EMPRUNT DE 27 MILLIONS
A l'Assemblée générale des actionnaires du 6 juin 1882, lo Président de la Compagnie, en raison d'anticipations que le Conseil d'administration jugeait convenable de faire, au fur et à mesure des besoins, sur les délais convenus, demanda a l'Assemblée de modifier sa délibération de mai 1879 en laissant à la discrétion du Conseil le soin de réaliser, dans la période correspondante à l'exécution des travaux, et par les moyens qu'il jugerait les plus avantageux, le solde de l'emprunt de 27 millions en obligations 3 0/0.
Cette demande était justifiée par les considérations suivantes :
Lorsque, à l'Assemblée générale des actionnaires du 21 mai 1879, rAdministration de la Compagnie avait demandé le vote de l'emprunt de 27 millions, elle avait apporté d'elle-même, tant elle avait souci de ne dépenser que strictement le nécessaire pour l'exploitation, l'entretien et le développement du Canal, cette restriction, que l'emprunt serait réalisé par des émissions annuelles d'un million. L'Administration pensait, en effet, à cette époque, quelque grande que fût sa foi dans le développement de l'entreprise, qu'une dépense annuelle d'un million pourrait suffire à tous les besoins. Or, les faits avaient heureusement dépassé les espérances que l'on avait pu concevoir et étaient venus, modifier la première impression : le rapide développement du transit avait eu pour conséquence d'augmenter sensiblement la durée moyenne de la traversée des navires. A la vérité, les dispositions imposées par le Conseil sanitaire en Egypte avaient, pendant une période pénible de quarantaine, contribué à ce résultat; mais il n'en était pas moins vrai que la durée moyenne des traversées avait également augmenté par suite du développement seul du trafic. 11 était du devoir de la Compagnie, de son intérêt absolu, de maintenir le Canal dans des conditions donnant pleine satisfaction à ses clients. La Compagnie était un monopole, un monopole inévitable, et elle ne pouvait vivre en bonne harmonie avec le public entier avec lequel elle avait affaire qu'à la condition de remplir très largement son devoir. L'Administration avait la confiance que l'Assemblée partagerait ce sentiment, et, dans l'intérêt de l'entreprise, s'associerait à ses vues.
L'Assemblée, accueillant finalement la demande de la Compagnie, donna au Conseil tous pouvoirs « pour fixer la quotité des émissions annuelles du solde de l'emprunt ».
Les émissions successives qui ont eu lieu à la suite de
310 CONVENTION DU 24 FÉVRIER i876
ce vote ont été réalisées par des ventes aux guichets de la Compagnie et à la Bourse à des prix divers dépassant tous les prix de la première émission.
Ces émissions ont eu lieu aux dates suivantes :
Titrei
En février 1884, émission de 14.000 titres, réalisée
jusqu'à concurrence de 11 .848
En juillet 1884, émission de 6.000
En octobre 1885, émission de 28.100
En octobre 1888, pour le solde de l'emprunt, émission de 12.276 titres, qui n'a eu besoin d'être
réalisée que jusqu'à concurrence de 1 1 .926
Le nombre des titres de la première émission ayant été de 1.5.152
Le nombre total de titres mis en circulation pour la réalisation de l'emprunt de 27 millions s'est trouvé ainsi être de 73.026
Quant au capital môme, il a été réalisé comme suit :
Francs
Emission de 1880, réalisée de 1880 à 1884 :