‹ Le canal de SuezChapitre 128 sur 207 · BASSIN DB PORT-SAÏD ET BASSIN DE L*ARSENAL · texte numérisé non relu

BASSIN DB PORT-SAÏD ET BASSIN DE L*ARSENAL

m. cnbes m. cubes

En régie directe 25.307 )

ParM. Aiton 4.626 ( ^^'^^"^

CANAL MARITIME

En régie directe 168.368 j

ParM. Alton 55.913 ( ^^^'^^^

Cube total 254.214

Les 29.933 mètres cubes de terres provenant des bassins de Port-Saïd avaient été employés en majeure partie à la confection ou à l'extension des terre-pleins destinés aux chantiers des divers constructeurs et entrepreneurs.

Les dragages exécutés dans le grand bassin de Port-Saïd

avaient eu pour principal objet Touverture d'un chenal direct entre Tentrée du port et le canal maritime pour remplacer Tancienne rigole de service, établie dèsTorigine des travaux, qui suivait le contour ouest du bassin. Cette communication directe entre le canal maritime et la rade, en même temps qu'elle facilitait notablement les transports, ce qui était son véritable but, avait complètement transformé Taspect du port.

Entreprise Couvreux. — Le marché passé avec M. Couvreux le 1" octobre 1863 avait pour objet l'achèvement du creusement du canal à la traversée du seuil d'El Guisr, sur une longueur de d5 kilomètres, et comportait l'enlèvement de 9 millions de mètres cubes de déblais.

Les premiers ouvriers de l'entrepreneur arrivèrent au Seuil dans le courant du mois de décembre 1863. Ils durent être employés tout d'abord aux réparations des bâtiments mis par la Compagnie à la disposition de l'entrepreneur, à l'installation des ateliers de montage et de réparation des machines, enfin à l'établissement d'appareils de déchargement.

L'entrepreneur en était encore, à vrai dire, à la période d'installation. On voyait pourtant fonctionner déjà deux excavateurs desservis par 6.500 mètres de voies de fer, par quatre locomotives et trente wagons à bascule ; un troisième excavateur était en montage et trois autres devaient être montés pour le mois d'octobre. Le nombre de ces appareils spéciaux devait être porté successivement à quinze.

Au milieu des difficultés inévitables de la première installation, les excavateurs n'avaient pu encore fonctionner avec tous les avantages qu'en espérait l'entrepreneur.

Le cube des déblais exécutés par M. Gouvreux à la m. cubes date du 30 juin 1864 était de ci 44.383

La Compagnie avait de son côté fait exécuter directement par des tâcherons certains travaux urgents de déblais destinés à empc^cher les éboulements dans la

rigole maritime 17 . 590

GUBK TOTAL 61.973

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Entreprise Borel Lavalley et C*. — Le marché passé le 1" avril 1864 avec MM. Borel Lavalley et C**, avait pour objet, on le rappelle, le creusement du canal entre le seuil d'El Guisr et la mer Rouge, et comprenait un cube de déblais de 24.500.000 mètres cubes.

Dès la signature de leur marché, les entrepreneurs s'étaient rais activement à Tœuvre pour l'organisation de leur entreprise et pour Tétude définitive des moyens d'exécution qu'ils comptaient employer. Ils avaient déjà commandé à la maison Ernest Gouin et C'" la majeure partie de l'énorme matériel qui leur serait nécessaire. En même temps qu'ils s'occupaient en France de leurs études et de la constitution du matériel, ils avaient envoyé en Egypte des agents principaux chargés de préparer l'installation des chantiers.

Les entrepreneurs avaient d'ailleurs l'intention, en attendant l'arrivée dans l'Isthme de leur matériel, de commencer à bref délai les travaux à bras d'hommes avec des ouvriers terrassiers recrutés tant en Egypte qu'à l'étranger.

Travaux exécutés par les ouvriers des contingents égyptiens, — Pendant les trois premiers mois de 1864, le chiffre moyen des contingents mensuels fournis par le Gouvernement égyptien n'avait pas dépassé 12 à 13.000 hommes; puis, il avait continué à décroître jusque dans le courant de mai, époque à laquelle la Compagnie avait fait prévenir le Gouvernement qu'il pouvait retirer tous les ouvriers des contingents.

Les travaux exécutés par les contingents avaient été les suivants :

Dans la partie du canal maritime s'étendant de Port-Saïd au lac Timsah, les ouvriers avaient été employés, entre les kilomètres 35 et 54, à l'enlèvement des terres sises au-dessus de l'eau dans l'intérieur du canal, entre les deux berges Afrique et Asie. Cube déblayé : 661.000 mètres cubes.

Le canal de jonction, du canal maritime au canal d'eau douce, à Ismaïlia, avait été prolongé, d'une part, jusqu'à

l'écluse d'aval en cours d'exécution, d'autre part, sous forme de branche latérale, j usqu'au droit de l'écluse d'amont ; cette branche latérale était destinée à suppléer la portion du canal d'eau douce comprise entre les deux écluses, pendant la construction de ces ouvrages d'art, et devait servir plus tard à éviter le passage des écluses pour les transports qu'Ismaïlia aurait à diriger sur Port-Saïd et vice versa. Le cube total des déblais exécutés pour Touverture de ces canaux avait été de 38.587 mètres cubes.

D'après le marché passé avec MM. Borel, Lavalley et C", la Compagnie était tenue d'établir deux canaux transversaux de communication entre le canal d'eau douce et le canal maritime, l'un se dirigeant sur le seuil du Sérapéum, l'autre sur le seuil de Chalouf-el-Terraba. Ces canaux étaient destinés à permettre le transport, jusqu'à piedd'œuvre, du matériel et des approvisionnements de toute nature nécessaires à l'exécution des parties correspondantes du canal maritime. Les travaux de creusement desdits canaux avaient été exécutés par les contingents : le canal aboutissant au Sérapéum avait exigé un déblai de 91.152 mètres cubes, celui de Chalouf, un déblai de 12.0i5 mètres cubes.

La plus grande partie des contingents avait été employée à la tranchée du canal maritime à travers le seuil de Chalouf ; le seuil avait été dérasé, à toute largeur du canal et sur une longueur de 4.691 mètres, jusqu'à la banquette ménagée dans les talus du profil à 3 mètres au-dessus du niveau de la Méditerranée. Le cube du déblai avait été de 1.361.000 mètres cubes.

En résumé, le cube total des déblais exécutés par les contingents pendant les cinq premiers mois de 1864 avait été de 2.163.784 mètres cubes.

Canai (Teaii douce. — Le canal principal d'eau douce, de Gassassine à Ismaïlia, n'exigeait plus maintenant, sauf les ouvrages d'art dont il est parlé plus loin, que de simples

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travaux d'entretien. Sur la branche de Suez, 21 petites maisons en maçonnerie avaient été construites pour servir de refuge aux cantonniers pendant les fortes chaleurs du jour et pendant la nuit. Des plantations faites sur les berges avaient parfaitement réussi, et Ton se proposait de leur donner une plus grande extension, en même temps que Ton ferait planter et cultiver une zone d'une certaine largeur sur les bords des canaux dans les points où ils étaientexposes à l'envahissement des sables voyageurs.

Il y avait eu chômage de la navigation pendant deux mois sur la branche de Suez par suite de la baisse des eaux du Nil; mais la navigation était maintenant reprise.

La Compagnie ne pourrait désormais, à aucun prix, rester soumise à des chômages annuels, car, indépendamment de la sécurité absolue dont elle avait besoin en ce qui concernait l'alimentation en eau douce des nombreux chantiers de travailleurs répandus dans toute Tétendue de l'Isthme, elle avait pris des engagements envers les entrepreneurs pour la permanence d'une bonne navigation sur la dérivation de Suez. La Compagnie aurait donc à renouveler les appels les plus instants à la sollicitude du Vice-Roi pour l'exécution la plus prompte possible de la prise d'eau au Caire au-dessous de l'étiage du Nil et de la portion du canal que le Gouvernement égyptien s'était engagé à construire par la convention du 18 mars 1863.

Les deux écluses en cours d'exécution destinées à racheter la différence de niveau entre le canal d'eau douce et le canal maritime de jonction, à Ismaïlia, avaient subi un retard par suite d'une modification importante dans les dis* positions primitivement arrêtées. Ces écluses devaient être établies à la largeur de 6 mètres jugée suffisante pour les besoins ordinaires de la navigation fluviale. Mais, par suite des conventions faites avec MM. Borel, Lavalley et C'% qui devaient faire monter leurs dragues à Port-Saïd et les transporter, de là, d'abord par le canal maritime jusqu'à Ismaïlia,

ensuite par le canal d'eau douce jusqu'à pied -d œuvre, il avait été décidé que la largeur des écluses serait portée h S^jSO. Les tâcherons chargés de Texécution de ces ouvrages d art avaient pris toutes leurs mesures pour les terminer le plus rapidement possible. Les portes avaient été commandées en France et devaient arriver assez à temps pour pouvoir être montées dès Tachèvement des maçonneries.

Quant à Técluse à construire h. Suez pour établir la communication entre le canal d'eau douce et le port, elle était l'objet d'une soumission de t&che avec délai d'exécution di^ six mois.

Conduite cTeaii douce (Tlsmaïlia à Port-Saïd. — Les travaux de la conduite d'eau douce avaient été achevés le d avril et l'eau avait été distribuée dès le lendemain dans la ville de Port-Saïd au moyen de bornes-fontaines. Indépendamment d'un premier réservoir, de la contenance do 500 mètres cubes, établi près de l'origine de la conduite, sur le point culminant du seuil d'El Guîsr, un second réservoir avait été construit à Port-Saïd, d'une contenance de 700 mètres cubes, suffisante pour assurer au moins pendant une quinzaine de jours l'alimentation de la population en cas de réparation de la conduite.

En outre, des bassins avaient été établis le long de la ligne du canal, et particulièrement à Kantara^

Réseau télégraphique. — Le réseau télégraphique était complètement terminé et fonctionnait de la manière la plus satisfaisante. C'était une des créations accessoires les plus

1. L'établissement du bassin d'eau douce de Kantara, sur la route de Syrie, «vait été un immense bienfait pour les nombreuses caravanes qui voyageaient entre la Palestine et l'Egypte. La facilité de s'abreuver à discrétion après plusieurs jours de marche dans des déserts privés d'eau potable, avait augmenté considérablement depuis quelque temps le transit des caravanes et avait permis à l'Egypte de remplacer une partie du bétail qui lui avait été enlevé récemment par une terrible épizootie.

Le relevé du transit de Kantara pendant le mois de juin (1864) avait fait constater le passage à Kantara, de provenance de Syrie, de 1.022 chevaux, 466 mulets, 813 bœufs, 329 moutons, 5.102 chèvres, et de 4.661 chameaux dont les deux tiers avaient un chargement de 100 kilogrammes.

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utiles et qui contribuait beaucoup pour sa part à la rapidité et à la bonne exécution des travaux.

Service de santé et Service des cultes, — Les contrats de la Compagnie avec les entrepreneurs laissaient à sa charge les dépenses du Service de santé et du Service des cultes. La Compagnie avait tenu à conserver entre les mains ces Services qui se rattachaient si essentiellement à l'existence physique et à la vie morale de Tœuvre et qui ne pouvaient dépendre des calculs de l'intérêt privé.

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