dans toute l'étendue du Canal, était arrivé à conclure que les lacs Amers resteraient toujours à un niveau notablement inférieur à celui des niveaux moyens de la Méditerranée et delà mer Rouge; d'où, cette série de conséquences: qu'il n'y aurait jamais écoulement de l'eau des lacs vers l'une ou l'autre mer ; que l'eau douce évaporée étant constamment remplacée par de l'eau salée, l'eau des lacs se saturerait de plus en plus et finirait par occasionner des dépôts de sel. sur le banc déjà existant; en conséquence, que, dans un délai plus ou moins rapproché, toute navigation deviendrait impossible à travers les lacs. Pour remédier au danger signalé, l'auteur de l'objection, supposant l'eau des lacs arrivée déjà à un certain degré de salure, proposait d'enlever chaque jour au moyen, de machines une certaine quantité de cette eau qui serait remplacée, en partie naturellement par l'eau moins salée de la mer, et pour le reste avec de l'eau tirée du Canal d'eau douce; moyennant quoi on parviendrait à entretenir un état d'équilibre.

Les Ingénieurs ne pensèrent pas qu'il y eut lieu de se préoccuper de cette nouvelle objection. Ils firent remarquer d'abord, que, dans les calculs sur les résultats desquels elle reposait, on avait exagéré beaucoup Tévaporation qu'on supposait devoir se produire à la surface des lacs Amers en l'évaluant à 2 centimètres par jour pendant l'été et à 1 centimètre pendant l'hiver ; que ces chiffres pouvaient être vrais pour de petites surfaces d'eau douce exposées à l'atmosphère chaude et sèche du climat d'Egypte ; mais que, sur la vaste superficie des lacs Amers, les choses se passeraient tout autrement,.

attendu que l'atmosphère au-dessus des lacs et aux environs resterait, comme en pleine mer, presque constamment chargée d'humidité, ce qui réduirait beaucoup l'évaporation de la nappe d'eau déjà notablement réduite par le degré de salure des eaux 1 . D'un autre côté, ainsi que cela avait été expliqué déjà à diverses reprises, il était impossible de déterminer par avance, à l'aide de calculs nécessairement hypothétiques, le futur régime des eaux dans le Canal et dans les lacs, et d'affirmer, entre autres, que l'eau des lacs serait toujours plus basse que le niveau moyen des deux mers. N'y avait-il pas lieu, d'ailleurs, en dehors de tout calcul, de tenir grand compte de l'action de vents continus de même direction sur la grande superficie des lacs Amers, qui aurait pour effet inévitable d'y gonfler les eaux tantôt du côté du Nord, tantôt du côté du Sud, en même temps que l'eau de la mer baisserait respectivement à Port-Saïd ou à Suez, ce qui provoquerait des écoulements de l'eau des lacs, tantôt vers la Méditerranée, tantôt vers la mer Rouge ? Enfin à supposer même — malgré toute vraisemblance en tenant simplement compte de l'action des vents — que le niveau des lacs dût se maintenir constamment un peu plus bas que le niveau moyen des deux mers, on n'en pourrait pas conclure pourtant qu'il n'y aurait jamais écoulement de l'eau des lacs

1. Pendant l'opération du remplissage des lacs, une circonstance favorable a permis de se rendre compte de l'importance de l'évaporation. C'était pendant la première période du remplissage, lequel se faisait alors exclusivement avec de l'eau de la Méditerranée dont l'introduction était réglée au moyen d'un barrage-déversoir à poutrelles établi à l'extrémité Sud de la tranchée du Sérapéum. Du 7 au 15 juillet 1869, le déversoir ne fonctionna qu'avec un petit nombre de pertuis ; le débit, pendant ces neuf jours, calculé d'après les formules, fut trouvé de 3.541.000 mètres cubes, soit, en nombre rond, de 400.000 mètres cubes par jour. Or, pendant le même intervalle de temps, le niveau de l'eau dans les lacs était resté stationnaire. L'introduction d'un volume d'eau journalier de 400.000 mètres cubes avait donc suffi pour compenser exactement la perte produite par l'évaporation. D'un autre coté, la surface d'eau, mesurée aussi exactement que possible, à l'aide du plan coté des lacs, fut trouvée de 120 millions de mètres carrés. L'évaporation n'avait donc été, en réalité, que de 3", 5 par vingt-quatre heures. Et l'on était en juillet !

vers la mer, attendu que, d'après les lois mêmes de l'équilibre de liquides de différente densité dans des vases communiquants, on devait être assuré au contraire, que l'eau plus dense des lacs tendrait sans cesse à s'écouler vers Tune et l'autre mer par la large section du Canal maritime et ne pourrait par conséquent jamais atteindre un degré de saturation inquiétant.

Reprenant maintenant une à une toutes les objections qui ont été faites contre le projet de la Commission internationale consistant à faire un canal sans écluses aux extrémités et interrompu par la nappe d'eau des lacs Amers, projet qui a été définitivement exécuté, nous expliquerons de suite brièvement comment les faits eux-mêmes se sont chargés de confirmer toutes les prévisions des Ingénieurs des travaux et de démontrer ainsi combien la Compagnie a eu raison d'adopter, malgré toutes les objections et les avis contraires, une solution qui se présentait à priori comme la plus simple, la plus prompte et la plus économique, et qui s'est trouvée, en dernière analyse, la meilleure également au point de vue de la navigation.

Première objection. — Envasement du Canal par les ports d'extrémités. — Les envasements, en fait, n'existent pas.

Du côté de la Méditerranée, quand l'eau de la mer est trouble le long de la côte, elle entre trouble, à la vérité, dans lavant-port, mais elle est déjà plus claire dans les bassins du port, et elle se montre à peu près limpide à une très petite distance dans le canal.

Du côté de la mer Rouge, l'eau est toujours limpide.

Deuxième objection. — Vitesses exagérées des courants dans la partie Sud du Canal. — Les plus grandes vitesses de courant observées dans la partie Sud du Canal, entre Suez et Chalouf, pendant toute la première période de l'exploitation où la largeur au plafond du Canal n'était que de 22 mètres ont été — ainsi que l'avait prévu à très peu près la Commission

internationale *, pour une largeur au plafond de 64 mètres r — de l m ,20 à l m ,30 par seconde, soit d'environ 2 nœuds 1/2.

Ces courants, grâce à la nature du terrain — qui a du moins offert cette compensation aux difficultés et aux fortes dépenses d'extraction — n'ont eu qu'une action peu sensible sur les talus de la cuvette du Canal, lesquels, dès lors, n'ont pas eu besoin d'être protégés par des enrochements, ce qui eût été une grande dépense pour la Compagnie et eût constitué en même temps un véritable danger pour le cuivre des navires. Sur la partie Sud, comme sur tout le reste de la longueur du Canal, il a suffi d'un simple enrochement à la ligne d'eau pour protéger le pied du talus des banquettes contre le clapotis et contre la lame de remous produite par les navires en marche.

Ces mômes courants n'ont influé d'ailleurs que d'une manière presque insignifiante sur la navigation. Voici comment les choses se passaient :

Les navires qui marchentà contre-courant gouvernant facilement, comme ils n'avaient à lutter éventuellement dans le Canal que contre des courants d'une vitesse maximum de 2 nœuds 1/2, ils n'ont jamais eu à subordonner en pareille circonstance leurs mouvements aux considérations de courants ou d'heures de marée. Les navires qui marchent dans le sens du courant gouvernant, au contraire, difficilement quand le courant est un peu rapide, on avait alors à redouter des échouages sur les talus des berges, échouages qui n'étaient pas sans danger, surtout à mer baissante, le navire échoué pouvant, en pareille circonstance, se trouver sans appui sur une partie de sa longueur et fatiguer beaucoup. Aussi, pour éviter les inconvénients elles dangers éventuels de la marche

1. La Commission internationale, comme on Ta vu, avait estimé que la. plus grande vitesse que pourraient prendre les eaux sur le fond, dans la partie du Canal comprise entre les lacs Amers et la mer Rouge, et quellesn'atteindraient d'ailleurs que dans la circonstance fort rare d'une tempête du. Sud coïncidant avec la plus grande marée d'équinoxe, serait de 1",16.

CANAL MARITIME : THACÉ 173

des navires dans le sens du courant, se conformait-on dans la pratique aux règles suivantes: d'un côté, les gros navires se rendant des lacs Amers à Suez, lorsqu'ils rencontraient le courant descendant au moment d'arriver à une gare sise à 12 kilomètres de distance de Suez (kilomètre 146 du Canal), ne continuaient pas leur chemin et se rangeaient dans cette gare pour ne reprendre ensuite leur route qu'à l'approche de l'étalé de la mer descendante, ou même quand la mer recommençait à monter dans le Canal ; Jes transports français, notamment, avaient ordre officiel de n'arriver à Suez qu'à mer montante ; d'un autre côté, les navires se rendant de Suez aux lacs Amers n'entraient dans le Canal qu'à l'approche de l'étalé de la mer montante, ou même quand la mer recommençait à descendre dans le Canal.

C'était surtout pour le parcours de la courbe de débouché du Canal dans le port de Suez 1 où les courants se faisaient sentir avec le plus d'intensité, que la navigation était obligée d'observer les règles de prudence qui viennent d'être indiquées.

Il était évident que les difficultés de marche des navires dans le sens du courant deviendraient beaucoup moindres, et, très probablement, n'obligeraient plus la navigation à aucune sujétion dans la portion du Canal considérée (de Chaiouf à Suez), si, au lieu de la largeur normale de 22 mètres au plafond qui rendait dangereuse les moindres embardées — presque inévitables quand le navire marche dans le sens du courant à cause de la difficulté à gouverner — le canal y avait eu, tout au moins dans toute l'étendue de la courbe, une largeur notablement plus grande, une largeur double, par exemple. Aussi, dans cet ordre d'idées, le service d'entretien — qui est entré en fonctions aussitôt après l'ouverture du canal à la grande navigation, — après

1. Au sujet de cette courbe, voir plus loin les détails du tracé de la portion du Canal comprise entre les lacs Amers et la rade de Suez.

avoir achevé d'abord les travaux de creusement qui restaient encore à exécuter, au moment de l'inauguration, dans toute la portion du Canal voisine de Suez, a-t-il entrepris l'élargissement progressif de la courbe en question.

Troisième objection. — Tempêtes dans les lacs Amers. — Ainsi que l'avait pensé la Commission internationale, il n'y a pas de tempêtes dans les lacs Amers.

Quatrième objection. — Interruption du halage dans les lacs Amers. — En fait, le halage n'est pratiqué sur aucune partie du Canal. La totalité des navires qui passent par le Canal sont, à de très rares exceptions près, des navires à vapeur qui marchent avec leur propre propulseur. Les rares navires à voiles qui transitent d'une mer à l'autre sont remorqués.

Lorsque, avant l'ouverture du Canal, on s'occupa de l'organisation du futur service d'exploitation, une opinion fut exprimée dans le sein des Conseils de la Compagnie, et énergiquement soutenue, tendant à l'acquisition de tous le matériel nécessaire à l'installation d'un service de touage sur le Canal. Il ne s'agissait pas d'une dépense de moins d'une dizaine de millions. L'opinion contraire, consistant à attendre que l'expérience révélât les véritables besoins auxquels la Compagnie aurait à satisfaire et à se contenter, pour les débuts de l'exploitation, de quelques remorqueurs, a heureusement prévalu. L'expérience s'est chargée, en effet, de démontrer que l'énorme dépense de l'installation d'un service de touage sur le Canal maritime eût été absolument une dépense en pure perte pour la Compagnie *.

Cinquième objection. — Difficultés et lenteur du remplis-

1. En fait, pendant les 9 premières années de l'exploitation, de 1870 à 1878, en présence d'un transit total de 10.786 vapeurs d'un gross tonnage, ensemble, de 20.673.116 tonnes, il n'a transité, en tout, que 191 navires à voiles, d'un gross tonnage total de 96.506 tonnes,' soit, en moyenne, par année, 21 navires d'un gross tonnage moyen d'environ 500 tonnes; nombre maximum de navires : 42 en 1874; nombre minimum : 2 navires en 1876.

A partir de 1879, on peut dire que le transit de navires à voiles parle Canal

sage des lacs Amers. — L'opération du remplissage des lacs Amers n'a été ni longue, ni difficile. Commencée le 18 mars 1869, elle était terminée pour le 17 novembre de la même année, date de l'ouverture du Canal à la grande navigation, ayant ainsi duré seulement huit mois. Elle n'a présenté d'ailleurs par elle-même, ainsi qu'on s'en rendra aisément compte par les développements qui vont suivre, aucune difficulté, et elle n'a occasionné aucune gêne ni aucun dommage dans les travaux.

Le volume d'eau à introduire dans les lacs était d'environ dix-sept cents millions de mètres cubes. Les deux mers ont contribué au remplissage. Les deux ouvrages destinés à régler l'introduction des eaux avaient été construits, savoir : celui destiné aux eaux de la Méditerranée, à l'extrémité Sud du seuil du Sérapéum ; celui destiné aux eaux de la mer Rouge, à une distance de 7 kilomètres du débouché du Canal dans le port de Suez.

Pendant les 5 premiers mois, la Méditerranée a seule contribué au remplissage, et elle a fourni, pendant cette première période de l'opération, un cube total de 420 millions de mètres, le débit journalier de l'ouvrage régulateur ayant augmenté progressivement depuis 1 million jusqu'à 4 millions de mètres cubes. Pendant les 3 derniers mois, à partir du 15 août, le remplissage s'est fait simultanément avec l'eau des deux mers, et le cube total introduit dans les lacs pendant cette seconde période a été de 1.280 millions de mètres, soit un débit moyen par jour d'environ 14 millions de mètres cubes, dont 4 millions environ parla Méditerranée et 10 millions par la mer Rouge.

L'eau arrivant par la partie Nord du Canal n'a causé, à

a complètement cessé. En effet, sur les 21 années de 1879 À 1899, il y en a eu 12 pendant lesquelles aucun navire à voiles n'a traversé le Canal ; et pendant les 4 autres années, il n'a transité en tout que 13 navires à voiles, d'un gross tonnage total de 4.126 tonnes, soit d'un gross tonnage moyen d'environ 3U tonnes.

176 DISPOSITIONS DES TRAVAUX DE PREMIEU ÉTABLISSEMEiNT

aucun moment de l'opération, aucune dégradation aux berges ni aucun dérangement dans le travail des dragues. C est qu'en effet la section d'écoulement était au minimum de 200 mètres carrés, correspondant à une profondeur de canal de 5 mètres ; en sorte que, pour un débit de 4 millions de mètres cubes par jour, correspondant à 46 mètres cubes par seconde, la vitesse d'écoulement n'était que de 0°\23. Une si faible vitesse ne pouvait évidemment, ni être offensive pour les berges, ni apporter le moindre trouble, soit dans le travail des dragues, soit dans les mouvements du matériel par lequel elles étaient desservies.

Pour la partie Sud du Canal, qui comprenait des chantiers de déblais à sec s'étendant depuis l'extrémité Nord du Petit lac jusqu'à une distance d'environ 7 kilomètres du port de Suez, et des chantiers de déblais à la drague sur les 7 derniers kilomètres du Canal et sur la longueur du chenal d'accès à la rade, voici comment les choses se sont passées :

En premier lieu, quant à l'influence des courants sur les conditions d'exécution des travaux :

Dans les chantiers de déblais à sec :

Pendant toute la première période du remplissage, les travaux n'ont éprouvé aucune gêne de l'introduction des eaux de la Méditerranée dans les lacs, attendu, d'une part, qu'une certaine longueur de Canal, celle comprenant toute la portion non endiguée à la traversée du Petit lac, était déjà terminée quand a commencé l'opération de remplissage ; et que, d'autre part, on avait eu soin d'isoler par un barrage en terre toute la portion restante des chantiers à sec où devaient se continuer encore les travaux. Quant à ce qui s'est passé pendant la seconde période de remplissage, il suffit de faire remarquer que ce n'est qu'après que les travaux à sec ont été complètement terminés dans toute la portion Sud du Canal qu'a commencé l'introduction dans les tranchées des eaux de la mer Rouge. Les travaux de déblais à sec n'ont donc eu aucunement à souffrir, en définitive, à aucun moment

ni d'aucune façon, de l'opération du remplissage des lacs.

Dans les chantiers de déblais à la drague :

Ce n'est naturellement qu'à partir du jour où les eaux de la mer Rouge ont commencé à participer de leur côté au remplissage des lacs, que des courants se sont produits dans lesdits chantiers. Dès le début même de cette seconde période de l'opération de remplissage, à la suite d'un accident irrémédiable survenu à l'ouvrage régulateur du débit des eaux, il s'est produit temporairement, dans la portion de canal considérée, de véritables courants torrentiels occasionnés par l'écoulement, pendant quelques heures, d'une masse d'eau de près de 1 million de mètres cubes par heure. Fort heureusement, en dehors de la construction de l'ouvrage sus-mentionné, on avait très prudemment, en vue de modérer en toute éventualité les vitesses d'écoulement dans le canal des eaux de remplissage fournies par la mer Rouge, pris les dispositions complémentaires suivantes : plusieurs massifs de terre vierge, destinés à former barrages submersibles à une certaine hauteur, avaient été conservés dans la portion de canal exécutée à sec par laquelle devaient passer les eaux de remplissage ; et un dernier barrage, insubmersible, avait été construit dans le Petit lac, ayant pour objet d'obliger les eaux à se répandre alors latéralement, vers la région Est du bassin de ce lac, par un très long déversoir naturel de superficie arasé à la cote moyenne de 16 m ,50. C'est grâce aux dispositions qui viennent d'être sommairement indiquées, et qui ont été d'une complète efficacité, que l'écoulement désordonné qui s'est produit à la suite de l'accident survenu h l'ouvrage régulateur n'a duré que quelques heures, juste le temps nécessaire pour le remplissage du premier bief compris entre ledit ouvrage et le premier barrage submersible. Pendant cette courte phase, tout accidentelle, de l'écoulement des eaux de la mer Rouge vers les lacs Amers, les dragues, qui étaient réparties au nombre de huit sur la longueur des chantiers, ont iv. 12

parfaitement résisté à la violence du courant ; quelquesunes seulement ont un peu chassé sur leurs ancres, mais sans éprouver d'avaries ; on avait eu soin de placer les couloirs dans le sens même du canal. Aussitôt après les quelques heures de l'écoulement torrentiel produit par le premier flot de remplissage, les courants cessèrent d avoir des vitesses dangereuses ; dès la fin du second jour — le barrage du Petit lac ayant bien tenu grâce à de rapides travaux de consolidation, et les eaux ayant commencé à se déverser régulièrement en amont par-dessus le terrain submersible de la rive Est — un régime normal d'écoulement des eaux de la mer Rouge vers les lacs se trouva établi; ce régime se continua alors, sans autres variations que celles provenant des marées, jusqu'au moment où, le niveau de l'eau dans les lacs ayant atteint celui qui existait dans le canal en amont du déversoir, il commença à se modifier peu à peu au fur et à mesure de la montée des eaux, jusqu'à devenir finalement le régime définitif qui s est établi depuis le complet remplissage des lacs et l'ouverture de la libre communication entre les deux mers. C'est pendant la période du régime normal qui a succédé à la première mise en eau des portions de canal faites à sec que la pente des eaux dans le canal a été la plus grande, et que, par conséquent, l'on a eu en même temps les plus grandes vitesses de courants; d'après les observations faites aux divers points de la longueur du Canal, ces vitesses allaient d'ailleurs en décroissant rapidement à mesure que l'on s'éloignait de la région la plus voisine de la mer ; bref, les plus grandes vitesses de courant observées dans la section du canal dite de la Quarantaine pendant le remplissage, en dehors bien entendu des vitesses exceptionnelles des premières heures, ont été de l m 25 à l ln 30 par seconde 1 ; et, à Chai ouf, ces

1. Ces vitesses sont également les vitesses maximum que l'on a observéesdans la môme section du canal (et qui se produisent par forts coups de vent du Nord ou du Sud), depuis la période d'exploitation

vitesses ne dépassèrent pasO m ,25 à 0" f 30. Telle a donc été la véritabte situation des choses au point de vue des vitesses des courants. Nous avons à voir maintenant quelle a été l'influence de ces courants sur l'exécution des travaux d'achèvement des dragages dans la section de la Quarantaine.

Dans cette portion extrême du canal, les travaux étaient fort en retard. Au moment où il était devenu possible, par suite de l'achèvement des déblais à sec, d'utiliser les eaux de la mer Rouge pour le remplissage des lacs, on n'avait plus devant soi qu'un délai de trois mois, sinon pour réaliser complètement le profil normal dans toute l'étendue de la section des déblais à la drague, ce qui était impossible dans un aussi court délai, tout au moins pour y obtenir une largeur et une profondeur au moins égales à celles qui devaient régner sur tout le reste de la longueur du canal. Une interruption prolongée ou un ralentissement sensible des dragages eussent donc causé le plus grave préjudice à la Compagnie, en l'obligeant à reculer la date qu'elle avait fixée et annoncée publiquement pour l'ouverture du canal à la grande navigation. Fort heureusement ces mécomptes ne se sont pas produits. Après une simple interruption inévitable d'une quinzaine de jours pour la réinstallation des appareils en vue d'un nouveau plan général d'attaque nécessité par les nouvelles circonstances au milieu desquelles ils étaient appelés désormais à fonctionner, les dragues n'ont plus eu ensuite à subir aucun temps d'arrêt par le fait des courants : les dragues à long couloir, aussi bien que celles desservies par des porteurs marchaient sans aucune gêne apparente ; on avait dû seulement renoncer à se servir des élévateurs parce que les chalands porteurs de caisses étaient fortement contrariés par les courants de marée.

Eh second lieu, quant à l'action si redoutée des courants sur les talus et le fond de la cunette du canal pendant

pération du remplissage avec les eaux de la mer Rouge : A partir du moment de l'avarie survenue à l'ouvrage julateur du débit des eaux, et pendant les premières ures qui out suivi, deux effets bien distincts se sont oduits : d'une parties eaux de remplissage, quine devaient -e débitées, pendant les premiers moments de l'écoulement 'avec toute la prudence nécessaire et une grande modétion 1 , en se précipitant au contraire en chute par les ies qu'elles s'étaient ouvertes à travers les massifs d'enraiement de l'ouvrage régulateur, ont profondément raviné

berge, de chaque côté, dans l'emplacement même de uvrage et sur de petites longueurs à l'amont et à l'aval ;

les terres ainsi détachées ont naturellement été entraies par les courants pour aller se déposer plus loin dans canal, se répandant jusqu'à Chalouf, en amont du preer des barrages submersibles dout il a été parlé précémment. D'autre part, les courants torrentiels qui se sont t sentir dans toute la section de la Quarantaine, par suite

l'énorme débit des premières heures, ont eu assez de ■ce pour attaquer quelque peu, malgré la nature compacte résistante des terrains, le fond et les talus de la cuoette 't irrégulière déjà exécutée, et ils ont ainsi entraîné de ir côté une certaine quantité de terres qui sont allées éganent se déposer dans les autres sections du canal. On marquera toutefois que ce second effet des courants n'a i, en réalité, qu'un simple déplacement de terre à draguer, tendu que les contours attaqués des fouilles étaient loin

. Pendant l'exécution des travaux a sec dons les sections de la Plaine de H et de Chalouf, l'eau des chantiers à la drague de la section de la Quaranne était retenue par un barrage en terre à l'abri duquel avait été construit, me centaine de mètres de distance, l'ouvrage destiné à régler le débit des ii de remplissage. Au jour choisi pour donner écoulement aux eaux de la r Rouge vers les lacs, on lit dans le barrage en terre une coupure destinée permettre d'abord le remplissage de l'espace compris entre les deux vrages. L'eau devait ensuite, après avoir repris son niveau derrière l'ouige régulateur, être débitée avec plus ou moins de modération k l'aide duouvrage.

d'avoir atteint alors les lignes de contour du profil normal. Nous ajouterons que, pendant cette première phase de l'introduction des eaux de la mer Rouge dans les portions de canal qui avaient été exécutées à sec, les talus delacunette, dans toute Tétendue de ces portions de canal, malgré les vitesses anormales de courants résultant de la trop grande rapidité accidentelle du premier remplissage, ont parfaitement résisté partout à Faction desdits courants. A plus forte raison en a-t-il été ainsi pendant la seconde phase dont il nous reste maintenant à parler.

Pendant la phase de régime normal transitoire qui a succédé, ainsi que nous lavons expliqué précédemment, à l'écoulement torrentiel des premières heures, les courants n'ont plus eu aucune action apparente sur les talus de la cunette du canal, pas plus qu'ils n'en ont eu depuis l'établissement du régime définitif. Ce n'est pas à dire pourtant que l'action lente, mais continue, sur les talus du canal, de courants d'une assez grande vitesse relative, ait été pendant le remplissage était continué, depuis, d'être tout à fait nulle; cela signifie seulement que les effets produits par ces courants, simples déplacements de terre se traduisant en définitive par un élargissement de la cunette du Canal, n'ont aucune importance.

En somme, il a été constaté que le cube total des terres ravinées et transportées par les courants dans la portion Sud du canal, pendant toute la durée du remplissage avec les eaux de la mer Rouge, n'a été, malgré les conséquences tout exceptionnelles de l'avarie qui a empêché le fonctionnement de l'ouvrage régulateur du débit des eaux, que de 45 à 50.000 mètres.

Sixième objection. — Incertitude au sujet de la dissolution du banc de sel des lacs Amers (PI. XXIV). — Les faits sont venus heureusement prouver que la Compagnie avait eu raison de passer outre aux craintes qui avaient été manifestées au sujet de la manière dont se comporterait le banc de sel des lacs Amers.

Déjà, pendant l'opération même du remplissage des lacs, on avait pu acquérir, sinon la certitude absolue, tout au moins la conviction parfaitement motivée par de premiers résultats acquis, que le banc de sel se dissoudrait finalement sur une épaisseur suffisante pour assurer dans toute l'étendue correspondante du Grand lac, après le complet remplissage, une profondeur d'eau minimum de 8 mètres; sauf peut-être, pourtant, dans la région restreinte que l'on pourrait en toute hypothèse facilement contourner, où le banc, étant recouvert d'une couche plus ou moins épaisse de sable, se dissoudrait plus lentement et pourrait ainsi continuer plus ou moins longtemps de former un haut fond. Les premiers résultats auxquels il vient d'être fait allusion provenaient de deux espèces de constatations que nous allons décrire.

D'après un plan coté des lacs Amers levé et dressé avant l'introduction des eaux, on savait que la partie supérieure du banc de sel était, dans toute l'étendue de ce banc, sensiblement horizontale, à la cote moyenne de 10 m ,60 du nivellement général, c'est-à-dire à 7 m ,60 en contrebas du niveau moyen de la mer. Nous avons dit précédemment que les eaux de la Méditerranée avaient commencé à être introduites dans les lacs le 18 mars 1869. Gomme, dans les premiers temps, on avait beaucoup modéré le débit de l'ouvrage destiné à régler l'introduction des eaux, celles-ci avaient mis un laps de temps d'environ deux mois à atteindre le niveau du dessus du banc de sel; puis, pendant les quarante jours suivants, jusqu'au 20 juin 1869, la montée constatée avait été de l m ,14 au-dessus du même niveau. Or, cette simple montée de l m ,14, alors que la montée totale devait être environ sept fois plus grande, avait déjà produit, quant à la dissolution du banc de sel, les résultats suivants, tels du moins qu'on avait pu les apprécier par des constatations de profondeurs faites sur une ligne tracée en prolongement du grand alignement droit venant du Sérapéum, savoir : sur une première étendue de 400 mètres, à partir de son

contour extérieur, le banc de sel s'était dissous sur une -épaisseur diminuant progressivement depuis l m ,16 jusqu'à m ,46; au delà, sur une nouvelle longueur de 500 mètres -complétant l'étendue du champ de ces premières constatations, le banc s'était dissous sur une épaisseur à peu près uniforme de m ,40. On était évidemment fondé à penser que, sauf dans la région sableuse, la dissolution de la partie supérieure du banc de sel, non seulement avait été sur tout son pourtour très sensiblement la même que celle constatée dans la direction indiquée, mais encore qu'elle avait eu lieu dans toute l'étendue de sa surface sur une épaisseur •approchant plus ou moins de m ,40.

Pour contrôler ces dernières appréciations, on avait fait, à la même date citée plus haut du 20 juin 1869, une analyse -comparative, au point de vue du degré de salure, de l'eau prise dans le Canal maritime en amont du déversoir, et de l'eau prise dans les lacs au-dessus du banc de sel, et voici les résultats que l'on avait obtenus : l'eau du canal contenait 43 gr ,80 •de sel par litre; l'eau des lacs, 168' r ,80. L'eau introduite dans les lacs avait donc dissous 125 kilogrammes, ou, approximativement, mo ,06 par mètre cube de liquide. Or, la quantité totale d'eau introduite dans les lacs à la date en question était -de 190 millions de mètres cubes ; et l'on devait admettre que la masse entière de cette eau, à raison du courant, avait pbrti- «cipé à la dissolution du banc de sel. La quantité de sel dis* -soute devait donc être, approximativement, de 11 millions de mètres cubes. D'un autre côté, la surface du banc de sel était -d'environ 60 millions de mètres, carrés (longueur moyenne -de ll kBl ,5 sur une largeur moyenne de 5 km , 5). A supposer •qu'un tiers de cette surface n'eut pas encore participé à la •dissolution par suite de la présence de la couche superficielle -de sable, la dissolution, dans l'étendue des deux autres tiers, -avait dû se faire sur une épaisseur moyenne d'environ m ,30 1 .

1. Il est utile de rappeler ici que, conformément aux renseignements déjà donnés dans la note 2 de la page 164, la densité du banc de sel n'était que de

o définitive, les résultats donnés par les deux genres de datations que nous venons de décrire avaient prouvé, d'une îière aussi convaincante que possible en pareille matière, iprès l'introduction dans les lacs d'une simple hauteur u de 1°\1 i au-dessus du banc de sel, la partie supérieure -e banc, dans la majeure partie de sa superficie totale, iit dissoute sur une épaisseur moyenne d'environ m ,30. on avait à faire entrer finalement dans les lacs une tranche u d'une épaisseur environ sept fois plus grande que celle i introduite, et l'on n'avait à obtenir qu'une disso- 5n totale de 0",40 à 0",50 pour avoir partout la profonr de 8 mètres. On ne pouvait dès lors douter que ce résulae fût obtenu et même notablement dépassé après le iplet remplissage des lacs.

outefois,ce n'étaient là encore que des conjectures qui poumt laisser planer encore quelques doutes sur le résultat I. L'examen du plan coté des lacs avant l'introduction eaux et d'un plan de sondages dressé à la date du IOÛH871, vingt mois après le remplissage, fit voir que conjectures s'étaient complètement réalisées. Non seuleit la partie supérieure du banc de sel avait continué à se oudre pendant toute la durée du remplissage ; mais encore ait de toute probabilité, pour ne pas dire d'une certitude >lue, qu'à l'époque où le remplissage a été terminé, et où bre communication a été établie entre les deux mers par ermédîaire des lacs, la situation n'était pas encore celle a été constatée vingt mois plus tard parle plan de sondage " août 1871 ; en d'autres termes, que, malgré les inquiées prévisions de ceux qui croyaient à la formation sucive de nouveaux dépôts au-dessus du banc de sel déjà tant, ce banc de sel avait au contraire continué à se

alors que la densité du sel marin est d'environ 3,30. La détermination <sus du volume dissous du banc de se! après l'inlroduclîon de la première he d'eau reposant sur l'adoption, dans les calcula, de la densité 3,30 du Brin, les chiffres trouvés devaient évidemment être inférieurs a la réalité.

dissoudre après l'ouverture du canal à la grande navigation. II semblait même permis d'augurer, dès les constatations si favorables de 1871, que la dissolution de la partie supérieure du banc de sel continuerait encore sur une profondeur plus ou moins grande, et que le banc de sel tout entier, dont l'épaisseur, à l'origine, atteignait en certains points, 11 mètres, finirait peut-être, dans un avenir plus ou moins éloigné, par disparaître en notable partie, sinon complètement.

Le tableau ci-dessous montre dans quelle mesure ces prévisions se sont jusqu'à présent réalisées :

tableau faisant connaître la marche de la dissolution du banc de sel du grand lac amer sur la ligne dbs deux phares (longueur du banc

DE SEL- il 01 ,80).

(VOIR PLANCHE xxiv)

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