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PENDANT LA PFÔRIODE DE FÉVRIER A JUIN

EXTRAIT DU RAPPORT DU PRKSIDENT A l'aSSRMBLF.K GKNKRALE DES ACTIONNAIRES DU 6 AOÛT 4 864

Conformément aux prévisions formulées et aux vues exposées à la fin du rapport du Président de la Compagnie présenté à la réunion précédente de l'Assemblée générale des actionnaires, la situation, depuis cette réunion, s'était modifiée comme suit :

Un marché avait été passé le 1" avril (i86i) avec MM. Borel, Lavalley et C'% entrepreneurs de travaux publics à Paris, pour la continuation et Tachèvement à forfait de la partie du canal maritime comprise entre le seuil d'El Guisr et la mer Rouge, d'une longueur de 85 kilomètres, y compris la traversée des lacs Amers ;

La flotte à voiles de la Compagnie qui, en 1863, se composait de 19 bâtiments, ne comprenait plus maintenant que 7 navires, dont 2 avaient été transformés en pontons pour les besoins de la rade de Port-Saïd. Les 5 autres devaient être vendus avant la fin de Tannée ;

Les grands ateliers de Port-Saïd avaient été cédés en location, au prix de 50.000 francs par an, à MM. Borel, Lavalley et C*** qui demeureraient chargés de leur exploitation et de leur entretien à partir du 1" octobre ;

La suppression complète des contingents des ouvriers indigènes allait permettre, comme conséquence naturelle, la suppression du service de l'Intendance générale créée en vue

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d'assurer les approvisionDements de toute nature pour celte grande agglomération de travailleurs, qui pouvait être comparée à une armée en campagne au milieu du désert. Cette importante réforme était déjà en voie de réalisation avec le concours de Thonorable intendant militaire, M. Ângot, qui s^occupait de liquider toutes les opérations engagées avec le dévoûment, dont il avait fait preuve pendant qu'il était chargé de diriger les services confiés à son expérience.

Les progrès accomplis dans la marche des travaux depuis la dernière réunion de l'Assemblée générale des actionnaires avaient été les suivants :

Entreprise Dussaud frères, — Le marché pour l'exécution des jetées de Port-Saïd en blocs artificiels de chaux hydraulique du Theil et de sable avait été conclu, on se le rappelle, le 20 octobre 1863. Il comprenait la fourniture et la mise en œuvre de 250.000 mètres cubes de blocs.

La Compagnie avait mis à la disposition des entrepreneurs les terrains nécessaires à l'installation de leurs chantiers.

Les logements des ouvriers et du personnel de l'entreprise se complétaient ; un hangar de 100 mètres de longueur sur 12 mètres de largeur, destiné à recevoir la chaux était achevé ; un bassin de garage et un chenal de 30 mètres de largeur, sur 2 mètres de profondeur, en communication avec la mer, avaient été creusés par les soins de la Compagnie.

Les entrepreneurs avaient construit, en outre, un appontement avec bigues ; une voie ferrée avait été établie pour le service de leurs travaux ; une plate-forme pour installation des manèges à mortier était commencée. Leur matériel déjà rendu à Port-Saïd se composait d'un bateau remorqueur de la force de 45 chevaux, de chaloupes, de locomotives, locomobiles, manèges à mortier, panneaux pour la construction des blocs artificiels, de rails, coussinets et traverses, ainsi que du petit matériel et de l'outillage.

Travaux en régie, — Gomme il était d'un intérêt capital

pour la Compagnie de créer le plus tôt possible un abri à Port-Saïd, au moins pour les navires ne calant pas plus de 5 mètres d'eau, on avait continué momentanément à faire exploiter la carrière du Mex, avec l'espoir de pouvoir joindre promptement Tilot k Tappontement au moyen d'une jetée sous-marine en enrochements naturels que viendraient ensuite recouvrir les blocs artificiels. 11 avait été ainsi envoyé du Mex à Port-Saïd, depuis le commencement de Tannée, environ 15.000 mètres cubes d'enrochements. Dans le courant de juin, un marché avait été conclu avec un ancien tâcheron de la carrière, pour la fourniture et la mise ea œuvre à Port-Saïd de 20.000 mètres cubes de blocs. Les enrochements déjà coulés, sous forme de digue sousmarine, en marchant de l'ilot vers la terre, étaient arrivés à i mètre environ au-dessous du niveau de la mer et produisaient déjà un calme tel que, dans un coup de vent du nord, qui avait eu lieu en juin, dix-sept navires qui étaient exposés en rade avaient pu trouver un abri derrière l'îlot et la digue sous-marine.

Entreprise Aiton, — Le marché passé le 13 janvier 1864 avec M. Aiton, avait pour objet, comme il a été dit déjà, le creusement du chenal et des bassins de Port-Saïd et l'achèvement des 60 premiers kilomètres de Canal. 11 comportait un cube de dragages de 21.700.000 mètres cubes.

L'entrepreneur arriva à Port-Saïd dans les premiers jours d'avril, se faisant suivre de près d'une première escouade d'agents et d*ouvriers et de plusieurs navires chargés de combustible et de matériel. La Compagnie lui fournit immédiatement le logement et lui fit la remise de toutes les anciennes dragues en état de fonctionnement; elle employa en même temps tous ses efforts à hâter, à la fois, la mise en état dans ses ateliers de celles des anciennes dragues qui avaient besoin de réparations et l'achèvement par les constructeurs de tout le matériel de dragues, grues, chalands et caisses à déblais qui avait été commandé avant la signa-

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ture du marché et que la Compagnie avait également à remettre à l'entrepreneur.

M. Âiton s'était mis immédiatement à Tœuvre; mais la prise de possession du matériel à livrer par la Compagnie ne pouvait avoir lieu que successivement et être complète que dans les derniers mois de Tannée ; de plus, Tentrepreneur n*ayant encore, lui-même, fait venir sur les lieux qu'une faible partie du matériel qu'il était obligé de consacrer personnellement à l'exécution des travaux, on devait le considérer comme étant encore dans la phase de première installation où il lui était impossible de déployer toute la rapidité d'exécution que la Compagnie attendait de lui.

MM. Dussaud frères avaient conclu un marché avec M. Alton qui s'était engagé à leur fournir, au moyen des produits des dragages du bassin de Port-Saïd, les 250.000 mètres cubes de sable nécessaires à la confection (les blocs artificiels.

Les dragages exécutés dans l'étendue du lot d'entreprise Alton depuis le commencement de l'année jusqu'au {"juillet, soit par la Compagnie, soit par l'entrepreneur se répartissaient ainsi :

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