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III. — Emprunt de 20 millions en Bons trentenaires

(Emprunt finalement limité à 12 millions)

(septembre 1871)

Dès la fin de février 1871, une Assemblée générale ordinaire et extraordinaire des actionnaires avait été convoquée pour le 29 avril suivant. Les événements de la Commune ne permirent pas à la réunion d avoir lieu; le journal de la Compagnie dut môme cesser de nouveau sa publication qui ne fut reprise que le 8 juin. Une Assemblée générale des actionnaires fut convoquée pour le 20 juillet. A cette réunion, le Président fit connaître la nécessité pour la Compagnie de contracter un emprunt pour permettre de pourvoir immédiatement au paiement des deux derniers

EMPRUNT DE 12 MILLIONS (bONS TRENTENAIRES) 7

semestres échus d'intérêts des obligations et d'assurer le paiement des deux semestres suivants.

Pour fixer le chiffre de cet emprunt, le Président établissait comme suit la situation financière de la Compagnie :

Francs

Ainsi que cela avait été déjà constaté dans la réunion précédente du 30 mars 4870, la Compagnie avait en caisse au commencement de Texercice 20.836.000

Les recettes de Tannée s'étaient élevées (approximativement)à 6.400.000

La Compagnie avait donc eu à sa disposition 27.236.000

pour faire face à une dépense de 33 millions, représentant, outre les dépense nécessitées par la marche des services, rintérêt et l 'armortissement des obligations et les travaux d'achèvement du canal ;

Francs

D'où était résulté pour Texercice une insufiisance de 6.000.000

Pour Tannée 1871, les dépenses étaient estimées devoir s'élever à 18.500.000 francs, et les recettes à 10.000.000 de francs.

D'où une insuftisance de 8.500.000

Laquelle, ajoutée à celle de l'année précédente,

donnait une insuUisance totale de ^ 14.500.000

1. En réalité, les chiffres relatifs à l'exercice 1871 ont été, en nombres ronds, les suivants :

Dépenses 19.000.000

Recettes i3. 000. 000

D'où, insuffisance de recettes 6.000.000

L'insuffisance totale des deux exercices n'a donc été, en définitive, que de 1*2 millions.

On verra plus loin, que, grûce à ramélioration constante des recettes

8 PREMIÈRES ANNÉES d'eXPLOITATION (iB'O A 1874)

Tenant compte de Taugoientation croissante des recettes mensuelles, il était à espérer qu'une ressource du montant de cette somme mettrait la Compagnie à l'abri de toute déception pour 1872. Toutefois, le Président, afin d'assurer complètement l'avenir, jugeait prudent de porter le chiffre de l'emprunt à 20 millions, de manière à avoir, au début de l'excercice 1872, une encaisse disponible de 5.500.000 francs.

L'Assemblée ne réunissant pas un nombre suffisant d'actions présentes ou représentées pour statuer sur une proposition d'emprunt, le vote sur cette proposition fut ajourné à une Assemblée extraordinaire qui eut lieu le 24 août 1871.

Dans cette nouvelle réunion, l'Assemblée donna tous pouvoirs au Conseil d'administration pour contracter l'emprunt proposé de 20 millions, laissant au Conseil le soin de déterminer l'époque, le mode, les garanties et les conditions de cet emprunta

L'emprunt fut annoncé dès le 31 août dans les termes suivants :

i\ partir de la fin de 1871, qui permettait d'espérer qu'aucune insuffisance ne se produirait plus à l'avenir, c'est à ce clûffre de 12 millions que, par résolution du Conseil d'administration du mois de mars 1812, a été finalement limitée la réalisation de l'emprunt.

1. Le Président de la Compagnie avait fait à l'Assemblée, au sujet du projet d'emprunt, la communication suivante :

« Nous avions demandé au khédive d'Egypte, dans le cas où la Compagnie aurait besoin d'en faire usage, l'autorisation de percevoir temporairement une surtaxe «le 1 franc par tonneau, affectée spécialement au service de l'emprunt et devant disparaître après sou amortissement.

« Nous avons la satisfaction de vous annoncer que l'autorisation a été accordée et qu'elle a été ratifiée par une ordonnance impériale du sultan en date du 22 août 1811. Le Conseil n'usera de cette faculté que dans le cas où il le jugerait nécessaire.

« La nouvelle de la ratification du sultan vient de nous parvenir par une dépêche de l'ambassadeur de France à (îonstantinople que le Ministre des Affaires Etrangères a bien voulu nous communiquer. »

Disons de suite que la Compagnie n'a pas eu à profiter de l'autorisation qui lui avait été donnée.

EMPRUNT DE 42 MILLIONS (bONS TIïENTENAIKEs) 9

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