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AVANT-PROJET DES INGÉNIEURS DU VICE-ROI (MARS

D'après l'avant-projet des Ingénieurs du Vice-Roi, le port d'entrée du canal, du côté de la Méditerranée, devait être établi dans le fond de la baie de Péluse. Le port proprement dit, ou arrière-bassin, était conquis sur la mer, et le chenal d'accès compris entre deux jetées parallèles distantes de 100 mètres. On admettait que lesdites jetées, pour atteindre les fonds de 7 m ,50 à 8 mètres, devraient avoir une longueur d'au moins 6.000 mètres. L'avant-projet prévoyait, en outre, au cas où la nécessité en serait reconnue, la création, en avant des jetées, d'une rade d'abri au moyen d'un môle de 500 mètres de longueur.

Dans le projet de la Commission internationale, l'emplacement du port se trouva reporté à une distance de 28 kilomètres et demi dans l'Ouest de Péluse, en un point de la côte qui formait une espèce de cap entre le fond du golfe et la pointe de Damiette et où la plage sous-marine présentait la plus grande déclivité. Le chenal d'accès se trouvait, comme à l'avant-projet des Ingénieurs du Vice-Roi, compris

entre deux jetées parallèles, mais distantes maintenant de 400 mètres. L'arrière-bassin était encore conquis sur la mer; il était constitué par un élargissement du chenal, de 200 mètres de chaque côté, ce qui portait la largeur totale à S00 mètres, sur une longueur de 800 mètres également, à partir de l'origine des jetées. Quant aux jetées mêmes, elles n'avaient plus besoin de s'avancer autant en mer pour atteindre les profondeurs jugées nécessaires : la jetée Ouest poussée jusqu'aux fonds de 10 mètres, devait avoir une longueur de 3.500 mètres seulement; la jetée Est s'arrêtait aux fonds de 8 m ,50 et devait avoir une longueur de 2.500 mètres. Chacune des deux jetées devait d'ailleurs être constituée dans la partie sous l'eau, ainsi que l'avait prévu l'avant-projet, par un massif d'enrochements en blocs naturels, couronné au-dessus de l'eau par un mur ou plate-forme en maçonnerie s'élevanl jusqu'à 2 m ,50 au-dessus du niveau moyen de la mer; la largeur du massif d'enrochements à la partie supérieure ou au niveau de l'eau était de 17 m ,50 à la jetée Ouest et de 6 m ,50 seulement à la jetée Est. Enfin, le projet de la Commission internationale comprenait, en outre, comme l'avant-projet des Ingénieurs du Vice-Roi, la construction sur le pourtour de l'arriôre-bassin, de murs de quai accostables pour les navires.

Le Conseil supérieur des travaux, institué en novembre 1858 pour l'examen des projets de détail se rattachant à l'exécution des travaux compris au projet de la Commission internationale, avait, dans ses premières réunions, arrêté, pour la réalisation complète du projet de la Commission, un programme d'exécution en cinq phases d'une durée totale évaluée h. six années.

Mais, plus tard, en août 1859, ayant été appelé à examiner « si les grandes dimensions attribuées au canal dans le proj et de la Commission internationale étaient absolument

nécessaires pour remplir le but commercial que la compagnie devait se proposer», le Conseil avait été d'avis d'adopter provisoirement pour le canal une largeur de 22 mètres seulement au plafond et de 58 mèlres h la ligne d'eau, avec une profondeur de 8 mètres (et Ton a vu précédemment que c'est effectivement dans ces conditions de largeur et de profondeur que le canal a été exécuté). Le Conseil avait été en môme temps d'avis, en ce qui était spécialement du port sur la Méditerranée : d'une part, qu'il y avait lieu d'adopter définitivement pour l'emplacement du port le point le plussaillant de la côte, situé à 1.000 mètres environ dans l'Ouest du point qui avait été choisi par la Commission internationale 1 ; d'autre part qu'il suffirait de pousser la jetée Ouest jusqu'aux fonds de 9 mètres et la jetée Est jusqu'aux fonds, de 8 mètres, ce qui, sur le point de la côte définitivement choisi pour l'emplacement du port, donnerait à ces jetées

1. C'est effectivement le nouvel emplacement recommandé par le Conseil supérieur des travaux pour le port de Port-Saïd qui a été définitivement adopté en exécution.

LÀ position géographique du grand phare à l'Ouest de l'entrée du port est la suivante *

Latitude N : 31* 15' 48' ; longitude E : 29*58' 40'.

D'après le livret de la Compagnie des Messageries Maritimes, Port-Saïd setrouve à une distance du port d'Alexandrie de 148 milles marins ou environ 274 kilomètres. Telle est du moins la longueur du parcours ordinaire des- ' paquebots entre les deux ports.

En naviguant au plus court, la distance est d'environ 140 milles.

La distance à vol d'oiseau n'est que d'environ 233 kilomètres ou 126 millesmarins.

Enfin, la situation de Port-Saïd par rapport au fort de Gemileh, situé sur la. rive Ouest du boghaz de même nom, est la suivante :

1* Distance comptée sur les deux alignements d'anciennes balises d'opérations établies sur le littoral, les deux alignements faisant entre eux, à leur rencontre au signal S, un angle de 173*42' :

D'après des opérations topographiques faites en 1874 pour l'établissement de la carte de la rade :

«.r «is„««„,««« i De la tour de Gemileh à la balise du kilomètre 9. 753.40 1 alignement | De la balUe du kil 9 au gignal s g m m

D'après une triangulation de Port-Saïd faite en 1894 :

o. it* nAn , An t i Du signal S à la balise 1 (origine de la jetée

2« alignement | 0ue | t) \ f J {m ,

Distance totale entre le fort de Gemileh et la balise 1 11.696.40

2* Distance en ligne droite du fort de Gemileh à la balise !.. 11 .686.60

des longueurs respectives de 2.600 et 2.200 mètres ; enfin, qu'il convenait d'établir l'arrière-bassin du port (avec ses dimensions conservées de 800 mètres sur 800 mètres) en dedans du rivage de la mer au lieu de l'établir dans la mer même, comme l'avait projeté la Commission internationale. En dehors de ces modifications des dispositions générales du port projeté, le Conseil supérieur des travaux n'avait d'ailleurs rien changé aux dispositions de détail arrêtées par la Commission internationale concernant les profils et le mode de construction des jetées et des quais de l 'arrière-bassin

Plus tard encore, dans une dernière séance tenue le 16 mai 1860, le Conseil, appelé à donner son avis sur un programme de travaux établi en vue de l'exécution, tout d'abord d'une rigole de service entre la Méditerranée et le lac Timsah estima, en ce qui concernait spécialement « les travaux à faire pour créer promptement à Port-Saïd un abri sûr pour les bâtiments», que l'on pourrait se borner provisoirement k conduire la jetée Ouest jusqu'aux fonds de 3 m ,50 h 4 mètres, à ouvrir à l'abri de cette jetée une passe de 40 à 50 mètres de largeur bordée à l'Est par un simple talus, puis en arrière de cette passe, à creuser de suite le bassin définitif dans les limites d'étendue et de profondeur qui seraient jugées nécessaires . pour satisfaire aux besoins à mesure qu'ils se produiraient; que, dans tous les cas, avant de commencer la jetée Est, il conviendrait d'examiner si, pour économiser sur les dragages, et afin d'assurer plus de calme dans le bassin, il n'y aurait pas lieu de réduire, sur une certaine étendue, à partir de leur origine, récartément des jetées fixé à 400 mètres dans le projet de la Commission internationale.

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