‹ Le canal de Suez (volume 4)Chapitre 66 sur 80 · UTORISATION D'UN EMPRUNT DE 26 MILLIONS · texte numérisé non relu

UTORISATION D'UN EMPRUNT DE 26 MILLIONS

POUR LA CONTINUATION DES TRAVAUX d'aXKUORATION DU CANAL

La demande d'autorisation de contracter un emprunt de 27) millions de francs pour la continuation des travaux d amélioration du Canal a été présentée par le Président de la Compagnie à l'Assemblée générale des actionnaires dans sa réunion du 4 juin 1901.

Dans son rapport à l'Assemblée, présenté au nom du Conseil d'administration, le Président expliquait et justifiait comme suit la nécessité do cet emprunt en même temps qu'il faisait connaître les conditions dans lesquelles l'emprunt serait réalisé.

Nous vous avons fait connattre, à propos de Tinvenlaire général, que le reliquat disponible de l'emprunt de iOO millions suffirait pour pourvoir aux travaux d'amélioration à exécuter en 1901, mais qu'il serait totalement épuisé à Texpiralion de Tannée. Loi^sque nous vous avons demandé, en 1885, Tautorisation de contracter cet emprunt, nous nous sommes fondés sur l'avis formulé par la Commission consultative internationale des Travaux, et nous vous avons soumis les résultats des délibérations de cette Commission. Les travaux qu'elle jugeait utiles pour répondre à tous les besoins de l'avenir devaient se diviser en trois phases et comportaient une dépense totale d'environ 200 millions. L'emprunt que vous avez approuvé était destiné à permettre l'accomplissement du programme de la première phase, l'acquisition du matériel nécessaire pour la totalité des travaux prévus par la Commission, et la construction du Canal d'eau douce d'Ismaïlia à Port-Saïd. Il ne constituait donc, en quelque sorte, qu'un acompte, et, suivant nos prévisions, il devait être employé en une période de sept années. Mais Tamélioration considérable qui a été introduite dans l'utilisation du Canal et l'extension donnée à sa capacité de transit par l'ouverture de la navigation de nuit à l'aide de la lumière électrique a modifié profondément les conditions d'exécution du programme primitif. C'est ainsi que la période de réalisation de l'emprunt de 100 millions s'est prolongée sur une période de seize années. D'autre part, grâce à la réduction opérée sur les achats de matériel, dont l'importance était subordonnée à la rapidité des travaux, grâce aussi, dans

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nine certaine mesure, à des économies obtenues sur ces travaux euxmêmes, il a pu être fait, avec les ressources provenant de l'emprunt « beaucoup plus que ne le comportaient les prévisions du début. Non -seulement le programme de la première phase a reçu quelques compléments utiles, mais il a été pourvu à de nombreuses dépenses de premier établissement qui ne se rattachaient pas à ce programme et, •en particulier, à la création du Tramway à vapeur de Port-Saïd à Ismaïlia. Il a été, d*autre part, imputé sur les ressources de l'emprunt ■une somme de 7.660.014 fr. 72 pour couvrir la part des charges d'intérêt et d'amortissement qui affectait le revenu de 90 francs. Enfin, certains travaux ont été exécutés qui rentrent par leur nature dans le programme assigné à la deuxième et à la troisième phase. Les élargissements effectués pour la création des nouvelles gares et la rectification des courbes constituent, notamment, une anticipation sur la •deuxième phase; tandis que l'approfondissement au delà de 9 mètres, auquel les dépenses ordinaires d'entretien, ainsi que nous vous l'avons expliqué, ont contribué, pour une certaine part, se rattache à la troi- -sième phase. Le Canal se trouve donc aujourd'hui dans un état beaucoup plus satisfaisant que celui qu'on avait en vue d'obtenir à l'aide des travaux de la première phase, et les résultats, dès aujourd'hui -atteints, nous permettent d'entrevoir la possibilité prochaine de porter •de 7",80 à 8 mètres le maximum de tirant d'eau imposé aux navires.

Si les progrès déjà accomplis écartent l'éventualité d'une dépense •aussi élevée que celle qui devait suivre l'emploi des premiers 100 millions, il n'en résulte pas que le compte des travaux d'amélioration •puisse être clos dès aujourd'hui. Alors que l'industrie maritime ne cesse de transformer et de perfectionner son outillage, Timmobilisation du Canal dans sa situation actuelle équivaudrait à un recul. La prospérité même de la Compagnie lui fait une obligation d'accorder •aux armateui^, qui lui assurent cette prospérité, toutes les améliorations qu'ils peuvent légitimement attendre. Nous vous avons déjà signalé, et c'est un point sur lequel nous ne saurions trop insister, l'augmentation constante du tonnage des navires et surtout la proportion sans cesse croissante, dans le truQc du Canal, des navires de grandes dimensions, et nous vous avons fait connaître notre intention •de créer spécialement à leur usage une nouvelle série de gares élargies. '*I1 reste aussi à parfaire l'approfondissement à 9°^, 50. Enfin d'autres 'travaux, sans présenter un même degré d'urgence, deviendront sans doute nécessaire dans un avenir rapproché. Il ne saurait être question d'en arrêter aujourd'hui le programme définitif ; nous nous bornerons à mentionner ceux qui auront pour objet d'effectuer, dans la région •des seuils, un élargissement suffisant pour y rendre la navigation plus facile, et ceux qui pourront nous être imposés par le développement •des opérations commerciales dans le port de Port-Saïd.

300 ALTORlSATlOiN d'oN EMPRUNT DE 25 MILLIONS (l90l)

La continuation des travaux d*améIioration étant considérée comme indispensable, devions-nous prélever chaque année, sur les revenus de Texploitation, les dépenses qu'ils entraîneront, ou couvrir ces dépenses par rémission d'un nouvel emprunt? Nous n'avons pas hésité à vous proposer d'adopter cette seconde solution, et voici les raisons qui nous ont déterminés. Par suite de la durée relativement brève des premiers emprunts contractés par la Compagnie, les charges (inancières pèsent principalement sur la période actuelle, tandis que l'avenir apparaît très dégagé. Nous vous rappellerons que, suivant l'état actuel de nos tableaux d'amortissement, ces charges doivent être réduites de 6 millions et demi ù partir de 1922, soit d'environ 40 0/0, et que chaque année ultérieure est appelée à bénéficier d'une nouvelle réduction atteignant en moyenne 300.000 francs. Étant donnée cette situation, il nous semblerait excessif de faire supporter en totalité par les exercices prochains des dépenses qui profiteront à l'avenir aussi bien et plus encore qu'au présent. Nous avons pensé qu'il était, au contraire, absolument juste de recourir à l'emprunt pour en assurer le paiement et, par conséquent, d'en répartir le poids comme on a réparti celui des travaux d'amélioration accomplis dans les années précédentes.

Nous vous demandons donc de nous autoriser ^à contracter cet emprunt, et d'en fixer le montant à 25 millions de francs. Nous nous gommes arrêtés à ce chiffre, parce qu'il correspond à Tensemble des dépenses dont nous prévoyons dès à présent la réalisation, et surtout parce qu'il représente le capital dont nous pouvons servir l'intérêt et l'amortissement, au taux actuel de nos emprunts, avec la disponibilité d'un million environ que nous laisse, à partir de 1902, l'expiration des Bons Trentenaires. Ces Bons, dont l'émission a eu lieu en 1871 et a produit un capital de 12 millions, seront en effet parvenus le i^** août prochain au dernier terme de leur amortissement. L'annuité qu'ils exigeaient rtant suffisante pour assurer aujourd'hui Tintérét et l'amortissement d'un emprunt de 25 millions, cet emprunt, si vous en autorisez l'émission, n'aura pas pour efTet d'aggraver, par rapport à la situation actuelle, les charges pesant sur notre exploitation. Vous bénéficierez même pendant plusieurs années d'une large partie de l'économie que doit procurer la disparition des Bons Trentenaires : l'emprunt de 25 millions ne sera émis en effet que par fractions échelonnées, et vous pouvez être assurés que, comme nous l'avons fait pour l'emprunt de 100 millions, lious en réglerons l'emploi avec la plus stricte économie.

L'Assemblée, à laquelle assistaient 459 actionnaires représentant 224.189 actions, a adopté, sur la question de r(»mprunt qui figurait à Tordre du jour de ses délibérations, la résolution suivante :

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